En ce deuxième confinement, les victimes de violences conjugales sont à nouveau enfermées avec leur agresseur. Inquiète, l’association En avant toute(s) craint une recrudescence des cas.

On le sait, le premier confinement avait contribué à l’augmentation du nombre de violences conjugales et familiales. Et pour cette deuxième vague, l’association En avant toute(s) redoute une recrudescence des cas. D’autant que cette première semaine confirme déjà une hausse des témoignages. 

De nombreux témoignages

Depuis vendredi dernier, le tchat Commentonsaime.fr connaît déjà une forte hausse des fréquentations. Louise Delavier, co-fondatrice de l’association En avant toute(s), s’alarme : « depuis l’annonce du confinement, des jeunes femmes victimes de violence nous ont déjà fait part de leurs grandes craintes ». Et en voici quelques exemples [TW Violences conjugales] :

  • « J’ai accepté que mon ex violent me recontacte car j’ai beaucoup souffert des mesures sanitaires qui m’isolent énormément. Je sais qu’il me fait du mal mais je ne supporte plus d’être seule.« 
  • « Ce sont sans cesse des insultes, des menaces, des viols… Il me fait très peur et la terreur m’épuise. J’ai très peur de comment va se dérouler le confinement.« 
  • « ​Je suis dans une relation violente. J’avais pu retourner chez ma sœur pour souffler, mais elle a un enfant et je n’ai pas pu rester. Je suis obligée de retourner avec lui et le confinement me fait extrêmement peur.« 

Des similitudes avec le premier confinement

Comme au premier confinement, le principal problème est la cohabitation forcée. Car si « le confinement est un outil précieux pour freiner la propagation du virus« , comme le rappelle l’association En avant toute(s), « la cohabitation forcée est aussi un catalyseur des tensions au sein des couples et des familles. Dans un contexte d’isolement social, la violence risque de s’amplifier dans les ménages où elle est déjà présente, voire de naître là où le terrain est fertile.« 

Pour rappel, la fréquentation du tchat Commentonsaime.fr pendant le premier confinement avait connu une nette augmentation. Ce qui avait obligé l’association à élargir ses horaires d’ouverture. Et aux vues de ces premiers témoignages, on s’inquiète de la suite. 

De vraies solutions

Si vous êtes victimes ou témoins de violences conjugales ou familiales, il existe des solutions. Gratuites et anonymes. Vous n’êtes pas seul·e·s, et on est tou·te·s derrière vous. 

S’il y a urgence, vous pouvez composer le numéro 17, celui de la police secours, le 112 si vous êtes en Europe, mais pas en France – ou le 114 si vous êtes sourd·e·s, malentendant·e·s, aphasiques ou dysphasiques. 

Si vous êtes en capacité de téléphoner, mais qu’il n’y a pas d’urgence, vous pouvez appeler le 3919, numéro mis en place par le gouvernement. 

Pour signaler une violence en ligne ou vous renseigner, vous pouvez faire un tour sur ce site. 

Et si l’écrit est votre seule solution (surtout pendant le confinement), il existe, comme vous l’avez compris, le tchat Commentonsaime.frcréé par En avant toute(s). Ouvert tous les jours de 10 heures à 21 heures, il contient même une option pour fermer rapidement la fenêtre.

Courage à tou·te·s pour ce deuxième confinement ♡

Article de Clémence Bouquerod

Harcèlement moral et sexuel, racisme, sexisme, homophobie, @balancetonagency dénonce. 

« Triste succès », déplore Alex*, à l’origine de @balancetonagency, un compte Instagram de témoignages qui dénoncent le harcèlement moral et sexuel dans les agences de publicité. Triste succès, parce qu’il compte déjà plus de 27 000 abonnés. Racisme, sexisme, homophobie et j’en passe, si vous voulez vous dégouter un bon coup, ce compte est fait pour vous. Pour l’occasion, on a posé quelques questions à la personne qui l’a fondé. 

Comment avez-vous eu l’idée de créer @balancetonagency ? 

L’idée m’est venue parce que moi je suis dans le monde de la pub depuis une dizaine d’année. C’est en cherchant du travail que je me suis rendu compte du nombre de bruits de couloir sur les agences. Mais il n’y avait pas de lieu où on pouvait les retrouver. Parce qu’il y a beaucoup de personnes qui abusent de leur réputation. Et je voulais dénoncer ces abus, le harcèlement moral et le harcèlement sexuel. En fait, à la base, c’était juste à titre informatif pour les étudiants qui sortent d’école. 

Est-ce que vous avez déjà vécu des choses comme ça ? 

Du harcèlement moral, oui. J’ai fait un énorme burn-out qui m’a vraiment mis·e à terre. Et quand je me suis relevé·e, je me suis dit que tout ça devait devenir public. Je ne voulais pas que d’autres personnes vivent ça. Parce que le burn-out, c’est d’une violence inouïe. Il faudrait qu’on en parle avant de le vivre, qu’on sache un peu ce que c’est, et ce qui est à éviter comme comportement. Où commence le harcèlement moral… Où commence le harcèlement sexuel… Parce qu’on ne nous le dit pas à l’école. On nous jette en pâture à des agences comme ça qui ont du réseau, et puis si on ne tient pas c’est parce qu’on est trop fragile. C’est de notre faute. 

D’où viennent les témoignages que vous publiez ? 

