CINÉ-MIX : JEFF MILLS POUR EISENSTEIN


Quelle soirée d’ouverture ! Un écran géant à la Cinémathèque française devant lequel Jeff Mills, DJ tout droit venu de Détroit, mixe sur un film de Sergueï Eisenstein, Octobre.

À l’origine muet, le film se transforme en un clip géant au montage particulier, saccadé, répétitif, brusque, laissant le spectateur sans voix – mais les oreilles bien ouvertes. Paulette s’est glissée mercredi salle Langlois à 21h pour mieux vous raconter l’ouverture de la rétrospective du célèbre réalisateur…

  
Octobre, film peu apprécié lors de sa sortie en 1927, est mis à l’honneur pour l’ouverture de la rétrospective de son réalisateur, Sergueï M. Eisenstein, à la Cinémathèque française. Deux heures trente de projection sur grand écran avec pour originalité, plus de 42 morceaux signés Jeff Mills, présent pour l’événement. Des sons répétitifs, déstructurés, urbains, mêlés à une succession de plans d’environ 3 secondes qui composent le film du réalisateur Eisenstein, le tout présenté sous la forme d’un ciné-mix bluffant.
 
Entre performance musicale et renaissance d’un film quelque peu oublié, le ciné-mix proposé n’est pas le premier défi relevé par le célèbre DJ. Déjà venu pour une performance sur Metropolis de Fritz Lang au Centre Pompidou, Jeff Mills s’inspire de nombreux réalisateurs dans ses compositions comme Kubrick, Keaton, pour ne citer qu’eux. Devenu en quelque sorte le chouchou des réalisateurs pour l’ouverture de cycles ou d’expositions, Claire Denis l’avait invité quelques années auparavant à composer la bande sonore d’une expo au Quai Branly.
 
La Cinémathèque française propose donc du 15 au 30 décembre une rétrospective Eisenstein. Maître inconditionnel du mélange entre film politique et technique de montage incomparable, l’Histoire prend sens avec ce réalisateur qui attend de ses publics une réaction, un étonnement, un jeu parfois avec le scénario, les images, la cadence des scènes.

Dès La Grève en 1924, Eisenstein utilise un style très particulier : faire prendre conscience d’événements historiques (révolutions bolchevicks, lutte des classes…) à ceux qui regardent ses films, avec un "montage poing", agressif, brutal. Pour citer une scène représentative de sa manière de performer dans Octobre, un cheval blanc tombe progressivement d’un pont surélevé, après ordre de la part du gouvernement provisoire de fermer le centre de la ville aux prolétaires. Scène longue, coupée en plusieurs plans secs, où l’on voit le cheval si prestigieux devenir la victime d’une décision politique.

 
Ne manquez pas jusqu’au 30 décembre, les projections de chefs-d’œuvre tels que Le cuirassé Potemkine, Ivan le Terrible ou encore Que viva Mexico !

Que viva Mexico, 1932

> Tout le programme de la rétrospective est disponible sur le site de la Cinémathèque.
 
EXPÉRIENCE

Retrouvez Jeff Mills  à la Cité de la Musique 
avec la bande-son du film Le Voyage fantastique

Le 10 mai 2011 à 20h 

 
Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *