CHANTONS LA LA LA MODE



Illustration, Lucie Birant

Venus in Furs. Velvet Underground…  "Ermine fur" + "Velvet" + "shiny shiny shiny boots of leather", c’est beaucoup de chiffons pour la même chanson. Tiens, tiens…

D’autres chansons, d’autres groupes. Les Yeah Yeah Yeahs chantent "Get your leather on", Julian Casablancas ne jure que par sa "leather jacket"… Si l’on va plus loin, on se rend compte combien les identités musicales et vestimentaires sont intimement liées.
Si l’on considère que le vêtement, la matière, les associations (même douteuses) sont les couleurs primaires de notre identité vestimentaire et que la mélodie, le rythme, les décibels sont les couleurs primaires d’une identité musicale alors ça devient intéressant de faire résonner les unes avec les autres. Intéressant aussi de voir comment une identité forte à un moment donné l’a été suffisamment pour engendrer une descendance et se muer ainsi en héritage. Voici les 5 familles musicales que nous avons pu identifier :

LES GLAM’

Du costume aux décibels, un univers saugrenu, multiple, un brin exhibo, fantasque, les Glam’ des années 00 assurent la relève de l’icône du genre, Bowie-Ziggy. Sa progéniture directe c’est le drôle d’oiseau Patrick Wolf. Tout aussi baroque, peut-être un poil plus déprimé – sans doute l’époque veut-elle cela – mais d’une belle puissance, d’une drôle d’ambivalence.
Bowie-Ziggy (personage du cultissime The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, sorti en 1972) a engendré de belles identités, fidèles, qui, comme lui, se tartinent de paillettes, s’amusent avec leurs cheveux, usent et abusent des couleurs flashy-over-the-rainbow.

Le pendant féminin se situerait du côté de Beth Ditto (leader de The Gossip), moins musicalement que pour l’effet explosion "Je-suis-comme-je-suis-et je-vous-emm…" : une joyeuse fête de l’excès (kilos, maquillage, paillettes, décibels). Elle, n’est pas androgyne, loin s’en faut, mais revendique son homosexualité et rejoint ainsi le statut d’icône gay de son mentor – et puis, quand les créateurs s’arrachent votre personne pour vous habiller, c’est que votre quotient iconique n’est pas loin du top.

Tags : Anglais. Glam. Paillettes. Couleurs flashy. Androgynie. Floutage des genres. Maquillage. Jeu. Ambigüité. Baroque festif. Excès.

Voir : Velvet Goldmine (Todd Haynes, 1998) et Music for Men de  Gossip 

LES MODS

Restons un peu en Angleterre, ils en ont sous les guitares, nos amis britons.
Mods, rockab’ : comme on les aime. Les pantalons ont le feu au plancher, les polos (Fred Perry, Lonsdale, Ben Sherman…) hyper fités , fermés jusqu’au dernier bouton, des cheveux courts, nickels (on parle de la coupe, pas du taux de sébum dans le cuir chevelu de ces chers petits). Le style et la musique sont fusionnés en medium de reconnaissance.
Le revival Mods a eu lieu il y a bientôt dix ans avec la déferlante des groupes en "The" emmenée par The Strokes (Is This It, 2001). Les Papas : The Who. Annonciateurs du punk, nourris d’opéras-rock, symbole des sixties à l’anglaise. Une explosion propre, une énergie toute anglaise, de l’intérieur.

Plus pour les chiffons que musicalement, les Mystery Jets s’inscrivent clairement dans cette mouvance, en plus coloré, plus pop, plus 00’s-on-recycle-on-trafique-et-ça-marche. Club Royale, nouveau combo londonien reprend ces codes pour un rock soigné, looké, efficace.

 
Tags : Mods. Uniforme. Classy. Coupe au poil. Propre. Enervés. Particulièrement anglais. Tight. Rock. Enervé. Joli. Travaillé. Précis.
Voir : Quadrophenia (Franck Roddam, 1979, sur la culture Mod), Tommy (Ken Russel, 1975, basé sur l’opéra-rock des Who en 1969)

LES FILLES SIXTIES

Depuis un petit moment, des looks sortis tout droit des années 1960 s’étalent sur vos blogs, vos mag’ ou vos pochettes de disques préférés. La fille sixties, elle met du liner, des robes courtes, des pantalons trop longs et des manteaux de fourrures.

