BEIGBEDER, L’AMOUR ET NOS GRANDS-MÈRES

Et si monsieur Beigbeder avait raison? Et si, en fin de compte, l’amour durait bien trois ans?
 
Enfin, trois ans, trois mois et neuf jours en ce qui me concerne… Je vous fais grâce des heures, des minutes et des secondes.

Quand j’ai vu le film l’an dernier au cinéma avec mes copines, dans une salle pleine de filles qui attendaient probablement des réponses à leurs questions existentielles, j’ai pensé très fort "Non mais il se fout de notre gueule lui ?". Le coup du gant Mapa m’avait achevée. Et d’ailleurs, figurez-vous que mon Georges m’en a sorti un juste avant la rupture (j’imagine que c’était pour détendre l’atmosphère…).
 
Vous vous rappelez du gant Mapa les Paulette ?  Vous savez, c’est la scène où le gant Mapa prend la place de la main de votre moitié. En général, si vous avez cette vision, vous n’allez pas tarder à prendre les devants et aller voir ailleurs…
 
Mon problème, c’est que je suis très naïve quand je suis amoureuse. Alors que le divorce sévit atour de chacun de nous, moi je vois le vide à moitié plein et préfère penser au fait que le mariage pour tous vient d’être voté. Et puis mes parents viennent de fêter leurs vingt-quatre ans de vie commune, de quoi rajouter à ma vision toute rose du couple ! Mais il faudrait que je songe à désacraliser un peu tout ça.
 
Retour à la case départ. La phrase "Salut belle enfant, vous habitez chez vos parents?" reprend ses droits. J’ai vingt-trois ans, mon Georges m’a quittée, je suis retournée chez mes parents. Tout est à refaire.
 
Donc, si l’on en croit notre Beigbeder national, sommes-nous tous destinés à sauter
d’histoires en histoires comme on jouerait à la marelle, chaque fois que trois années passent ?
– "Chérie, c’est l’heure! Il est trois ans passés de cinq secondes, je te quitte !"
 
Dans ce cas, nul besoin de s’attacher et de faire des projets. À quoi bon se bercer d’illusions, parce que tristesse, dépression, pleurs, hystérie mis à part, la rupture avec l’être aimé, qui ne vous aime manifestement plus tant que ça, c’est vraiment la merde.
 
D’abord, il faut l’annoncer, à vos copines, à vos parents, à tout le monde (le seul point positif c’est que personne n’ose vous contredire, on vous ménage, on vous amène un thé bien chaud, on vous prépare un petit lit douillet…). Ensuite, les proches essaient de vous remonter le moral, de vous changer les idées. C’est louable mais vous n’avez pas envie d’entendre des phrases toutes faites du type "Tu es forte, tu vas y arriver!", "Avec le temps, tu n’auras plus mal" ou encore "Faut que tu penses à toi maintenant!". La pire ?  "Un de perdu, dix de retrouvés!"
 
De toute façon, vous ne cherchez pas à aller mieux. Il est trop tôt. Vous préférez déprimer devant Légendes d’Automne avec un teint pâle très Emma Bovary, en fumant clope sur clope sans culpabiliser à l’idée d’un éventuel cancer des poumons.
Et puis à génération internet, problèmes 2.0 en conséquence. Grâce à Mark Zuckerberg, tous vos friends facebook assistent à l’ultime loose que constitue le passage de "en couple" à "célibataire". Vous pouvez être sûr qu’il y en aura un capable de commenter la chose ou pire, de s’enquérir d’un "Qu’est ce qui s’est passé… ?"
 
Nos grands-mères avaient plus de chance ! De un, les Georges ne les quittaient pas, ça ne
se faisait pas trop à l’époque. Ils voulaient se marier avec nous ? Ils devaient avant tout convaincre nos pères ! Et les questionnements existentiels en interprétant les sms, les pseudos twitter, facebook n’avaient sûrement pas lieu d’être. Rien pour alimenter leur paranoïa! Ah, attendez, on me glisse dans l’oreillette que nos grands-mères n’étaient peut être pas si heureuses que ça… L’amour, une déception intemporelle ?
 
>Retrouvez la rubrique de Meghane sur son blog drogueriepourpandas.blogspot.fr
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