Cette semaine, Gilmore Girls a eu vingt ans. Une date qui a marqué les adeptes et ravivé quelques souvenirs réjouissants. On vous expose pourquoi, deux décennies après le pilote de la série, on y revient encore.

Point synopsis : Gilmore Girls, c’est l’histoire de Lorelai (Lauren Graham), 32 ans, et de sa fille Rory (Alexis Bledel), 16 ans. De leur relation privilégiée, celle avec leur entourage, et de leur vie dans une bourgade du Connecticut. 

Pour les initié·e·s, cette semaine du 5 octobre 2020, ça fait vingt ans qu’on a découvert le duo mère-fille. Vingt ans qu’on parie sur Luke (Scott Patterson), vingt ans qu’on sait que Dean (Jared Padalecki) est quand même un sacré blaireau et qu’en y réfléchissant, aussi charmant soit son sourire asymétrique, Jess (Milo Ventimiglia) ne vaut pas toujours mieux. Vingt ans qu’on voue un culte à Michel (Yanic Truesdale) ou le Français expatrié le plus désagréable de la Terre. Vingt ans qu’on suit Kirk (Sean Gunn) dans sa quête de carrière approximative, vingt ans qu’on a envie de bouffer les gâteaux de mariage de Sookie (Melissa McCarthy), vingt ans qu’on sursaute au son – strident – du « Lorelaiiii » d’Emily (Kelly Bishop). Et vingt ans, ça fait long. 

Crédit : Warner Bros. Television

Ce qu’on réalise au bout de ces deux décennies, c’est que, chaque automne, on aime s’y replonger, retrouver ce sentiment réconfortant si singulier. Là, par exemple, après deux semaines de pluie parisienne quasi ininterrompue, mes pauses-déjeuners sont plus douces quand je les passe à Stars Hollow (jolie ville de toute cette joyeuse bande). En ce moment, Rory est à Yale et Lorelai construit son auberge, le Dragon Fly (que Netflix traduit par « Libellule » ou « Dragon volant », selon l’humeur). Tout va bien dans le meilleur des mondes, puisqu’il n’y a jamais vraiment de problème de ce côté de l’écran. Et à une époque (réelle) aussi incertaine, la paisibilité du lieu et de ses habitant·e·s rassure.

Pour les célébrer comme il se doit, ces vingts ans, on vous donne quatre raisons de signer pour vingt de plus. Et si vous y êtes encore étranger·e, de binge-watcher les huit saisons sur Netflix.

Pour la personnalité de Rory

Crédit : Warner Bros. Television

Rory est le surnom du prénom « Lorelai » ; la mère et la fille s’appellent pareil. Quand elle était en train d’accoucher à l’hôpital, Lorelai II (Lorelai I étant l’arrière grand-mère, faut suivre) s’est mise à penser aux hommes qui donnaient leur propre prénom à leur fils. Au début de la première saison, Rory explique qu’à ce moment-là le « féminisme » de sa mère « l’a emporté » et qu’elle s’est demandé « pourquoi les femmes ne pourraient-elles pas faire pareil ? ». Alors, elle a baptisé sa fille comme elle : Lorelai Gilmore. Diminutif : Rory. 

Dans les années 2000, le jeune adulte est l’un des seuls personnages du genre dont la vie n’est pas écrite comme une suite de péripéties extraordinaires, de scènes qui se terminent par des rires pré-enregistrés, ni de rencontres amoureuses dignes d’un roman à l’eau de rose. Elle aime les livres, les vieux films, écouter du rock avec sa pote Lane (Keiko Agena), commander trop de bouffe le vendredi soir et elle a du mal avec le concept de « dating » à l’américaine (on compatit). Son quotidien est plutôt banal – on parle de sa vie au jour le jour, elle reste ultra-privilégiée financièrement parlant grâce à ses grands-parents – et c’est rafraichissant.

On s’identifie à elle car elle traverse des événements plus ou moins similaires aux nôtres – du moins, à l’époque. Elle doute, elle échoue, elle reprend du poil de la bête, elle se tape des vents, elle tombe sur un mec chouette. Elle veut devenir journaliste, alors forcément, on adhère. Et ce qui l’aide souvent à retomber sur ses pattes, c’est sa mère. Leur complicité, leur sarcasme, la personnalité forte que cette dernière lui a transmise. 

Pour l’esprit de Lorelai

Crédit : Warner Bros. Television

Lorelai ou celle par qui – et pour qui – tout arrive. Je ne dis pas ça uniquement parce que cette année, j’ai trente ans, soit presque le même âge qu’elle dans le premier épisode. Ou peut-être que si, en fait. 

Parce que c’est un peu le principe de la série. On suit autant la mère que la fille, et on se retrouve dans le quotidien de l’une ou de l’autre en fonction de ce qu’on vit. Ayant une enfant moi-même (qui n’est toutefois pas encore en âge de s’enfiler un kilo de nouilles sautées devant Casablanca comme ces dernières), je comprends aujourd’hui davantage les inquiétudes liées à l’avenir de sa progéniture que rencontre le parent du show, que les galères de stages en journalisme qui ne mènent à rien que se tape l’ado. Pourtant, dieu sait que je suis passée par là. 

A côté d’éduquer une gamine vraiment cool, Lorelai réussit à vivre sa vie à elle. Elle monte sa boîte, elle retourne à la fac, elle flirte, elle ne s’oublie pas. Elle prouve également que chaque conversation gagne à être ponctuée d’une référence ou d’un jeu de mots plus ou moins subtils – un « pun », comme on dit là-bas. Lorelai est « witty », elle a de l’esprit. Et bien qu’on s’agace rapidement de son comportement d’enfant gâtée parfois insupportable avec ses parents, on l’admire un peu aussi.

Pour le train-train tranquille de Stars Hollow 

Crédit : Warner Bros. Television

N’allez pas me dire que la ville vous fout le bourdon, c’est impossible. Même les citadin·e·s les plus convaincu·e·s connaissent des moments de faiblesse où ils envisagent de se barrer pour trouver l’équivalent français. Stars Hollow aurait été visitée par George Washington jadis, et serait depuis restée une sorte d’enclave imperméable aux tracas du monde alentour, vivant au rythme de traditions improbables. Mention spéciale pour le marathon de danse de 24 heures, le festival des peintures vivantes ou le concours de bonhommes de neige que personne ne rate jamais. Parce que qui a réellement mieux à faire ?

On a de plus l’impression que tout se passe entre septembre et mars, et franchement : c’est un bonheur. L’été est surfait, de toutes façons. La saison qui semble durer le plus longtemps est l’automne, preuve en sont les cols roulés et mini-jupes en tweed des protagonistes et les arbres dont les feuilles virent perpétuellement au orange. Je veux déménager.

Pour l’importance de revoir nos classiques avec un oeil critique

Credit: © The WB / Mitchell Haddad

Après ces longues lignes d’éloge, force est de reconnaître que le show est loin d’être impeccable. Gilmore Girls prône certes des valeurs empruntées au féminisme des années 2000, mais quand on le visionne vingt ans plus tard, il pêche sur certains aspects. L’évident manque de diversité (tous les personnages non-blancs sont relégués au second plan), les réflexions homophobes, stéréotypées, validistes ou grossophobes des deux protagonistes (trop fréquentes pour être toutes citées, mais on en trouve un florilège ici), leurs privilèges à peine assumés, et la façon dont le revival de 2016 ne rectifie pas vraiment le tir.

Comme Sex and The City ou Friends, pour ne citer que ces deux productions américaines cultes, Gilmore Girls mériterait un sérieux coup de balai niveau axes scénaristiques problématiques et célébration d’un white-feminism dépassé. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas l’apprécier avec un bon chocolat chaud en plein mois d’octobre, mais aujourd’hui, il est indispensable de pointer du doigt ce qui devrait être amené différemment – voire pas du tout. 

Le site Feminism in India le conclut dans un article qui décortique justement ce que la série a loupé : « s’il y a quelque chose qu’on a appris du journalisme de Rory Gilmore, c’est de tout remettre en question ». Espérons juste que, si suite des aventures il y a, le script aussi, suive les pas de son héroïne.

Chronique de Pauline Machado

Contrairement à l’opinion populaire : l’automne ne craint pas, c’est même tout l’inverse. La preuve par vingt-six.

On est aux premiers jour de l’automne. Il pleut, il fait froid, on est ronchon. La semaine dernière, le soleil nous invitait encore en terrasse, nous et nos mini-jupes sans collants. Aujourd’hui, on se retrouve en baskets trempées sous des nuages menaçants. Le contraste ne nous réjouit guère : on saisit l’occasion des dix minutes d’attente à l’arrêt de bus sous la bruine dégueu pour envoyer des emojis sanglier et feuilles mortes dans le groupe WhatsApp qui soutient notre cause, celle du blues automnal. 

Heureusement, Halloween arrive bientôt et Noël juste après. Ça nous donne faim. On reprend un peu de poil de la bête. C’est vrai que c’est pas si mal d’un point de vue culinaire, l’approche de l’hiver, quand on est fan de raclette. Ça, et la possibilité de traînasser tranquille sous un plaid, boisson chaude et sucrée à la main, devant une tonne de films d’amour aussi nuls que satisfaisants. 

En réalité, maintenant qu’on y pense, il existe un paquet de petits plaisirs à s’accorder depuis qu’il ne fait plus 30 degrés (ni 20, ni même 15 d’ailleurs). Assez en tout cas pour rédiger une liste non-exhaustive qui réconciliera sans doute les haters de la saison avec les mois à venir.

