CARTE POSTALE : TOUR DU MONDE SOLIDAIRE

Paulette a rencontré Emma et Thomas, deux jeunes français qui ont tout quitté, Paris et leurs jobs, pour créer “Handicap sur le Monde”, association ayant pour but de promouvoir les actions autour de l’intégration des personnes en situation d’handicap.

Ils nous racontent leur tour du monde en différentes étapes…
 
Faire un tour du monde, beaucoup en rêvent. C’est un peu le summum du voyage, la consécration de l’aventure, la médaille d’or du baroudeur. C’est traverser tous les fuseaux horaires, mettre un pied sur chaque continent, aller vérifier que la terre est bien ronde puisqu’on en fait le tour, partir à l’est, revenir de l’ouest…Enfin, on y perd le nord dans tout ça.
 
Nous avons fait un tour du monde solidaire durant un an. Parce que pour nous une expérience aussi importante ne serait rien sans un sens à donner au voyage, nous sommes partis pendant 10 mois à travers 11 pays sous l’égide de l’association que nous avons créée, HandiCap sur le Monde.
Avec cette association, nous visons tout handicap, mais avec deux thématiques importantes : l’emploi et le sport. Et comme premier grand projet de cette association, on s’est dit qu’il serait intéressant d’aller voir ce qui se passe dans les autres pays au niveau du handicap, tout en tenant compte de la culture, de l’environnement, de la religion. Vivre “à la locale” , et travailler aussi puisque dans chaque pays nous développons un projet commun avec des associations locales, le plus souvent dans des régions très pauvres.
 
Ce tour du monde du handicap c’est donc 25 organismes rencontrés à travers des pays tels que l’Inde, le Népal, la Birmanie, l’Indonésie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Chili, l’Argentine, le Pérou, la Colombie, le Brésil…. Un beau parcours en perspective et une expérience qui enrichit toute une vie.
>Le Népal
 

Le Népal, petit pays coincé entre l’Inde et la Chine et qui rime, pour la majorité de ses touristes, avec trekking, pour atteindre les plus hauts sommets du monde de l’Himalaya. Ces sommets, qui culminent tous à 8000 mètres nous ne les gravirons pas mais nous réveillerons chaque matin face à eux pour aller travailler avec l’association IEC à Pokhara. Rien que cette vision est un souvenir incroyable et fait vite oublier les conditions sommaires de notre quotidien.

Nous aurons l’immense chance de nous rendre quelques jours dans la famille du fondateur de IEC, dans un village perché dans les hauteurs des Annapurnas. Premiers “blancs” à faire une apparition, nous aurons la visite de tous les voisins le temps d’un week-end, voir à quoi des européens peuvent ressembler et les guérir de tous leurs maux car pour eux notre accès “facile” aux soins nous rend tous un peu docteur.

 

>La Birmanie

Direction ensuite la Birmanie, pays encore peu connu car son ouverture au monde n’est que récente. Emprisonnés par leur propre pays sous une dictature militaire qui dure depuis 50 ans, les birmans ont été coupés du monde et découvrent aujourd’hui ce qui peut se passer hors frontières. Très curieux, généreux, et prêts à partager leur culture et leur histoire, nous passerons des heures avec des organismes du handicap, des personnes déficientes, mais aussi des habitants rencontrés dans les cafés ou les restaurants qui n’hésitent pas à offrir repas et boissons locales. Pays à grande majorité bouddhiste, nous apprécions nous balader dans les rues de Yangoon entourés de moines (hommes ou femmes) qui laissent flotter un esprit de sérénité et de respect dans ses avenues poussiéreuses.
Mais le pays n’est qu’à l’aube de la démocratie et la route est encore longue. Chacun de nos déplacements est enregistré, surtout en tant qu’association solidaire, et nous verrons une visite de centre pour déficients intellectuels annulée pour cause d’incendie sur la route… Incendie imaginaire puisqu’aucune fumée ne sera aperçue aux abords de cette route. Hum.

