BURNING PEACOCKS, SOUVENIRS D’HIER

Notre duo chouchou (invité au festival Paulette le 14 juillet dernier) vient de sortir son premier album Love Réaction, produit par une moitié de Air, idole de leur adolescence. Il y a cinq ans, Alma Jodorowsky, actrice et mannequin, se laissait convaincre par David Baudart, musicien chevronné, que leur collaboration pourrait faire des étincelles. Aujourd’hui, la jeune femme se sent pousser des ailes et se risque à la réalisation de ses premiers clips. Une réussite. Leur univers se nourrit de leur admiration commune pour le cinéma, de Jacques Demy à Marcel Carné, en passant par Stanley Kubrick et Jean-Luc Godard.

Love Réaction rompt avec le psyché-folk des débuts pour s’épanouir dans une veine rétro-romantique, clin d’œil énamouré aux années 70. C’est un album doux, élégant et solaire, pour masquer l’intranquilité d’une génération. Les deux artistes nous racontent leurs souvenirs d’hier, l’occasion de dérouler le fil de leurs parcours respectifs.

Paulette : Si je vous dis « Paris », qu’est-ce que ça vous évoque. Vous êtes tous les deux parisiens, n’est-ce pas ?

Alma : Oui. C’est ma maison !

David : Depuis cet été, je vis à Montreuil. C’est une première étape (sourire).

Alma : Mais on y revient toujours ! J’aurai du mal à en partir longtemps. Même si c’est intéressant de faire de nouvelles rencontres, de rencontrer des cultures différentes. Quand on a grandi dans une ville aussi chouette, difficile de ne pas avoir envie d’y rester.

David : On ne se rend plus compte qu’on a une chance de dingue de vivre ici, notamment pour l’accès à la culture. A Paris, on a le choix d’aller voir des concerts tous les soirs, et je n’en profite pas autant que je le devrais.

Alma : Ma famille et mes amis vivent ici, ça fait partie des choses qui me retiennent.

 

Ariane Mnouchkine (metteur en scène de théâtre et directrice de la troupe du Théâtre du Soleil qu’elle a fondée)

Alma : Elle me faisait très peur quand j’étais petite (sourire). C’est une femme très imposante. Intellectuellement, c’est un monstre. Elle a une approche du théâtre tellement singulière, engagée et poétique. Elle regroupe beaucoup de choses que j’aime dans son parcours. Elle me rappelle ma petite enfance tout simplement. Mes parents étaient dans sa compagnie. J’allais à la maternelle à la Cartoucherie, juste en face du Théâtre du Soleil, donc j’y étais tout le temps fourrée. Entre deux déménagements, j’ai habité avec ma mère dans une petite roulotte qu’Ariane louait habituellement à des réfugiés politiques, derrière le théâtre. On y est resté trois mois, j’avais 10 ans.

Manchester

David : C’est un fantasme ! D’abord pour le football, j’adore ça. C’est la ville du foot par excellence. Là-bas, tout le monde se retrouve au pub pour voir les matchs. C’est très familial. Je regrette qu’on n’ait pas ça en France. Aussi pour la musique. Je viens de lire un bouquin sur la culture musicale de Manchester, entre 1976 et 1996, des débuts du punk jusqu’à Oasis. La culture rock s’est mélangée à la culture club dans les raves party dans les années 80-90, mais aussi à la culture foot avec des groupes comme les Stones Roses et Oasis. C’était des footeux ! Chez nous, musique et football ne font pas ménage, c’est dommage (rires). 

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Alma : C’est… un revenu (rires) ! Je n’ai pas grand-chose d’autres à dire là-dessus.

Holstenwall

David : Ma formation. C’est le groupe avec lequel j’ai fait mes premières armes et fantasmé la vie de musicien. On a joué à Berlin dans des conditions rocambolesques – on a dû donner cinq concerts en quatre jours dont un dans un ancien restaurant chinois de luxe. On faisait la fête, on jouait dans des squats… ça me semble difficile de rentrer dans les détails. La plupart ne sont pas très racontables en interview (rires). Y a des choses que je ne referais plus maintenant, mais je suis content d’avoir connu ça quand j’avais 20 ans.

La vie d’Adèle

Alma : Une expérience de dingue ! J’ai appris beaucoup de choses. C’est un très beau film. Même si je n’ai que deux scènes dans le film, j’ai passé un mois et demi sur le tournage. Ça a été beaucoup de travail, beaucoup d’impros, beaucoup de liberté… y a un côté presque documentaire comme il (Adellatif Kechiche, ndlr) filme avec deux caméras. C’est un beau souvenir.

Cabuco

David : Fraternité ! C’est mes petits frères. Comme Holstenwall, je suis encore l’aîné de la fratrie. On partage tous les quatre ce côté à fleur de peau, qui me plaît et qui me touche. C’est pour ça que je continue à faire de la musique avec eux. Ça m’apporte d’autres émotions, aussi fortes. Et je n’ai pas l’impression de devoir faire des compromis. On a été programmé à We Love Green en juin dernier, sans manager, sans tourneur, sans label. A cause des intempéries, le concert a été annulé le jour-même. On était très déçus mais savoir qu’on avait l’opportunité de jouer dans un festival de cette envergure, comme ça, avec nos petits moyens, c’était très satisfaisant !