  • Marcher longtemps dans la rue, sans craindre de suer sous le masque.
  • S’installer au resto, sans craindre de suer sur la chaise.
  • Ne plus culpabiliser de louper une journée de beau temps quand on passe son week-end à l’intérieur à ne pas foutre grand chose, si ce n’est binge-watcher Gilmore Girls en bouffant son poids en petits marbrés Bonne Maman.
Crédit : Warner Bros. Television
  • Ressortir ses plus beaux pulls à col roulé qu’on enfilera désormais sans soutif, résolution no bra post-confinement oblige.
  • Redécouvrir le plaisir du chocolat chaud à dix-sept heures, et celui du vin chaud à dix-huit.
  • Regarder la pluie tomber dehors, en se félicitant de n’avoir pas répondu présente à une invitation sournoise à braver le froid.
  • Rester blottie dans les bras de son aimé·e au son du (faux) feu dans la cheminée.
  • Rester blottie solo dans son canapé au son du (faux) feu dans la cheminée.
  • Se refaire Harry Potter, livres ou long-métrages, et la tribune anti-transphobie écrite par Daniel Radcliffe au passage.
  • Ecouter Harry Styles, parce que toutes les raisons sont bonnes. Et surtout pour pomper son style, ou plus précisément le caban de Sign of the Times qu’on portera sur le flare taille haute de la couverture de Fine Line, ou alors son costume Gucci des Brits Awards 2020. Les options ne manquent pas.
  • Profiter des grasses matinées sous la couette.
  • Se faire envoyer le Christmas tea de chez Harrod’s par une âme charitable outre-Manche.
  • S’enfermer avec une jolie sélection de la rentrée littéraire, Présentes de Lauren Bastide ou Balance ton corps de Bertoulle Beaurebec, pour ne citer qu’elles. Et le thé.
  • Passer des heures sur Twitter à trouver le meilleur costume d’Halloween. Pour l’instant, « slutty Didier Raoult » est en tête de liste.
  • Bloquer tous ses lundis soirs pour mater la saison 15 de l’Amour est dans le pré. Et trouver que Jérôme a décidément le même rire que François Damiens (en plus d’un fétichisme pour les yeux flippant).
  • S’essayer à la réalisation d’un Pumpkin Spice Latte maison, et (potentiellement) échouer lamentablement en se rabattant sur un thé à la menthe qui pue le placard.
  • S’essayer à la sculpture de citrouilles, et rencontrer à peu près le même résultat.
  • Acheter les bottes aux genoux que la « France entière » portera dans deux semaines parce qu’elles nous narguent tous les jours sur Instagram.
  • Se dire qu’il est temps d’arrêter de parler comme les Marseillais dans Les Marseillais vs le reste du monde, qu’on continuera malgré tout de suivre tous les soirs à 19h50 avec délectation.
  • Ecouter le podcast Ciao Paris, sorti au début de l’été, et rêver d’humer les odeurs d’arbres aux feuilles jaunies en pleine forêt plutôt que le goudron mouillé. 
  • Se dire qu’un jour, ça deviendra peut-être notre réalité.
  • Se prélasser dans un bain fumant pour se réchauffer, en saisissant tout le sens du terme « self care » pendant que les petites bulles de la mousse nous régénèrent.
Crédit : Warner Bros. Television
  • Finir par écouter son intuition en partant s’isoler dans une maison en pleine nature avec des potes, de la bouffe, des films et du bon vin. Juste un week-end, pour commencer.
  • Regarder (encore) Love Actually et hésiter entre un amour inconditionnel pour la rom-com emblématique et une critique nécessaire de certains des agissements qu’elle décrit. Au hasard, l’hypersexualisation des Américaines ou le destin de Sarah qui finira seule parce qu’elle s’occupe de son frère malade psychiatrique, et qu’à en croire le scénario, c’est vraiment pas sexy.
  • Se cajoler, prendre le temps, se reposer vraiment.
  • Se réjouir à l’idée que Noël est dans moins de trois mois, finalement. 

Article de Pauline Machado

La marque australo-californienne prouve une nouvelle fois qu’elle sait mêler style et qualité en concevant une gamme de lunettes anti-lumière bleue, pour une protection essentielle devant les écrans.

Vous connaissez sans doute la marque de lunettes australo-californienne pour les avoir repérées sur Beyoncé, Kylie Jenner, Jennifer Lopez, ou plus récemment lors d’une collab’ avec Lizzo, la chanteuse et rappeuse américaine aux morceaux « empouvoirants », dont une partie des bénéfices a permis à l’association Feeding America de fournir un million de repas. Depuis 2004, QUAY (prononcez “Key”) crée des paires au design avant-gardiste et audacieux pour une génération qui sait ce qu’elle veut : de la qualité sans compromettre l’allure. 

Crédit : Maison Paulette x QUAY

L’idée d’une telle ligne émerge sur les routes de festivals australiens, au début du nouveau millénaire. « Inspirés par l’expression brute des artistes et des festivaliers, nous avons commencé à créer des lunettes de soleil cool et abordables, idéales pour sortir du lot« , explique la griffe. Et le résultat est à la hauteur. 

Modèles emblématiques à porter en toutes circonstances, ultra-tendance ou en éditions limitées, lunettes aviateur surdimensionnées, forme œil de chat élégante ou encore verres carrés : l’atout de QUAY, c’est de proposer une diversité de produits qui séduira une large gamme de client·e·s. Une volonté d’inclusivité, qui permet à celles et ceux qui investissent dans une de ses paires d’exprimer leur personnalité.

La collection Blue Light, une gamme dans l’ère du temps

Cet automne, QUAY prouve qu’elle est à l’écoute des besoins actuels en lançant la ligne Blue Light. Des lunettes anti-lumières bleues « munies de verres bénéficiant de la technologie de filtrage de la lumière bleue« , explique la marque. Une technologie qui « contribue à filtrer une certaine sorte de lumière visible à haute énergie (HEV) émise par les écrans numériques« . Car elle prévient, une trop grande exposition sans protection adaptée peut mener à « l’apparition de symptômes tels que des yeux fatigués, une vision trouble et des problèmes d’insomnie« . 

Une option d’autant plus nécessaire que le télétravail se démocratise, et que le temps d’écran s’allonge dans des conditions à domicile parfois moins optimales qu’au bureau ou en cours, crise sanitaire oblige. Opter pour une paire qui atténue l’effet de la lumière bleue, c’est s’assurer un véritable confort au quotidien. Et un style impeccable, grâce à des modèles pointus. 

Nos détails favoris : la transparence des Blueprint, le motif écaille moderne des Hardwire, la finesse des I See You, l’effet structuré des CEO, le dégradé orange grisé des My Type et le côté rétro assumé des On The Fly. Une chose est sûre, QUAY nous en met plein la vue.

Maison Paulette x QUAY, une collaboration évidente

Pour toutes ces raisons, et afin de promouvoir les valeurs de la marque, Paulette s’y est associée lors d’un shoot empreint de liberté, aux looks travaillés qui reflètent les codes mode du moment. Des couleurs pop, une ambiance néon, des imprimés tie & dye qui mettent en valeur les montures négligemment posées sur le nez des mannequins. De quoi donner envie d’agrémenter son powersuit color block ou son hoodie pastel d’un accessoire qui protège autant qu’il habille.

Le credo de QUAY ? « Votre vision a le pouvoir de changer le monde ». Alors, il n’y a plus qu’à.

Collection à retrouver dès maintenant sur le site.

Crédits shooting

Creative Direction: Irene Olczak 
Photographer: Kamila K Stanley 
Photo Assistant: Julia Grandperret 
Filmmaker : Theo Vincent 
Video Assistant: Benjamin Clement 
Stylism: Magali Forey 
Make up Artist: Louise Loctin 
Hair Stylist Anita Bujoli 
Production: Siham Gouy
Project Manager: Megane Bregeon 

Le couple commencerait-il « vraiment » après les papillons et les palpitations incontrôlables ? Des psy répondent.

Le sujet prête au débat. Entre ami·e·s ou sur les réseaux, les pour et les contre se chamaillent autour de la définition de l’amour véritable, et surtout de la notion de « lune de miel », dont le concept est autant idéalisé que remis en question. 

Il y a d’un côté convaincu·e·s que dans certains cas, les papillons sont éternels, et de l’autre, les adeptes d’une évolution plus raisonnée de la relation. Celles et ceux qui assurent que la période post-rencontre ne se termine jamais quand on aime vraiment, et en face, le camp opposé, qui soutient fermement que le meilleur se passe après ce qu’il considère comme les préliminaires. Orelsan, lui, a pris parti. Dans son morceau Paradis, il chante : « Ça fait sept ans qu’on sort ensemble depuis deux semaines ». Sous-entendu que, même après une quasi décennie, les sentiments et l’excitation irrésistibles du début sont intacts. C’est beau. Vraiment.

En réalité, et ça va sans dire, personne n’a tort, personne n’a raison. Chacun·e a surtout le droit de ressentir ce qu’il·elle veut. Seulement, en lisant les témoignages d’une partie de la population connectée, je m’interroge : tous les couples sont-ils voués à ce que l’intensité initiale s’évapore au profit d’une sérénité plus ancrée ? Et si oui, est-ce vraiment à ce moment-là que les choses sérieuses commencent ?

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures

Si je dois me baser sur ma propre expérience, je dirais que je penche pour l’entre-deux. Au bout de deux ans et demi de relation et un bébé de dix mois (faites le calcul), je n’ai pas l’impression qu’on sort ensemble depuis deux semaines. Et pour moi, c’est plutôt positif. 

Au bout de deux semaines, début mars 2018 pour être exacte, il y avait peut-être les palpitations qui me montaient au cerveau quand je le retrouvais sur le quai de la gare Rouen-Rive Droite, frigorifiée par le froid normand, mais pas la complicité unique qui nous lie maintenant. La douceur, la confiance, la compréhension, la sensation de vivre avec la personne qu’on préfère sur Terre (ex-aequo avec le lardon qui pionce tranquille dans son lit à barreau à l’heure tardive qu’il est), sont venues plus tard. Avec les blagues nulles dont on n’a plus honte, les engueulades et la fatigue qui nous fait dire n’importe quoi, peut-être. Mais tout ça n’entache pas la solidité de ce qu’on a. Histoire de rajouter un peu de miel dégoulinant à cette déclaration improvisée, je conclurais en disant : pour rien au monde je ne retournerais aux premiers jours, aussi magiques soient-ils dans mon esprit. Parce que ceux qu’on vit maintenant sont encore mieux. Voilà, j’ai fini.

Du côté des expert·e·s, on appuie mes arguments, mais on donne à la lune de miel une durée de vie qui va clairement au-delà de deux petites semaines. On parle de trois ans environ, comme le film et le livre de Frédéric Beigbeder du même nom, qui aborde la question au fil des pérégrinations sentimentales d’un Gaspard Proust cynique et certain que, pire encore, c’est l’amour tout entier, qui ne durerait que trois ans. Optimiste. Heureusement, sa règle n’est pas universelle.

La faute aux contes de fée

« Si nous ne regardons que la gravité, ce qui monte doit inévitablement redescendre », lance Lauren Goldstein, thérapeute de couple sûrement réputée outre-Atlantique pour ses comparaisons imagées, à la publication américaine Mel Magazine. « Mais cela ne veut pas dire qu’il doit y avoir une chute, et à mesure que la passion s’estompe, d’autres parties de la relation peuvent s’approfondir et se développer. » Ouf. Shelli Chosak, spécialiste du comportement humain et titulaire d’une licence de l’État de Californie en thérapie conjugale et familiale, poursuit en affirmant que la phase de lune de miel est loin d’être la réalité d’une relation à long terme. Elle a d’ailleurs une idée précise sur la raison pour laquelle on la met sur un piédestal, comme preuve ultime qu’on a rencontré son âme-soeur. « Pour beaucoup, ce rêve commence dès l’enfance avec des histoires de bonheur pour toujours », explique-t-elle. « Cependant, nous ne pouvons pas fantasmer longtemps avant que la réalité ne s’installe.”

Rude awakening : Blanche-Neige et le prince-dont-on-ne-sait-pas-le-nom ne passeront donc pas les prochaines décennies à chantonner qu’ils s’aiment dans les bois. Parce qu’une fois le baiser (non-consenti) dans le cercueil et le mariage derrière eux, la routine débarque, le quotidien prend le dessus. « Siffler en travaillant » ? Pas tout le temps. On se demande : l’idylle du début s’érode-t-elle toujours sous le poids éreintant des vagues de la vie ? Pour citer JP Fanguin : la question, elle est vite répondue. 

« La phase de lune de miel sert à lier les deux parties et une fois que cela est fait, ce n’est plus nécessaire », avance la psychologue Jeannette Raymond. « C’est une désillusion qui peut frapper durement, mais c’est aussi le creuset sur lequel se construit une relation plus mature, où les amoureux s’acceptent l’un l’autre tels qu’ils sont, non pas comme des figures divines idéales qui sont toujours réceptives et disponibles, mais comme quelqu’un avec qui il faut trouver et co-créer continuellement une base plus satisfaisante qui permet l’épanouissement personnel ».

L’épanouissement personnel. Ça donne envie. Ça passe par l’acceptation de soi, mais aussi la certitude que l’autre nous accepte telle que l’on est. Et pour Shelli Chosak, c’est justement après la lune de miel que les défauts pointent le bout de leur nez, et qu’on réaliser si la relation est faite pour durer. Un moment clé qui la renforce, garantit la spécialiste. « Lorsque la phase de lune de miel se termine, vous pouvez commencer à vivre dans le monde réel, et vous pouvez commencer à apprendre à vivre avec quelqu’un qui n’est pas parfait », souligne l’experte. « Cela conduira finalement à une vie plus satisfaisante et à une relation plus enrichissante. Il n’y a pas de plus grande satisfaction que d’être aimé à cause de ses défauts, et pas seulement en dépit d’eux ».

Finalement, peut-être que le problème ne vient pas tant de la lune de miel elle-même que de l’importance qu’on lui accorde, dans la vie comme dans la fiction. Et la façon dont on l’oppose à « l’après ». Comme si ces deux étapes ne pouvaient pas être tout aussi riches de sentiments. Et surtout complémentaires, essentielles, l’une après l’autre, à la construction d’un couple. Depuis mes presque trois ans de relation en tout cas, j’en suis persuadée : c’est ce relais-là, la clé.

Chronique de Pauline Machado

Et ne pas sombrer dans cet océan de stress ravageur qu’on connaît malheureusement si bien.

La situation actuelle est un challenge pour les flippé.e.s du futur, et ceux.celles qui passent leur temps à planifier leur vie, surtout à long terme, pour pallier l’angoisse. La crise sanitaire a changé les règles, réduit les possibilités de prévisions et forcément, de contrôle sur notre quotidien. On n’est plus sûr.e.s de ce qui nous attend la semaine prochaine, et encore moins sans un an. Le saut dans le vide auquel s’apparente cette nouvelle façon de faire file le vertige à une partie de la population, d’habitude apaisée par un emploi du temps bien calibré en amont. Moi, par exemple. 

J’aime me projeter sur tout et n’importe quoi. Avoir une idée de ce à quoi va ressembler mon avenir. Connaître, même si je change de lubie fréquemment (on en a déjà parlé), les grandes lignes des années qui arrivent ou en tout cas, où je me verrais bien dans cinq ans. Je suis la candidate idéale à la question la plus naze des entretiens d’embauche : les plans sur la comète ne m’effraient pas, bien au contraire.

Paradoxalement, ou pas du tout, je suis aussi anxieuse. Une anxiété assez arbitraire d’ailleurs, car elle va cibler certains domaines (le boulot ou les relations), et pas du tout d’autres (l’organisation du quotidien ou mon enfant). Tant mieux pour elle, remarquez. Mais voilà, par temps de pandémie et d’incertitude notoire quant aux mois qui se profilent, tout semble m’échapper. Et je panique un peu.

Je me tape des insomnies qui me tiennent éveillée aux pires heures de la nuit (de 3 à 5 heures, pour les non-initié.e.s), ou des rêves d’araignées qui se manifestent seulement quand je stresse. Une expérience que je ne recommande pas. Je vois une araignée qui grimpe sur un mur de ma chambre alors que je suis à moitié endormie, et prend une forme démesurée au fur et à mesure que je me réveille. Il me faut ensuite plusieurs longues secondes une fois sortie de mon sommeil avant de réaliser qu’elle n’existe pas. Généralement, j’ai le temps de crier dans l’oreille de mon mec qui n’a rien demandé et surtout pas de vérifier sous le lit si la mygale (imaginaire) a disparu. Vis ma vie de somnambule. 

Mais bref. L’anxiété.

Avec les chamboulements liés au Covid-19, j’ai donc du mal à me raccrocher à ces échéances qui me rassurent d’habitude. Professionnellement comme personnellement parlant, c’est le flou. Des petits tracas, et des soucis plus embêtants. Je ne sais pas si je pourrai mener à bien mon déménagement hors de Paris et de son loyer de l’enfer vu l’exode urbain qui se prépare, continuer d’accumuler mes piges pour le payer ou rendre visite à ma grand-mère esseulée en Ehpad le mois prochain comme prévu.

Pourtant, j’ai de la chance. Rien à voir avec les couples que le virus a séparés, celles et ceux qui ont perdu leur job, un.e proche, ou qui souffrent d’inégalités que la crise a tragiquement exacerbées. Je ne tente pas de comparer. Seulement de partager un vécu qui nourrit une impuissance ressentie par nombreux.se.s. Les mêmes qui n’osent peut-être pas extérioriser ce qui se passe dans leur tête, tracassé.e.s entre la perte de contrôle elle-même et la culpabilisation de se plaindre quand sur le papier, tout semble aller bien. Voici donc une potentielle solution pour éclairer nos esprits embués.

Se concentrer sur l’instant présent

On dirait une phrase écrite en police manuscrite sur Insta. Ici, c’est le conseil d’un expert dans le domaine. Pour le Dr Peter Olusoga, psychologue, il est d’abord essentiel de savoir que ressentir cette perte de repères est légitime. Que l’on soit touché.e directement ou non par la pandémie. « C’est une situation que nous n’avons jamais rencontrée auparavant – un changement fondamental dans la façon dont nous vivons notre vie », affirme-t-il aux journalistes de Stylist. « Cela signifie que nous n’avons pas de réponses planifiées à l’avance, nous ne savons pas comment nous allons y faire face, et cela provoque beaucoup d’anxiété ». L’acceptation est donc la première étape. Ça, et s’éloigner du syndrome de l’imposteur qui vient plomber un moral déjà plus bas que celui de Kylian Mbappé lundi dernier

Le psy poursuit en expliquant que reprendre le contrôle commence par… contrôler le contrôlable. Eh oui. « Cela semble assez cliché », admet-il, et on lui concède, « mais il y a tellement de choses qui ne le sont pas en ce moment, contrôlables. Et si nous nous concentrons sur ces choses-là, alors c’est ce qui mène au stress, parce qu’il n’y a rien que nous puissions faire. » Traduction : passer son temps à s’inquiéter de ce qui nous échappe ne nous aidera pas à y voir plus clair. C’est même tout l’inverse. Pas vraiment feel good jusque-là, mais ça s’arrange.

