BANGKOK, LES ROIS MAGES DE L’ÉLECTRO

Barthélémy, Melchior et Antoine ont à peine 30 ans, mais ont déjà parcouru le monde. Rencontre avec ces musiciens dont on glisse l’EP dans notre valise, à écouter au fil de nos voyages et rencontres.

Paulette : Melchior et Barthélémy, en parallèle de votre carrière musicale, vous travaillez dans le commerce de pierres précieuses. Et toi Antoine, tu as fait de l’humanitaire. Comment passe-t-on de ces mondes là, à celui de la musique ?
Barthélémy : Est-ce qu’on décide un jour de faire de la musique ? On a toujours fait de la musique ensemble en fait. Toujours.
Antoine : On est amis d’enfance, on se connaît depuis très longtemps. Pendant notre adolescence, on a beaucoup joué ensemble avec un piano, une guitare et trois voix. Après nos études on est partis chacun dans notre coin, en gardant des relations bien-sûr, mais on a mis un peu de côté le musical qui n’était pas du tout professionnel. Et un jour on s’est revu pour des vacances à Madagascar pour rejoindre Melchior. Ça faisait trois ans que j’étais à la Croix Rouge, et Barthélémy etait au Vietnam. Et on s’est remis à faire de la musique. Et on s’est dit c’est complètement con de passer à côté. On a décidé d’abandonner un peu nos occupations respectives pour s’adonner à ça. On est resté à Madagascar quelques temps, on est allé dans les mines de Saphir et on jouait de la guitare.

Si vous étiez basés à Madagascar, pourquoi ce choix du nom Bangkok ?
Antoine : On s’est dit qu’on allait travailler ces chansons. Qu’on allait les structurer d’une manière plus professionnel, et on est parti pour Bangkok. On a fait ça pendant deux ans et c’est là qu’on a commencé véritablement à former ce groupe. D’où le nom !
Melchior : On y a enregistré des maquettes. Woman in Paris et Magic qui ont été composés là-bas. Les autres au Liban.

Au Liban ?
Antoine : Oui, au bout de 2 ans à Bangkok, on s’est dit c’est bien beau, on a des chansons, on jouait un peu, on faisait des concerts en Thaïlande… Mais on avait envie de revenir à Paris, parce qu’on avait beaucoup voyagé ensemble ou séparément. Et au bout de 6 mois ou un an à Paris, on a été repéré par Philippe Gandilhon (Sony). Il nous a donné des moyens de partir au Liban pour travailler nos maquettes. Et en revenant il a dit “Banco, on va vous signer”.

“Nos musiques sont des MST”

Justement, tous ces voyages, vous dites que ça a beaucoup influencé votre musique. Comment cela se ressent-il ?
Barthélémy: Je crois que c’est véritablement dans notre ADN. Je crois qu’on le fait passer, même sans le vouloir !
Antoine : C’est une influence immédiate d’un flash mélodique. Ça passe par un riff de guitare malgache parce qu’on était à Madagascar par exemple.
Barthélémy : Ce sont des maladies.. Enfin non, des mélodies ! Antoine : En tout cas ce sont des mélodies sexuellement transmissibles ! (rires)

Vous faites le tour du monde, mais vous êtes français à la base. Où est-ce que vous vous sentez le plus chez vous ?
Barthélémy : C’est marrant parce qu’après tous ces voyages, on reste très urbains. Plus on voyage, plus on se rend compte qu’on aime son pays aussi. On reste très français.
Antoine : Aller chercher des influences ailleurs, c’est pas une fuite de ce qu’on est ! On vient agrémenter nos personnalités françaises d’autres expériences et lieux.
Melchior : On se sent aussi un peu chez nous à Bangkok parce qu’on a vécu là-bas.

Et quand vous rentrez à Paris, c’est quoi votre endroit incontournable, votre QG ?
Antoine : Chez les potes !
Barthélémy : Chez Ebis ! C’est une cuisine taïwanaise et japonaise, et je pense que c’est un des meilleurs restaurants à Paris. Ils font des soupes au soja, mmmmh !
Antoine : On aime aussi beaucoup le Balto, un bar à Saint-Germain juste à côté de la Palette.

Vous dites dans Woman in Paris que vous vous sentez comme une parisienne. C’est quoi être une Parisienne selon vous ?
Barthélémy : On parle plutôt d’un sentiment parce que c’est le rêve de toutes les femmes du monde, que d’un jour, se sentir comme une femme à Paris.
Antoine : C’est le fantasme !
Barthélémy : Celui de l’élégance, de la mode, c’est très sexy.
Melchior : Le meilleur compliment qu’on puisse faire à une femme, c’est lui dire qu’elle ressemble à une parisienne.
Antoine : C‘est le sentiment que même nous les hommes on pourrait avoir ! C’est une forme d’apaisement, avec un peu d’excitation.