Ça vient de gens qui se sont abonnés au compte, qui sont dans ces agences. Ou qui n’y sont plus. Je fais attention à vérifier tout de même, pour être sûre que ça ait un impact positif. Et eux, même s’ils ne savent pas à qui ils parlent, ça leur permet de se confier. On va dire que le compte ce n’est pas une victoire de l’avoir créé et de voir qu’il y a autant d’abonnés… En fait c’est d’une tristesse absolue ! Les moyens de communication pour pouvoir témoigner sont corrompus, bouchés… On ne peut pas en parler au RH parce que parfois il a des parts dans la société, on ne peut pas en parler au délégué du syndicat parce que parfois le harceleur en fait partie… et la médecine du travail, peu de gens sont au courant d’à quoi ça sert. On ne m’a jamais expliqué à qui parler en cas de problème, et puis même si tu sais, parfois tu ne peux pas. C’est pour ça que le compte marche tant, parce que c’est un moyen de parler.  

Est-ce que vous pensez que grâce à votre compte, des solutions vont se mettre en place ? 

Oui, déjà beaucoup se remettent en question. Ils se disent qu’il y a un problème. Le monde de la pub, c’est un petit monde. Tout se sait, et c’est aussi pour ça que personne n’osait parler. Et là comme c’est anonyme, on se dit qu’on a une plateforme pour discuter. Et les agences le voient aussi. Beaucoup viennent me voir, pour me dire « comment on peut aider les gens ? » Et je veux essayer d’en parler en story, dans des webinaires, toujours en anonyme. C’est très important que derrière, les entreprises et les agences se questionnent, et voient que ça ne doit plus fonctionner comme ça. 

Un mot de la fin ? 

Ce qui me semble important à dire, c’est qu’il y a tout un système à revoir. Je pense que dès l’école, ce sont des sujets qu’il va falloir aborder. Parce qu’on est trop victime de harcèlement moral, de harcèlement sexuel, que ce soit en entreprise, à l’école, ou ailleurs. Il faut vraiment mettre fin à ça, et pour ça on doit être armés. Il faut rendre le droit du travail accessible. Et pas que dans les écoles de communication. De partout. Il faut stopper un système qui n’est pas le bon. Et ce n’est pas uniquement un combat féministe : même si la majorité des personnes qui vivent du harcèlement sont des femmes, il y aussi des hommes. Je veux que ce soit un combat de tous. Je sais que beaucoup de gens veulent savoir qui est derrière le compte, mais derrière le compte, c’est tous les gens qui m’écrivent et qui témoignent.

* Nom modifié. Pour rester 100% anonyme, le·la créateur·rice ne sera pas genré·e non plus. 

Article de Clémence Bouquerod

Lenovo met à l’honneur 10 jeunes femmes qui changent le monde dans sa nouvelle campagne New Realities, réalisée en partenariat avec Girl Up. 

10 films, 10 jeunes femmes, 1 monde. Voici l’idée de la campagne New Realities de Lenovo, réalisée avec le soutien de Girl Up, initiative de la Fondation des Nations Unies, et Ava DuVernay, cinéaste américaine. Le but ? Utiliser la technologie pour donner la parole à 10 jeunes femmes de différents pays du monde – pour voir justement en quoi elles peuvent le changer. La particularité ? Ces 10 femmes prennent la parole dans un film immersif à 360°. Ce qui donne clairement l’impression de voyager ! 

L’organisation

Les 10 vidéos ont été filmées au cours des quatre derniers mois, « dans un contexte de bouleversements mondiaux liés à la pandémie COVID-19 et à l’approche de la Journée internationale de la fille le dimanche 11 octobre. Le projet fait suite à une nouvelle étude menée par Lenovo révélant que la technologie peut être un vecteur d’empathie en retranscrivant le point de vue de personnes confrontées à diverses réalités. » Vous l’aurez compris, la technologie est donc au cœur du sujet. D’ailleurs, les 10 femmes l’utilisent pour mener à bien leur projet, que ce soit écologique, féministe, etc.

Les 10 jeunes femmes

  • Poster de Bia Franco pour "New Realities"
  • Poster de Xintong Zhou pour "New Realities"
  • Poster de Khady Dieng pour "New Realities"
  • Poster de Jamilah Bagdach pour "New Realities"
  • Poster de Asinine Doddalingappanavar pour "New Realities"
  • Poster de Aisha Coulibaly pour "New Realities"
  • Poster de Noi Tatsuzaki pour "New Realities"
  • Poster de Mariann Avila pour "New Realities"
  • Poster de Daze Aghaji pour "New Realities"
  • Poster de Demi Dauda pour "New Realities"

Vous pourrez retrouver les histoires de Bia – brésilienne, Ashwini – indienne, Noi – japonaise, Khady – française, Mariann – mexicaine, Kemi – américaine, Jamilah – allemande, Aisha – italienne, Xintong – chinoise et Daze – anglaise. Elles ont toutes des vécus très différents, et veulent toutes amener un changement positif dans la société. En France par exemple, Khady dédie sa vie au Garage Numérique, afin d’aider les plus démunis à avoir accès à la technologie. « Elle utilise la technologie pour éduquer, créer du lien social et créer des opportunités pour les populations les plus défavorisées. »

Vous pouvez retrouver sa vidéo en français juste en dessous. Et pour les plus courageux·se·s qui parlent anglais, les 10 vidéos sont à retrouver sur ce lien. 