La solution selon le spécialiste ? « Vivre dans l’instant présent », donc. « C’est vraiment difficile de demander aux gens de faire ça quand il y a tant d’informations qui circulent et tant d’inquiétude et de préoccupation sur ce qui va se passer à l’avenir, mais si nous le pouvons, essayons de nous concentrer sur ce qui est important maintenant et sur ce qui se passe maintenant. »

Plutôt que de ruminer sur les années qui vont forcément être chamboulées par l’actualité, on se focalise sur les plaisirs et activités du quotidien. On table sur des projets à court terme, réalisables, qui nous mettent du baume au cœur. On se prévoit des trucs qui nous font du bien, qui nous donnent envie. Des balades en plein air avec des ami.e.s, des week-ends en France le mois prochain, des sorties au ciné, au musée. Des temps de repos méritées. On se plonge dans des oeuvres qui nous passionnent, nous font grandir, apprendre, on prévoit des appels avec celles et ceux qui sont loin. On médite. On organise aussi nos journées selon une routine qui nous convient. Et on met de l’ordre dans le brouillard pâteux qui nous sert de cerveau grâce à un réflexe efficace : l’écriture. « Il est souvent utile d’écrire, des études ont montré que l’acte en lui-même renforce la perception du contrôle, de l’auto-efficacité et de l’humeur », appuie en ce sens la Dre Meg Arroll, psychologue, au média britannique.

Plus l’on couchera nos projets et rendez-vous à court terme sur le papier, moins on aura tendance à sombrer dans le vortex de l’angoisse et du doute. Jackpot. Ou en tout cas, enfin une astuce facile qui viendra certainement nous offrir un peu de répit (car de quoi nous concentrer sur autre chose que BFM TV). Et on ne pourrait demander mieux pour cette rentrée qui s’annonce quelque peu altérée. Alors on applique, on avance jour après jour. Avec bienveillance et indulgence. En se rappelant surtout que nos émotions, tant qu’elles sont sincères, sont valides.

Article de Pauline Machado

La marque espagnole propose une collection à la rencontre du chic et du confort pour un style inédit qui attire l’oeil.

A l’automne-hiver 2020, Desigual lance une ligne qui marque. Avec un modèle visionnaire : la veste hybride, dont le design sort clairement de l’ordinaire, et vaut le détour. Elle se compose en haut d’un blazer et en bas d’une veste en jean délavé ou noir. De boutons en laiton et de boutons noirs. D’une manche de costume, d’une de blouson. D’un mélange de denim, 100 % coton, et d’un tissu plat noir plus classique. « Un tailoring confectionné dans le souci du détail : du croisement diagonal de la couture avant à la jonction des manches et du dos de la veste, tout a été entièrement repensé dans ce concept », détaille la marque. 

Le pari est audacieux, mais il est plein de sens et empreint d’une liberté qui s’affranchit des conventions, d’un mélange qui nous ressemble. A la fois mixte et stylée, alliant le « Back to office et le Going out », la pièce maîtresse de cette collection signée de la griffe espagnole incarne ce que l’on voit de plus en plus dans le prêt-à-porter : des frontières de genre et de matières qui s’effacent. Elle permet surtout d’imaginer des tenues qui se distinguent d’une foule parfois uniforme.

Jeu de style et de volumes

A l’origine du concept, il y a la veste trucker, produit phare qui se décline aujourd’hui en plusieurs exemplaires, « mêlant molleton et broderies de style ethnique, des blazers pour homme dissimulant une veste en jean en dessous ou des pantalons façon survêtement sur les côtés pour plus de confort et façon jean sur le centre pour plus de polyvalence », décrit Desigual.

Crédit : Desigual

Cette collection invite au jeu, sans aucun doute, et rappelle que la mode n’a pas forcément à être sérieuse. Sur Instagram, on repère justement des silhouettes pointues qui nous inspirent. Le couple assorti de Young Emperors, la blogueuse tchèque Bé Hà Nguyen qui accessoirise sa veste hybride d’escarpins sous un pantalon noir serré aux chevilles, les Barcelonaises Devermut qui l’enfilent sur un denim blanc taille haute et large, ou un jean foncé flare avec brassière. Les options sont aussi multiples que la création est unique. 

Chez Paulette, on l’aime particulièrement jetée sur les épaules sur un pantalon oversize, pour une allure volumineuse idéale en ce temps bientôt automnal. Ou sur un short en sweat et crop-top, pour pousser le confort à son paroxysme – et en même temps conserver la touche élégante que l’empiècement blazer confère. 

Une chose est sûre, comme l’affirme la marque, « le monde de l’hybride est là pour rester ». 

Collection disponible sur l’e-shop et en boutique.

Article de Pauline Machado

A ceux et celles qui ont du mal à tirer un trait sur notre investissement pendant nos congés : s’il vous plaît, retenez-vous.

Les derniers mois ont semblé interminables. Depuis quelques jours maintenant, on s’autorise à lâcher prise. Les vacances commencent enfin, on se détend. Autour de nous, un paysage qui nous apaise, une compagnie qui nous réjouit. Des levers sans réveil et de la bonne bouffe, forcément. Notre idée du repos idéal n’a rien de bien compliqué il faut croire. Tant qu’on a le luxe de ne plus penser à l’heure ni au jour qu’il est.

On profite aussi d’une parenthèse loin des réunions Zoom qui nous filent une angoisse toute particulière tant elles auraient, comme leur version au bureau, pu se résumer à un email. De quelque temps à l’abri des tensions et des jeux de pouvoir mal placés qui nous font réévaluer notre envie de poursuivre dans cette voie – et envisager sérieusement de tout plaquer pour ouvrir un potager en permaculture au fin fond de la Bretagne. Parce qu’on serait tellement plus heureuse en regardant grandir nos tomates que derrière notre écran, en pleurs devant le dernier message Slack de notre chef qui a l’agressivité passive aussi facile que ses anglicismes. Avec lui, rien n’est malin, tout est « smart » ; rien ne se vérifie rapidement, tout se « checke asap« .

« Désolé de te déranger pendant ton break« 

Aujourd’hui, on est bien. Notre seul impératif pour les prochaines heures consiste à choper des melons au marché avant que la vague de touristes (dont on s’exclut, mauvaise foi oblige) n’emporte les plus sucrés, et nous laisse avec ceux qui ont le goût d’eau et de frustration. La paresse n’a jamais été si savoureuse. Jusqu’à ce que notre téléphone sonne. C’est le roi du jargon de la start-up nation qui a une « petite question ». On en frémit d’avance. « Désolé de te déranger en plein break« , écrit celui qu’on nommera David et qui n’est pas désolé du tout, « penses-tu pouvoir me faire un feedback asap sur la propal ci-jointe stp ? c’est très urgent ».

On râle, mais on parcourt le document vite fait : le « penses-tu » n’est là que pour la forme, c’est plutôt un ordre. Ça ne demande pas beaucoup de travail. Vingt minutes tout au plus. On sourit en pensant au groupe Facebook cinglant qui épingle justement ce genre de comportements perpétrés par les laxistes du Code du travail. Et puis on s’y met. On rappellera à David qu’on a bossé pendant nos vacances lors de l’entretien annuel, songe-t-on. Une demi-heure plus tard, on renvoie ladite « propal » avec quelques commentaires clairs sur les points à revoir et les reformulations nécessaires.

La réponse est immédiate. David a d’autres « petites questions », besoin de davantage de précision. On se retrouve à bosser en pointillé toute la journée. Et surtout à penser au projet qu’on avait pourtant mis en pause en même temps qu’on activait notre réponse automatique, vendredi dernier. Tant pis pour les melons. Le lendemain, on consulte nos mails toutes les deux minutes, fébrile pendant que les derniers échanges chargent. La sérénité des premiers jours s’est un peu ternie : notre esprit n’est plus vraiment au repos.

Et c’est là tout le problème. L’impact qu’ont ces interventions professionnelles sur une déconnexion essentielle à notre bien-être et plus tard, à notre productivité. Même Zizou l’a dit : « Il faut que l’on déconnecte un peu ». C’était le 20 juillet. Un cri du cœur qui traduisait un besoin notoire pour le Real de se ressourcer afin de reprendre des forces avant la Ligue des Champions. Et qui se décline au-delà du sport de haut-niveau. Avec David, notamment.

Le droit à la déconnexion

Ces interruptions ne se manifestent pas toujours aussi directement que dans le cas cité plus haut. Parfois, ce sont de petites réflexions, des requêtes qui se glissent dans des messages anodins, surtout quand on est potes avec ses collègues, qui rendent la coupure moins nette. Et la reprise plus dure.

Seulement plutôt que d’expliquer, une fois de plus, comment faire pour bien déconnecter, parce que ce n’est plus vraiment à nous de remettre nos pratiques en question, on préférera s’adresser aux perturbateur.ice.s de congés. Ceux et celles qui ont, comme David, le réflexe trop fréquent de contacter les absent.e.s.

