Se réserver des mets gourmands quand on va bof fait du bien. Ça revigore, ça rassasie, ça rassure. Mais pourquoi, au juste ?

© Warner Bros. Television

La dernière fois qu’on a eu un coup de moins bien (c’est-à-dire hier), on s’est commandé un Royal Deluxe pour noyer notre blues. Au moment de notre rupture avec celui qui nous baladait déjà depuis six mois, on s’est enfermé avec Netflix et notre pot de glace choco-noisette signé Picard. Le jour où on a été refoulée de notre boulot de rêve, c’est tout le morceau d’Ossau-Iraty qui y est passé, accompagné d’une baguette entière et de sa confiture de cerise noire pour les puristes des montagnes (ne jugez pas avant d’avoir constaté par vous-même). 

Quand l’horizon nous semble flou, voire complètement pourri, on a tendance à se cajoler avec un truc à manger qui nous met du baume au cœur. Un dessert, un plat, un en-cas plein de saveurs familières qui nous fait l’effet d’un câlin dès qu’on en croque une bouchée (goulument, il faut le dire). On a toujours apprécié la bonne cuisine, mais il y a certaines situations qui appellent à déguster des recettes qu’on pourrait qualifier de doudou : pas vraiment fines, mais franchement rassurantes. La bouffe, le sucre, le gras, nous réconfortent, c’est une évidence. 

Cette catégorie a même un nom en anglais : la comfort food. Pour le dictionnaire d’Oxford, sa définition, entrée dans le lexique en 1997, est d’ailleurs sans appel – et colle plutôt parfaitement à la nôtre : « aliment qui procure une consolation ou un sentiment de bien-être, ayant généralement une teneur élevée en sucre ou en glucides et associé à l’enfance ou à la cuisine familiale. » Preuve que le réflexe dépasse les frontières, et que la nourriture nous rassemble comme une façon, si ce n’est d’exprimer nos émotions, de les engloutir avec un plaisir gustatif non dissimulé. Miam.

On se demande : d’où vient ce phénomène, exactement ? Pourquoi se dirige-t-on quasi systématiquement vers le frigo ou le placard à gâteaux lorsqu’on broie du noir ? La comfort food console, ça ne fait aucun doute, mais finalement, quelle en est la raison ?

Hormones, contrôle et nostalgie

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Il s’agirait d’abord d’un procédé chimique. A en croire les spécialistes de nos organismes, chaque cuillère enfournée déclencherait la sécrétion de l’hormone du bonheur dans un cerveau ronchon. De quoi soulager un tantinet notre humeur maussade, et donner envie d’y revenir plutôt deux fois qu’une. 

La diététicienne agréée Jacqueline Stone précise toutefois ce qu’implique la présence de la substance, et insiste sur un point : « cela ne signifie pas que ces aliments sont addictifs, cela signifie simplement que pendant un moment temporaire, les manger peut conduire à se sentir plus heureux·se », traduit-elle auprès du magazine Bustle. Elle évoque également un autre argument qui justifierait le geste : une impression non négligeable de retrouver les commandes quelque peu égarées de notre existence à l’instant t.

« Lorsque tout semble incontrôlable, il n’est pas rare qu’une personne se tourne vers de la nourriture réconfortante pour avoir l’impression d’enfin contrôler quelque chose », observe en ce sens l’experte. Comprendre que, quand notre quotidien nous file entre les doigts à grand coup de Covid et de mesures sanitaires, pour ne citer que ces douze derniers mois, trouver refuge dans un dîner de coquillettes avec crème et comté râpé (recette qu’on connaît par coeur comme le peu de temps qu’il nous faut pour les avaler) nous donne la sensation de reprendre notre vie temporairement moisie en main. Et semble booster notre moral comme jamais. 

Ladite bouffe serait ainsi particulièrement efficace pour aider à « satisfaire des émotions comme la tristesse, l’anxiété ou la dépression, dont nous savons qu’elles ont augmenté pendant cette période difficile », affirme Jacqueline Stone. Un bonus qui finit de nous convaincre de faire une bonne action, et de terminer la casserole fissa.

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Et puis, il y a la dimension nostalgique. Les souvenirs agréables qu’un goût va nous remémorer en même temps qu’il satisfera notre palais. Souvent, il s’agit de plats mijotés avec amour et tendresse par des proches, ou qui correspondent à un moment clé de vacances, de célébration, de rituels divers et variés aussi délicieux sur la langue que dans la tête.