C’est qui LA parisienne par excellence ?
Antoine : Une femme de 35 ans peut-être ?
Barthélémy : Je pense que la Parisienne est une femme seule, jolie, de 39 ans.
Antoine : Qui pourrait s’appeler Mathilde ! (rires)
Melchior : Avec des paupières lourdes ! C’est le côté un peu blasé.
Antoine : Il y a une pointe de mépris, mais très sexy.
Barthélémy : La parisienne est souvent seule. On dit qu’une jolie femme n’est jamais seule, mais c’est pourtant le cas pour elle.

Dans la chanson jungle mania, j’ai cru reconnaître une influence de Queen dans les harmonies de voix. C’est quoi votre inspiration en général ?
Barthélémy : On a des goûts musicaux très différents, mais on se retrouve sur Supertramp, Queen, David Bowie…
Antoine : On garde ce côté glam rock et psyché.
Barthélémy : Nos chansons sont très adaptables, peuvent être écoutées partout.
Antoine : On aimerait être un groupe qui peut accompagner le voyage.
Melchior : On veut faire de la musique cinégénique.

Dream Station et Woman in Paris sont dans un registre plus intimiste et différent des autres titres. Pourquoi ce choix ?
Antoine : On sort cet EP de 5 titres ce mois-ci, mais on a un album de 13 titres qui sortira normalement en janvier 2016. Sur l’album, c’est très éclectique. Melchior : C’est comme un voyage, on va dans des paysages différents. Barthélémy : il y a des chansons pour la fin du soir, des chansons pour le soir, chaque heure a sa chanson.
Antoine : Une chanson pour la joie, une chanson pour la fête, une chanson pour la dépression… On ne veut pas être esclave d’un genre.

Pour cet EP, vous vous êtes entourés de Pierrick Devin (Lilly Wood & The Prick), ainsi que Renaud Létang (Manu Chao) et Julien Delfaud (The Shoes) au mixage. Que vous ont apporté ces collaborations ?
Barthélémy : Ils nous ont aidé à retranscrire ce qu’on voulait faire. On n’est pas du tout du monde de la musique à l’origine. Produire une musique, c’est pas la même chose que la composer.
Antoine : On a fait une très belle équipe avec Pierrick. On arrivait avec nos chansons et nos idées, mais on n’avait pas les mots et Pierrick a tout de suite compris notre langage.

L’EP est sorti le 30 octobre dernier, vous avez déjà une anecdote de scène, un bon souvenir de concert ?
Melchior : Le festival Musique en Omois ?
Barthélémy : C’était excellent. C’est à côté de Paris, dans un petit hameau où ils ferment les routes et le village se transforment. C’était très sympa. Et sinon le meilleur souvenir de concert ailleurs qu’en France, c’est à Madagascar en pleine brousse où on est venu avec notre générateur et 17 000 personnes sont venus.
Melchior : C’était un de nos premiers concerts.

17 000 personnes pour votre première date ?
Barthélémy : Il ne se passe rien là bas. et c’est un tout petit hameau de 500 personnes, mais il y a un générateur qui est branché là-bas qui permet à une radio d’être rediffusée. Il couvre environ 100 km et 20 000 personnes.
Antoine : On faisait des petits “live” en disant “venez dans un mois on va faire un concert”. Et au fur et à mesure que la date arrivait, 3-4 jours avant, on voyait toutes les personnes de la campagne arriver dans le village avec des tentes. Et ça a gonflé, gonflé comme ça ! On a fait jouer sur scène des groupes malgaches qui n’avaient jamais joué avec de la musique électrifiée. C’était un beau moment de partage.

A part votre album, vous avez d’autres projets à court terme ?
Barthélémy : Pour l’instant on se focalise un peu là-dessus, on a organisé aussi un concert à Goma dans le nord Congo. Et on nous a demandé de composer une rumba. C’est un type de chanson sur-américain mais très apprécié au Congo.

Et dans 5 ans ?
Melchior : Avoir un petit avion Bangkok ! Je trouverais ça génial d’avoir un petit avion, et on va comme ça de date en date dans des endroits complètement improbables. (rires)
Antoine : Mais surtout, continuer à faire de la musique, mais de manière encore plus marrante et excitante.

Une petite dédicace aux Paulette ?
Barthélémy : “Feel like a woman in Paris” !

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