C’est votre cas ? Imprimez. Personne n’est indispensable, et vous êtes plus intelligent.e que vous ne le pensez : alors débrouillez-vous. Ne le prenez pas mal, rappelez-vous plutôt à quel point vous appréciez vous-même ces moments sans parasitage pro. Et dites-vous que nous aussi, on en veut. On ne va nulle part, on revient. Mais pour être en forme il faut que vous nous laissiez un peu tranquille. Le droit à la déconnexion existe, d’ailleurs. C’est dans la loi. C’est écrit. Aussi clair que vos intentions quand on reçoit des « désolé de te déranger pendant ton break« . On vous voit, et on aimerait que vous aussi, vous nous voyiez davantage.

Alors réfléchissez à deux fois avant de cliquer sur envoyer, relisez votre texte et demandez-vous si le problème en vaut la chandelle. Si vous ne pouvez pas simplement le résoudre solo, sans priver l’autre de ces instants privilégiés et pour le coup, indispensables. Ne partez pas non plus du principe que quelqu’un qui se montre plus dévoué.e que vous en temps normal aura moins besoin d’une pause, et donc saura vous aider même au bord de la plage. Ni que son repos est moins important que le vôtre. Souhaitez-nous à la rigueur de bonnes vacances, et foutez-nous la paix. Promis, on n’en sera que plus motivé.e à la rentrée.

Chronique de Pauline Machado

La canicule bat son plein, notre libido s’enflamme. C’est les vacances, le moment de s’adonner à quelques plaisirs perso ou partagés. Seul.e, à deux ou à plusieurs. Dans des lieux insolites, des positions inédites, avec quelqu’un.e dont on ne connaîtra jamais le nom, ou qui porte le nôtre. Le but, c’est de prendre son pied et des initiatives jouissives. Voici d’ailleurs 26 expériences à tenter, qui convaincront les moins inspiré.e.s. Bon été !

  • L’amour à la plage, en évitant les rochers et le sable (fourbe) qui se niche dans les moindres recoins.
  • L’amour à la piscine, façon Loana et Jean-Edouard, qu’on conseillera debout contre le rebord plutôt qu’en missionnaire en apnée au fond du bassin (réalisable quoique plus acrobatique).
  • L’amour par téléphone, quand l’autre est parti.e voir sa famille/ses potes/en retraite solo mais a du mal à ne pas fantasmer sur notre corps de déesse (compréhensible).
  • Le sextoy connecté, pour les mêmes raisons.
  • Le sextoy tout court, pour les novices en quête de plaisir 100 % solitaire.
  • La masturbation méditative, pour allier nos deux obsessions du moment : la jouissance, et la sérénité d’esprit.
  • Le tantra, cette discipline ancestrale qui joue sur l’échange d’énergies et la tension, pour pénétrer au plus profond de son âme.
  • La position du Yab yum, ce lotus amélioré qui rapproche les corps et les pensées (version tantra, c’est encore plus excitant).
  • Le cunnilingus pour les timides de la pratique ; c’est les vacances, on est détendue, on en rêve mais on bloque, et cette parenthèse loin du quotidien est propice au lâcher prise.
  • Le 69 pour l’étape du dessus. 
  • Le strip tease, puisqu’il fait, de toutes façons, trop chaud pour porter quoi que ce soit.
  • La lap dance, version sans effeuillage, pour exhiber nos plus beaux pas appris sur Jolie Nana entre copines la semaine d’avant.
  • Le porno féministe, pour se faire du bien éthique en se détachant du male gaze.
  • Le string à perles, inspiration Samantha Jones, pour stimuler notre clitoris l’air de rien en allant boire un verre au bar de la plage.
  • Le nude suggestif (et consenti), pour immortaliser notre beauté et montrer à l’autre ce qui l’attend. Et cajoler notre amour propre, aussi. 
  • L’amour dans la voiture, sur une aire d’autoroute, sous les cyprès après la plage, en revenant de Leclerc sur un chemin à l’écart avant de rentrer dans la maison familiale.
  • Le strip poker (tout est bon pour se foutre à poil), histoire de changer du tarot. 
  • Se perfectionner dans l’art de l’orgasme du téton, une manoeuvre encore plus délicieuse qu’elle en a l’air. 
  • Parcourir son (propre) corps d’un glaçon, pour expérimenter un contraste de température enivrant. 
  • Goûter le sel un peu partout sur la peau de l’autre, et le.la déshabiller avec les dents. 
  • Le plan à trois avec le.la maître nageur.se, qui gardera son maillot (et peut-être son sifflet).
  • Le sexe en silence dans la salle de bain pendant que tout le monde dort, voire trinque au rosé dans le jardin.
  • L’amour au camping, sous la tente. A la tombée de la nuit pour éviter la chaleur, mais aussi pour profiter du bruit des autres qui grillent les saucisses de l’apéro, afin d’en savourer une autre ni vu ni connu.
  • Se faire du bien au son d’une playlist concoctée pour l’occasion (coucou Angela de Hatik). 
  • Le sexe les yeux bandés, pour perdre pied.
  • L’orgasme multiple, parce qu’on a tout le temps de prendre son temps. Mais sans pression, juste en écoutant ses désirs, ses sensations, la voix de l’autre qui nous murmure des mots pas forcément doux (mais toujours excitants) au creux de l’oreille. Se laisser bercer par un rythme moins effréné, qui donne envie de s’abandonner plutôt que de tout contrôler. On est au soleil, on est bien, alors on se laisse guider. Et on en redemande.

Article de Pauline Machado

Chanteuses et parfois actrices, elles sont les symboles de nos années teenage. Des jeunes femmes qui nous ont appris à croire en nous, à se soutenir entre filles et à ne pas se laisser faire. Des artistes qui restent encore chères à nos yeux bien des années plus tard, et qu’on retrouve avec douceur le temps de quelques morceaux cultes. Hommage à cinq noms, incontournables. 

Les Spice Girls

On a cru à un miracle quand le girls band a annoncé se reformer lors d’une tournée en 2019. Et puis, Victoria Beckham s’est désolidarisée. Bon. Ça n’enlèvera pas notre émoi actuel, ni celui de 1997, quand on découvrait la sororité et le girl power de ce club des cinq qui a, mine de rien, contribué à façonner nos esprits féministes d’aujourd’hui. On se souvient d’ailleurs du jour où on a maîtrisé les parole de Wannabe à la perfection, couettes sur la tête et Buffalo à plateforme aux pieds pour les chanceuses (la moitié d’entre nous s’étant vu refuser l’achat par des parents un peu dépassés par le phénomène), se jurant qu’un mec ne viendrait jamais nous séparer. Depuis, on a grandi, mais on a toujours un peu envie de vivre dans un bus entre copines quand on mate religieusement Spice World.

Les Destiny’s Child

Survivor nous fout encore des frissons. Say My Name l’envie d’en découdre avec notre dernier date Bumble. Beyoncé Knowles, Kelly Rowland et Michelle Williams n’ont pas seulement interprété des tubes au succès planétaire, elles ont pavé la voie aux hymnes empouvoirés. Des titres qui redéfinissent l’aura des pop stars modernes et émancipent aussi leurs auditrices. Quand on écoutait les Destiny’s Child, on se sentait forte, maîtresse de notre destin et aussi prête à ne pas (plus ?) se laisser marcher sur les pieds par de potentiel.le.s amoureux.se.s peu scrupuleux.se.s. Et puis les tenues. LES TENUES. Des micro tops, micro jupes, micro shorts toujours assortis qui inspirent encore notre esthétique dix, voire vingt ans plus tard.

Gwen Stefani

Avant de voler en solo, Gwen Stefani chantait avec No Doubt. Elle sortait même avec le bassiste, Tony Kanal. Quand ils se séparent, elle écrit Don’t Speak, un hymne poignant qui parle à tous les coeurs brisés. Il lui manque, elle morfle, et rien que de l’entendre lui donner des explications la déchire. Quelque années plus tard, elle se lance dans sa propre carrière avec l’album à succès Love. Angel. Music. Baby., puis joue une scène dans Aviator avec un million de dollars de diamants vintage, une robe en satin et Leonardo DiCaprio à son bras. C’est ce qu’on appelle un jackpot. Elle enchaîne les créations et reprises, et se fait un nom à elle, qui reste dans les annales. De l’autre côté de l’écran, à 15 ans, on admire son style unique, sa musique, sa blondeur platine, son rouge à lèvres et sa réussite. 

J. Lo

On l’adule autant pour Love Don’t Cost a Thing et Get Right, que pour Coup de foudre à Manhattan et Un mariage trop parfait. En 2003, Jennifer Lopez est partout : sur MCM, sur Fun Radio, et surtout dans nos baladeurs dont le CD saute dès qu’il y a trop de vibrations (les trajets en voiture étaient longs). On ne comprend rien aux paroles – on a 13 ans, encore loin d’être bilingues – mais ça ne nous empêche pas de les chanter de façon (très) approximative en inventant des chorés plus ou moins réussies entre copines le mercredi après-midi. Dix-sept ans plus tard, J.Lo encense le Super Bowl (et nos petits coeurs de fans) avec Shakira, autre icône latina emblématique. 

Britney Spears

Britney n’est pas vraiment un exemple pour ses prises de position ni ses discours féministes. Mais on l’a suivie un peu comme une grande soeur depuis ses premiers titres, voire ses premières apparitions Disney, jusqu’à ses multiples publications sur les réseaux pendant le confinement. En passant, bien sûr, par sa phase autodestructrice post-Everytime qui nous a ouvert les yeux sur la pression sans pitié infligée aux artistes féminines dans le milieu. Britney, c’est le rêve américain et ses failles. La vulnérabilité dans un monde où tout doit briller. Et même si, souvent, ses légendes Instagram nous font tressaillir de gêne, on l’aime sans compter. 

Bonus : Lizzie McGuire

D’accord, Lizzie n’est pas réelle. Encore moins le personnage animé qui incarnait sa conscience à l’écran. On le sait (du moins on se le répète) : comme Gordo, Miranda, Ethan, Kate et les autres, elle n’existe pas. Elle n’est pas chanteuse non plus, sauf en Italie. Seulement les émotions et les expériences qu’elle vit, elles, sont authentiques. Premières amours, premières déceptions, premier soutif, premières ruptures amicales et confrontations parentales : on s’y retrouvait parce qu’on passait souvent par la même chose que nous.

D’ailleurs, l’actrice et interprète des impérissables Come Clean et So Yesterday, a récemment expliqué que c’est justement parce qu’elle « était Lizzie », sous-entendu qu’elle aussi, ressentait tout ce qui était abordé à l’écran, que la série a autant marché. Et nous, on s’accrochait aux épisodes comme à un guide de survie sacré de notre quotidien d’ado, entre barrettes papillons et t-shirt manches trois-quarts tie & dye. Un look encore gravé dans nos mémoires, qu’on portera pour déclarer notre flamme à Thibaut, le redoublant rebelle au scooter. 

Si l’échec sentimental fut cuisant, nos souvenirs du feuilleton, eux, sont encore empreints d’une tendresse particulière. La même que pour nos autres reliques culturelles de l’époque, d’ailleurs. Des chansons qui ont grandi avec nous, des paroles qu’on connaît encore par cœur et qui font le bonheur de notre petit groupe lors de karaokés endiablés (mais faux à se percer le tympan), des mélodies entêtantes et surtout : des icônes qu’on associe forcément à cette tranche de vie bouillonnante, entre enfance et âge adulte, avec une nostalgie toujours délicieuse. 

Article de Pauline Machado

La frustration est commune, et gâche aussi bien notre quotidien que celui de nos proches. Il est temps d’agir et de relativiser deux secondes.

Parlons peu, parlons psycho, parlons confessions intimes. Il y a quelques années, j’ai remarqué que je fonctionnais selon un réflexe nocif. Dès que grimpais un échelon, que j’obtenais ce que j’avais espéré pendant des plombes (en usant parfois de subterfuges superstitieux type “si je marche uniquement sur les lignes blanches, il va me rappeler” pour la version sentimentale), je me prenais à rêver d’autre chose. Une motivation sans faille qui me permettait de viser plus haut, me disais-je. Une routine dangereuse qui m’empêchait de me réjouir, me disait-on. Et “on” avait raison. Je devenais adepte malgré moi de l’éternelle insatisfaction. Frissons. 

Et explications.

L’éternelle insatisfaction, c’est le fait de ne jamais se contenter de ce qu’on a, ou de ce qu’on a accompli. Être éternellement insatisfait.e, c’est passer son temps à se dire qu’on pourrait faire mieux, être mieux, posséder mieux. C’est ne laisser aucun répit à son esprit, même après des mois d’acharnement pour atteindre des objectifs qu’on pensait essentiels à notre bien-être. Parce que, ce qui semble finalement essentiel à notre bien-être, c’est le niveau au-dessus. Ce qu’on n’a pas encore, donc. Mais qu’ont les autres. On le voit bien sur les réseaux. Et ça nous frustre.

L’éternelle insatisfaction, c’est, du coup, être incapable de profiter de ce qui se déroule sous nos yeux. Vacances, boulot, relations, maison, fringues… rien ne suffit. Parce qu’on se pense destiné.e à plus grand, aussi. Une pointe de narcissisme ? Peut-être. On convoite ailleurs, autre chose. Et on loupe tout. L’éternelle insatisfaction, c’est chiant. Pour soi, pour les autres. Pour tout le monde. Parce que les éternel.le.s insatisfait.e.s ont tendance à se plaindre beaucoup et à se ravir rarement ; on trouve forcément un truc à redire. 

Dans un test intitulé “Etes-vous un éternel insatisfait ?”, Doctissimo sort un exemple pertinent. Le site contextualise : “Vous en rêviez et c’est devenu réalité : il (elle) vous offre un voyage surprise à Tahiti.” Déjà, plutôt cool ; le seul endroit où “il (elle)” a fait la surprise de m’emmener, c’est au McDo de l’aire d’autoroute de Mâcon en rentrant du ski. Mais c’était la saison du Big Tasty, alors ça va.

Ensuite, parmi les réponses proposées, je repère celle-ci : “Après avoir réfléchi, vous vous dites que ça tombe mal, vu le décalage horaire, pour reprendre votre boulot au retour”. Et c’est exactement ça. On a bassiné l’autre avec nos envies de soleil et d’eau cristalline pendant des semaines et quand il.elle exauce notre voeu le plus cher, on pense à notre entretien annuel. Et on critique. Pas son cadeau directement, mais le fait que ça ne soit “pas très pratique en ce moment”. Insupportable ? Sans aucun doute.

Mais qu’on se rassure, ça se soigne. 

Ou en tout cas, moi je l’ai soigné. Avec un principe très simple, que je vais m’empresser de vous partager. Parce que j’ai l’âme généreuse et qu’après une moitié d’année pareille, on a autre chose à foutre que de perdre les mois qui restent à ne pas apprécier chaque petit moment de liberté, de projets qui se concrétisent et de retrouvailles arrosées. 

Le Bovarysme, l’insatisfaction romantisée

D’abord, revenons aux (quasi) origines du concept. Ou plutôt à celle qui l’incarne le mieux. Emma Bovary. L’héroïne de Gustave Flaubert est le symbole ultime de l’insatisfaction. Pour la faire courte, Emma, fille d’un riche fermier qui s’aime pas mal, se marie avec un médecin de campagne. Rien à voir avec ce qu’elle imaginait de l’union (il faut dire qu’à l’époque, le seul moyen pour les femmes d’avoir une vie en dehors du giron parental, c’est de se marier, donc les attentes sont conséquentes) : elle s’ennuie à en mourir. D’ailleurs, à la fin, elle en meurt. Elle laissera une tonne de dettes et un mari trompé. Son amant, lui, l’aura abandonnée. 

Avant ça, elle aspire à une ascension sociale qui l’extirperait de son patelin et envie la vie des autres. Pas sur Instagram, mais dans des romans à l’eau de rose, où des jeunes femmes tombent éperdument amoureuses de princes qui les sauvent de leur quotidien sans but. Son fantasme ultime. Qui ne se réalisera jamais.

En 1902, un peu moins de cinquante ans après la sortie du roman qui serait inspiré d’une histoire vraie, naît le Bovarysme. Le terme définit un sentiment d’insatisfaction éprouvé par une personne à l’égard de sa condition social ou de sa vie affective, et qui la conduit à chercher une évasion dans le romanesque, l’imaginaire, décrit Cosmopolitan. Peu glorieux, et étouffant, mais fidèle au phénomène.

Regarder dans le passé pour se contenter du présent

Alors bien sûr, l’exemple est glauque. L’éternelle insatisfaction ne mène pas toujours à cette terrible descente aux enfers, et heureusement. Ça peut aussi se manifester plus discrètement, de façon moins ravageuse. Mais toujours néfaste. Pour ma part, ça se traduit par un changement d’avis permanent qui puise dans un besoin constant d’avoir plus. 

En ce moment, après des pieds et des mains pour louer un appart’ parisien, je veux tout plaquer pour acheter une grande maison en Normandie – sans aucun budget, ça va de soi. Et en Normandie, je voudrais probablement tout plaquer pour une roulotte dans le Vercor (quoique pas sûr). 

Petite différence avec Emma Bovary néanmoins : aujourd’hui, je suis consciente de ce travers. Donc je relativise, je me pose deux secondes et je me dis que rien ne presse. Que ma vie me plaît telle qu’elle est, et que me mettre tout de suite dans un nouveau projet m’empêcherait de me concentrer sur tous les avantages dont je peux profiter maintenant. A la place, je prends cette prospection comme une occupation, une projection inoffensive. Enfin j’essaie. 

J’ai entendu quelqu’un dire une fois (sûrement ma mère) qu’au lieu de se focaliser sur l’avenir et ce qui nous manque, il valait mieux se rappeler du passé. Regarder en arrière, à l’époque où l’on rêvait d’être là où l’on est aujourd’hui, pour mieux apprécier le présent. Pro comme perso. Et que sinon, toute cette frustration devait se transformer en action, pour éviter de se morfondre, mais aussi de faire peser le poids de notre lancinante rumination sur nos proches (c’était donc ma mère). 

Et ça commence par une petite introspection. 

Pourquoi diable passé-je mon temps à râler de ma situation ? Suis-je épanouie dans ma vie de boulot ? Suis-je épanouie dans ma vie sentimentale ? Suis-je épanouie seule ? Suis-je épanouie tout court ? Suis-je tombée dans un trou de noir de vidéos de développement personnel américain ? Si la réponse à au moins une de ces interrogations est affirmative, la prochaine étape est d’agir. Prendre le taureau par les cornes en identifiant ce qui nous met le moral dans les chaussettes, et pourrit aussi l’ambiance avec notre entourage. Et changer. De taf, de meuf, de mec, de ville. De chaîne youtube.

