BOUQUIN : LE JOURNAL DE FRANKIE PRATT


Cette semaine on secoue sa bibliothèque avec Le journal de Frankie Pratt, un objet littéraire non identifié venu tout droit de la planète vintage et DIY. Concocté par l’américaine Caroline Preston, cet ouvrage crée, malgré son apparente simplicité, une nouvelle forme d’art littéraire : celui du roman graphique. Pour le plus grand bonheur des yeux.
 
Welcome dans les années folles. Frankie Pratt a dix-huit ans et des rêves plein la tête. Dont un en particulier : celui de devenir écrivain. Pour la féliciter de l’obtention de son diplôme d’études secondaires, sa mère décide de lui offrir un journal vierge. Un scrapbook qui deviendra vite le plus proche confident de la jeune femme. Armée de sa Corona, (non pas la bière), la vieille machine à écrire de son père, Frankie y raconte son histoire. Et comme dans tout journal intime, ça parle copines, mode, secrets de beauté mais surtout garçons…
 
Voilà pour le pitch général du livre. Jusque là, rien de bien fou-fou me direz-vous. En réalité ce qui fait l’originalité du Journal de Frankie Pratt c’est que l’auteur, Caroline Preston, a imaginé la chose tel un vrai faux scrapbook – un journal illustré comme n’importe quelle Paulette des années 20 aurait pu bricoler de ses petites mains. Cartes postales, photos, publicités, articles de presse, coupures de magazines, objets et bijoux en tout genre…à chaque page tournée, une myriade de souvenirs 100\% vintage viennent étayer le récit de la jeune Frankie et s’étalent devant nos yeux émerveillés.
 
Le résultat : un réalisme vif et spontané qui nous plonge dans une époque révolue subitement si proche. Le lecteur est propulsé(e) en plein coeur des "Roaring Twenties", et vit de ses propres yeux l’histoire rocambolesque de Frankie. Une histoire faite de jupes longues plissées, de bibis stylés, de garçons gominés, de charleston endiablé… Une histoire qui l’amènera du New York de la Prohibition à la bouillonnante rive gauche parisienne, période Hemingway, Joyce et compagnie. Du rétro, du romanesque et une touche, bien sûr, de romance: les Paulette en ont rêvé, Caroline Preston l’a fait.
 

 
L’aboutissement de toute une vie pour cette archiviste de formation, qui a passé une grande partie de son enfance à fouiller les trésors conservés par sa grand-mère – qui fut ni plus ni moins la meilleure amie de la célèbre Sylvia Beach, créatrice de la mythique librairie parisienne Shakespeare and Company (et éditrice, entre autres, du sulfureux "Ulysse" de James Joyce). Pendant plusieurs années, Caroline Preston a écumé les antiquaires et autres magasins de bricoles tout en fouillant les recoins d’ Ebay, ajoutant ainsi à sa collection personnelle pas moins de 600 éléments et objets rétro pour la conception du Journal de Frankie Pratt.
 
Un travail de titan motivé par une passion sans borne pour les années folles. "J’éprouve une obsession romantique pour les années 20", écrit l’auteur sur son site. "À cette époque, tous les aspects de la vie quotidienne (et particulièrement pour les femmes) sont ébranlés et réinventés. Les femmes coupent leur cheveux court, ont le droit de vote, vont au travail et s’émancipent des codes de l’ère Victorienne. Ecrire ‘Frankie Pratt’ était l’occasion pour moi de faire un magnifique voyage dans le temps."
 
Et le voyage n’est pas prêt de s’arrêter puisque Caroline Preston travaille actuellement sur son prochain scrapbook, qui racontera cette fois-ci les aventures d’une jeune mariée dans les années 1944-1946. Ambiance Mad Men assurée…. c’est sûr chez Paulette, on achète !
 
Le journal de Frankie Pratt, Caroline Preston
Editions NiL
Prix : 22 euros.

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