COMIC TRIP : SAYEM

Après deux albums solos, ce Toulousain de 30 ans Sayem revient avec un album très Comic Strip intitulé A City gone Mad W/ Fever.

Pour ce nouvel opus, Sayem a choisi un concept fort : celui d’un album-BD, qui nous plonge dans un univers Comic Strip décadent et violent, à l’image des deux dernières années qu’il vient de traverser. Pour ce nouveau défi, il a choisi de s’entourer de ses amis : Flairs co-réalise l’album, Artus de Lavilléon pour l’artwork et la BD originale de l’album, alors que DSL, F.L.A et Le Prince Miiaou se succèdent derrière le micro. Rencontre avec un fan de Morricone et de Moroder, bien décidé à marquer les esprits.

Paulette : Raconte-nous un peu ton évolution, depuis tes débuts hip hop à tes fameux synthés qui font ta marque de fabrique aujourd’hui…
Sayem : Pour comprendre mon évolution il faut tout d’abord savoir que mon père est un grand collectionneur de vinyles, que j’ai baigné toute mon enfance dans le rock anglais, les Rolling Stones… J’ai été élevé dans la haine des Beatles ! 
 
"JE SCRATCHAIS COMME UN PSYCHOPATHE, MA MERE N’EN POUVAIT PLUS !"
Puis j’ai eu la révélation du scratch, à la télé. C’était assez "OVNI" à l’époque. J’écoutais DJ Premier, et les sons scratchés de son groupe, Gangstarr. Puis, en 1995, Dj Q-Bert est arrivé et a révolutionné l’art du scratch. Ce type était complètement barge, il pensait dialoguer avec les extraterrestres grâce à ses scratches ! Moi, j’essayais de l’imiter dans ma chambre, avec mon unique platine, ma mère n’en pouvais plus ! Après ça, les Dj Shadow, Portishead, Massive Attack, sont arrivés. Ces groupes apportaient quelque chose de plus poétique, de plus féminin, par rapport au côté "ghetto" du hip hop. C’est grâce à eux que j’ai commencé à faire des morceaux sous mon nom, plus axés trip hop.
C’est ainsi qu’est né mon tout premier album (Phonogénique, paru en 2007 ndlr.), composé de tous ces morceaux, sans réflexion vraiment aboutie. Je me suis installé à Paris. Auparavant, JD Beauvallet des Inrockuptibles avait fait une super chronique de mon maxi qui n’était finalement jamais sorti. Avec ce papier, j’ai démarché pas mal de monde et réussi à décrocher une pub Nokia. C’est celle-ci qui m’a finalement permis de sortir le disque. Je n’aime pas trop être référencé "artiste de pub" mais pour le coup, ça m’a vraiment ouvert des portes !
BD, Artus de Lavilléon

"J’AIME M’APPROCHER DE LA MORT POUR ME SENTIR VIVANT"

Ton deuxième album A City gone Mad W/ Fever pose un univers assez fort pour le coup en s’inspirant de l’univers des films de super-héros, des séries B…

Quand j’ai commencé à bosser sur le projet, je traversais une période très particulière. Rupture amoureuse, la grosse gifle, et en plus, le décès brutal de trois personnes de ma famille quasi en même temps et dans des circonstances terribles.

Puis je suis tombé sur une phrase de Jim Morrison, "A City gone Mad w/ Fever", tirée d’une sorte d’essai qui comparait la ville aux rapports hommes/femmes. Ca m’a tout de suite parlé, j’ai appris beaucoup de choses dans la vie par le sexe. J’aime ce côté animal de la vie. J’ai donc imaginé un scénario avec une dizaine de personnages, évoluant dans une ville qui doit vivre ses dernières 24h. Je ne suis pas du tout suicidaire, mais j’aime m’approcher de la mort, me rappeler les odeurs, le plaisir, la frustration… Tous ces thèmes nous rappellent à quel point on est vivant.