L’engagement

Mais Lenovo ne s’arrête pas là. En partenariat avec Girl Up, la marque leur offre 100 000 dollars de subventions « pour que ces jeunes femmes puissent poursuivre des études dans des domaines qui correspondent à leurs objectifs ». Elles ont aussi bénéficié d’un mentorat, « dans le cadre d’un programme d’ambassadrices mondiales nouvellement créé, où les mentors sont sélectionnés par l’équipe d’Ava DuVernay et ont accès aux ressources de Lenovo, ARRAY et Girl Up. Chacune de ces femmes a également bénéficié d’un soutien matériel via la dotation de produits Lenovo et Motorola utiles pour mener à bien leurs missions », explique la marque. 

« J’applaudis chacune de ces jeunes femmes d’avoir partagé leur histoire avec le monde entier grâce à New Realities. À un moment aussi crucial de l’histoire de notre monde, il est impératif que nous nous tendions la main et que nous marchions vers une société plus inclusive où tous sont valorisés et acceptés« , précise Ava DuVernay. 

Pourquoi ? 

New Realities s’ancre dans la réflexion de Lenovo sur le bienfait des nouvelles technologies. Et cette expérience affirme leurs opinions. « Sur les plus de 15 000 personnes interrogées dans 10 pays, deux tiers déclarent que la technologie a rendu les gens plus à même de comprendre le point de vue et le vécu de personnes d’horizons différents du leur », raconte la marque. Comme quoi, peut-être que la technologie permet effectivement d’être un moteur de l’empathie, surtout en cette période ! 

Article de Clémence Bouquerod 

Eh bien sans surprise, c’était choquant, violent, et j’ai eu l’impression d’assister à un rassemblement d’une autre époque. 

Samedi 10 octobre, des manifestations anti-PMA ont été organisées par le collectif Marchons Enfants, qui rassemble vint-deux associations dont La Manif pour tous, principalement connue pour sa mobilisation contre le mariage gay en 2012 et 2013. Autant vous dire que je ne les porte pas vraiment dans mon cœur. Dans toute la France, une soixantaine d’événements du même type se sont tenus, accueillant chacun des centaines de personnes, voire un millier à Versailles, pour protester contre la loi bioéthique. Et c’était déjà bien trop ! 

Leur but ? 

Le but de Marchons Enfants ! était de protester contre la loi bioéthique, et plus particulièrement contre la PMA pour toutes. Ce projet a été adopté en deuxième lecture par l’Assemblée nationale, le 1er août. Ce qui, pour nous, semble une belle avancée – parce que cela permettrait aux femmes célibataires et aux couples lesbiens d’avoir un enfant, est une très mauvaise nouvelle pour La Manif pour tous : avoir un enfant sans père leur parait inconcevable. 

La manifestation 

Je me suis rendue place Vendôme pour aller voir à quoi ressemblait la mobilisation de Paris. Je ne saurais dire combien de personnes étaient présentes, mais selon 20 minutes, c’était « plusieurs centaines« . Ce qui m’a le plus marquée, c’étaient les drapeaux. « Liberté, égalité, paternité ». Quoi ? Comme si la présence d’un père était si primordiale qu’on doive le mettre dans la devise de la France. Et la mère dans tout ça ? Et on en parle de toutes les familles monoparentales ? 

Enregistrement de la manifestation anti-PMA du 10 octobre – © Clémence Bouquerod

Entre rappel des règles de distanciation sociale, cris et musique (notamment Parler à mon père de Céline Dion), les animateurs scandent leur slogan : « En France, l’humain ne s’achète pas ! En France, la femme ne se loue pas ! » J’oubliais, demander une procréation médicalement assistée, c’est vouloir acheter un enfant ou louer une femme. Rappelons tout de même que dans le cas d’une mère porteuse, celle-ci serait avant tout consentante. 

Mon opinion 

Si j’étais déjà bien énervée en voyant tout ça, j’ai été d’autant plus choquée par leurs propos. Je ne les citerai pas tous par décence, mais certains valent le coup d’être lus. « Avec cette loi bioéthique, ce qu’il restait de la protection de l’être humain est gravement mis en souffrance« , ai-je entendu. En quoi être une femme seule ou un couple de femmes et vouloir un enfant « met en souffrance » la protection de l’être humain ? Non parce que pardon, mais cela n’a pas de sens pour moi. 

A ce moment-là, je n’avais encore aucune idée de ce qui allait profondément me peiner : les jeunes de 20 ans militant contre la PMA. Ils ont été d’une telle violence ! « Fiers » d’avoir accompagné leurs parents à la manif de 2013 (contre le mariage homosexuel – on s’en rappelle). D’ailleurs, leur slogan n’est autre que « Trop jeune en 2013, à fond en 2020 ». Choquant, n’est-ce pas ? De savoir que des jeunes, avec toutes les publications, toutes les recherches disponibles et l’engagement des artistes qui veulent nous aider à déconstruire notre pensée aujourd’hui, puissent réfléchir comme ça.

Le pire ? Ils cherchent à ce que d’autres jeunes les rejoignent. « Nous sommes aujourd’hui avec fierté les jeunes du mouvement La Manif pour Tous. Nous appelons tous les jeunes qui pensent que le père, aussi humain soit-il, et que la mère, aussi humaine soit-elle, sont deux éléments essentiels pour la vie de l’enfant. Tous les jeunes écologistes, féministes, de tout bord politique, à nous rejoindre pour mener le combat. Nous gagnerons car nous avons raison. Vive les droits de la femme, vive les droits de l’homme et vive les droits de l’enfant. » Il est bien clair que nous n’avons pas la même définition, ni de féminisme, ni de droit des femmes, des hommes ou des enfants. Horrible aussi de voir tous les enfants accompagnant leurs parents. Parce que ce seront peut-être eux, les jeunes de La Manif pour tous, dans quelques années.