« Si, enfant, vous êtes nourri·e avec certains aliments par celleux qui prennent soin de vous, ces aliments vont être associés au sentiment d’être pris en charge. Puis, quand vous vieillissez, la nourriture elle-même suffit à déclencher ce sentiment d’appartenance », décrypte auprès de The Atlantic Shira Gabriel, professeure associée de psychologie à l’Université de l’Etat de New York. 

La comfort food, c’est donc un peu l’inverse de notre kryptonite. Notre potion magique salutaire, notre madeleine de Proust sauce fromagère, notre pilule du bonheur sans trop d’effets secondaires – autres qu’un estomac repu et un esprit moins tristounet. 

Bien sûr, elle n’est pas la seule façon d’aller mieux. On peut d’ailleurs ne rien retirer du tout du fait de se plonger dans un tsunami de douceurs salées ou sucrées, si ce n’est une écoeurante nausée. Ou encore, vouloir se débarrasser de cet automatisme culinaire qui, on l’observe, ne provoque pas (voire plus) les conséquences escomptées. A la place, on mise donc sur des activités qui soignent, distraient, réjouissent. Ou des personnes – de notre entourage comme des professionnel·le·s de santé – à qui se confier, dont les paroles bienveillantes agiront comme autant de bonbons à nos oreilles sans doute parasitées par trop de pensées négatives. 

Toujours est-il que, quand elle fait du bien au ventre comme à l’âme, il n’y a certainement pas de mal à s’y ruer. Alors, croquez donc sans plus attendre dans ce (deuxième) tiramisu fait maison qui vous rappelle votre échange en Italie, à l’heure où se déplacer à plus de 10 kilomètres semble utopique. Et surtout, bon appétit !

Une chronique de Pauline Machado

Après des années à me persuader sans raison que ce n'était pas pour moi, j'ai tenté ces pratiques qui appellent au lâcher-prise. Récit d'une réconciliation aux bienfaits multiples.

J’ai une approche des choses assez cartésienne. J’aime savoir ce que la science pense de chaque phénomène et j’ai du mal à croire en l’efficacité de techniques qui n’ont pas été prouvées par une tonne d’études (que je ne lis pas, au demeurant). Des rapports longs comme le bras dictés par des personnes que je visualise en blouse blanche dans un labo un peu poussiéreux, sourcils froncés sur les découvertes qu’elles viendraient de réaliser. 

Le spirituel, le mystique, l’inconnu en général, ont pour le coup tendance à me déstabiliser. Rien de bien original après m’être analysée : j’ai l’impression que si je m’autorise à penser que tout ne peut pas être expliqué par a+b, que le contrôle que j’aime avoir sur ma petite existence ne tient pas uniquement à mon bon vouloir, forcément, je perdrais pied. Douter de leur pouvoir revient donc à me rassurer – et à m’épargner l’effort de sortir de ma zone de confort. Réflexe discutable, j’en conviens clairement.

Allez savoir, cette réticence s’applique également à la méditation et à ses bienfaits, pourtant démontrés à bien des reprises. La sophrologie, la pleine conscience, les exercices de respiration en tout genre sur des musiques relaxantes : tout ce qui, qu’on se le dise, appelle au lâcher prise. Tout ce qui allait, en réalité, bientôt me changer la vie.

Femme au bord de la crise de nerfs

© Focus Features

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, mon esprit obtus et moi-même ne rencontrions pas trop de problème à éviter de remettre en question cet avis catégorique – et très honnêtement, peu éclairé – sur des disciplines salutaires. Enfin, le croyait-on.

On voguait, main dans la main, d’insomnies épisodiques en pics de stress réguliers. De flots de pensées incontrôlables et nocives, en session de culpabilisation en repensant à nos erreurs passées. Et on tentait tant bien que mal (surtout mal) d’atténuer notre anxiété à coup de visionnage intensif d’émissions de télé-réalité censées nous faire « déconnecter ». Pas un franc succès. 

