CINOCHE : JIMMY RIVIÈRE

Pyramide distribution 

Après notre rencontre avec Guillaume Gouix la semaine dernière, Camille nous livre sa critique du film Jimmy Rivière du jeune réalisateur Teddy Lussi-Modeste.

Un Gitan qui passe par La Fémis, ça donne quoi ? Une belle dualité de cultures !
Ça tombe bien, c’est ce dont il est question dans Jimmy Rivière, premier film de Teddy Lussi-Modeste, jeune réalisateur issu de la communauté des gens du voyage, et nouveau venu parmi les jeunes auteurs français à suivre.
 
Co-écrit par la non moins talentueuse Rébecca Zlotowski (Belle Épine), Jimmy Rivière évoque la difficulté de trouver sa place lorsque l’on est tiraillé par des appartenances multiples à travers l’histoire d’un gitan qui se convertit au pentecôtisme sous la pression de sa communauté, et qui n’arrive pas à renoncer à ses deux amours : la boxe thaï et Sonia, sa petite amie. C’est la question de nos choix de vie qui est en cause. Comment s’affranchir du groupe lorsque notre individualité s’y sent étrangère ? 
 
Aux prises avec un dilemme cornélien – celui de se conformer ou de se rebeller, Jimmy est un protagoniste puissant comme on n’en fait plus : toujours dans la dualité, homme ou enfant, dur ou tendre, il jongle sans cesse entre le calme et la nervosité, la religion et ses anciens démons… Jamais réduit à son identité de gitan, il devrait trouver un écho chez tous les spectateurs encore en quête de leurs voies (et soyons honnêtes, on est pas mal à être encore un peu pommés !).
 
En dépit de quelques maladresses de débutants (des caravanes tellement blanches mon frère, qu’on les dirait tout droit sorties du concessionnaire ; des caleçons Villebrequin qui font aussi gitan que j’ai l’air Chinoise…), la mise en scène fait preuve d’élégance et de douceur.

Notamment lors des "moments chauds", scène de violence ou de sexe, où la caméra se fait moins précise, esquissant de manière agile le maximum avec le minimum… Le très bon usage, parcimonieux, de la musique de Rob accompagne de nombreux plans rapprochés qui rendent grâce au charisme naturel des acteurs. En un regard, Guillaume Gouix fait passer une large palette de sentiments et arrive à imposer d’emblée une personnalité singulière (lire l’interview sexy de Guillaume Gouix par Paulette). A noter également, la belle et ombrageuse Béatrice Dalle qui signe avec Jimmy son grand retour.

 
Jimmy Rivière est un film sincère, dans la veine d’un cinéma d’auteur qui privilégie l’authenticité. Et son réalisateur, qui préfère au terme de "communauté" l’expression "famille de la famille", rejoint grâce à ce joli premier film une nouvelle famille, celle des artistes prometteurs.
  
JIMMY RIVIÈRE
Un film de Teddy Lussi-Modeste

Avec Guillaume Gouix, Béatrice Dalle, Hafsia Herzi, 
Serge Riaboukine

Sortie le 9 mars 2011

Voir la bande annonce 


Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *