COMMENT LE MOUVEMENT #FREEBRITNEY PROVOQUE UNE PRISE DE CONSCIENCE GLOBALE SUR LE VEDETTARIAT

Britney Spears est indubitablement une icône de la culture pop. Et comme chaque détail de sa vie, le procès autour de sa mise en tutelle déchaîne les passions. On vous explique donc la polémique #FreeBritney.

La petite fiancée de l’Amérique a bien grandi. Pourtant, Britney Spears, aujourd’hui âgée de 39 ans, vit toujours sous la tutelle de son père qui gère sa fortune et sa vie. Depuis août 2020, ses fans se battent pour faire entendre l’injustice de sa situation, au point de déclencher une prise de conscience globale sur la réalité du star-system.

L'origine du hashtag #FreeBritney

Tout le monde connait les déboires et la chute de la pop star. En 2007, point culminant de sa descente aux enfers,  elle se rase la tête devant les paparazzis. L’année suivante, elle perd la garde de ses enfants et est placée sous tutelle. Son père devient donc son gardien légal, à la tête de ses finances et à l’initiative de ses moindres faits et gestes. 

@freebritneyla, Britney porte un t-shirt imprimé : "Je suis le rêve américain"
@freebritneyla, Britney porte un t-shirt imprimé : "Je suis le rêve américain"

Depuis, elle continue sa carrière alors que Jamie Spears, son père, et Andrew Wallet, avocat nommé pour l’assister, restent ses gardiens légaux. En 2019, Wallet démissionne de façon inattendue, alertant sur un « danger immédiat » de la starlette. Par la suite, les équipes de Britney annoncent qu’elle a rejoint volontairement un établissement psychiatrique, à cause du stress. En parallèle, elle met sa carrière en pause pour donner la priorité à sa famille, en particulier à son père très malade.

A ce moment, le podcast de fans Britney’s Gram lance une rumeur dangereuse. Les hôtesses y diffusent un message d’une source anonyme, identifiée comme un des membre de l’équipe d’avocats chargés de la gestion de ladite tutelle. Cette source dévoile qu’à l’origine, l’internement de Britney relève d’une sorte de punition. En effet, Jamie aurait découvert que sa fille ne prenait plus ses médicaments. Il lui aurait alors proposé un nouveau traitement, auquel elle se serait fortement opposée. Jamie aurait donc décidé d’annuler la tournée Domination, alors en préparation. La source clame également que les dates publiques de son institutionnalisation sont fausses, et que son admission n’aurait pas été volontaire. 

@freebritneyfrance "Bonne journée à tout le monde, sauf au père de Britney Spears"

"Framing Britney Spears" et la prise de conscience de la réalité du star-system

Il n’en fallait pas plus pour enflammer la Toile. Très vite, le #FreeBritney prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Depuis 2019, la saga légale de la tutelle de Britney continue, et le site FreeBritney.net en dresse d’ailleurs une timeline. Le message circule donc toujours : « Leave Britney Alone! » (« Laissez Britney tranquille ! ») Le New York Times, qui s’était déjà intéressé à la situation de la chanteuse en 2019, publie alors début février 2021 un documentaire choc : Framing Britney Spears.

Documentaire qui sera d’ailleurs disponible à partir du 5 avril sur Amazon Prime Video.

Le documentaire, mis en ligne sur la plateforme américaine hulu [ndrl, et disponible le 5 avril sur Amazon Prime Video], provoque une vague d’indignation. Son point de départ est un constat simple : Britney arrive à enchaîner les tournées et à exceller dans sa vie professionnelle. Mais elle reste pourtant incapable de prendre soin d’elle-même aux yeux de la loi. Se concentrant sur le mouvement #FreeBritney, les journalistes prennent contact avec les fans et les proches de la pop star, afin de réussir à comprendre cette contradiction.

Si ce reportage se concentre à la base sur la dispute légale entre la chanteuse et son père, c’est un autre aspect qui choque le public. Le rapport des médias avec la célébrité, souvent jetée en pâture, est au coeur des critiques. On y découvre en effet une Britney traquée par les paparazzis et moquée sur les plateaux télévisés. La violence et le voyeurisme qui l’entourent en deviennent vite insupportables.

La prise de conscience du rôle que joue le public dans ce système

Ce documentaire soulève alors une vague d’indignation. Une indignation qui s’applique aussi au public lui-même. En tant que consommateur des tabloids et des photos volées, son rôle est en effet remis en question. Le mouvement se caractérise d’ailleurs là encore par un hashtag clé : #WeAreSorryBritney. 

Une prise de conscience nécessaire, dont la journaliste Liz Day, une des trois femmes à la tête du documentaire, se réjouit. Dans une story Instagram du New York Times elle s’exprime : « Je pense que c’était une bonne manière d’approcher le sentiment de complicité que beaucoup de personnes ressentent après avoir acheté les magazines tabloids ou après avoir ri des moqueries faites sur Britney. Et, je l’espère, cela peut nous rappeler de faire plus attention à ne pas reproduire ce genre de comportements aujourd’hui. »

S'en suit alors une remise en question du traitement des femmes par le star-system en général

Une prise de conscience donc, qui ne s’applique plus seulement à Britney Spears. Lindsay Lohan, autre célébrité sulfureuse, y a aussi le droit. Une interview chez David Letterman, un présentateur télévisé favori des américains, a refait surface sur TikTok. Ce dernier demande à LiLo « Tu ne devrais pas être en rehab en ce moment ? »  Il profite par la suite de sa surprise pour enchaîner :  « Combien de temps vas-tu y rester ? », « Combien de rehabs as-tu déjà faites ? », « Pourquoi ce serait différent, cette fois ? », « Pour quelle addiction y vas-tu, cette fois ? ». Autant de questions à laquelle l’actrice n’était pas préparée, alors présente pour faire la promotion d’un de ses films.

Un présentateur décidément très présent dans les critiques. Une autre vidéo particulièrement gênante d’une interview de Jennifer Aniston en 1998 est en effet au coeur d’une nouvelle polémique. Le présentateur lèche les cheveux de l’actrice, la laissant là encore désemparée, face à un public hilare.

Mais alors que les présentateurs graveleux sont pointés du doigt, d’autres sont félicités. Un extrait de l’émission de Craig Ferguson, un concurrent de Letterman, est cité en exemple. En 2007, il s’exprime avec empathie, en tant qu’ancien addict lui même. « Elle a clairement besoin d’aide », commente-t-il, « Il y a des gens qui s’effondrent, qui meurent, Anna Nicole Smith (playmate et célébrité, NDLR) par exemple, est morte. Ce n’est pas une blague. Ce n’est plus drôle. (…) Je ne suis plus à l’aise à l’idée d’en rire. » Une très belle façon de rappeler qu’on a toujours la possibilité de réagir avec empathie.

La vague #FreeBritney a donc déclenché une prise de conscience quant au traitement des femmes célèbres par les médias. En attendant que Framing Britney Spears soit disponible en France, Netflix aurait déjà prévu de produire son propre documentaire sur l’icône.

Un article de Shad De Bary

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