Peut-on parler d’influences ciné à la Sin City (de Frank Miller, 2005) par exemple ?
Pour la forme oui, mais mon univers se rapproche plus de ceux de Charles Bukovwski en littérature ou des frères Cohen dans The Big Lebowski. Tous les "Ski" en somme ! (Rires.) J’aime par-dessus tout ces antihéros qui nous poussent à nous demander : "Qui suis-je ?" et "Quel est mon rôle dans la société ?", etc. Mon album est une déclaration d’amour à tous les antihéros, ces hommes qui se tapent des putes dans des bordels au lieu d’aller sauver des petites vieilles.

D’où est venue l’idée d’assortir l’album d’une BD ?

Au départ, la BD imaginée par Artus (visiter le site web d’Artus de Lavilléon), m’a aidé à lancer mon histoire. Pendant deux ans, on s’est confiés l’un à l’autre, on s’est raconté toutes nos histoires, nos ruptures, etc. Puis on s’est retrouvés tout un week-end à faire des conneries, à l’issue duquel il a commencé à dessiner. Quand je l’ai enfin vue, je n’y croyais pas, mon cœur battait à 100 à l’heure. Le premier dessin me représentait seul avec un gun à la main et une bulle qui disait : "Tout ça à cause de mon ex". Finalement, je me suis rendu compte que tous les personnages que je m’étais inventés parlaient de moi, de mon histoire.
"J’ADMIRE JUSTICE CAR ILS ONT SU PRENDRE DES RISQUES."
Bien entendu, chacun peut interpréter les choses à sa manière. Ce qui compte, c’est de proposer des choses. Prends par exemple le dernier album de Justice. Beaucoup de gens les ont critiqués pour avoir fait un album inattendu, mais ils ont eu du courage ! Moi, ce que je souhaite, c’est qu’on prenne le temps d’écouter mon album.

En parlant de Justice, comment trouves-tu leur album, paru le 26 octobre dernier ?
Je ne me suis pas encore fait d’avis mais je les admire pour s’être donné de nombreuses contraintes : 4/5 synthés, une guitare, point barre. Ils se sont mis en danger ce qui, pour un groupe écouté par des millions de gens, est hyper couillu. J’accroche bien avec le côté "Black Sabbath" de leur son. Je trouve le final d’Audio, Video, Disco vraiment incroyable même s’ils auraient pu se casser un peu plus sur la voix. Et puis ils ont eu le culot de remettre le Flanger (son distordu à la guitare, ndlr.) à la mode. Je suis sûr que dans deux ou trois ans, il va revenir à la mode.


Il te reste 24h à vivre, que fais-tu ?
En bon épicurien, je me ferais un bon confit de canard et une bonne baise avec la femme que j’aime. Surtout pas de musique, ça me ferait trop penser au taff, j’ai déjà assez de sensations fortes comme ça. Je me rappelle, pour un de mes anniversaires, des amis m’avaient proposé au choix de sauter à l’élastique, de sauter d’un avion ou de me faire tatouer. Je leur avais dit : "Pour quoi faire ? Offrez-moi un massage plutôt !"

Pour terminer, une petite dédicace aux Paulette ?
Elles sont nombreuses ? Parce que je veux coucher avec chacune d’entre elles !

Tout ça en 24h ! (Rires.)
 

SAYEM :: A CITY GONE MAD W/ FEVER
Disque Primeur/EMI
Disponible depuis le 10 octobre

05/11 : Release party Excuse My French à la
Bellevilloise, Paris

Au programme : Akil Dasan, Benjamin Diamond, DSL,
RAsh & MR VIKTOR, PLAYMA.
 

Site web
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SURPRISE
Gagnez 2×2 places pour la Release Party à la Bellevilloise le samedi 5 novembre

> Pour remporter la mise, répondez en commentaire à la question suivante :
"D’où vient le nom du nouvel album de Sayem ?"

>> Les deux gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses à 18h.
 

 
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