Un jour, ou plutôt un soir, après 2 heures à tergiverser dans mon lit hantée par des souvenirs oppressants, et une liste de trucs à faire le lendemain qui n’en finissait pas de s’agrandir mentalement  (sans que les tâches ne soient d’une importance capitale d’ailleurs : « acheter du dentifrice » ne justifie pas de ne pas fermer l’oeil de la nuit), je me suis dit qu’il fallait que ça s’arrête. Que je ne pouvais pas continuer à grignoter un temps précieux sur mon sommeil – dont la qualité avait déjà été revue à la baisse, Covid et bébé obligent – parce que mon esprit s’emballait. 

C’était décidé : je devais absolument trouver un stratagème infaillible qui me permettrait de mettre un terme à ces pérégrinations nocturnes épuisantes. 

A ce moment-là, j’ai repensé à mon accouchement. Ou plutôt, à la période juste avant. Quelle idée, je vous l’accorde, mais attendez la suite. On était le 1er novembre 2020 et quasi un an en arrière, j’assistais à mes premiers cours de préparation à la naissance. Des séances censées m’aider pour le jour-J. J’y étais allée un peu en trainant des pieds pour deux raisons : marre que mon emploi du temps se résume à ma condition temporaire, et pas franchement ravie à l’idée qu’on me confirme que j’allais me faire dessus d’ici quelques semaines. Ça ne partait pas très bien. Et en fin de compte, c’était cool. 

Je vous la fais courte : à la place des tapis de yoga et des poussées simulées qu’on nous vend dans les séries américaines, j’ai découvert une petite salle, huit chaises, trois couples, et une sage-femme bienveillante. Elle enseignait avec patience, on posait nos questions cons (mais ô combien utiles) de parents flippés. « Mais du coup, comment on fait pour enfiler une manche à un bébé ? ». On se serait cru·e·s à la fac ; j’ai adoré. 

Alors, quand la soignante a proposé aux futures mamans de tester un cours de sophrologie pour apprendre à mieux gérer les contractions le moment venu, j’ai dit oui. J’avais envie de mettre toutes les chances de mon côté pour morfler le moins possible, et puis cet environnement sans jugement, avec des femmes qui passaient par la même chose que moi, me donnait envie de poursuivre l’aventure en leur compagnie. 

Un mois après, grâce à un exercice ultra-facile appris en 10 minutes, j’ai réussi à mieux supporter les sept heures (SEPT HEURES !) de douleur pré-pose de la péridurale par la force de mon souffle (en même temps, mon mec a failli perdre une phalange par celle de ma poignée de main, mais c’est une autre histoire). La première et dernière fois que je l’appliquais.

Breathe in, breathe out

© Pixabay

Retour à l’automne dernier. Il me reste 6 heures avant que mon réveil ne sonne et j’en suis toujours à énumérer toutes les situations ou je me suis ridiculisée devant quelqu’un que je ne reverrai jamais : j’en peux plus. Je me dis que foutue pour foutue, je dois tenter ce truc qui a réussi à me calmer jadis dans une situation un poil plus intense. Je me remets en condition. 

Je m’allonge sur le dos, je ferme les yeux, et je compte en même temps que j’inspire profondément en pensant à quelque chose de joyeux. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10. J’expire par la bouche sans me soucier du bruit que je fais, qui n’arrivera de toute façon pas à réveiller celui qui dort a poing fermé à mes côtés. Quand on ronfle aussi fort qu’un moteur de 36 tonnes, on est rarement perturbé par quelques respirations (gratuit mais vrai). Je compte de nouveau jusqu’à 10 pour tout expulser. 

Je visualise un nuage argenté s’échapper avec l’air qui sort de mes narines, un nuage doré qui rentre quand je recommence à inhaler. Le premier symbolise les pensées négatives, le deuxième les pensées positives. Je me concentre sur cette image et mes poumons qui se gonflent avant de se vider. 

D’abord, aussi assidue sois-je à suivre ce mode d’emploi, c’est compliqué. Je galère à ne pas me laisser aller à quelques divagations d’esprit. Je pense à la veille, à la journée qui m’attend, à des embrouilles de collège. Classique. Et puis, petit à petit, à force de persuasion, j’arrive à bloquer ces idées. Dès qu’elles me viennent, je les chasse en leur opposant celle d’un endroit au bord du lac d’Annecy. Un coin précis, paisible, que j’aime particulièrement.

Je poursuis l’exercice pendant dix minutes. Ou quinze, ou vingt, je ne sais plus très bien. Rapidement, je m’endors. Et pour une fois, mon rêve ne me fout pas les jetons (la veille Jean Castex était mon boss et me virait sans regret. Quand même).

