CINOCHE : MA PART DU GATEAU

"Le monde fabrique de plus en plus de profits, et de moins en moins de monde en profitent !" Tel est le constat que dresse Cédric Klapisch dans sa dernière oeuvre, Ma part du gateau, film social sur l’idée de partage.
Après la fermeture de l’usine où elle travaillait dans le Nord, France décide de partir à Paris trouver du boulot. Elle trouve un stage pour devenir femme de ménage et est rapidement embauchée par Steve, trader qui passe sa vie entre la City et la Défense et incarné par Gilles Lellouche. Si les contraires s’attirent, ils ne peuvent se rejoindre : Steve est en fait responsable de la faillite de l’usine, et France ne passera jamais de la poussière à la lumière… Cendrillon, c’est plus d’actualité !
 

Le film porte donc une dénonciation de la situation sociale actuelle, extrêmement légitime, mais qui manque malheureusement de finesse dans son traitement.
L’opposition riches/pauvres est élargie à celle entre le réel et le virtuel : les grandes fortunes n’étant plus que des spéculations abstraites, sans lien avec la valeur du travail. Certes, ça n’est pas un scoop, mais Klapisch a le mérite de remettre certains points sur les i : "Pourquoi être humaniste est-il considéré comme niais ? La tragédie, c’est qu’on a plus le droit d’être naïf. Être cynique ou inhumain, c’est finalement devenu la norme !". À bon entendeur…
 

Entre comédie et drame, on retrouve le regard sur la société qui a fait sa patte.

À la fois pertinent dans les aberrations qu’il stigmatise – il faut maintenant avoir une formation pour devenir femme de ménage ! –, il n’en perd pas son humanisme : les personnages qui "se battent contre des moulins, armés d’une poêle et d’un écumoire", vaille que vaille, sont animés par des pulsions de vie touchantes et inspirantes.
Mais son penchant moralisateur, déjà perçu dans son dernier film Paris, affaiblit le propos : vous noterez le subtil prénom de France à vocation globalisante, les montages en parallèles du monde de la finance et des milieux ouvriers un peu faciles, l’opposition criante entre les couleurs des "pauvres", pleins de vie, et le gris des "riches", qui n’ont rien compris…
 

 
En bref, du sous-Klapisch un peu dommage, mais dont on reste preneuse, ne serait-ce que pour l’excellentissime prestation de Karine Viard, au firmament de son talent !
 
MA PART DU GATEAU :: CÉDRIC KLAPISCH

Avec Karin Viard, Gilles Lellouche…                                 

Sortie le 16 mars 2011

Voir la bande annonce

 

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