CINOCHE : BELLE ÉPINE

Photo, Pyramide Films

ENS, Fémis, Quinzaine des Réalisateurs, Semaine de la Critique… La déjà très hype Rebecca Zlotowski affiche un palmarès impressionnant. Belle Épine, son premier film, ne l’est pas moins.
 
Après la mort de sa mère, la jeune Prudence se réfugie dans l’univers des grosses cylindrées du circuit sauvage de Rungis. Mais s’acoquiner avec les ados rebels et bad boys à motos qu’elle y rencontre comble difficilement sa solitude. Comme un appel à s’affranchir des faux codes de la "coolitude"…
Rebecca Zlotowski sait de quoi elle parle. Héritière d’un certain "esprit La Fémis" à travers le style "auteur français" du réalisme social ("oh elle pleure sous la pluie, c’est beau", les personnages ne s’appellent pas Marie ou Arthur mais Prudence et Reynald, sinon c’est pas drôle…), Zlotowski s’en émancipe toutefois en composant le monde parallèle de Rungis, qui tire brillamment son œuvre vers le film de genre.
 
Il est d’ailleurs étonnant pour cette ancienne élève de la section scénario d’avoir fait un film à l’esthétique beaucoup plus développée que sa trame narrative. Les images sont plus expressives que les dialogues. L’émotion se manifeste visuellement, à travers l’ambiance trouble de cette étrange virée adolescente, fuite en avant vers les contrées mystérieuses du deuil.
 
Le point fort de Belle Épine réside bel et bien dans son atmosphère, portée en grande partie par la musique de Robin Coudert, collaborateur du groupe Phoenix. À la croisée du Requiem de Mozart et des Centurions des films de Tarantino, d’une pointe de Johnny et d’un soupçon de Danny Elfman (compositeur de Tim Burton), le monde qui nous entoure se fait soudainement rock, grandiose, un poil pathétique and very smoky… L’excellente Léa Seydoux réussit une performance toute en introversion, où le moins dit le plus. Sa beauté, sans artifice, vient rehausser la distance désespérée que son personnage essaye de faire passer pour de la désinvolture.

Enfin, Belle Épine n’est pas seulement le portrait d’une jeune fille, c’est aussi celui "d’une fugue, d’une aventure et d’une vitesse propres à la jeunesse" confie Rebecca Zlotowski. En somme, un film enivrant et une nouvelle cinéaste prometteuse.
 

FILM

BELLE ÉPINE :: Rebecca Zlotowski
Avec Léa Seydoux, Anais Demoustier, Agathe Schlencker…

Sortie le 10 novembre 


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