COUP DE COEUR : ASGEIR


Photos de Sébastien Vincent pour Paulette Magazine
Pour la sortie de son album « In the silence » et bientôt sur la scène du We Love Green Festival le 31 mai et 1er juin, Àsgeir parle avec douceur et tendresse de ses racines, l’Islande, sa famille et sa musique. À seulement 21 ans, le jeune artiste venu du nord de l’Europe n’a pas froid aux yeux, entre une passion pour le javelot, deux chiens qu’il adore, des tournées un peu partout dans le monde… Il est déjà très grand Àsgeir… Et sa voix nous transporte très loin, sur une île, un petit coin de paradis en silence…
 
Paulette : Est-ce que tu connais quelques mots en Français ?
Alors oui, je connais quelques mots comme “Je m’appelle Àsgeir”, “Vi-vi”…
 
“Vi-vi”, comme “Oui-Oui” ?
On dit “Oui” en fait ? Oh mince je pensais que c’était “Vi” et je n’ai pas arrêté de le répéter comme ça ! (rires).  Et je connais bien sûr “Bonjour”. Ou “Bourgeois” ? “Merzi” ? “Merci” ? J’ai un bon accent en français n’est-ce pas ?
 
Parfait, vraiment ! Est-ce que tu écoutes des musiques françaises ? Ou connais-tu des artistes francophones ?
Oui, en fait, j’aime écouter la langue française, le rythme et l’intensité de cette langue est agréable par rapport aux autres langues. Je ne comprends pas ce qu’il se dit mais c’est facile d’écouter chanter en français. J’aime Serge Gainsbourg, Air, Daft Punk est de France aussi ! Je sais que ce sont des grands noms de la chanson, mais ce que j’aime, c’est les tonalités de la langue, c’est comme une mélodie à elle toute seule. Ça me relaxe.
 
En France, nous te découvrons avec ce bel album In the silence, comment l’as-tu travaillé ? Pourquoi ce titre en anglais, aimes-tu le silence ?
Le titre, c’est l’une des chansons de l’album qui s’appelle à l’origine Dýrð í dauðaþögn, c’est le nom dans ma langue. On a fait deux albums, un album islandais avec des paroles en islandais et on a ensuite tout traduit en anglais. In the Silence était la signification la plus proche de l’islandais. Les paroles, je les ai écrites avec un vieil ami, on a grandi ensemble. Je viens d’un endroit spécial, une toute petite île qui fait partie de l’Islande. J’ai déménagé de là-bas quand j’avais 6 ans, j’ai bougé de ville en ville et à 9 ans j’ai emménagé dans ce petit coin où j’ai rencontré cet ami si proche. Dans cette partie nord ouest de l’Islande, on n’entend rien du tout, pas de voitures, pas de bouchons ou de pollution, c’est juste magnifique… J’ai grandi dans ce genre d’environnement. Ça m’a défini. Et je ressens aujourd’hui le besoin de retourner là-bas quand les choses commencent à me stresser, et juste me sentir en vie. Donc oui, le silence, cette atmosphère, j’ai trouvé que c’était approprié et un bon nom pour mon album.
 
Comment travailles-tu ? Seul, en famille, avec un ou des amis ?
Il y a seulement deux ans, c’était la première fois que je chantais face à un public, c’était bizarre car je n’avais rien planifié, je voulais être musicien et vivre de ma musique, voyager. Mais je n’avais jamais imaginé en arriver à ce point. Ça n’arrive pas à beaucoup d’artistes en Islande ! Il y a des centaines de groupes qui tentent de percer, pendant des années… Je n’ai jamais cru que ça pouvait m’arriver à moi. Et il y a deux ans, j’ai envoyé une démo à un producteur en Islande. Il a aimé, on a enregistré, et en peu de temps je suis devenu chanteur.
Il y a des centaines de groupes qui tentent de percer, pendant des années… Je n’ai jamais cru que ça pouvait m’arriver à moi.
 
C’était très rapide, tout s’est fait vite pour toi et tu as à peine 21 ans aujourd’hui…
C’était très rapide et perturbant, on peut le dire. Mais si tu veux savoir comment on a construit cet album, c’est d’abord de l’écriture, j’ai commencé par penser aux paroles, j’ai travaillé les arrangements avant toute chose, le producteur avec qui j’ai travaillé, Kiddi, s’est totalement impliqué pour faire cet album et l’enregistrer, il m’a managé avec sa femme (rires). Les paroles ont été en grande partie écrites par mon père, et l’autre partie par ce vieil ami, c’est lui qui a trouvé tous les titres des chansons.
 
En parlant de ton père, tu viens d’une famille d’artistes musiciens, ton père, ta mère, ton frère…
Ma mère travaille comme musicienne effectivement, elle joue de l’orgue à l’église. Mon frère était dans un groupe de reggae ! Il réussit bien en Islande, il en est à son 6ème album déjà ! Il m’a énormément inspiré. Mon père n’est pas musicien mais il joue plusieurs heures par jour de la musique et il écrit beaucoup, c’est sa passion mais ça n’a jamais été son emploi. Il a été essentiellement professeur et le principal d’une école.
 