>La Nouvelle-Zélande

 

Les paysages de la Nouvelle-Zélande font beaucoup parler. Pays perdu au milieu du Pacifique à l’autre bout du monde, on n’y accède pas aussi facilement. Le crédit de ce pays kiwi est donné à sa juste valeur, car les monts et merveilles sont bien là, on croit chaque jour avoir vu le plus beau et chaque virage pris sur les routes sinueuses nous réserve un nouveau paysage à couper le souffle. Fjords, lacs d’un bleu glacier, décors du Seigneur des Anneaux, geysers, villes branchées, culture Maori… Nous en prenons plein les  yeux pendant un mois. Sans parler des habitants, incroyables de gentillesse et d’ouverture d’esprit.

Cette ouverture que l’on retrouve également dans notre projet handicap, où les organismes rencontrés nous expliquent que le mot handicap lui-même n’est pas utilisé et qu’ils parlent d’abord de capacités avant de parler de déficience. Thomas aura la chance de participer à un entraînement des Wheel Blacks, équipe nationale de rugby-fauteuil, événement sportif dont lui et ses mains se souviendront longtemps.

 

>La Colombie

La réputation de la Colombie n’est pas aussi joyeuse, et beaucoup délaissent ce pays qui a pourtant tant de valeurs et de choses à offrir. On s’arrête vite sur les frasques de Pablo Escobar et le trafic de drogue international, et la triste guerre civile qui dure depuis un demi siècle contre les FARCS. Mais les colombiens sont également réputés pour être les plus heureux dans le monde, et nous en faisons vite état en dansant chaque jour au son de la salsa et de la cumbia. Nous rendrons visite à différentes associations sur le handicap à travers le pays en passant par le triangle d’or du café, la moderne ville de Medellin ou encore le sud près d’Equateurur non loin de la forêt amazonienne.

En testant les chivas – bus colombiens ouverts – nous aurons la chance de nous rendre dans les hauteurs montagneuses près de Popayán pour rencontrer une communauté indigène, les Guambianos, très liés à leurs terres et au Cosmos. Leur lutte pour chasser les FARCS aura fait verser beaucoup de sang mais ils ont aujourd’hui leur respect et ces derniers ne s’aventurent plus sur leurs terres sacrées.

>Le Brésil

Le voyage HandiCap sur le Monde se termine par le Brésil, pays-continent dont on parle beaucoup. Les évènements à venir comme les Jeux Olympiques ou la Coupe du Monde, le développement exponentiel du pays et de son économie, l’attrait des danses et musiques do Brasil… Il est facile de tomber amoureux de ce pays aux habitants passionnés et à la vibrante culture ! Nous irons dans la région de Sao Paulo, Bahia et Rio de Janeiro rencontrer des organismes qui utilisent les traditions brésiliennes telles que la Capoeira ou la fête de São João pour intégrer les personnes en situation de handicap. Nous irons le temps d’une journée dans une des favelas les plus impressionnantes de Rio : Rocinha, 400 000 habitants. Sans détailler le plus évident, la favela n’est absolument pas accessible aux personnes avec un handicap physique, et la cause du handicap n’est pas prioritaire puisqu’aucun organisme ou ONG n’existe sur le sujet dans cette partie de la ville.

 
Et aujourd’hui quels sont les résultats ? Le tour du monde accompli, nous avons rejoint la France après avoir rencontré des centaines de personnes qui resteront toutes chacune gravée à sa manière, et découvert des initiatives liées au handicap particulièrement innovantes.
On se dit qu’on a pu apporter un petit quelque chose à chacun de nos arrêts dans ces 10 pays selon les projets réalisés et que, finalement, ce sont toutes ces personnes qui nous ont apporté : des sourires, leur joie de vivre, leur vision des choses souvent positive…
 
Comment rentrer chez soi et reprendre une vie normale ? Impossible c’est certain, et c’est là la magie du voyage qui ne se termine jamais vraiment. Cette expérience nous accompagne au quotidien et nous permet d’avancer d’une manière différente.
Changer le regard sur le handicap, partager cette expérience unique, voilà la meilleure manière de continuer ce voyage…et pourquoi pas retourner voir ces personnes qui nous ont fait tant rêver sur les sommets de l’Himalaya ou au fin fond de l’Amazonie.
 
Article écrit par Emmanuelle Touzard et Thomas Enfrin
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