CINOCHE : NOWHERE BOY


Liverpool. 1955. Un petit rebel se morfond : "Why hasn’t God made me Elvis ?". "Because He was saving you for John Lennon" lui répond sa mère.

Ce biopic sur les années d’adolescence du célèbre chanteur aux lunettes rondes permet de découvrir le jeune homme derrière la légende.
 
Élevé par sa tante Mimi depuis l’âge de cinq ans, John retrouve sa mère à l’âge de 15 ans. C’est donc à travers sa relation à la figure maternelle – déchirée entre deux femmes opposées – que l’on appréhende comment John Lennon est devenu le personnage que l’on connaît.
D’une part, sa tante : the upright British woman from the 50’s, digne, à la limite de l’austérité, mais persuadée d’agir pour le mieux. D’autre part, sa mère : rock’n’roll, un peu fofolle, qui lui apprend la guitare. Trop libre pour une femme de son époque, elle lui insuffle la créativité qu’elle n’a pas pu exprimer. Le contraste entre les deux sœurs permet de dégager les influences que l’environnement de ce génie a pu exercer sur son développement, ainsi que les forces et faiblesses de sa construction. La rencontre avec Paul McCartney, qui souffre également de l’absence de sa mère, morte d’un cancer, est forcément piquante mais également émouvante.
 
La justesse des personnages est admirablement servie par un casting de haute voltige. Aaron Johnson, l’égérie UK montante que l’on a pu voir dans Kick-Ass ou Chatroom…, a su, sans ressembler à Lennon de manière évidente, en capter l’esprit. Anne-Marie Duff est extraordinaire en mère perdue, dont la gaîté n’a d’égale que sa dépression. Et Kristin Scott-Thomas donne une profondeur touchante à une tante antipathique de prime abord, mais avec laquelle John Lennon a correspondu toute sa vie.
 
Le premier long-métrage de Sam Taylor-Wood, artiste primée à la Biennale de Venise en 1997, retranscrit sans mélo les premiers pas de l’icône et fait la lumière sur une période peu connue mais pourtant charnière de la vie du héros. Fidèle au rockabilly de l’époque, l’atmosphère "péchue" des Trentes Glorieuses l’emporte sur le misérabilisme qu’aurait pu susciter cette success story commencée dans le Liverpool d’après-guerre. Jerry Lee Lewis, Wanda Jackson, les chansons cultes M. Sandman et Be Bop-A–Lula… composent une BO enlevée. Dommage que le film se perde un peu dans le factuel. Les conventions du biopic sont lourdes à porter, mais Sam Taylor-Wood arrive à rendre l’exercice léger.
 
Nowhere Boy, en écho à la célèbre chanson des Beatles Nowhere Man, sort le 8 décembre 2010, jour anniversaire de la mort de John Lennon le 8 décembre 1980.
 
 
NOWHERE BOY :: Sam Taylor-Wood

avec Aaron Johnson

Sortie le 8 décembre 2010

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