COMMENT (VRAIMENT) DÉCONNECTER PENDANT LES VACANCES

Après une année chargée, on vous donne la bonne méthode pour passer du temps peinarde au bord de la piscine, sans vous prendre la tête avec le quotidien.

Couper les réseaux

Perdre un temps fou à regarder si les un.es et les autres passent de meilleures vacances que nous ne nous aidera clairement pas à profiter de nos congés. Encore moins si on se rend compte qu’effectivement, notre maisonnette louée sur AirBnb en Auvergne a peu d’allure à côté d’un appart avec vue sur la baie d’Amalfi. Non pas que la région soit problématique (gloire au Cantal !), mais la bicoque au toit qui fuit est loin du cottage en pierre bourré de charme que l’annonce nous vendait. Mais quand bien même le lieu craint un peu, ce n’est pas une raison pour scroller dans le vide pendant quinze jours.

On ne loupera certainement rien d’extraordinaire en ligne, mais on a de bonnes chances de passer à côté de nos vacances dans le monde réel. Alors on se sépare de cette excroissance technologique vissée à notre main, et on accepte la partie de tarot qui se profile sur la terrasse. Pas besoin d’y comprendre grand chose, tout l’intérêt restant de voir s’éveiller la mauvaise foi légendaire de son frère. Et d’arrêter de manquer des moments précieux en famille. Le soir, dans son lit, on aura tout le temps d’aller faire un tour sur les réseaux, à la manière d’un péché mignon bien mérité. 

Bien s’assurer que son email automatique est en place

Vous êtes dans la piscine, à barboter sur votre perroquet gonflable. Tout va bien sous le soleil, jusqu’à ce que votre esprit dérive. D’un coup, vous quittez ce long fleuve tranquille qu’est votre semaine en Provence pour penser boulot, bien malgré vous. Les projets que vous avez laissé en suspens, les clients qui pourraient potentiellement vous contacter pour un détail anodin qui semblerait gravissime à les lire – l’histoire de notre vie. Une charge mentale dont on se passerait bien. Et l’auto-culpabilisation qui va avec, aussi.

Heureusement, Google, Outlook, Yahoo ou Wanadoo pour les puristes ont tous mis au point un outil magique : la réponse automatique. La fonction idéale pour gentiment dire à tous ceux et celles qui tenteraient de nous joindre qu’on n’est clairement pas dispo – et qu’on se fout de leur message comme de notre premier mojito. Une façon subtile de souligner également à notre boss qu’on a une vie en dehors de nos heures de bureau, et qu’on sera à nouveau d’attaque en rentrant, mais pas avant. Le simple fait d’enclencher cette petite merveille généralement intitulée “vacances” si on se réfère à la ligne d’objet, permet de se détacher complètement de ses obligations pro, et donc de se ressourcer beaucoup plus sereinement. Sur son perroquet gonflable. Dans la piscine. 

Se souvenir qu’on n’est pas indispensable (dans le bon sens du terme)

L’une des raisons pour lesquelles on a du mal à couper pendant l’été ? La sensation que tout s’écroulera pendant notre absence. Qu’il est essentiel qu’on garde un oeil sur notre quotidien même envolée pour une contrée lointaine, car sinon tout partirait à vau l’eau. Que nenni. Si on ne nie pas que vous soyez extrêmement importante au sein de votre taf/groupe de potes/atelier de jardinage collectif, on est sûre d’une chose : le monde tournera toujours si vous vous cassez dix jours.

Alors partez sans crainte, et lâchez du leste. La vie reprendra son court à votre retour, mais avant, vous avez tout le temps de vous concentrer davantage sur la tartine d’huile d’olive distribuée au marché d’Aix en Provence que sur vos deadlines de la rentrée. Faites confiance aux gens qui vous entourent et apprenez à déléguer. Vous n’en ressortirez que plus reposée, et contente d’avoir enfin su faire la part des choses. Faites-nous confiance, on se laisse vite prendre au jeu de l’absence totale de responsabilités.

S’ennuyer

A force d’être sur tous les fronts (digitaux, principalement), notre belle génération en oublie parfois que à quel point l’ennui est nécessaire. Et sûrement l’un des états les plus sous-estimés. On le présente souvent comme un mal à faire disparaître rapidement, alors qu’il a le don de nous rendre plus créative, de nous aider à faire le point, de recharger nos batteries, et surtout d’aller vers les autres. On n’est jamais aussi sociable que lorsqu’on s’ennuie au bord d’un terrain de pétanque ou d’une calanque pleine de Marseillais en vacances qui prennent l’apéro. Et puis même si vous restez seule, la solitude désirée aussi, a des avantages non négligeables.

Prenez le temps de laisser vos pensées divaguer, promenez-vous sans but, pataugez tranquille, sirotez un verre en regardant les gens passer. Et dès que vous sentez qu’un problème un peu trop tenace ressurgit dans votre cerveau pour perturber ce calme salvateur, adoptez la technique du tiroir : imaginez-vous placer le souci dans un tiroir de commode que vous fermez à double tour, et ne rouvrirez qu’à la rentrée. Faites-nous confiance, ça marche. Le tout restant de ne pas transformer son esprit en dressing.

Article de Pauline Machado

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