My Bloody Valentine (groupe britannique qui a marqué le son des années 90 avec l’album Loveless)

David : La première influence qu’on avait en commun.

Alma : Le groupe s’appelle Burning Peacocks en référence au premier nom que le groupe s’était choisi. C’est un hommage et un clin d’œil à notre rencontre musicale.

Jacques Demy

Alma : Fan ! Peau d’Ane, bien sûr. C’est LE film de mon enfance. Au tout début du groupe, on a même fait une reprise d’Amour, Amour, parce qu’on aime aussi beaucoup Michel Legrand, son personnage.

David : J’aime le travail de Demy sur les couleurs, notamment sur Les parapluies de Cherbourg. Quand on est passé à la couleur dans presque tous les foyers en France, on n’était pas nés, mais nos parents ont dû en prendre plein la gueule quand ils ont découvert ces films-là. Même chose pour Le Mépris de Godard, surtout sur les scènes retournées de l’Odyssée. Aujourd’hui, on n’utilise plus autant de couleurs. Ça devait être une telle libération à l’époque qu’ils y sont allés à fond !

Alma : Jacques Demy était fait pour ça. Même dans ses films en noir et blanc, Lola on l’imagine en couleurs tellement c’est joyeux et dansant.

Games

Alma : Notre premier morceau et le moment où on a commencé à travailler ensemble. J’y suis très attachée sentimentalement. Il réunit des influences qu’on avait à ce moment-là, des choses très rock et en même temps cette douce mélancolie, qui est très présente sur nos morceaux en règle générale. Games est le témoin d’une époque, de nos débuts. L’album est censé mieux nous représenter aujourd’hui.

Ambivalence

Alma : Ce passage de l’ombre à la lumière que l’on peut retrouver dans les textes. Il y a des morceaux qui peuvent paraître tristes, mais on essaie toujours d’aller vers quelque chose de plus lumineux et de plus positif. La musique, c’est notre exutoire, ça permet de se guérir.

Air (Jean-Benoît Dunckel produit leur premier album)

David : LE groupe qui nous a accompagnés pendant toute notre adolescence. Playground Love (extrait de la BO de Virgin Suicides, ndlr) est l’un des premiers morceaux que j’ai appris à la guitare. Quand tu apprends qu’ils sont français et connus internationalement, ça devient un fantasme. Ils ont rendu ses lettres de noblesse à la musique électronique en proposant des sonorités folles album après album. L’EP Premiers symptômes et Moon Safari ont ce côté chaleureux du trip-hop. Le deuxième album 10 000 Hz Legend est beaucoup plus froid. Ensuite, avec Talkie Walkie, ça devient super pop. On est vraiment en train de réaliser l’influence qu’ils ont pu avoir sur la musique. Je les ai vu pour la première fois en live à We Love Green, au mois de juin. C’était juste après l’enregistrement de notre premier album. J’ai regardé les gens autour de moi, il y avait de toutes les générations, et j’ai ressenti une émotion assez incroyable… On était tous un peu tremblotants ! 

Lilly Wood and The Prick

Alma : On a le même label. Choke Industry a profité de ce succès pour reprendre la gestion des Studios Saint Germain, où on a enregistré notre premier album.

David : C’est une belle réussite pour le groupe et le label. Ils ont sorti trois albums, deux sont disques d’or, ils ont remporté une Victoire de la musique et une belle exposition grâce au remix. Ça nous a donné confiance, évidemment. Si ça a fonctionné pour eux, ça devrait pas mal de passer pour nous. On l’espère (sourire).

Giscard

Alma : La vie devant elles ! Une série dans laquelle je joue et qui se passe dans les années 70. On a terminé le tournage de la saison 2 mi-septembre. Elle sera diffusée au printemps sur France 3. J’ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner. Elle est davantage centrée sur les personnages, leurs rapports entre eux. C’est la fin d’une ère industrielle avec le début des années 80 et l’arrivée de Mitterrand au pouvoir. C’est une vraie transition.  

Cuba

Alma : C’est le plus beau voyage que j’ai fait jusqu’ici. J’y suis allée pour la croisière Chanel et j’en ai profité pour prendre des vacances avec mon copain. On est parti dix jours avant pour faire le tour de l’île. C’était plus roots que le trip Chanel (rires). J’ai rapporté des images tournées avec une caméra super 8 pour réaliser le clip d’Odyssea.

Les Etoiles

Alma : Notre prochaine date à Paris.

David : Ça va être un beau moment pour fêter la sortie de l’album. J’ai vraiment hâte. 

Paulette

Alma & David : On a joué à la Plage du Glazart pour Paulette, on adore !

 

BURNING PEACOCKS :: Love Réaction (Choke Industry)

Déjà disponible

 

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Concerts :

Le 8 décembre à Paris (Les Etoiles)

Le 15 décembre à Blois (Chato’Do)

 
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