CODER ET ÊTRE UNE FEMME : C’EST QUOI LE BUG ?



Les révélations de l’environnement sexiste au sein l’école 42, la présence de Karlie Kloss en Une du classement Forbes Under 30 pour son engagement auprès des femmes souhaitant coder : décidément, les femmes qui codent font parler d’elles ces derniers jours. Mais pourquoi ce sujet déchaîne-t-il autant de passions ?
 
« On m’a poursuivie sur un étage et demi — que j’ai dû remonter à reculons — pour voir sous ma jupe. On ne se sent pas en sécurité ici. » La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. La tant renommée école 42 a fait l’objet d’un article-choc sur l’atmosphère sexiste qui y règne. Groupe Slack avec diffusion de contenus à caractère pornographique et dégradant pour les femmes, harcèlement, moqueries… Les témoignages ne manquent pas pour décrire le fléau que représentent de nombreux garçons de la formation. Et autant dire qu’il est difficile pour les filles de se soutenir : en large minorité, elles représentent moins de 10 % de l’effectif de l’école 42.


Une capture d’écran publiée par Usine Nouvelle des propos sexistes tenus à l’école 42.

Le manque de représentation des femmes dans le monde de l’informatique est significatif. Aujourd’hui, il y aurait seulement 27 % de femmes dans ce secteur contre 48 % pour le reste de l’économie, d’après les chiffres du syndicat professionnel Syntec. Apple, Facebook, Google, Microsoft et Twitter, tous emploient environ 70 % d’hommes.
 
Et ce manque de présence des femmes dans le monde de l’informatique n’arrange pas leur intégration. Elles sont souvent victimes de sexisme et certains hommes n’ont pas honte de douter de leur capacité. D’après une étude menée sur Git Hub (une plateforme d’hébergement et de collaboration de référence pour des projets open source), les suggestions de code des femmes sont davantage soumises à validation que celles des hommes quand leur sexe est identifiable. Pourtant, quand leur sexe n’est pas identifiable, elles sont plus recommandées que les hommes… Vous voyez où est le problème.


Cet environnement très masculin, voire sexiste, pousserait-il les femmes à abandonner leur travail ? D’après une étude menée par la Harvard Business Review en 2008, près de la moitié des professionnelles dans les sciences, l’ingénierie ou la technologie finissaient par changer de secteur.



Pour remédier à ce fléau, de nombreuses initiatives à destination des femmes débutantes, amateures ou même professionnelles du codage se multiplient dans le monde et en France. Girls Can Code, Rails Girls, Django Girls, Duchess, Girls in tech, Women who code… Il existe énormément de communautés d’apprentissage qui mettent notamment en place des stages d’apprentissage ou de développement des connaissances en code.
 
Récemment, Karlie Kloss s’est retrouvée en Une du magazine Forbes Under 30 mettant à l’honneur les personnes les plus influentes du monde. La super-modèle a créé en 2015 Kode with Klossy qui a pour but d’apprendre aux jeunes femmes à coder lors de sessions d’été gratuites. Sa fondation offre également chaque mois une bourse à une fille souhaitant continuer ses études dans l’informatique et le codage. Pour l’instant, son projet a aidé plus de 500 filles à poursuivre leur rêve. Une initiative qui fait du bien.

 

#KodeWithKlossy 2017 applications are open! ???????? learn more and apply www.kodewithklossy.com

Une publication partagée par Kode With Klossy (@kodewithklossy) le 4 Avril 2017 à 9 h 43 PDT

 
Et vous ? Avez-vous des témoignages de parcours de femmes dans le milieu du codage et de l’informatique ? Si oui, n’hésitez pas à le raconter dans les commentaires !
 
> Article de Manon LE ROY LE MARREC
 
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