Père et son fils à la manifestation anti-PMA du 10 octobre
Père et son fils à la manifestation anti-PMA du 10 octobre – © Clémence Bouquerod

Ce qui me remonte un peu le moral, en revanche, c’est de voir qu’il y a eu des contre-manifestations, partout en France. À Lyon, à Rennes, à Paris, à Nantes (où ils étaient 500, selon Le Parisien)… Les LGBTQ+ et allié·e·s ont décidé d’aller manifester eux et elles aussi, contre l’intolérance et les valeurs de La Manif pour Tous. Des baisers de couples homosexuels – notamment à Paris et pris en photo par Le Parisiendes pancartes, des slogans… C’était beau de les voir combattre ainsi. Et croyez-moi, si je n’y étais pas allée en tant que journaliste, je me serais ralliée à eux. 

Article de Clémence Bouquerod 

Depuis la rentrée, vous vivez seule ? Voici mes conseils – parce que j’ai vécu la même chose que vous il y a peu. 

Cela fait maintenant trois ans que j’ai quitté le foyer familial pour aller faire mes études dans une autre ville. Jusqu’ici, vous allez me dire : rien de bien original. Oui oui, je sais. Mais, mine de rien, c’est une étape très importante dans une vie. Et que vous la viviez ou pas encore, parfois, ça fait du bien de lire quelques tips. De savoir qu’on n’est pas seul·e à le vivre ou à l’avoir vécu. Et au bout d’un mois, vous devriez savoir où vous avez du mal à avancer. 

Se débrouiller seul·e

Premier problème : lorsque l’on commence à vivre seul·e, il faut pouvoir se débrouiller sans l’aide de personne. Si vos parents sont derrière vous, ils vous auront probablement déjà donné ces conseils. Sinon, les voici. 

Se débrouiller seul·e, cela implique plusieurs choses. Le ménage, les courses et (last but not least) le budget. Attention : ici, je pars du principe que vous ne payez pas encore d’impôts – et si c’est le cas, désolée mais je ne vais pas bien pouvoir vous aider. 

  • Le ménage : La clé pour le ménage, c’est les produits et la musique. Mon conseil ? Aller chez Lidl pour acheter tout le nécessaire à moindre budget. Guettez les nouveautés (parce qu’il n’y a pas toujours de serpillère, balais, etc.), et s’il vous manque des produits, foncez chez Action. Ensuite, je vous conseille de faire un ménage rapide (aspi, serpillère, poussière et surfaces de cuisine et salle de bain) une fois par semaine. Pour le frigo, le four et le micro-onde, une fois par mois suffit ! Niveau playlist, je conseille tes chansons du moment – celles qui te donnent envie de danser. Comme ça, on allie les deux plaisirs. Promis : danser en passant le balai, c’est plus fun que ça en a l’air ! 
Calendrier des fruits et légumes de saison d'Octobre
Calendrier des fruits et légumes de saison d’Octobre – © Instagram de Claire-Sophie Pissenlit
  • Les courses : Pour les courses, 2 choses. La première, c’est de se créer un fond de placard. Huile et vinaigre, sel et poivre, pâtes, riz, conserves qui vous font kiffer et patates. Comme ça, on a toujours un plan B. Ensuite, chaque semaine (ou toutes les deux semaines si vous avez un grand frigo), on fait le plein de frais. Fruits et légumes de saison – que vous pouvez retrouver ici, yaourt, viande, fromage. Pour les végétariens, lidl a de très bonnes options dans le rayon bio. A vous de tester ! Et pour les recettes, foncez sur @recettes.echelon7 ou achetez le petit livre « Les meilleures recettes – Petits Plats Étudiants » de Larousse. Promis, c’est simple et pas cher ! Que vous soyez étudiant·e ou non, c’est toujours utile.
Recette de Poke Bowl
Recette de Poke Bowl – © Instagram @recettes.echelon7
  • Le budget : Du côté du budget, il n’y a pas 1 000 solutions. Soit, vous êtes hyper deter et vous notez tout à la main ou dans un tableur (chose que vous devrez probablement faire un jour), soit, vous suivez ma technique de fainéante. Il suffit de regarder votre compte, de soustraire à l’argent qu’il vous reste tous les frais qui vont arriver plus tard dans le mois – comme Internet ou l’électricité – et de diviser le montant qu’il reste par le nombre de jours dans le mois. Cela vous donnera ainsi une idée de combien dépenser par jour. Et pour économiser : emmenez vos propres repas pour le midi et faites vos courses chez lidl. Et pendant vos courses, sortez l’application calculette pour respecter votre budget !

Survivre à l’anxiété

Second problème. En tant que personne anxieuse, je ne peux que vous envier si vous ne vivez pas tout ça. Vous pouvez sauter ce paragraphe. A tous les autres, bienvenue dans les études vues par quelqu’un qui a des troubles de l’anxiété. Je vous l’avais dit, que vous n’étiez pas seul·e ! Et promis, on y arrive. 

