CINOCHE : WINTER’S BONE

© Pretty Pictures

Adapté du roman éponyme de l’américain Daniel Woodrell, Winter’s bone nous emmène dans un parcours marécageux et épineux, où la jeune Ree affronte les démons de son père disparu. Entre courage et dureté, le film de Debra Granik mérite haut la main ses Grand Prix du jury et Prix du meilleur scénario au festival Sundance 2010. 

 
À 17 ans, généralement, les filles prennent soin de leurs ongles, font du shopping et décident de sortir avec des garçons. Pour Ree, chevelure blonde et regard bohème, les préoccupations du quotidien sont centrées sur la cuisine – à base de patates et de restes donnés par ses voisins obèses – la chasse et le bois à couper. À ses côtés, deux petites bouches à nourrir, son frère de 12 ans et son adorable petite sœur de 6 ans, sans oublier une mère qui a perdu l’esprit, la parole et tout signe de vie.

Un scénario touchant, brutal et honnête.
Afin de respecter le cadre du livre, la réalisatrice Debra Granik, armée d’une caméra numérique RED dont el rendu est proche de celle d’une pellicule, s’aventure à filmer les foyers d’américains du Missouri, guitare à la main, chants folkloriques et tenues appropriées. C’est en cherchant son père et en essayant de sauver sa maison des mains des huissiers que Ree, sans peur ni hésitation, affronte verbalement et physiquement les démons de cette région, réputée hostile aux bruits et aux lois.
Le scénario, basé sur un premier rôle féminin qui donne le rythme à l’histoire, émeut par la dureté des dialogues avec les autres personnages et tient, une fois adapté au grand écran, les spectateurs en haleine. Que va-t-il lui arriver ? Va-t-elle retrouver son lâche de père ? Où Ree puise-t-elle sa raison de vivre, sa force et son courage ?
 

Révélation ciné
L’actrice Jennifer Lawrence, qui joue Ree dans Winter’s Bone, est une véritable révélation. Âgée de 18 ans lors du tournage, elle évolue d’adolescente à adulte au cours du long-métrage, laissant de côté ses préoccupations de femme et ses propres envies pour subvenir aux besoins de ses proches. Autre acteur atypique et charismatique, John Hawkes – qui interprète le rôle de l’oncle drogué au grand cœur, Teardrop – que l’on retrouve dans le film en rebelle silencieux, effrayant et rustre, surtout lorsqu’il s’agit de parler avec le shérif de la ville…
Certes, le film n’est pas des plus joyeux et je vous conseille donc de l’éviter si vous avez l’esprit maussade. Mais l’adaptation fine proposée par Debra Granik, le scénario subtile et émouvant, le jeu d’acteurs entiers et complices, le tout dans un cadre hivernal aussi froid que l’histoire contée, donnent à ce film une véritable originalité, un humanisme et pousse à la réflexion. 

Rien que pour la performance de la jeune actrice Jennifer Lawrence, le film vaut le coup d’œil !  

  WINTER’S BONE :: DEBRA GRANIK

Avec Avec Jennifer Lawrence, John Hawkes, Kevin Breznahan

En salles depuis le 2 mars 2011

Voir la bande annonce 

 

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