CLÉOPATRE DARLEUX : « LES DEUX ANNÉES QUI ARRIVENT VONT ÊTRE CHARNIÈRES »

Chez Paulette, on adore mettre en avant des femmes inspirantes. Aujourd’hui : Cléopatre Darleux, joueuse de handball française au palmarès impressionnant, maman et femme engagée. Interview.

Née le 1er juillet 1989 à Wittenhein dans le Haut-Rhin, Cléopatre commence la pratique du handball à 7 ans. Pour elle, ce sport, c’est une évidence. Et très vite, tout s’accélère. Elle est sélectionnée pour le Pôle Espoir lorsqu’elle a 14 ans, intègre un centre de formation à 16 ans et commence à jouer en professionnel à seulement 18 ans, à Issy-les-Moulineaux. Un an plus tard, elle rejoint l’équipe de France en tant que gardienne et, en parallèle, change souvent de club. Metz, Brest, Vibord au Danemark, Nice… Tous l’ont vu évoluer. Aujourd’hui et depuis 2016, elle s’est engagée avec Brest Bretagne Handball et veut faire évoluer la pratique. Elle nous raconte son parcours et ses engagements, toujours souriante.

Cléopatre Darleux

Bonjour Cléopatre ! En janvier, tu as été sacrée joueuse du mois par le trophée FDJ. L’année commence bien, donc ? Comment tu te sens ?

Bonjour Clémence ! Ça va bien, merci. Effectivement, l’année a très bien commencé et le mois de janvier particulièrement. J’en suis très heureuse parce que ce n’était pas gagné. Avec mon club de Brest on a eu quelques blessures en fin d’année 2021… Mais dans tous les cas, c’est normal d’avoir des hauts et des bas.

 

Ton club de Brest, c’est celui avec lequel tu as gagné la Coupe de France et le Championnat de France en 2020-2021. Entre autres médailles, parce que tu as aussi été sacrée Championne du Monde en 2017, Meilleure Gardienne et Meilleure Joueuse en 2018, Championne Olympique en 2021… Bref, un sacré palmarès ! Tu nous fais un topo ?

C’est vrai que je commence à avoir de l’expérience (rires). J’ai commencé ma carrière tôt, à 18 ans en tant que professionnelle. Donc j’ai vécu plein de choses ! J’ai beaucoup voyagé, dans plein de clubs différents, avec toujours l’envie de progresser. Et c’est vrai que depuis le titre de Championne du Monde en 2017, c’est un peu parti crescendo. Avec l’équipe de France, il y a eu souvent de très bons résultats et des médailles. On vit de belles années dans le handball féminin et pour moi aussi, personnellement, ce sont de belles années. Aujourd’hui, quand je regarde en arrière, je me dis que ce n’est pas si mal !

Le sport, c’est de famille chez toi. Tu nous racontes ? Quel a été ton déclic et comment as-tu commencé à pratiquer le handball ?

Pour contextualiser, j’ai deux grandes sœurs et deux petits frères et on a tous un an d’écart. Mes parents ont toujours aimé le sport : mon père était président d’un club de foot, ma mère a fait du handball, mes parents se sont rencontré.es là-dedans… Du coup, depuis tout.es petit.es, iels nous emmènent au sport. Pour nous défouler, aussi, je pense. On est tous.tes passé.es par plusieurs sports et on a particulièrement a adoré l’esprit d’équipe – sûrement parce qu’on est issu.es d’une grande fratrie. Les filles sont allées vers le handball et les garçons vers le rugby. Moi, j’ai commencé le hand vers 7 ans. J’ai suivi une de mes sœurs qui était plus âgée que moi et notre aînée a suivi aussi. Et d’années en années, on est toutes restées dans le handball. Aujourd’hui, j’ai une de mes sœurs qui a joué en national et l’autre jusqu’en pré-national et régional.

 

On parle beaucoup ces temps-ci des jeux de Paris de 2024. Comment te sens-tu à leur approche ? On joue à domicile, cette fois-ci ! Qu’est-ce que ça change pour toi et les athlètes en général ?

Ça va être un événement exceptionnel pour tout le territoire français et tous.tes les sportif.ves ! Les JO, en général, on le vit à travers la télé. Mais là, tout le monde va pouvoir nous suivre. Les épreuves de handball seront à Lille et pas à Paris, mais ça va quand même être une grande fête car ce sera une salle énorme, avec 26 000 places… Et c’est vrai que c’est un grand objectif, pour moi, mais pour l’équipe aussi. Je me suis donné ça comme ligne de mire pour les deux prochaines années. Et peut-être même que j’arrêterais ma carrière là-dessus ! Après, tous les matchs avant les jeux seront importants. Parce que pour construire une grande victoire il faut gagner avant et toujours progresser, s’entretenir. Donc je suis très motivée. Les deux ans qui arrivent vont être charnières.

Cléopatre Darleux
Cléopatre Darleux - © Flora Metayer

À côté de ta carrière de sportive, tu es aussi une jeune maman engagée. Notamment dans le droit des femmes et dans la place de la maternité dans le sport, mais aussi pour une consomation plus écoresponsable et la préservation de la biodiversité. Pourquoi c’est important et comment ça transparaît dans ton quotidien ?

Souvent, en tant que sportif.ve de haut niveau, on peut vite devenir des role models et on a la possibilité de transmettre des messages forts via notre communauté. Donc, c’est important de transmettre des valeurs qui nous sont chères. Et si je peux diffuser des messages qui inspirent les jeunes générations, j’ai envie de m’impliquer et de faire évoluer les choses ! Personnellement, j’ai une petite fille et j’ai envie que les pratiques évoluent. Que les droits de la femme, aussi. Dans le sport, qu’on soit plus médiatisées… par exemple, pourquoi ne pas avoir le même nombre de retranscriptions ? S’il y a un match de garçon, qu’il y ait un match de fille diffusé juste après. En plus, ce serait simple à quantifier. Être à 50/50 dans les entreprises du sport, ce serait génial aussi. Parce qu’on a quasiment que des hommes…

Côté écologie, si je suis engagée, c’est aussi pour une question personnelle. Depuis plusieurs années, j’ai vraiment une démarche écoresponsable dans la vie de tous les jours, grâce à plein de rencontres. Iels m’ont fait mettre le doigt sur des choses qui, avant, étaient anodines pour moi. Ce ne sont pas des changements du tout au rien mais, aujourd’hui, j’essaye de limiter ma consommation de plastique et de consommer vraiment local. Avec ma fille, par exemple, on va chercher des paniers dans les fermes locales, au plus proche. Je conseille l’application We Act Good où il y a plein de petits tips pour essayer d’adopter de nouveaux gestes. Ça m’a appris à faire ma lessive et mes produits ménagers moi-même. Petit à petit, j’essaye de changer. Et bien sûr, il y a des choses plus difficiles à faire !

Où te vois-tu, dans 10 ans ? Quels messages voudrais-tu transmettre aux prochaines générations ?

Dans 10 ans, j’aimerais bien être à la cool, sur une île avec mes trois enfants et mon mari… Ça, c’est le truc rêvé, peut-être que ça ne me plairait même pas (rires). Mais c’est quelque chose qui m’attire, de tester le soleil !

Si je pouvais faire passer un message, je dirais : faites de votre mieux, tout simplement. Essayez. Chaque petite action peut être importante !

 

Et tu as bien raison ! Bon courage pour ces deux prochaines années et la préparation aux Jeux Olympiques.

 

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