  • Bien s’organiser : C’est le tips n°1. Et pour ça, il y a plusieurs techniques. Avoir des affiches « to do » dans sa chambre, des post-its de partout, des fiches de révision affichées au toilettes… Moi, ce qui a marché – parce que je ne peux parler que de ça, c’est le Bullet Journal. Ça m’a permis de poser mes pensées insistantes et de prévoir l’avenir. Et comme ça, je ne pense pas à tout, tout le temps, mais à la date où c’est noté dans mon journal. Le meilleur carnet, c’est lui. Et je vous conseille les stabilos pastels pour vous amuser. Si vous n’avez pas la foi de le créer de A à Z, il en existe pleins de tout prêt ! Il suffit de trouver sa solution à soi. 
  • Prendre soin de soi : Ok, ça, c’est primordial. Si vous ne voulez pas faire de Bullet Journal, faites au moins ça. Série, bouquin, dessin, sport… Faites chaque jour quelque chose qui n’est pas de l’organisation, des révisions et du ménage – et qui pourra vous défouler. C’est trop important pour la santé mentale. D’ailleurs, le petit manuel de santé mentale de Paulette est toujours dispo !

Autre tips

Mes derniers conseils, c’est de bien dormir et d’appeler un professionnel lorsque vous sentez que vous avez besoin d’aide – d’un petit rhume jusqu’à des symptômes dépressifs. Parce qu’on ne rigole pas du tout avec sa santé. Et qu’on ne peut pas travailler dans de bonnes conditions si on a le moindre souci.

Et si vous testez certains de ces tips, n’hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé ! 

Article de Clémence Bouquerod

Non, vous ne rêvez pas, ça existe. Ça s’appelle Moi c’est Madame, et ça a été inspiré du podcast YESSS.

Le concept ? Moi c’est Madame est un jeu de société fait pour s’entraîner à riposter aux remarques sexistes. Et c’est top, parce que ça permettrait enfin aux jeunes femmes qui n’osent pas à avoir une phrase toute faite, pour être toujours prête à répliquer – sans avoir peur du manque d’inspiration. 

Le goal

Exemple de riposte du jeu "Moi c'est Madame"
Exemple de riposte du jeu « Moi c’est Madame » – © Moi c’est Madame

L’objectif de Moi c’est Madame, c’est de donner des armes aux femmes pour se battre contre le sexisme. Et on n’en a jamais trop ! Ici, les armes, c’est des phrases toutes faites de répartie. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas toujours évident à trouver. « Tu connais cette frustration intense parce que tu n’as pas réussi à lui dire le fond de ta pensée sur le moment ? Pas facile d’avoir de la répartie quand on se fait agresser, mais… T’inquiète ! Avec ce jeu, tu vas pouvoir t’entrainer à riposter avec tes ami.e.s pour avoir des répliques en stock la prochaine fois qu’un relou t’embêtera. » 

Mais Moi c’est Madame n’est pas un jeu que pour les femmes. « Si tu es un homme, ce jeu aussi est fait pour toi. Aide tes amies, tes sœurs ou ta copine à inventer des ripostes qui claquent et à découvrir ce que c’est le quotidien d’une femme aujourd’hui. » Cool, n’est-ce pas ? 

Comment ça marche ?

Ce jeu est inspiré du podcast YESSS« qui valorise les femmes qui ont réussi à riposter face au sexisme ordinaire ». Les répliques en sont donc directement inspirées. Moi c’est Madame fonctionne comme dans la vraie vie – ou presque. C’est-à-dire qu’après avoir pioché une carte « attaque », il faut riposter. Et pour cela, trois options s’offrent à toi : les répliques YESSS, l’improvisation, ou répondre par une contrainte. Et selon ton choix, tu récolteras des points qui t’aideront à savoir quel type de féministe tu es. Belle façon, donc, d’apprendre à répondre avec créativité et humour. D’autant que ne sera pas tout ce que vous allez apprendre. « Le jeu est entrecoupé de petit défis collectifs qui permettront d’en apprendre plus sur le sujet. »

Et pour la petite histoire, le jeu a été créé par Axelle Gay, créatrice de jeux, et Elsa Miské, co-fondatrice de ce fameux podcast YESSS. 

Fini la théorie, place à la pratique ! Le jeu est à retrouver en précommande sur leur site internet.

Article de Clémence Bouquerod 

EDF a soudainement décidé de vous couper le courant, une panne a lieu dans votre quartier ? Ça tombe bien, on a quelques tips pour survivre à une longue coupure d’électricité. 

Avoir une coupure d’électricité, cela arrive. Mais aujourd’hui, si d’un coup l’électricité serait coupé mondialement, plus personne ne serait quoi faire. Ni comment manger, ni comment travailler, se divertir… On serait perdus. Pas de panique ! Ce jour est loin d’arriver. Mais si votre courant se coupe – à cause d’une tempête par exemple, vous serez déjà préparés. 

La lumière

  • Lampe torche à manivelle
  • Batterie Externe Decathlon
  • Réchaud Décathlon
  • Chauffage d'appoint
  • Radio à manivelle

C’est évident, mais le premier problème qui se pose est celui de la lumière. En journée, pas si grave, soit. Mais, une fois la nuit tombée, bonne chance ! Le reflexe premier serait de sortir la lampe torche de son téléphone. Sauf que ne sachant pas quand l’électricité reviendra, il paraît inconscient d’utiliser de notre batterie inutilement. 

Première idée : les bougies. Côté négatif : leur puissance. Deuxième idée : les lampes torches. Côté négatif : les piles ! Que faire si on tombe en rade ? Mais à chaque problème sa solution : il suffit d’acheter une lampe-torche à manivelle – oui oui, qui se remonte à la main. Et pour l’avoir testée aux scouts, ça me paraît la meilleure solution. 

Les batteries

Cette solution, on la connaît tous. Parce que oui, l’un des gros problèmes d’une coupure de courant ce serai :« comment recharger son téléphone ? » Le best plan, c’est cette batterie externe décathlon, qui peut recharger entièrement une batterie jusqu’à 5 fois ! En plus, c’est étanche. Et pour les plus petits budgets, il existe aussi la version Ali Express.