Surtout, s’affranchir d’une exigence qui nous ronge, nourrie par le perpétuel étalage de la (belle) vie des autres en ligne. De leur quotidien exposé seulement sous son meilleur jour. De cette façade qui nous pousse à se surpasser, à toujours vouloir plus, aux dépens, parfois, de notre santé mentale. Lever le pied, pour redonner au bonheur une définition moins matérialiste. Se féliciter de nos prouesses, comme de nos échecs. Chérir sa banalité. Et prendre le temps. 

Car, et d’autant plus en 2020, on se doit bien ça.

Chronique de Pauline Machado

On les aime, ça ne fait aucun doute, mais ce réflexe a le don de nous mettre hors de nous. Et à juste titre. On a compilé et détaillé quelques arguments à balancer en retour.

Ça m’est encore arrivé ce week-end. Attablée bien tranquillement à un repas entre potes, le sujet tombe : le féminisme. Jusque-là, pas de problème. J’en boufferais même au petit-déj’, du féminisme. Surtout quand il s’agit de discuter de ce qui nous touche au quotidien, d’écouter les voix de celles dont le vécu n’a rien à voir avec le mien et de s’indigner contre un système qui, clairement, n’a pas l’air de nous accorder la même attention. 

Ça, c’est entre femmes, majoritairement. 

Avec les hommes (ou devrais-je dire, DES hommes), c’est différent. L’échange tourne rapidement à l’éducation et plus épuisant encore : à la longue et pénible tâche de rassurer ceux qui ont déjà les pleins privilèges que, non, le féminisme n’est pas contre eux et que, si, ils vont devoir laisser un peu la place pour qu’on obtienne l’égalité. Pour des hommes, ce qui motive le fait d’aborder la lutte n’est malheureusement pas tant d’enrichir ou de comprendre le combat en lui-même que de dénoncer les fameux « extrêmes » qui les perturbent.

Ils aiment le crier à tort et à travers : ils sont féministes, « mais ». Sous-entendu « mais faut pas déconner non plus ». 

Samedi soir, l’exemple n’avait rien de bien nouveau. « Je suis féministe ! », lançait un peu sorti de nulle part Guillaume à mon amie et moi-même, toutes deux (trop) préparées à ce qui allait suivre. « Mais (!) la dernière fois, j’ai vu une fille encore plus poilue que moi, et ça fait vraiment bizarre ». Voilà. Le fameux « mais ».

Bon, je le concède, on a vu pire. Et après tout, ça peut effectivement faire « bizarre » de rencontrer une femme qui se laisse pousser les poils lorsqu’on n’a pas encore déconstruit ce qui se cache derrière l’injonction aux corps féminins épilées et masculins poilus. Il n’y a pas de honte à ne pas avoir décortiqué une coutume qui date de l’antiquité, tant qu’on ne culpabilise pas l’autre de ne pas suivre ces diktats intégrés et intériorisés chez nous. 

Certaines féministes – et j’en fais partie – se battraient d’ailleurs corps et âmes pour que leurs consoeurs expriment leur pilosité librement, mais continuent, elles, de filer 20 balles chez l’esthéticienne tous les mois par envie d’avoir des aisselles lisses. Le féminisme, c’est justement lutter pour que les femmes soient libres de leurs choix quels qu’ils soient – tant que ces choix n’entravent pas la liberté des autres.

Revenons au coeur du problème : les hommes. Nan je rigole : la société qui les a érigés en tout-puissants. En lâchant un « je suis féministe, mais », mon ami a bien illustré ce qui nous met d’énormes bâtons dans les roues à nous, les féministes-tout-court : la crainte du changement que ressent cette (grosse) partie de la population.

« Je suis féministe, mais », quand on est un homme, ça veut dire qu’on soutient tant que ça ne nous bouleverse pas trop. Tant que le féminisme – et par conséquent, les femmes – ne nous placent pas réellement face à nos responsabilités. « Je suis féministe, mais », c’est le début de phrase qui vient condamner les « débordements », les prises de position « radicales » des féministes-tout-court. Comme si pour renverser les mécanismes sexistes d’un système, il fallait se contenter d’attendre que ledit système daigne changer de lui-même. Belle utopie.

Pour rappel : le féminisme n’a jamais tué personne, contrairement au sexisme, et on ne fait pas la révolution en adoptant les codes de la société qui nous opprime. Forcément, le mouvement va déranger. Forcément, les revendications vont sembler « folles », « aller trop loin ». C’est justement le signe qu’on tape là où ça fait mal. Et que ça va finir par marcher, même si on a de bonnes chances d’y laisser quelques plumes au passage. 

Alors bien sûr, s’opposer aux hommes « féministes, mais » ne veut pas dire refuser le dialogue et arrêter de leur parler pour toujours (enfin après, c’est vous qui voyez !). Déjà parce qu’ils sont plus nombreux qu’on ne le pense, et que ça équivaudrait à un sacré ménage dans notre entourage. Et ensuite parce que parfois, ils sont vraiment très (très) près du but.

Et même si cette partie du boulot empiète beaucoup trop sur des choses plus fondamentales et nécessaires, on peut aussi vouloir répliquer quelques arguments qui leur resteront en tête, et – un miracle n’est jamais loin – les amèneront sur la voie lente mais sûre du féminisme-tout-court. Ces mots, en voici quelques-uns.

Leur rétorquer d’inverser la phrase

Plutôt que de dire « je suis féministe, mais », leur suggérer d’inverser la place de la conjonction de coordination. Peu importe ce qui les chiffonne, leur faire voir leur problème différemment : oui Guillaume, peut-être que les jambes de la jeune femme que tu as aperçue récemment te titillent, te chamboulent, questionnent les repères que tu associes à la féminité et à la masculinité. 

Mais tu es féministe. 

Et par conséquent, tu vas saisir l’occasion pour te renseigner, avancer dans ton cheminement, te demander pourquoi tu réagis de cette façon. Ce qui te hérisse (héhé) vraiment et surtout : pourquoi les femmes devraient-elles se soumettre à ce rituel si elles ne le souhaitent pas, quand, toi, tu as assez de poils pour en faire un tapis et que personne ne te demande de te les faire arracher à la cire. Parce que franchement, tu fais bien ce que tu veux. Et que nous aussi, on aimerait bien faire ce qu’on veut.

Placer « je suis féministe » après le « mais », revient à en faire la partie de la phrase la plus importante. Celle qui résonne. Celle qu’on retient. Celle qui est inébranlable. Et de fait, renforcer ton soutien à la cause. 

Enumérer les grandes avancées jugées « extrêmes » à l’époque

Souvent, l’argument qui fait plonger les homme dans le puits sans fond de la justification, et donc de la contre-productivité, c’est le fameux « je n’aime pas les extrêmes ». 

D’accord, « tu es féministe mais tu n’aimes pas les extrêmes ». Très bien. J’entends. 

Mais est-ce que, par hasard, tu aimes le fait que les femmes aient le droit de vote ? Qu’elles aient le droit à l’avortement ? Puissent avoir un compte en banque à leur nom ? Ne pas dépendre de l’autorité paternelle ou maritale et être indépendante ? Est-ce que tu aimes qu’elles aient des droits tout court ? Qu’elles soient maîtresses de leur sexualité ? Que les crimes dont elles sont victimes soient reconnus comme tels ? Que les violences sexistes, conjugales, sexuelles qu’elles subissent, au coeur de leur foyer et en dehors, soient dénoncées ?

Crédit : World’s Direction sur Flickr

Tout ça, les féministes des siècles précédents se sont battues pour l’obtenir. A chaque fois, leur combat et les moyens qu’elles ont utilisé pour y parvenir ont été taxés d’ »extrêmes ». Aujourd’hui pourtant, on trouve justes et évidents les résultats de ces luttes. On les a tellement intégrés qu’on en oublie – ou plutôt, tu en oublies – qu’ils n’ont été possibles que grâce à l’acharnement « extrémiste » de ces femmes. Certaines sont d’ailleurs mortes pour qu’on puisse jouir de davantage de droits. 

Quoiqu’il en soit, tu as le droit de ne pas aimer les extrêmes, de ne pas être entièrement d’accord avec toutes les positions de toutes les féministes. Les féministes entre elles ne sont pas toujours d’accord les unes avec les autres. C’est un mouvement avec différents courants, différentes générations, différents vécus, et non un parti qui prône la pensée unique.

Mais en ramenant toujours le sujet du féminisme et de ton soi-disant statut d’allié aux extrêmes, qui pour toi « desservent la cause », c’est toi, qui la dessers, la cause. C’est toi, qui invisibilises nos luttes et nos conversations essentielles en ne voulant pas voir plus loin que ces extrêmes presque fantasmés. 

D’ailleurs, de qui parles-tu exactement ? De quels extrêmes ? Qui sont-elles ? Que font-elles de si terrible ? Oser demander justice pour les victimes de féminicides ? Dénoncer la culture du viol ? Écrire en écriture inclusive ? Montrer leurs seins ? Coller des affiches ? Casser l’ambiance en soirée ? Ouin ouin. 

Permets-moi aussi de te dire que, bien que je te porte dans mon cœur, ce n’est pas à toi, qui n’auras jamais affaire au sexisme présent dans toutes les strates de la société (et tu en as de la chance), de me dire comment je dois protester, sous-entendu en faisant moins de bruit, et en ne sortant pas trop de ce rang qui te rassure tant. 

Rappeler (encore, je sais) que féministe n’est pas un gros mot

En rajoutant un « mais » après « je suis féministe », on discerne aussi une certaine envie de rassurer l’assemblée, de se dédouaner après avoir dit quelque chose de choquant. Peut-être auprès d’autres hommes, par exemple. Et c’est vrai, dans notre société, le féminisme est souvent dépeint comme quelque chose qui choque. Encore une fois, parce qu’il bouscule.

