COMMENT RÉAGIR QUAND ON SE FAIT GHOSTER EN BEAUTÉ ?

Le fléau relationnel a survécu au monde d’après. Et plutôt deux fois qu’une. On vous donne quelques astuces pour éviter de trop morfler face à l’absence notoire de réponse de celui ou celle qui habitait, jadis, vos pensées les plus douces.

Pendant le confinement, on a passé des semaines à s’échanger des messages plus ou moins chauds et plus ou moins engageants. On a même tenté le rencard virtuel à base de cuisine chacun.e derrière son écran. Pas forcément un succès culinaire (comment ça, il faut garder le blanc des oeufs pour faire une omelette ?) mais la conversation allait bon train. La suite semblait d’ailleurs couler de source : on sautera sur l’occasion de se voir une fois les mesures de sécurité levées. De quoi attendre le déconfinement avec impatience. Et une excitation certaine ; on ne s’est pas envoyé que des photos de chatons. 

Sauf que pas de bol, depuis le 11 mai grosso modo, plus aucune nouvelle de celui ou celle qui semblait si enclin.e à nous répondre quand il.elle n’avait rien d’autre à foutre.

Ça s’est fait graduellement. Au début, les échanges étaient moins fluides quoique toujours présents. Et vite, la discussion est tombée au point mort. Plus rien, à part un « vu » à 14h32 qui nous a frappée comme une flèche en plein dans notre petit coeur d’amoureuse transie. « On a passé la quarantaine à faire connaissance par messages et dès qu’on a enfin pu se découvrir en vrai, il a complètement disparu », raconte Emma, 28 ans. Lise, elle, a eu la « chance » de rencontrer sa conquête une fois. Une seule. « Juste le temps de me dire qu’elle me plaisait vraiment avant qu’elle ne s’évapore dans la nature », confie la jeune femme de 32 ans. 

Le ghosting, c’est moche. Et ça fait mal à l’ego. Mais bonne nouvelle : on en revient.

Oui parce que voilà, si l’autre a décidé de nous rayer de la carte de manière aussi brutale, on possède tout de même des moyens pour s’en sortir (un peu) indemne. Et donc ne pas plonger dans le puits sans fond de la remise en question personnelle, des doutes quant à notre intérêt en ce bas monde, et de la baisse catastrophique de confiance en soi. On vous voit. Et on comprend : la blessure résonne souvent plus loin que cette déception précise. On a donc rassemblé quelques réflexes à adopter pour rééquilibrer la situation, et ne pas laisser l’absence soudaine d’interaction ruiner votre moral, ni votre été.

Écrire à l’autre

En 2020, quand il s’agit de relations pas encore tout à fait définies (comprendre non-officialisées), ce qu’on redoute le plus, c’est le double message. Envoyer un mot alors qu’on est déjà l’autrice du dernier échange. Une règle complètement stupide, et pour deux raisons : d’abord, car elle instaure un jeu toxique qui complexifie les rapports et place automatiquement celui ou celle qui écrit deux fois en position de faiblesse. Ensuite, parce qu’elle implique que l’on ne peut pas vraiment contacter l’autre spontanément, quand on le souhaite. Non, on doit attendre qu’il.elle réponde. Du coup, la conversation perd en légèreté. Du coup, on fait une croix sur le naturel qui donne son charme aux débuts d’histoire. Du coup, on se plante.

Pour inverser la tendance, plutôt que de s’enfermer dans ce cercle vicieux qui ne mène à rien, mieux vaut agir. Et écrire. Un texte court qui met l’autre face à ses actes, sans l’accuser des pires horreurs non plus. Un truc type : « j’ai l’impression qu’une distance s’est installée, j’aimerais bien qu’on en parle ». Car peu importe la durée de votre amourette, il.elle vous doit un minimum d’explications. Pas un roman, mais juste une phrase qui la clôturera. On a tendance à dire qu’il faut « laisser tomber » et que « l’ignorance est la pire des punitions », mais non.

Vraiment, non.

Généralement, quelqu’un qui ghoste le fait pour de ne plus avoir de contact avec son ex-conquête. Voire, dans le meilleur des cas, parce qu’il.elle a peur de faire du mal. En ignorant la personne qui ghoste, on ne lui donne pas une bonne leçon : on lui facilite la tâche. Alors que si au contraire, on le.la confronte en lui demandant d’où vient le silence, on lui fait savoir qu’on est blessée. Et les gens doivent répondre de leurs actes, prémédités ou non. Pour pas que ça se reproduise, déjà, et pour que de notre côté, on ne se sente pas totalement dénuée de valeur. Ni comme une vieille chaussette coincée au fond de la machine plusieurs jours d’affilée. 

Définir ce qui nous touche le plus : le fond, ou la forme ?

L’occasion de faire un bilan nécessaire. Et de mettre le doigt là où ça fait mal. Même si ce n’est peut-être pas la perspective la plus réjouissante, que celle de s’analyser alors qu’on vient de subir un petit coup au coeur. Seulement ça nous aide à avancer. Alors on réfléchit : pourquoi est-on si triste de ne plus avoir de nouvelles ? Est-ce à cause de la fin de cette histoire-là, ou du rejet qui nous renvoie à quelque chose de plus profond et personnel ?

Qu’est-ce qui nous manque : la compagnie de l’autre, ou la compagnie tout court ? Sentir que l’on construit quelque chose avec lui.elle en particulier, ou la validation que la relation nous apporte ? Que cette personne, avec toutes ses qualités que l’on admire, s’intéresse à nous, ou que quelqu’un au hasard s’intéresse à nous, pour prouver qu’on vaut le coup ?

Si le ghosting est clairement une pratique détestable, les raisons véritables de notre désespoir n’en sont pas forcément issues. Et en les identifiant, on prend davantage de recul quant au traitement naze qu’on reçoit depuis quelques jours, voire semaines. On le vit mieux et on a plus de courage pour passer à autre chose après avoir remis l’autre à sa place. 

Se dire qu’on l’a sans doute échappé belle

Devoir tourner la page précocement, c’est peut-être finalement ce qui pourrait nous arriver de mieux. On est là en train de se lamenter – à juste titre – de la mort subite de notre pseudo-idylle, alors qu’on ne sait au fond pas grand chose de l’autre. Et si cette personne est capable de réagir de cette façon, même si on ne jette pas (trop) la pierre aux ghosteur.se.s occasionnel.le.s, c’est qu’elle ne mérite sans doute pas plus qu’un levé de nos jolis yeux au ciel. 

Plus facile à dire qu’à faire, d’accord, mais sait-on jamais, peut-être a-t-on échappé à une (énième) relation déséquilibrée, à un.e pervers.e narcissique ou simplement à un.e fan de coriandre ? Ce qui est sûr, c’est qu’il vaut mieux être seul.e que mal accompagné.e. Alors bon vent.

Article de Pauline Machado

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