La cuisine 

Ces astuces ne seront utiles qu’à ceux d’entre vous qui n’ont pas de gazinière à gaz. En cas de longue coupure de courant, vous serez coincés. Plus qu’à manger des crudités et des aliments froids. Mais dans le cas extrême d’un total blackout, le truc à acheter, ce serai des conserves, et un réchaud au gaz

Le chauffage 

Encore une fois, ce n’est pas un problème pour tous ceux dont l’immeuble ou la maison est chauffé au gaz. Pour les autres, ce n’est pas sorcier : il faudra acheter un chauffage d’appoint

La communication 

4ème problème. S’il y a une coupure de courant dans votre quartier entier, il y a des risques que les lignes téléphoniques et 4G ne fonctionnent plus très bien. Alors, pour s’informer et communiquer, cela compliquera les choses ! Pour communiquer, il n’y a pas vraiment de solution, mis à part aller chez des amis, changer de quartier – ou envoyer un pigeon voyageur. Par contre, pour continuer d’écouter les informations, la radio (à manivelle elle aussi) vous sauvera ! 

Le divertissement 

Ok ok… celle-ci, on n’est pas allée la chercher bien loin. Parce que finalement, si on doit économiser notre batterie, interdit d’utiliser Netflix ou Amazon Prime ! Plus qu’à sortir le livre que vous voulez lire depuis des mois mais que vous avez laissé prendre la poussière sur votre table de chevet. Nos conseils lecture en cas de coupure ? Un truc pas prise de tête et qui donne un peu d’émotion – pour oublier les siennes, comme Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin, ou Amours Solitaires de Morgane Ortin. Ou alors, le dernier magazine Paulette

Rassurés ? Parce que nous, oui. Et si cela vous intéresse de vous renseigner sur un potentiel blackout, voici une conférence à ce sujet :

Article de Clémence Bouquerod 

En ce début octobre, LÕU YETU s’associe à la campagne Octobre Rose et crée tout un programme pour sensibiliser ses clientes au sujet du cancer du sein. 

« Le cancer du sein est une maladie qui touche 9 % des femmes, indépendamment de leur âge. Chaque année, ce sont environ 60 000 cas qui sont diagnostiqués », rappelle la marque de bijoux. D’où leur envie de participer au fameux Octobre Rose, pour sensibiliser les femmes au plus tôt, et éviter – entre autres – une prise en charge tardive. « LÕU YETU est une marque créée par les femmes pour les femmes, et cette cause nous touche particulièrement. Au mois d’octobre, nous nous associons au mouvement Octobre Rose pour sensibiliser au diagnostic, et aider à la prise en charge des patients », explique la marque. 

Différentes actions 

  • LÕU YETU et ses boucles en collaboration avec Octobre Rose
  • LÕU YETU et ses boucles en collaboration avec Octobre Rose

Pour l’occasion, LÕU YETU a préparé quatre actions. La première est le reversement d’1 euro à l’association Rose Up pour tout achat de bijoux. Ensuite, la création d’une « ligne de médailles mantra » – dont la gravure est offerte, et une boucle d’oreille créée spécialement pour l’occasion. La boucle est inspirée du fameux ruban rose, et tous ses bénéfices seront reversés à l’association. 

Et pour finir en beauté, LÕU YETU a aussi prévu un concert et un talk le 15 octobre avec Fanny Leeb, marraine du projet. 

Une marraine inspirante

https://www.instagram.com/p/CFpVneqhGvX/

Fanny Leeb, chanteuse française atteinte du cancer du sein depuis plus d’un an, est la marraine du projet engagé de LÕU YETU. Et le 15 octobre, après avoir donné son concert, elle restera pour rappeler « l’importance du dépistage » et « partagera son expérience ». 

La médaille et les boucles seront disponibles sur le site internet et en boutique – parée de rose pour l’occasion. Et concernant le reste des actions de LÕU YETU, vous aurez plus d’information – ainsi que des partages d’expérience, conseils et talks live – sur Instagram.

Suivons leur exemple : en ce mois d’octobre, soyons toutes solidaires !

Article de Clémence Bouquerod

Peu après le scandale Moha La Squale et #Balancetonrappeur, Angèle et Léna Simonne, sœur et copine de Roméo Elvis -lui aussi accusé, ont été harcelées sur les réseaux sociaux. Et non, ce n’est pas normal. 

Ces derniers jours, sur tous les réseaux sociaux et sous les photos d’Angèle, on a beaucoup retrouvé le commentaire : « Balance ton frère ». Référence au titre d’Angèle « Balance ton quoi », ce commentaire pose beaucoup problème. Déjà, parce qu’il n’est pas à vocation de dénonciation, mais bien écrit pour décrédibiliser Angèle, ouvertement féministe. Comme si elle était responsable des actes de son frère. Pardon ?

Des faits

Pour rappel, la semaine dernière, peu après le scandale Moha La Squale, un hashtag a été créé pour dénoncer les actes sexistes et agressions sexuelles commises par des rappeurs. Sous #Balancetonrappeur, plusieurs ont été accusés, notamment Jok’air ou encore Roméo Elvis. La jeune femme qui avait accusé le rappeur belge a d’ailleurs précisé son histoire sur StreetPress le 11 septembreIl l’aurait en réalité suivie dans une cabine d’essayage et touchée sans son consentement. 