En musique, ça donne des groupes comme Le Corps Mince De Françoise ou Au Revoir Simone. Un look doux, des voix mélodieuses, des couleurs calmes. Des versions 2010 de Nico, la belle acolyte des Velvet Underground sur The Velvet Underground & Nico (1967), avec des mélodies qui diffèrent pourtant (Non Madame, plagier du Velvet ça ne sera pas possible). Un bel emblème de la culture rock-psychédélique, monde poétique, quasi-mythologique et envisageable sans LSD. Les cheveux longs, une frange. Entre le hippie et la "Femme Fatale", les yeux de biche ont le vent en poupe.

Tags : Liner. Cheveux raides. Frange. Femme. Simplicité sur corps mince. Trip. Tournis. Sensuel. Musique-physique.
Voir : Last Days (Gus Van Sant, 2005, un film sur Kurt Cobain, certes, mais pour le moment psyché où se joue Venus In Furs)

LES GRUNGE – PUNK
 

Elles ont des trous plein le tee-shirt noir, des tatouages, des dentelles, une surdose de rouge à lèvres et de noir sous les yeux. Grunge et punk dans la même catégorie parce que les décennies avançant, les "vrais" se font rares.

Tout de même, l’authentique Broody Dale (The Distillers) : une voix cassée et surpuissante, tatoo, crête à l’occasion, bouche et formes sur-pulpeuses…Celle qui fait dire à votre mère que c’est vulgaire, et à vous, toujours un peu 15 ans dans l’âme, que c’est votre idole. En plus électronique, il y a Peaches la cinglée, plus punk que grunge, complètement allumée, des paroles qui relèvent de l’atteinte à la pudeur – une expérience permanente. Une autre qui en a dans la culotte : Alison Mosshart (The Kills, The Dead Weather). Plus mignonne, moins trash, mais toujours une voix qui balance, autant que ses cheveux quand elle joue.

Courtney Love (The Hole), l’exemple type version 90’s. Punk dans l’esprit, elle gardera un look plutôt grungy, sûrement la faute à son lover de Kurt.
 

Tags : Américaine. Enervées. Malaise. Drogues. Décibels au maximum. Voix éraillées. Jambes écartées. Débauche. Défouloir. Marquage à vif. Tignasse. "Live fast, die young".

Voir : The Filth and the Fury (Julian Temple, 2000, sur les Sex Pistols, un bon docu sur le punk) 
 
LES INCLASSABLES

Celles qui relèvent de l’égérie, qui échappent à un héritage en s’inspirant de multiples influences et donnent  naissance à une nouvelle tendance de cas particuliers.
C’est le cas de la fantastique Karen O (Yeah Yeah Yeahs). En concert, c’est autant une claque visuelle que sonore. Elle dépote. Couleurs à gogo, ses costumes de scène ressemblent à des installations contemporaines. Elle crie "I’ve got a date with the night !!" et déroule le scotch lumineux dans lequel elle est enturbanée. WAOUH. Karin Dreijer Andersson (The Knife, Fever Ray) et Natasha Khan (Bat For Lashes), c’est autre chose. Plus en douceur, en poésie. Des élements animaux, des drapés, des maquillages dignes de défilés haute-couture. Toujours au diapason de sons aériens, sombres, hypnotisant. Des voyages.

Tags : Mystique. Bizarre. Haute-couture. Animaux. Aérien. Voyages.
Voir : le clip Pass This On de The Knife ou When I Grow up de Fever Ray (lire).

 

Et vous, à quelle famille musicale appartenez-vous ?

LES GLAMS
Sweat en sequins rouges, Filles à Papa

LES MODS
Noeud pap’, Laurent Desgranges

LES FILLES SIXTIES
Robe ceinturée, Zara
LES GRUNGES
Top filet, Moos
LES INCLASSABLES
Robe sweat, JCDC

 

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