Dans la semaine qui a suivi, j’ai eu de nouveau recours à l’astuce. Plus d’une fois. Quelques mois plus tard, c’est devenu un automatisme. Et plus qu’un moyen facile de sombrer pour quelques heures réparatrices, aujourd’hui, j’envisage le rituel comme un moment privilégié en solo. Un temps qui m’est réservé entièrement, pendant lequel je songe seulement à la sensation de mon corps qui vit, s’apaise, s’installe dans des draps qui l’enveloppent avec douceur. Rien que de l’écrire me fait du bien, d’ailleurs. Je me reconnecte au présent, et je laisse le stress pour la nuit. Je prends du recul sans effort, je recharge mes batteries. 

Si ce serait mentir que d’affirmer que je ne rumine plus du tout pendant de longues minutes avant de me coucher, je sais cependant désormais comment remédier à cet état sans trop me torturer. Ça passe notamment par faire taire la petite voix sceptique qui m’a longtemps empêchée de considérer cette solution salvatrice. Et en fin de compte, par m’intéresser à davantage de thérapies holistiques. Des pratiques qui considèrent l’individu·e dans sa globalité, prennent en compte tous les aspects de sa vie, au-delà de se contenter de traiter des symptômes physiques. 

J’y vais à tâtons, j’essaie, je confonds, je m’informe, je recherche, j’explore. Je n’en suis qu’au tout début d’un apprentissage complexe et passionnant. Mais pour être honnête, je me suis rarement sentie mieux.

Une chronique de Pauline Machado

"Booksmart", "Moxie", "The Hate U Give" : en 2021, le teen movie est devenu vecteur de messages engagés. Réjouissant.

Il y a des films qu’on n’oublie pas. Des séquences qui marquent et contribuent à créer des codes auxquels on s’attache. Les teen movies en font partie. Plus jeune, on les a visionnés un nombre incalculable de fois, parfois solo, parfois en bande, imprimant chaque réplique ou presque dans notre esprit en formation, s’accrochant à certaines de ces références jusque plus tard dans notre vie. A coup de dialogues cultes, ils ont façonné notre adolescence. Et plus encore, qui on est devenu·e·s. Risqué, quand on voit la dose de stéréotypes qui en a longtemps émané.

Dans les années 2000, on se souvient de Lolita malgré moi, d’Elle est trop bien ou de Comme Cendrillon. Des histoires tout droit importées des US dont le scénario tourne généralement autour d’un axe similaire : une jeune fille pas comme les autres (elle n’est pas riche et ne porte pas de mini-jupe) débarque au lycée, tombe amoureuse d’un garçon lui aussi « différent » (comprendre que même s’il est quater back, il aime la poésie) et coiffe au poteau sa copine populaire qui le prenait pour acquis. La « méchante » du film, décrite comme bouffée par la jalousie et l’envie de plaire, n’aura que ses yeux pour pleurer.

 

© Paramount Pictures

Morale du récit, pour la faire courte : les discrètes sont les héroïnes, celles qui revendiquent leur sexualité sont généralement diabolisées. Le mec qui laisse tomber sa copine pour les beaux yeux de la nouvelle, lui, est érigé en prince charmant, aussi détestable aura-t-il été avec la Terre entière avant. Pas franchement sororal quand on y pense et qu’on s’attache à décortiquer tout ça. Pas vraiment inspirant non plus tant le seul dessein de la protagoniste reste de finir avec Adonis. Et pourtant, ce sont autant de scripts qui ont dicté nos comportements, et dont on peine aujourd’hui encore à se défaire. 

Alors bien sûr, une fois adulte, on dispose d’un recul suffisant pour apprécier ces reliques nostalgiques, et y replonger sans être influencé·e. Et puis, il existe aussi des pépites qui n’ont pas (trop) fait de dégâts. La revanche d’une blonde, par exemple, tire pas mal son épingle du jeu en termes de message féministe : elle devient pote avec sa rivale, excelle à la fac de droit, dénonce un vieux libidineux pour harcèlement, remballe son ex opportuniste et refuse de se conformer à une norme qui a vite fait de la mettre dans une case pour ses tenues façon Barbie. Idem pour American Girls, avec Kirsten Dunst et Gabrielle Union, qui aborde l’appropriation culturelle entre deux coups de pom-poms. 