Mais malgré les accusations qui accablent Roméo Elvis, beaucoup d’internautes ont réagi à contre-sens. Au lieu d’aller éduquer le présupposé agresseur, ils sont allés harceler Angèle, sa sœur, et Léna Simonne, sa compagne. 

…au sexisme ordinaire 

Déjà, apprendre que son frère ou son copain a agressé une femme, c’est assez choquant. Mais l’apprendre depuis les réseaux sociaux, cela en rajoute une couche niveau charge mentale. Alors qu’il aurait fallu compatir avec Léna Simonne et Angèle, qui, rappelons-le, n’ont aucune responsabilité concernant les actes de Roméo Elvis. Oui, oui, même si elles sont toutes les deux des personnalités publiques engagées dans le féminisme. Elles n’ont pas mérité ces humiliations.

Pour rappel, une personne féministe n’a pas toujours de pouvoir sur les pensées et les actes de sa famille ou de ses amis, ni l’influence dont elles rêveraient. On appelle ça l’utopie. Si on peut tenter d’éduquer ceux qui nous entourent, on est parfois impuissant face à leurs actes. Et quant il est question d’irrespect, de violence ou pire, d’agression sexuelle, notre sentiment de défaite se voit encore plus amplifié. Et là, recevoir des menaces et des reproches n’a jamais été aussi difficile à gérer.

Faire la morale OK, éduquer OUI mais harceler, non. Jamais.

Article de Clémence Bouquerod 

Entre lundi soir et mardi matin, trois femmes ont porté plainte contre le rappeur Moha La Squale pour séquestration, violences et agressions sexuelles.

Ce week-end, c’est Romyaka @Romf_, l’une des anciennes fréquentations de Moha La Squale, qui a été la première à témoigner dans une story Instagram. Par la suite, les langues se sont déliées et la jeune femme a partagé de nombreux témoignages anonymes. L’affaire s’est ensuite déplacée sur Twitter, où la polémique a pris de l’ampleur, toujours enrichie de nouveaux récits. 

Les accusations

Le rappeur de 25 ans, de son vrai nom Mohamed Bellahmed, est accusé de violences physiques, verbales ou encore de séquestration. Dans son témoignage, Romy explique : « moi c’était juste qu’il était ultra-irrespectueux. […] Disons que même si moi ça a été, j’ai pas mal de gens que je connais qui ont vécu des trucs très graves vis-à-vis de lui. C’est un grand malade ». 

Et elle n’est pas la seule à le dénoncer. D’autres témoignages appuient ses dires. « Le premier mec à m’avoir agressée sexuellement dans ma vie c’était Moha La Squale. […] C’était tellement humiliant. […] C’était hyper violent », s’exprime @Safe-chaerin sur Twitter« J’ai passé deux ans avec Moha. Deux ans d’enfer, de violences physiques, psychologiques, de menaces, de cris, de larmes, d’interdictions en tout genre », raconte celle pour qui il aurait écrit le titre Luna, relayée dans les stories de Romy. 

Le dépôt de plainte

Lundi soir et mardi matin, trois victimes supposées du rappeur ont décidé d’aller porter plainte contre lui, déclare leur avocat Thibault Stumm. Mardi matin, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « violences volontaires », « menaces de mort » et « agressions sexuelles », et précisé que les investigations ont été confiées au « deuxième district de la police judiciaire ».

Pour l’instant, ni Moha La Squale ni son avocate n’ont répondu aux accusations. 

Depuis, d’autres femmes ont pris la parole. Après #MeToo ou #BalanceTonPorc, est créé #BalanceTonRappeur. Parmi les témoignages, une jeune femme accuse Roméo Elvis d’agression sexuelle. Si le rappeur a présenté ses excuses sur son compte Instagram, beaucoup d’internautes s’en sont pris à sa sœur, Angèle, s’attendant à ce qu’elle « balance son frère » et remettant en question son engagement féministe, ainsi qu’à sa petite amie, Léna Simonne, qui avait partagé le récit de Romy. Il serait temps d’arrêter de harceler les femmes de l’entourage d’un présumé agresseur, non ? 

Article de Clémence Bouquerod 

« Garçon manqué » est une locution qui signifie « fille qui a des allures de garçon« . Alors que les codes de genre s’effacent de notre société, quel est vraiment le sens de cette expression ? Manon raconte.

Quand les codes de genre perturbent l'évolution des enfants.
Crédit : S&B Vonlanthen on Unsplash
Quand les codes de genre perturbent l’évolution des enfants.
Crédit : S&B Vonlanthen on Unsplash

A l’heure où les codes de genre sont, plus que jamais, remis en cause, c’est quoi être un garçon manqué ? « Si on décortique l’expression, c’est quand même assez particulier », nous confie Manon, 26 ans. « D’abord, on qualifie généralement une fille de garçon, ce qui est déjà assez étrange, de porter un jugement sur le sexe, comme si l’on pouvait venir défier sa conception biologique. Ensuite, on a le terme ‘manqué’, soit comme si nous avions manqué quelque chose dans le sens de raté, en l’occurence là son genre ou ce qu’il devrait être. Soit peut être aussi dans le sens de quelque chose qui nous a manqué, donc là, le sexe d’un homme. C’est particulier quand on essaye de l’expliquer, non ?« 

« C’était bien d’être un garçon, ils étaient courageux et forts… »

Derrière les mèches rebelles de sa coupe courte, ses yeux noirs semblent témoigner d’une grande concentration. Elle réfléchit. Après chacune de mes questions, elle opère une introspection intérieure, comme pour se mettre en accord avec elle-même avant de réponde. Manon est une femme, hétérosexuelle et elle aime les chats. « Quasiment toute mon enfance, j’ai entendu cette expression, sans comprendre le sens. ‘Tu es un garçon manqué’. Petite, j’étais presque fière de l’entendre. C’était bien d’être un garçon. Ils étaient courageux et forts, ils réussissaient dans la vie, ils pouvaient devenir tout ce qu’ils voulaient. » Elle sourit nerveusement : « je ne veux pas choquer en disant ça. Je le ressentais réellement de cette manière quand j’étais jeune. Il n’y a que maintenant que je comprends l’horreur de ce que l’on met dans la tête des enfants« .

