BB BRUNES, DANS LA COUR DES GRANDS

Photos, Elodie Daguin

Certains les craignent comme la peste, d’autres sont plus tolérants. Oui, ils ont fait partie de l’accablante scène des bébés rockers (malgré eux, parait-il), mais les BB Brunes n’étaient pas sérieux quand ils avaient 17 ans (2006, premier single "Le Gang"). Aujourd’hui plus matures, ils profitent des vices et vertus de la vie parisienne et sortent un troisième album à l’énergie punk et aux mélodies pop, parfois dancefloor, qui risque d’en étonner plus d’un.
Paulette est partie à la rencontre des quatre tombeurs ténébreux des jeunes filles en fleur : Adrien Gallo (chant et guitare), Félix Hemmen (guitare), Bérald Crambes (basse) et Karim Réveillé (batterie).  


Paulette : Votre premier album Blonde Comme Moi s’est écoulé à 300 000 exemplaires, le deuxième album, Nico Teen Love, s’est vendu en 2009 à 150 000 exemplaires. Avez-vous des attentes particulières pour celui-ci ?
Adrien : On espère avoir de bons retours. On est déjà super contents de l’album en soi, qui est très différent des deux autres. On n’a pas fait l’album pour faire des ventes.
 
C’est un peu un défi d’écrire en français, non ? Peut-on parler de "chansons à texte" ?
Adrien : C’est sûr que c’est plus compliqué que d’écrire en anglais. Je suis quelqu’un d’assez pudique et pour moi, c’est assez dur d’écrire en français car tu te dévoiles plus. Je suis conscient que ça fait partie de l’identité et de l’originalité du groupe. Si on chantait en anglais, on ressemblerait à beaucoup plus de groupes. Ca donne une autre dimension à notre musique. En ce sens, on est un groupe à texte. Mais on est loin d’être un groupe revendicatif ou politique. Notre message principal, c’est quand même "Eclate toi et profite de la vie."
 
"IL FAUT S’ÉCLATER ET PROFITER DE LA VIE"
 
Comment s’est faite la transition musicale de groupe de rock à groupe de pop ?
Félix : Ca s’est fait progressivement. On s’est rendu compte qu’on n’avait pas envie de refaire sur le troisième album ce qu’on avait déjà fait sur le premier et le deuxième, qui était du rock plus ou moins enregistré en live. On n’avait pas envie de s’ennuyer en fait. C’était nécessaire.
Adrien : On avait envie de faire danser les filles et les garçons. Avant elles jumpaient.
Comment se fait-ce que les thèmes de la boisson et du cul reviennent si souvent dans vos chansons ?
Adrien : Ça revient à ce que je dis : profiter de la vie. (rires)
 
On a l’impression que vous avez connu pas mal de filles perdues (vous parlez d’une gamine de 15 ans aux mœurs légères dans "J’écoute les Cramps"). C’est votre lot quotidien les filles paumées ?
Adrien : (rires) Non pas du tout. Ca m’a inspiré à une époque, mais maintenant, je suis autant attiré par des filles plus équilibrées.

 
Comment s’est passée la collaboration avec Alan O’Connell ? (Mark Ronson, The Rapture, Gossip…)
Adrien : Très bien. Je l’ai rencontré à New York. Je suis parti vivre là-bas. Il enregistrait l’album de Rufus Wainwright et du coup j’ai pu le voir. Il avait écouté quelques morceaux. Je lui ai parlé de groupes comme les Whitest Boy Alive et de l’album solo de Mark Ronson. On a échangé sur pleins de trucs, sur ma manière de chanter, la production. On a fait 4 jours d’essai sur deux chansons à Paris. Ca s’est très bien passé et il nous a emmenés à Londres. On était dans un super studio pendant un mois où Ian Dury a enregistré. C’était vraiment une expérience fabuleuse. Du coup, le travail en studio était beaucoup plus minutieux, ce n’est plus du live, ça prend beaucoup plus de temps et du coup ça permet d’aller beaucoup plus loin.
 
Pourquoi "Long courrier" ?
Adrien :C’est le nom d’un titre de l’album. J’ai beaucoup voyagé entre Paris et New York. La plupart des chansons parlent de voyage, que ce soit cérébral ou physique. Je pense à Sur La Route de Jack Kerouac ou à Fiesta d’Hemingway, qui parlent de voyages.
 
Une de vos nouvelles chansons s’appelle "Rue de Buci". Pourquoi ?
Adrien : Ca m’est venu comme ça. Quand j’écris, je n’ai pas d’idée particulière de ce sur quoi je vais écrire. Et rue de Buci ça m’est venu en chantant, en trouvant mes accords. Je trouvais ça marrant.
 
Vous répétez beaucoup ?
Bérald : Oui. On a beaucoup répété pour préparer la scène. On a un membre en plus, qui est un synthé, donc on a du vachement travailler avec lui. On va encore beaucoup travailler avant la tournée qui s’annonce pour le mois de janvier.
Adrien : On a un premier concert à l’Alhambra le 3 octobre où on va vraiment jouer la majeure partie de notre album. C’est un vrai défi.
 
Avec qui aimeriez-vous partager une date ?
Metronomy. On les a croisés sur des festivals. Chairlift. Tous les groupes qu’on a cités un peu avant. Phoenix.

 
Votre meilleur souvenir de concert ?
Félix : Y en a plein.
Adrien : L’Alhambra, parce que Carl Barât est venu chanter avec nous une reprise des Ronettes « Be My Baby ».
Bérald : Le dernier qu’on a fait aussi, à la Fête de l’Huma. Ca faisait quasiment un an qu’on n’était pas monté sur scène. La reprise, ça fait du bien.
Adrien : En plus, il y a des filles qui se sont mis toutes nues et qui se sont embrassé. Donc ça a marché. (rires)
 
Y-a-t’il une histoire à propos de la voiture qui sert à l’identité visuelle de cet album ?
Adrien : Ah ouais. Faut inventer une histoire les gars. On n’a pas trop réfléchi à ça. C’est une voiture qui va dans l’espace.
Bérald : Qui remonte dans le temps ?
Adrien : Non. Qui va dans l’espace. Comme dans "Retour vers le Futur".
 
Parlons de votre style vestimentaire. Pourriez-vous le décrire ?
Bérald : Nous on aime bien s’habiller. Etre classe. Trouver la belle veste, la belle paire de chaussures que personne n’a.
Adrien : Moi, en termes de style, c’est Gainsbourg. C’est quelqu’un qui a su créer des codes, comme les Repetto. Toujours très élégant. Un côté dandy que j’aime bien. Après, je dirais, Mick Jagger, Iggy Pop, David Bowie.
Félix : Jim Morrison, pour son beau pantalon en cuir qu’il ne quittait jamais.
 
Une dédicace à Paulette ?
Adrien : Paulette, je suis fan de ton prénom.
Bérald : C’est le nom de mon arrière-grand-mère.
 
>> La playlist des BB Brunes
 
 
BB BRUNES :: LONG COURRIER
Warner
Sortie le 24 septembre
 
 
Concerts :
3/10 : L’Alhambra, Paris
16/10 : Berry Palais Des Sports
De Lyon Gerland, Lyon
5/02 : Le Rocher De Palmer, Cenon

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