CINOCHE : LES FEMMES DU 6E ÉTAGE

Crédit photo : SND

Paulette vous emmène au 6e étage – à défaut du 7e ciel – d’un immeuble parisien, pour la sortie du dernier long-métrage de Philippe Le Guay, Les Femmes du 6e étage !

 
Paris s’éveille. Dans les années 60, l’œuf du matin bien coulant annonce une délicieuse journée. En tout cas pour Jean-Louis Joubert, agent de change coincé mais gentil, progressivement explorateur d’un autre monde, au 6e étage de son immeuble, rythmé par le flamenco et la paëlla. Olé ! 
 
Une tasse de thé ?
Le 16e arrondissement de Paris reste toujours le même, 50 ans auparavant. Appartements coquets, bonnes à disposition pour le ménage, le service et les lessives, épouses brushées à l’extrême et cocktails à domicile entre petits fours et conversations convenues. Sauf qu’à cette époque, fuyant la pauvreté et le franquisme, les bonnes sont espagnoles. Logées au 6e étage d’un immeuble haussmannien, elles partagent des toilettes à la turque, des chambres sans lavabo et une vie en communauté par nécessité.

Maria, lèvres charnues, taille fine et sourire éclatant, prend place en tant que domestique dans l’appartement de M. et Mme Joubert, suite à une série d’engueulades entre madame et son ancienne bonne bretonne. Séduisante, la jeune espagnole ne laisse pas indifférent M. Joubert, curieux de cette nouvelle arrivée et bien ennuyé dans son monde fermé et bourgeois. Au-delà de cette rencontre, le propriétaire s’aventure auprès des bonnes, les aidant à investir, à aller prier à la campagne et à se faire respecter dans l’immeuble.

Stéréotypes
Certes, le film de Philippe le Guay ne traite pas un sujet original, celui du rapport entre bourgeois et domestiques. On pense notamment au film de Claude Cabrol, la Cérémonie. Sauf que contrairement à ce dernier, Les Femmes du 6e étage apporte un optimisme et une joie laissant bêta et heureux le spectateur. Le jeu des acteurs, que se soit l’excellent Fabrice Luchini, de plus en plus à l’aise en snob frigide qui découvre la vie – un peu comme dans le film Potiche de François Ozon où il interprète un riche propriétaire d’usine plumé par sa femme – ou Sandrine Kiberlain, épouse sensible mais légèrement idiote et mauvaise mère de famille, ainsi que le scénario fin et subtil font de ce film un véritable bon moment.

Le réalisateur, lui-même issu d’une bourgeoisie parisienne et élevé par une domestique venue de la péninsule ibérique, arrive à donner le ton à ses acteurs, francophone ou non. Les bonnes espagnoles, toutes attachantes et drôles, ont des personnalités piquantes et particulières. De la communiste anarchiste – Lola Dueñas, du film Yo, Tambien – à la croyante catholique, ce groupe de femmes est d’une vitalité incroyable, donnant le sourire.

Une complicité de tournage
À l’origine, le personnage principal devait être un jeune garçon. Sauf qu’il a été remplacé par Fabrice Luchini, acteur qui tient le film avec son aisance et son talent rhétorique. De Philippe Le Guay, Fabrice Luchini dit qu’il est comparable à un bon vin, un Beaujolais nouveau dans son film L’Année Juliette (1995), un Cheval-Blanc pour Les Femmes du 6e étage.


En tout cas, à défaut d’être "à boire avec modération", ce film enivre… de bonheur ! 
 
 

LES FEMMES DU 6e ETAGE
un film de Philippe Le Guay

avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain,
Natalia Verbeke et Carmen Maura

Sortie le 16 février 2011

Voir la bande-annonce

 
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