Seulement le féminisme n’est pas un gros mot : c’est une nécessité. Et dans un monde idéal, il n’existerait pas. Parce que dans un monde idéal, la marginalisation et les discriminations que subissent les femmes (à des niveaux différents selon leur couleur de peau, leur religion ou encore leur milieu social) n’auraient pas besoin d’être adressées spécifiquement. Dans un monde idéal, les rapports entre les femmes et les hommes ne seraient pas guidés (plus ou moins consciemment) par une domination patriarcale sexiste. 

Il faut aussi savoir qu’être féministe n’est pas un diplôme qu’on remporte, c’est un apprentissage, un parcours, un progrès quotidien. Ce n’est pas un moule dans lequel on rentre, non plus. Ce sont des valeurs fondamentales qu’on partage, et une éducation qu’on démonte petit à petit, pour mieux reconstruire derrière.

Ce sont aussi des convictions qui divergent en suivant une trame infaillible : se battre pour les droits des femmes et l’égalité femmes-hommes, tout en ayant des opinions opposées sur certains sujets. Et parfois, être paradoxal.e, parce que certaines habitudes ont la dent dure. Mais s’en rendre compte, c’est déjà bien.

Surtout, le féminisme a aussi besoin des hommes pour agir de l’intérieur. Et nous, on a besoin que tu oses te dire « féministe-tout-court », pour donner l’exemple à ceux qui t’entourent. Que tu t’appropries ce mot et que tu n’aies plus honte de vouloir défendre les femmes, en les considérant comme tes égales, et en t’affranchissant des injonctions que tu leur imposes (et que tu t’imposes, par la même occasion) peut-être sans t’en rendre compte.

Parce que crois-moi, en faisant ça, tu te placeras – enfin – du bon côté de l’histoire. 

Chronique de Pauline Machado

Pour que la honte change de camp, et que nos comportements ne minimisent plus les violences sexuelles.

En France, chaque année, ce sont 93 000 femmes qui subissent viol ou tentative de viol, selon une lettre de l’Observatoire nationale des violences faites aux femmes. Parmi ces victimes, seulement un cinquième porte plainte. 60 % d’entre elles sont découragées ou rejetées par la police. Et 1 % de ces affaires uniquement donne lieu à une condamnation du violeur. Un pour cent. C’est tout. Le chiffre file la nausée. 

Et puis, il y a la nomination de Gérald Darmanin. Accusé de viol, de harcèlement sexuel et d’abus de confiance en 2017 par Sophie Patterson-Spatz, il vient d’accéder au poste de ministre de l’Intérieur. Trois semaines après la réouverture de l’enquête le concernant. Premier policier de France au sein d’un gouvernement qui était censé faire de l’égalité femmes-hommes la « grande cause du quinquennat » : ça aussi, ça file la nausée.

Aux militantes qui s’insurgent, l’Etat brandit la présomption d’innocence comme un bouclier infaillible. Seulement la journaliste et féministe Fiona Schmidt l’énonce très justement dans un post Instagram : « Ce n’est pas la présomption d’innocence d’un ministre de l’Intérieur accusé de viol que l’on met en cause, mais l’éthique de ceux qui l’ont nommé et confirmé à ce poste. Ce ne sont pas les faits qui sont reprochés à Gérald Darmanin que nous jugeons, c’est votre absence totale de considération pour les victimes de violences sexuelles et sexistes. Est-ce que Gérald Darmanin doit cesser de travailler parce qu’il a été accusé de viol ? Non. Mais n’y avait-il pas d’autres candidatures au poste de chef.fe des flics qu’un homme accusé de viol, dont l’enquête a été rouverte il y a 3 semaines et se trouve être toujours en cours ? En cherchant bien ? »

https://www.instagram.com/p/CCqozD9CoAJ/

En guise de comparaison, elle cite le cas de deux anciens ministres. « François Bayrou et François de Rugy ont démissionné du gouvernement précédent pour des accusations d’emplois fictifs et de mangeage de homard, des faits manifestement considérés comme beaucoup plus graves que le viol. »

Et c’est là tout le problème : la façon, en France, dont est « considérée » le viol. La gravité qu’on manque parfois de lui associer et qu’on remplace par une certaine fatalité. On parle de culture du viol. Un concept sociologique utilisé pour qualifier un ensemble de comportements et d’attitudes partagés au sein d’une société donnée qui minimiseraient, normaliseraient voire encourageraient le viol.

Il ne s’agit pas de dire que l’on pousse au crime sexuel en tant que société, mais plutôt que l’on ne condamne pas assez fermement l’acte. Par les blagues, la banalisation ou encore la culpabilisation des victimes. 

Pour lutter contre ces comportements, et donc contre le viol, on peut agir à notre niveau. Voici comment, en cinq points d’une liste non-exhaustive.

1- La nommer

L’expression ne fait pas l’unanimité. « On pense à un encouragement, à une célébration du viol, alors qu’il s’agit surtout d’inertie et de vieux réflexes », écrit la journaliste Maïa Mazaurette dans une chronique pour Le Monde, qui puise son inspiration dans le livre En finir avec la culture du viol (éd. Les Petits Matins), de Noémie Renard. Raison de plus pour ne pas avoir peur de la prononcer. De donner sa définition, de dénoncer sa présence insidieuse dans toutes les strates de la société. D’expliquer en quoi son existence contribue à passer ces crimes sous silence, et à rendre quasi impossible la condamnation de leurs auteurs. Et pourquoi il faut qu’elle cesse.

2- Intervenir lors de conversations avec ses proches

N’importe qui peut en être coupable. Notamment dans notre entourage. Alors, on confronte chacun.e de nos proches lorsqu’il ou elle excuse un viol, plaisante autour du viol, culpabilise la victime de viol. En ne prenant pas ces paroles à la légère et en les condamnant, aussi inconfortables soient les discussions qui en découlent. « La culture du viol n’est pas seulement le fait de prédateurs », poursuit Maïa Mazaurette. « Elle existe dans nos mots, dans nos lâchetés, chez vous, chez moi : un constat à la fois accablant et enthousiasmant, qui nous pose toutes et tous en position de responsabilité. Et, de fait, une culture se modifie, se contourne, se conteste. » Alors modifions-la.

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3- Traquer les éléments de langage qui blâment les victimes et adopter une tolérance zéro 

Les mots, justement. Ils ont un sens et ici, ils jouent un rôle déterminant. Ce sont ces mots, ces « elle l’a cherché », « elle était saoule », « t’as vu comment elle était habillée ? », « en même temps, de quoi elle se plaint ? Elle l’a dragué toute la soirée ! », qui viennent cautionner le viol. Et qu’il faut bannir sévèrement, dans notre propre bouche ou celle de ceux et celles qui nous entourent.  « Lorsque l’on discute de cas de violence sexuelle, la sobriété, les vêtements et la sexualité d’une victime n’ont pas à entrer en ligne de compte », martèle l’ONU Femmes. « Vous pouvez choisir d’abandonner les expressions et les paroles qui poussent à blâmer les victimes, à objectiver les femmes et à excuser le harcèlement sexuel. Les vêtements qu’une femme porte, ses consommations ou la quantité d’alcool qu’elle a pu boire, l’endroit où elle se trouvait, ne sont pas des invitations à la violer. »

4- S’éduquer et éduquer

Tout commence avec l’éducation. Et dans ce cas précis, ceux qu’il est impératif d’éduquer, ce sont les garçons. Dès le plus jeune âge. Loin des « boys will be boys » destructeurs. Dans un article publié sur The Conversation, la doctorante en études Culturelles Camille Zimmermann écrit : « La culture du viol commence dès que l’on estime que les petits garçons qui soulèvent les jupes des filles c’est normal, de leur âge, un simple jeu, et que les petites filles n’ont qu’à mettre un pantalon ou porter un short sous leur robe. C’est apprendre dès le plus jeune âge aux fillettes qu’elles doivent se faire à l’idée qu’on les touchera toujours, même et surtout sans leur consentement. »

Il faut parler à ses neveux, à ses frères, à ses enfants. Et ne pas hésiter à se lancer dans de périlleuses leçons de rattrapage auprès des adultes. Même si l’énergie dépensée épuise, et que le boulot devrait être fait de leur côté. La lutte, c’est – malheureusement – aussi ça.

« C’est à nous qu’il revient d’inspirer les futures féministes du monde », affirme l’ONU Femmes. « Remettez en question les stéréotypes sexistes et les idéaux violents auxquels sont si fréquemment exposés les enfants dans les médias, dans la rue et à l’école. Faites savoir à vos enfants (et ceux qui vous entourent, ndlr) que votre famille est un lieu sûr où ils peuvent s’exprimer tels qu’ils sont. Confirmez leurs choix et enseignez-leur l’importance du consentement même à un jeune âge ».

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5- Écouter et soutenir les victimes

« Je te crois ». Trois mots qui changent tout. Plutôt que de questionner le contexte, apportons une oreille bienveillante, une épaule sororale aux victimes de violences sexuelles. En leur laissant la place d’exprimer ce qu’elles souhaitent, quand elles le souhaitent. En lisant, aussi, les récits de celles qu’on ne connaît pas. Pour mieux comprendre le traumatisme avec lequel elles vivent, et par conséquent savoir davantage comme recevoir leur témoignage pour qu’elles se sentent en sécurité. Pour que la honte, enfin, change de camp.

Article de Pauline Machado