CINOCHE : EASY MONEY

MK2 Diffusion

Stéphanie nous livre sa critique du film Easy Money de Daniel Espinosa.

Malgré un titre américain et une affiche française presque identique à celle de Scarface ou d’un James Bond, Easy Money est le film immanquable cette semaine. En direct des bas-fonds de Stockholm, la drogue circule facilement, que se soit dans les mains d’un étudiant en école de commerce ou celles de gros bras sortis de prison ou tueurs à gages. Frissons.

Un polar venu du Nord

Après le succès incontournable de la saga Millenium en 2009, la Suède frappe à nouveau en matière de film sombre. Une fois encore adapté d’un best-seller, celui de Jens Lapidus, Stockholm Noir (chez Plon), Easy Money explore les zones sensibles de la capitale suédoise à travers trois protagonistes atypiques. JW, jeune playboy tout droit sorti d’un GQ, rencontre contre son gré un évadé de prison hispanique, Jorge, poursuivi par un tueur à gages et papa d’une adorable petite fille, Mrado.
 

Film sur la confiance, l’amitié, la fraternité et la dernière chance, le réalisateur Daniel Espinosa joue la carte du suspense jusqu’au dernier moment. Même si le film s’éloigne du livre de Jens Lapidus, qui fait alors office de trame au scénario, impossible de résister et d’être indifférent au destin de JW, piégé dans un jeu qui lui était jusqu’alors inconnu. Par son intelligence, le dandy s’aventure sur des terrains glissants, sans prendre de gants. Interprété par l’excellent Joel Kinnaman, jeune premier à la double nationalité, américaine et suédoise, JW nous confronte à plusieurs situations proches de la réalité : comment s’intégrer dans un milieu riche malgré une origine sociale très modeste ? Que faire quand un choix entre le mal et le moins mal se présente à nous, avec entre les deux une question d’amitié naissante ? Faut-il se laisser aller à ses intuitions ? Entre morale et raison, que choisir ?

Sujet classique, résultat fulgurant

Une histoire de poudre blanche, des quartiers mal famés, un trafic à l’accent hispanique ou yougoslave, Easy Money ne table pas sur l’originalité côté histoire. Pourtant, même si ce qui est raconté ressemble à du déjà-vu, on se laisse vite embarquer dans cette aventure aux mains sales, à l’action peu violente et surtout, aux aléas cyniques de la vie de JW.
 

Que se soit des plans au sein d’une prison aux scènes intenses en voiture ou lors de soirées jet-set, le réalisateur Daniel Espinosa capte, au détail près, l’attention du spectateur. Souffle coupé, action brutale, enchaînement de situations sans doute très inspirées du réel, Easy Money étonne et envoûte par sa finesse et sa subtilité. Joel Kinnaman, qui indique n’avoir "pas de respect" pour son personnage au départ, est très crédible en jeune étudiant modeste désireux de séduire les filles à papa qu’il fréquente. On note l’apparition pour la première fois à l’écran de la jolie Lisa Henni, dans le rôle de Sophie, plus riche et sensible que son ombre… qui incite inconsciemment JW à courir après de grosses sommes d’argent.

Carton plein

Après Morse (2008) de Tomas Alfredson et la trilogie Millenium (2009), les productions suédoises ont la côté auprès du grand public. Sorti en Janvier 2010, Easy Money a cartonné au Box office en Suède, un des plus grands succès de l’année. Tant bien même que le réalisateur de The Dark Knight, Christopher Nolan, est sur le coup pour une adaptation américaine avec dans le rôle principal Zac Efron… Le brun aux yeux clairs arrivera-t-il à la cheville du beau blond suédois ? À suivre !  

   EASY MONEY :: DANIEL ESPINOSA

Avec Joel Kinnaman, Matias Padin, Dragomir Mrsic

Actuellement en salles

Voir la bande-annonce

À lire :
La trilogie Stockholm noir de Jens Lapidus

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