Mais il faut creuser pour les trouver, et aucun ne sont réellement exemplaires.

Un genre plus empouvoirant

Depuis quelques années en revanche, de nouveaux bijoux émergent sur les plateformes de streaming. Des longs-métrages et des séries qui abreuvent la Gen-Z de romances moins niaises et prévisibles que leurs prédecesseuses, pour faire la part belle aux relations fortes et équilibrées, mais aussi aux amitiés complexes et incassables. Des films qui, au-delà de ne pas céder à la trame classique qui fait de la compétition entre femmes sont gagne-pain, se distinguent par leur parti pris militant désormais essentiel.

On a nommé Lady Bird de Greta Gerwig, Booksmart d’Olivia Wilde, le bouleversant The Hate U Give de George Tillman Jr., qui raconte le combat de Starr face au deuil et au racisme systémique meurtrier outre-Atlantique, Sex Education de Oli Julian, Euphoria de Sam Levinson, ou encore Moxie, le dernier teen movie Netflix signé Amy Poehler qui incarne une parfaite mise en jambes pour jeunes filles en quête d’élan révolutionnaire. Et les autres ne sont pas en reste.

Dans Booksmart par exemple, on suit l’aventure d’une nuit de deux meilleures amies qui, après avoir bossé comme des dingues et sacrifié leur vie sociale pour intégrer les facs de l’Ivy League, se rendent compte que leurs camarades fêtard·e·s aussi, rejoigneront les rangs de ces prestigieux établissements. Comme une revanche sur une scolarité privée de pool parties, de bières et de mensonges éhontés à leurs parents qui les pensent au lit quand elles font le mur, Amy et Molly décident de se rendre à la soirée de l’année : celle d’un des élèves « populaires » de leur année. S’en suivent des péripéties rocambolesques, drôles et touchantes, qui classent la production parmi nos favorites du moment. 

Ici, pas de clichés associés aux différents statuts sociaux des lycéen·ne·s, pas de rivalité féminine douteuse, pas de romances 100 % hétéros. 

© Netflix

Juste l’envie pour les spectateur·rice·s qui ont eu le bac il y a plus de dix ans d’avoir eu accès aux mêmes contenus à l’âge clé auquel ils sont destinés. D’avoir pu grandir avec des récits qui dénoncent le sexisme plutôt que de s’en servir pour concevoir des punchlines, qui condamnent les discriminations raciales qui gangrènent nos sociétés plutôt que d’opter pour un écoeurant réflexe colorblind. Qui n’encensent plus des relations toxiques aux mécanismes et réflexions nocifs, tellement romantisées qu’elles en deviennent nos modèles ultimes d’amours véritables, mais posent les bases d’une dynamique saine et positive.

Côté coeur justement, il y a Dash & Lily, pour ne citer que la série de Noël qui a conquis bien des âmes sensibles. Une oeuvre en huit épisodes qui ne tombe pas dans l’écueil d’un « fuis moi je te suis » usé jusqu’à la corde à force d’inciter les amoureux·se·s en herbe à jouer au lieu de dire vrai, mais apprend à se découvrir en douceur, sans faux-semblants ni notions d’appartenance problématiques. Rafraîchissant.

D’aucuns argumenteront qu’il ne s’agit « que de films ». Sauf qu’en fait, pas vraiment. Pour la bonne raison que, plus encore que les autres car destiné à la jeunesse, ce genre nourrit des comportements réels à travers les actions de ses héro·ine·s fictif·ve·s. Il crée des exemples, installe des rôles-modèles, participe à la construction de personnalités et d’esprits en pleine évolution, qui cherchent autant à sortir du lot qu’à appartenir à une case bien définie. 

L’adolescence est un moment où l’on se forge aussi par ce que l’on entend, ce que l’on voit. Et avec ce nouveau cru quali bien parti pour durer, les prochaines générations ont des chances d’en ressortir (encore) plus engagées, comme d’en retenir d’importantes leçons. Tant mieux.

Une chronique de Pauline Machado

Sophistiqué, intemporel et unique : trois termes qui décrivent à la perfection Cédelar, un jeune label qui nous a conquis·e·s.

