CINÉMIX DU 28 NOVEMBRE


Cette semaine dans les salles obscures sortent
"Mauvaise Fille" et "Populaire", deux films que nous avons vus et appréciés et qui révèlent les talentueuses comédiennes que sont Izia Higelin et Déborah François. Mais aujourd’hui, on a décidé de vous parler de deux autres films qui viennent raviver nos penchants régressifs à quelques semaines de Noël et pour notre plus grand plaisir. Parce que nous sommes de grands enfants…
LES CINQ LÉGENDES, de Peter Ramsey

DreamWorks Animation (Shrek, Madagascar, Kung Fu Panda) se lance cet hiver dans l’aventure du film d’action pour nos jolies têtes blondes. Mais si les personnages du film sortent tout droit d’un univers ayant trait à la puérilité, la réalisation, elle, s’avère bien plus surprenante avec Peter Ramsey aux commandes. Les cinq légendes réussit le pari d’adresser un message sans cible précise et sans tomber dans la niaiserie usuelle des contes pour enfants. Le film vient avec ruse nous rappeler la puissance fondamentale d’une certaine notion de légèreté, trop souvent effacée par le temps ou le jugement d’autrui. Savoir captiver ses richesses primaires, nos capacités d’émerveillement, croire et continuer à garder espoir au fil des âges. Les cinq légendes retrace l’épopée de cinq protagonistes tirés de l’imaginaire enfantin et collectif, ces derniers devront combattre ensemble pour assurer la survie de leur mythe respectif. Une lutte s’engage alors contre Pitch Black, vilain destructeur de rêves, pour éviter l’ultime cauchemar. Celui qui ferait perdre à nos chers marmots l’envie d’adoucir leurs nuits en songeant à de belles histoires, celui qui, faute de croyances, anéantirait nombre de sourires. Croyez-le ou non mais, Nord le Père Noël, La Fée des dents, Bunny le lapin de Pâques, Sab le marchand de sable et Jack Frost, existent à leur façon et ne sont résolument pas prêts pour la retraite. Une équipe atypique, sans gros bras mais à la volonté de fer. Un traitement au réalisme audacieux pour ces gardiens, dignes représentants d’une candeur rejetonne, dont nous sommes finalement peu à vouloir se défaire.
Pour qui ? Les Paulette et les Georges qui s’émerveillent encore à la vue du premier flocon de neige.
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THE BROOKLYN BROTHERS, de Ryan O’Nan

Quand la mélancolie croise un homme orchestre, la rencontre sonne le début d’un road-movie improvisé et quelque peu autobiographique. Premier long métrage de Ryan O’Nan, The Brooklyn Brothers représente avec audace un cinéma indépendant américain trop souvent laissé pour compte. L’histoire est celle d’Alex Logan, un personnage en friche (interprété par le réalisateur lui-même), trentenaire paumé, récemment largué par sa petite amie et musicien dépressif aux ambitions adolescentes. Tentant de survivre dans la grande pomme, Alex prête mots à sa tristesse dans ses textes, paroles assumées dont aucun groupe n’assure pourtant la portée. Laissé pour seul, Alex va alors subir le kidnapping inespéré, celui qui va l’arracher à sa vie et lui donner un nouveau souffle. Entre bromance et romance, l’espoir se dégage d’une parenthèse intemporelle, salvatrice. Deux âmes faites pour s’épauler, avalant les kilomètres pour se retrouver, s’apprécier et réaliser un rêve de gosse. The Brooklyn Brothers allie gracieusement poésie et rock’n’roll, une virée initiatique, symptomatique d’une génération perdue entre devoir et désir inavouable. Le film déterre sciemment les souhaits oubliés, l’inachevé, préférant l’ardeur d’une candeur, le rejet ponctuel du conformisme, la poursuite vaine mais indispensable d’un idéal. Un duo détonant, un trio attachant, autant d’êtres dans le refus du regret, une chanson douce pour ne jamais s’oublier, tomber le masque, s’accepter, loin des déguisements et autres lois du quotidien. Avec ce film, Ryan O’Nan réconcilie, redonne de la voix à l’individu, réécrit avec justesse et signe le traité de paix essentiel entre l’adulte et l’enfant qui sommeille en chacun de nous.               

Pour qui ? Les Paulette et les Georges qui continuent à garder précieusement certains de leurs jouets d’enfance.

>Retrouvez Emilie sur son blog 

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