Est-ce facile de se faire une place comme artiste quand on vient d’une telle famille ?
Et bien, j’ai commencé à jouer de la guitare alors que je n’avais que 6 ou 7 ans, c’était très jeune… Quand j’avais 9 ou 10 ans, mon seul intérêt dans la vie était d’écrire des chansons, avoir un groupe. C’était quelque chose d’essentiel pour que je vive, indispensable, aussi important que respirer parfois. J’en avais le besoin et je me sentais bien en le faisant. Dès mon plus jeune âge. Maintenant, avec le recul, j’ai besoin d’être totalement seul, personne autour de moi, pour créer quelque chose. J’attends que tout le monde parte de la maison pour que je puisse commencer à écrire ou jouer, je me lance. Pour être bon, j’ai le besoin d’être tout seul. Mais ça n’arrive plus ces jours-ci car nous sommes sans cesse en tournée, toujours avec sept mecs et je n’ai pas de temps seul ! Mais c’est chouette aussi. Cet album est au centre des tournées. C’est une manière différente de penser.
 

Avec cet album, on a l’impression que tu es quelqu’un de très calme, paisible, est-ce une bonne définition de ta personnalité ?
Totalement ! Je suis toujours très calme, je ne me suis jamais battu ou je n’ai jamais crié. C’est exactement ce que je suis et ça vient du petit monde d’où je viens, ma proximité avec la nature. Ma mère, elle est aussi prof de yoga et elle aime le spirituel…
Je suis toujours très calme, je ne me suis jamais battu ou je n’ai jamais crié.
 
Est-ce que tu fais toi-même du yoga ?
J’ai toujours pensé à en faire mais c’est quelque chose que ma mère fait, mon frère et beaucoup de monde autour de moi ! Mais non, je n’en fais pas encore !
 
Qu’est-ce que tu fais quand tu ne chantes ou ne composes pas ?
J’aime le sport. Je faisais de la compétition de javelot (rires). C’était quelque chose qui me tenait à coeur, je voulais devenir un professionnel mais à 18 ans, je me suis blessé et j’ai du arrêter. Donc je me suis concentré sur la musique à partir de ce moment. C’était autant important pour moi que la musique, je m’entraînais 5 à 6 heures par jour ! C’était toute ma vie. J’aurais adoré être musicien et athlète mais il a fallu choisir. Mais je n’ai jamais réussi à choisir donc je faisais les deux à fond. Et cette blessure… La décision a été prise pour moi. Quand je rentre à la maison, j’adore retourner aux endroits de cette époque, avec ma famille, mes amis que j’essaie de voir le plus possible car depuis la tournée, je ne les vois pas beaucoup. J’ai deux chiens que j’adore, ils s’appellent Tia et Athena. C’est un chihuahua et un boxer ! Sinon j’aime dessiner, j’aime faire des choses de mes mains, regarder la télévision, jouer à la playstation, faire ce que les mecs normaux aiment faire ! (Rires)
 
En France, on te voit un peu partout dans la presse, on te décrit même comme un “phénomène musical”, comment vois-tu le succès ?
J’essaie toujours de comprendre où le succès est ! On voyage beaucoup, on revient à peine d’Asie, avant on était aux États-Unis, en Angleterre, en Australie… Les choses vont vite et c’est dur de comprendre ce qu’il se passe, sauf en Islande, car c’est le premier pays où tout s’est déclenché, il y a 6 mois. Quand tu voyages partout dans le monde, tu n’as pas le temps de voir ce qu’il se passe car c’est tellement énorme, c’est dur, mais peu m’importe ce que les gens disent de moi. Bien sûr, j’espère qu’ils disent du bien sur moi, mais l’essentiel, c’est que je fasse de la musique car j’en ai besoin, je le veux et j’adore en faire. Mon bonheur est simple, c’est avoir ma guitare, jouer du piano, être seul. C’est juste un rêve d’être en tournée avec de bons musiciens, voyager, rencontrer de nouvelles personnes, des artistes, je me sens tellement privilégié.

 
Mais tu n’as pas peur de tes fans féminines ? Tu as à la fois beau et bon chanteur, tout ça ne t’inquiète pas alors que tu viens d’un petit coin tranquille ?
Vraiment, ça en est à ce point ? Je ne pense pas ! Je ne réalise pas du tout ce qu’il se passe. Ça me va très bien ! Je ne vais pas beaucoup en soirée… Parfois, en Islande, c’est dur d’aller me balader avec mes amis, oui, mais en Europe, ça va car je me sens bien, libre.
 
On ne connaît pas beaucoup d’artistes Islandais en France, à part Björk par exemple. J’ai lu qu’aujourd’hui tu étais plus connu et tu vendais plus d’albums que Björk, est-ce vrai ? Qu’en penses-tu ?
C’est dur à dire car Björk est une artiste depuis plus de 30 ans et elle est incroyable, depuis tant d’années. Mon album oui se vend vraiment bien en Islande car je suis un nouvel artiste, un jeune type, c’est nouveau, c’est beau… Au début, ce qui s’est passé, c’est dur d’en parler. Mais une chose est sûre, tout le monde en Islande et dans le monde connaît Björk, mais des gens en Islande ne me connaissent pas !
 
Notre magazine s’appelle Paulette, à quoi ça te fait penser ? Qu’est-ce que ça t’évoque ?
Ma mère s’appelle Pauline donc quand j’entends Paulette, je pense tout de suite à ma maman !
 

 
ASGEIR :: IN THE SILENCE
Sortie le 27 janvier 2014
  
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