Pour le printemps, on veut un style qui nous démarque. Un vestiaire abordable aux détails qu’on ne voit pas partout. Des pièces de qualité, qui correspondent à notre désir de ne plus se fondre dans la masse. Et en même temps, de rester en phase avec les tendances pointues du moment.

C’est exactement ce que propose Cédelar, jeune marque qui réussit le pari de transformer des basiques en pièces sans pareilles – et ce, sans qu’on ait (trop) besoin de casser sa tirelire. On vous explique en 5 points pourquoi craquer. 

Une esthétique unique

Le point fort de Cédelar ? Proposer des coupes, des motifs, des innovations stylistiques qui ne ressemblent à aucunes autres. Marie Cheng, sa créatrice, met un point d’honneur à offrir à ses clientes des modèles qu’elles n’auront pas vu ailleurs. Parmi les best-sellers de la marque, on repère le jean flare Reyi, conçu à partir de deux empiècements de denim superposés sur la longueur, la veste crop Rays, en polaire façon shearling et manches denim, le blazer Mathilda, beige avec illustration filaire imprimée sur le devant, ou encore la chemise Bafy, noire avec une coupe asymétrique forte. Tendance et timeless.

Des nuances pastel féériques

L’univers de Cédelar fait la part belle aux teintes douces. Rose poudré, bleu ciel, jaune quasi immaculé : autant de nuances féériques qui signent une garde-robe soignée. Ces couleurs se déclinent d’ailleurs sur une même pièce. Une mini-robe chemise en satin plissée à manches longues, cintrée à la taille et dotée de poches (un plus non négligeable, qu’on se le dise), baptisée Arina. On l’enfile avec une paire type Dr. Martens pour un contraste edgy, ou des sneakers pour accentuer le look joueuse de tennis chic. 

Des valeurs empouvoirantes

« La femme Cédelar est élégante, vive et romantique », décrit la griffe. « C’est une femme très forte et courageuse, qui n’a pas peur d’être différente des autres. » Ne pas craindre de sortir du lot, célébrer ce qui nous distingue : une ode à s’accepter telle que l’on est et à s’affranchir d’une norme réductrice qui, chez Paulette, ne peut que nous séduire. « Soyez unique, avant-gardiste et accessible », encourage la marque. C’est noté !

Des accessoires incontournables

Rien que de faire défiler les différentes paires d’escarpins, bottines, mules que Cédelar propose fait du bien à notre âme en mal de beaux jours. Idem pour les lunettes de soleil qui, là aussi, se conjuguent en teintes pastel auxquelles il est difficile de résister. On se voit déjà d’ici sortir de chez nous d’ici quelques mois, paire Funky rose et blanche sur le nez et Eliott citron aux pieds. Au bras, le Haley vert d’eau qui ponctue un look impeccable et décalé. 

Quand mode rime avec art

Cédelar se prononce « C’est de l’art ». Un nom tout en poésie qui illustre bien l’intention du label : mêler art, design et mode dans son processus de création comme dans le résultat de ses collections bi-annuelles. D’ailleurs, le slogan de la marque parle de lui-même : « We make art, not clothes », « Nous faisons de l’art, pas des vêtements ». La promesse d’une ligne travaillée, pensée comme une œuvre que l’on aimera autant regarder que porter. Et qui nous donne une allure folle. On shoppe sans hésiter.

Pièces à retrouver sur cédelar.com

Un article de Pauline Machado

Alors qu'on repart pour un troisième auto-isolement, on réalise qu'à défaut d'avoir acquis de nouvelles compétences, on a renforcé des liens.

Le premier confinement a tout juste un an, c’est l’heure du bilan. Après 365 jours d’ascenseurs émotionnels et de galère, on se remémore avec nostalgie notre insouciance quand, 13 mois en arrière, on ignorait tout du coup de massue qu’on allait se prendre en pleine face. 

A l’époque, on pensait encore que les terrasses étaient acquises pour toujours, l’apéro indestructible et les clubs un endroit trop bondé, trop bruyant, trop chaud où on ne voudrait plus jamais mettre les pieds. « Danser dans un appart’, c’est quand même plus sympa, et ça pue pas la transpi », lançait-on jadis en engloutissant trois Doritos au fromage sur fond d’Aya Nakamura, intimement convaincue par ce qui résonne désormais comme un odieux mensonge.

