COMMENT SURVIVRE AU BLUES (ET À LA FLEMME) DE L’HIVER

Oui, il existe des solutions pour cesser de déprimer dès le 1er janvier.

Janvier, ça craint. Il fait froid, tout le monde est complètement déprimé à cause du contrecoup des fêtes (trop de hâte qui retombe ensuite comme un soufflé), et les prochaines vacances semblent si loin qu’on doute sérieusement qu’elles arrivent un jour. Ajoutez à ça une mine déconfite par un manque de soleil flagrant, une ruine dramatique dû à notre décision – complètement irresponsable – de faire des cadeaux à tout le monde à Noël et une démission totale de Dry January le vendredi 3, et vous obtenez un puits sans fond de mélancolie caractéristique de la période. Le troisième lundi de janvier a d’ailleurs été baptisé “Blue Monday” par les Britanniques – ambiance. Petit à petit, on sent aussi la flemme nous envahir pour nous guider toujours plus vers notre lit. Et ce n’est pas le très prochain doc Netflix sur Taylor Swift qui nous poussera à en sortir. Généralement, ça dure trois mois, jusqu’au printemps. Avec un pique notable le 14 février quand on n’a pas encore trouvé chaussure à son pied. Ou que ladite chaussure, à notre grand dam, sent le sapin.

Alors bien sûr, on pourrait facilement s’adonner à cet état larvaire annuel et juste attendre que le temps passe bien sagement du fond de notre plaid. Mais voilà, on a retrouvé l’once de volonté qui n’avait pas encore été anéantie par trop de scrolls frénétiques sur Insta. Cette fois, on décide que les premiers mois de l’année, ceux qui sont censés résonner avec “renouveau” et “motivation” plutôt que “traîner devant Sex Education”, ne ressembleront pas aux hivers précédents. On veut mettre un terme à cette dynamique en carton qui nous plombe le moral. D’ailleurs on va arrêter d’employer le mot “blues”, ça cristallise bien trop cette petite déprime qui en fin de compte, pourrait facilement disparaître si on ne passe pas des heures à l’analyser. Ce qu’il faut, c’est agir, se changer les idées. Et surtout se convaincre que, même si la météo donne envie d’entamer une autarcie consentie, et de s’alimenter uniquement de Country Crisps jusqu’au retour du soleil avant 8 heures, il existe des solutions pour profiter de la saison. Les voici.

Cocooner

L’hiver appelle à rester au chaud, loin du blizzard matinal et de la goutte au nez incontrôlable (ne niez pas). Et quoi de mieux pour remonter un moral plus bas que terre sans creuser un découvert déjà bien entamé que de transformer son appart’ en antre du bien-être ? Tout est une question d’état d’esprit : le lieu qui représentait le plus notre envie de ne rien foutre et de ruminer peut devenir symbole de réconfort et d’optimisme. La définition même du cocooning, terme emprunté aux héros du self-care outre-Atlantique pour rendre “glander” cool et douillet. Au lieu de broyer du noir, on se fait un nid dans lequel on se sent en sécurité et qui nous met de bonne humeur. On investit dans une plante, on range, on se fait un thé, les ongles, la moustache ; BREF, ce qui nous procure une petite dose de positivité nécessaire à garder notre humeur au beau fixe.

Miser sur la bouffe

L’été a son classique melon-jambon cru, sa burrata coulante sur tomates coeur de boeuf, la saison froide aussi possède des atouts culinaires non-négligeables. Déjà, la raclette. Rien que la vue du fromage qui coule sur des patates chaudes et une sélection de charcuterie du cru nous réconcilie avec la période. Et ne parlons pas du croustillant de la croûte qui apporte un jeu de texture unique à nos bouchées (j’ai faim). Trop compliqué en solo ? Pour celles qui n’auraient pas déjà investi dans un mini-appareil à raclette – une affaire en or – il existe des options moins encombrantes. Les coquillettes par exemple. La pâte favorite des millenials en quête de réconfort passager se cuisine avec ou sans jambon, mais toujours avec du beurre – salé de préférence. En 3 minutes c’est prêt, en 3 minutes on peut s’avouer que l’effet salvateur ne serait clairement pas le même par 35 degrés.

Prévoir ses prochaines vacances

Pour l’instant l’idée que notre doudoune calée sous le manteau devienne un jour inutile semble illusoire. On peine même à se rappeler de la sensation jouissive du matin où on sort enfin sans collant – et sans se les cailler non plus. Mais le soleil reviendra plus vite qu’on ne le pense alors mieux vaut se mettre rapidement à la planification de notre été. Destination, réservation, imagination débordante notamment quant à la tonne de fringues estivales qu’on pourra enfin ressortir du fond de notre penderie pour pavaner en vacances, il y a de quoi s’évader. Cette année, on mise sur l’Italie, en train. C’est plus écolo et ça a un côté rétro intriguant. Et si le mois de juillet semble trop loin, rien ne nous empêche de partir bientôt pour deux jours d’escapades proches. Une fois encore, pas besoin de traverser le globe : la France a de quoi nous émerveiller, même en plein hiver.

Résister à la tentation de l’annulation de dernière minute

Cocooner, c’est bien, mais à force d’aimer passer du temps chez soi, on frôle l’isolement et donc le retour du spleen. Nos potes proposent un verre qu’on meurt d’envie d’annuler pour filer sous la couette ? On se fait violence en se disant que notre lit sera d’autant plus accueillant après une margarita (pizza ou cocktail, c’est selon) et une marche rapide dans le froid. De toutes façons, une fois sur place, on regrette rarement d’avoir accepté de sortir et on peut surtout se rendre compte qu’on n’est pas la seule à avoir le cafard. De quoi rapidement relativiser notre état et réaliser qu’un des meilleurs moyens de voir le bout du tunnel, c’est parfois de le traverser à plusieurs.

Article de Pauline Machado

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