CINOCHE : ROAD TO NOWHERE

Sublime. Une mise en abyme, une réflexion sur le cinéma, un partage avec celui qui regarde, ce Road to Nowhere de Monte Hellman marque un retour sensible et cruel du grand réalisateur…
 
79 ans. Monte Hellman a 77 ans quand il débute le tournage de Road to Nowhere – littéralement "route qui ne mène nulle part", toutes ses dents, toute son imagination. Pour lui, ce film est le premier. Pour nous, c’est vingt ans d’absence d’un grand cinéaste à l’origine de trois longs-métrages plus marquants les uns que les autres, Macadam à deux voies, The Shooting et Cockfitghter.
 
Une question de chemins. Difficile de décrire le film. Sorte de film dans le film justement, retour sur soi, sur les coïncidences, les oublis, les liens entre fiction et réalité, Road to Nowhere ne cherche pas à montrer mais bien à donner la possibilité au public de participer. Un réalisateur trouve son actrice, le scénario s’adapte aux aléas du tournage, ou de la réalité, le vrai se confond avec le faux.
 

Joueur. C’est un jeu dangereux qui est proposé, une aventure énigmatique où l’on se perd, on s’abandonne à ce que l’on voit, aux décors sublimés par l’utilisation d’un appareil Canon 5D – une première au cinéma -, aux visages doux, durs, dociles des acteurs délicatement mis en confrontation.
 

Shannyn Sossamon. Elle incarne Velma, le rôle principal, ou Velma est Shannyn, au choix. Cette trentenaire, hawaïenne, repérée dans un café, époustoufle l’écran avec son regard sombre, son sourire enfantin et son interprétation. Aperçue dans la série How to make it in America, Shannyn est aussi djette, artiste, rêveuse. Dans le rôle du réalisateur dans le film, Tygh Runyan, qui devait s’appeler Monte Hellman lui-même. Finalement, il sera Mitchell Haven, joli parallèle. Changement important pour le réalisateur qui ne désirait pas tromper le public.
 

Le temps au temps. Ordinateur, haute définition, téléphones portables, la technologie a envahi le film, prenant pour témoin les évolutions de son époque, se rapprochant toujours un peu plus de nous. Mais ce temps est aussi celui du récit raconté, perturbé, tronqué. Il pousse à l’erreur, à l’incompréhension, suppose, propose. Du blabla pour cinéphiles ? Non, une pause cinématographique, on observe, on se laisse approcher, on se captive pour le scénario présenté.
 


Fine équipe
. Steven Gaydos au scénario, Laurie Post au montage – une première pour Monte Hellman qui avait l’habitude de monter lui-même ses films – le trio derrière le rideau s’est donné pour Road to Nowhere, inspiré de tous les précédents films du réalisateur, sorte de fourre-tout d’idées restées dans un coin de l’esprit. Monte Hellman n’était pas absent, il n’était juste pas encore prêt.

Beauté, cruauté, douceur, Road to Nowhere, film de la maturité oubliée ? À voir, absolument. 

 
ROAD TO NOWHERE :: MONTE HELLMAN

Avec Shannyn Sossamon, Tygh Runyan

Sortie le 13 avril 2011

Voir la bande annonce

 
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