Aujourd’hui, on vendrait notre mère pour une soirée à suer à côté d’inconnus dans la queue des toilettes du Memphis. Et notre père avec, si le DJ promet de passer une playlist spécial Johnny.

Côté santé mentale, on ne sait pas trop où se situer entre désespoir d’une situation qui s’éternise (ou vire Un jour sans fin, à vous de me dire) et espoir d’en sortir d’ici quelques semaines. Alors pour se changer les idées, beaucoup se concentrent sur ce que la période a pu avoir de « bon ». Ça passe, entre autres, par exposer les moult compétences qu’on a pu acquérir, les activités pour lesquelles on s’est soudainement pris d’une passion apaisante (ou flippante), et les anecdotes qui vont avec. 

Il y a eu la tendance du pain, du banana bread, l’apprentissage d’une nouvelle langue, les challenges Insta et TikTok, les humoristes qui ont percé, les sportif·ve·s qui se sont découvert un talent certain pour la danse, les pilates, le yoga, la course à pied. Ou toute discipline qui ne nécessitait pas de se tirer à plus d’1 km de chez soi.

Et il y a les autres. Les moins doué·e·s de leurs dix doigts. Comme moi.

Connexion pas si virtuelle

Après un peu plus de quatre mois à rester bloquée à la maison, et un couvre-feu qui n’en finit pas de casser l’ambiance, je me tape une liste plutôt nulle – littéralement – de choses apprises pendant la crise. Pas de pain, pas de banana bread, pas de niveau C1 en norvégien, pas de grandes prouesses athlétiques à déclarer. A part « survivre au mouche-bébé », honnêtement, je ne vois pas vraiment ce qui pourrait me sauver. 

D’ailleurs, j’en viens même à me demander ce que j’ai bien pu foutre de tout ce temps « libre », si ce n’est m’illustrer lamentablement en chien tête en bas (raté) devant des voisins probablement hilares. Ou me froisser un muscle en descendant trop bas en squat. Ah si, j’ai acheté un vélo d’appartement ! … que j’ai utilisé trois fois puis revendu sur leboncoin la semaine dernière, 20 euros moins cher. Parlez d’une affaire. 

Le seul truc que j’ai pu maîtriser à la perfection, quand j’y réfléchis, c’est les longues heures d’appels avec mes ami·e·s. Ces conversations en duo ou à plusieurs que, pour le coup, je n’ai jamais loupé.

A base de sessions connectées bi-hebdomadaires qui ont rapidement fait office d’un exutoire salutaire (rappelant également les meilleures séquences d’appels à trois dans Lizzie McGuire – reste à savoir qui est Gordo), on s’est raconté nos vies pas palpitantes pour un sou. On s’est soutenu·e·s pendant nos moments de déprime, projeté·e·s dans un futur plein de liberté, inquiété·e·s pour les proches de proches qui, apprenait-on, venaient d’être contaminé·e·s ou hospitalisé·e·s. 

Lizzie McGuire © Disney

Au-delà de se donner des nouvelles en fait, on a vécu tout ça ensemble, à distance. On a resserré des liens qu’on croyait déjà très forts, trépigné d’impatience à l’idée de se revoir. On s’est dit plein de mots d’amour, injectant une douceur nécessaire dans nos rapports qui, s’ils n’en manquaient pas forcément, en sortent aujourd’hui grandis. 

Il y en a qu’on a perdu de vue, aussi. Un peu comme à chaque grosse étape de vie. Le signe qu’on change, qu’on évolue, qu’on sait ce qu’on veut et ce qu’on ne veut plus. Qu’il y a celles et ceux qui passent, et celles et ceux qui sont là pour rester et tout traverser. Qui méritent une attention toute particulière tant ils·elles n’ont pas craqué sous le poids de notre (d’accord, ma) complainte légendaire. Et nous ont appris beaucoup plus sur soi que ce qu’on aurait pu imaginer. 

Finalement, en 2021, je ne suis sûrement pas meilleure en cuisine, en sport, en activités manuelles ou artistiques en tout genre. Mais je pense me rendre un peu mieux compte de la valeur inestimable de ces personnes qui m’entourent chaque jour. De ce qu’elles m’apportent, et de ce que je veux moi aussi leur apporter. Et puis, l’avantage, c’est que certaines d’entre elles font des gâteaux à tomber.