Le sens du terme

Alors, quand je lui demande ce que c’est réellement d’être un garçon manqué, Manon farfouille dans une boîte devant elle et me sort des photos d’enfance. Sur l’une d’elle, elle porte ces baskets blanches à grosses semelles des années 90 qui reviennent à la mode. Dedans, une paire de chaussettes hautes qui blousent sur ses chevilles. Un gros sweat vintage, similaire à ceux qu’on aime dénicher en friperies. Dessous, un short en jean noir qui lui tombe mi-cuisse. Elle change de photo. Sur la nouvelle, elle porte une salopette bleue en jean, une paire de baskets blanches qui ressemblent de loin à des Stan Smith et une casquette.

« Visiblement, c’est ça être un garçon manqué« , répond-elle. Dans le dictionnaire L’internaute, on apprend que « garçon manqué » est une locution qui signifie « fille qui a des allures de garçon« . Ainsi, je soulève la curiosité de Manon. « Avez-vous déjà entendu l’expression ‘fille manquée’ ? Aujourd’hui, je ne comprends pas que l’on puisse éduquer des enfants avec des codes de genre si prononcés. Surtout quand ça ne va que dans un seul sens. »

Une robe et des baskets

« Quand j’ai été plus grande, vers 12 ou 14 ans, au moment où l’on commence à se poser des questions sur notre identité, j’étais en désaccord avec moi même. Je ne savais pas si j’avais le droit de mettre des robes ou des jupes comme les autres petites filles. Je ne savais pas si je pouvais couper mes cheveux courts comme les petits garçons. Pourtant, j’aimais ces deux choses là. Je ne savais pas si je pouvais mettre des baskets ou si je devais porter des nu-pieds. Ce ne sont que des vêtements, que des cheveux, ça ne définit en rien mon genre ou mon sexe. Mais à 14 ans, je n’en savais rien. » Manon sort une nouvelle photo dans un éclat de rire. Sur cette dernière, elle expérimente la robe à fleurs violettes assortie à des baskets. « C’était ma tenue préférée, quelques années après« , continue-t-elle en riant.

Plus sérieusement, elle me confie être heureuse aujourd’hui. Non pas parce qu’elle peut porter des robes et des baskets librement, mais « parce qu’aujourd’hui les codes de genre bougent« . « Les vêtements et les cheveux ne cantonnent plus personne à une apparence de genre. Je suis heureuse qu’aujourd’hui les enfants puissent grandir en se posant d’autres questions que les miennes. Qu’ils apprennent à voir au-delà de l’apparence, et même au-delà du genre. » Manon jette un oeil aux photos qu’elle a posées devant elle. « C’est une époque compliquée sur tout un tas de points, mais c’est une très belle époque pour être un enfant« .

Article de Aurélie Rodrigo

Dans un style propre au photographe de rue JR, ils ont rendu hommage aux soignants en première ligne dans la lutte contre la pandémie de la Covid-19.

L'Opéra Bastille de Paris placardé de quelques 500 visages de soignants.
Crédit :  @protegetonsoignant sur Instagram
L’Opéra Bastille de Paris placardé de quelques 500 visages de soignants.
Crédit : @protegetonsoignant sur Instagram

Quelques 500 visages, tous en noir et blanc, placardés sur l’Opéra Bastille à Paris. Depuis vendredi, ils sont là, ces portraits des soignants. Des hommes, des femmes. Médecins, infirmiers, anesthésistes… Certains arborent un sourire, d’autres non. Certains porte même le masque, symbole de cette lutte contre la pandémie de la Covid-19, celle qui ébranle le monde depuis le début de l’année.

Après les favélas brésiliennes, il se concentre sur un hommage aux soignants. Dans un style qui lui est propre, JR s’associe au collectif Protège Ton Soignant. Et le résultat est à couper la souffle. C’est une nouvelle étape de son projet international Inside Out, celle-ci pose ses valises dans la capitale de l’Hexagone. Jusqu’à la fin du mois, il sera donc possible d’admirer une tout autre version de la façade habituelle de l’Opéra Bastille à Paris, recouverte de ces 500 portraits géants.

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« L’art a le pouvoir de changer notre façon de voir le monde »

Inside Out, c’est « un projet global permettant de transformer les messages personnels en œuvres d’art » porté par l’artiste JR. Sa philosophie de vie? Rappeler que « l’art a le pouvoir de changer notre façon de voir le monde ». Il utilise la photographie comme vecteur de changement en mettant littéralement un visage à un problème. Son équipe parcourt le monde entier en prenant des portraits de personnes et en les imprimant sur du papier à grande échelle pour ensuite les publier dans les espaces publics. C’est ce qu’il a fait ici. Le problème? La Covid-19. Le visage? Ceux des milliers de soignants qui ont oeuvré sans faille durant cette crise mondiale.

Article de Aurélie Rodrigo.