CON-SOMMATRICES

  Comme toute non-ménagère qui se respecte, les courses alimentaires restent pour moi un calvaire hebdomadaire qu’il faut accomplir au plus vite car, au risque de choquer certaines Paulette, je ne m’y épanouis pas. Mais alors, pas du tout. 
> Est-ce le concept de devoir se coltiner un panier en plastique anti-glamour au fond duquel un bout de salade jauni s’est logé une fois sur deux ?
> Est-ce faire la queue comme à Euro Disney mais pour une attraction toute miteuse (un tapis roulant sur lequel je ne peux même pas m’asseoir ! Ouahhh.) ?
> Est-ce l’obligation de mettre une doudoune pour traverser le cercle polaire alias "le rayon surgelés" ?

Je ne sais pas… Mais je dois l’avouer, ma vie et ma conception de cette tâche que je faisais jusqu’ici à reculons ont changé très récemment grâce à quelque chose d’inattendu… une offre promotionnelle !

Je sais, je sais… Dans mon supermarché parisien, une offre complètement folle a été lancée : sur certains produits, accrochez-vous, pour un article acheté le deuxième est offert. Cela ne paraît rien comme ça mais imaginez deux secondes : si j’achète un paquet de jambon sans sel, le deuxième m’est offert… OFFERT.

Je n’avais jamais vu cela, de toute ma longue et parisienne de vie (bon à la base je n’aime pas le jambon, encore moins celui sans sel, mais ça a suffit à me réconcilier avec). Du coup, ma relation à la "mission course" a changé fondamentalement. Si j’étais sur Facebook, je passerais d’une "relation libre" à "en couple" tellement je me sens maintenant engagée avec mon super supermarché.

J’y vais la tête haute dans l’espoir de trouver LE bon plan du jour. Mon rythme de fréquentation a sensiblement augmenté.
> Je dis bonjour au vigile (je ne prétexte plus de lire un sms quand je passe devant lui).
> Je souris dans les rayons, je traîne, je flâne, je ne passe plus mes coups de fil à Mamie pour occuper mon temps.
> Je ne fais même plus semblant de ne pas voir cette petite vieille à la caisse qui mériterait largement de passer devant moi (arrêtez, on l’a toute fait un jour… non ?).

Bref je suis HEUREUSE à la simple idée d’imaginer un nouveau produit sur lequel cette offre miraculeuse est appliquée.

> Le seul bémol car il y en a toujours un : je sais que cette période glorieuse a une fin, mais je ne sais pas quand et cela risque de m’arracher le coeur (les vicelards du marketing n’ayant naturellement rien précisé afin de mieux tenir le consommateur en haleine).
> Deuxièmement (oui en fait il y a deux bémols), cela fait bientôt 15 jours que je me nourris des mêmes gâteaux au chocolat, ceux en forme d’animaux, judicieusement appelés les Zanimos (au petit dej’, au dej’ et au diner). J’en ai une telle obsession que j’en suis arrivée à découper mon steak en forme de girafe.
Hier, j’ai voulu faire ma lessive, je me suis retrouvée face à deux bouteilles d’assouplissant mais sans lessive, l’offre n’étant naturellement valable que sur le produit le moins utile ! Cela fait donc plusieurs semaines que je me retrouve à porter mes fringues de 6ème.
> Troisième bémol (oui en fait il y en a trois), je ne me sens plus maîtresse de moi-même. Le matin, ma première pensée va au nouveau produit qui sera peut-être en promotion avec l’espoir secret que cela puisse être un produit de beauté ou de maquillage.

C’est officiel, et c’est surtout désespérant, je suis victime de la fièvre acheteuse… dans mon supermarché !

Retrouvez Anne-Sophie sur son blog : Champ@work


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