Une chronique de Pauline Machado

Des maillots aux coupes et couleurs variées qui épousent toutes les silhouettes : Roxy nous donne envie d'été.

La saison chaude n’est pas encore là, et pourtant, on commence déjà à se projeter sur une plage paradisiaque, avec pour seul souci celui de réussir à caler notre tête dans le sable fin. Grâce à notre imagination débordante, on est même à deux doigts de sentir le soleil caresser agréablement notre épiderme et les vagues chatouiller timidement nos pieds. Un doux rêve auquel on se raccroche depuis plusieurs mois maintenant, las d’un hiver (ou d’un contexte) qui s’éternise. 

On veut de la chaleur, des rayons revitalisants, de l’insouciance, l’océan. Et aussi, se trouver belle dans un bikini qui nous colle à la peau, sans avoir à faire le choix entre couleurs tendance, coupe impeccable selon notre silhouette et valeurs responsables. Ça tombe bien, Roxy vient de sortir une nouvelle collection On The Beach qui remplit justement ces critères essentiels. Et pour la promouvoir, une campagne inclusive qui s’intitule : EveryBODY Loves The Beach.

Une ligne pensée par des femmes, pour les femmes

Depuis sa création il y a 30 ans, la marque a à cœur de donner aux femmes une plus grande confiance en elles, en leur proposant notamment des vêtements qui correspondent parfaitement à leurs attentes sportives ou de détente. Des pièces pensées pour les accompagner au quotidien, faciliter leurs mouvements quelle que soit leur morphologie et satisfaire aussi leurs envies d’un style éclectique. 

Côté maillots de bain, la gamme On The Beach s’inscrit clairement dans cette volonté de diversité. La preuve avec sa toute nouvelle collection, qui célèbre nos corps, invite les amoureuses de l’océan à partir à l’aventure ou à se prélasser sur la côte, et insiste sur un point fondamental : la force est dans la variété. 

On y trouve ainsi des teintes minimalistes, des tons vifs, des imprimés tropicaux iconiques du label, des nuances pastel, mais aussi différentes coupes de haut et de bas, plusieurs formes de couvrance… En bref, une sélection qui nous donne le choix – et surtout, au vu des photos incroyables qui l’illustrent, hâte de se baigner. « Parce que les plages devraient être l’endroit où toutes les femmes se sentent comme chez elles », affirme Roxy. Et ce, sans oublier non plus de miser sur la durabilité.

Contribuer à une industrie plus propre

Consciente des enjeux environnementaux qui pèsent sur notre époque, la marque a fait une promesse à celles qui la découvrent ou lui sont fidèles depuis des années : concevoir des produits plus respectueux de cette nature – marine comme terrestre – qui lui est si chère. Pour ce faire, elle utilise des textiles durables dans une démarche de responsabilité saluée. 

La ligne On The Beach est par exemple fabriquée à partir de nylon recyclé, en utilisant des techniques d’éco-fabrication. Les tissus sont également résistants au chlore et à la crème solaire, permettant de créer des modèles qui pourront être portés encore et encore. L’idéal, quand on veut du style sans compromettre ses convictions écologiques. 

Alors, séduite par ces maillots qui respirent les beaux jours ? Bientôt, il n’y aura plus qu’à plonger.

Collection disponible dès le 17 mars sur roxy.com

Un article de Pauline Machado

Inspiration déco, pièces vintage rares, mobilier retapé : voici 5 brocanteuses à suivre illico sur Instagram.

Le temps est long quand on est chez soi dès 18 heures. On traîne de la chambre au salon et du salon à la chambre sans grande motivation, si ce n’est celle de complètement repenser notre intérieur. A force d’y passer nos journées et soirées, on a des envies de changement.

De parfaire nos coins cosy, de se procurer des pièces de qualité qui ne nous coûtent pas notre PEL laborieusement alimenté, de collectionner des beautés vintage sur notre bien triste (mais ô combien pratique) commode Malmö. Et ce, sans franchir le pas de la porte.

Instagram est là pour nous, et avec lui, une ribambelle de comptes de chine qui nous réjouissent aussi bien visuellement que – parfois – financièrement. On vous en liste 5 à parcourir sans attendre. 

@retourdechine

@retourdechine

Derrière le blog Retour de chine se cache Valérie Fache, férue de mobilier vintage des années 50 qui « chasse » depuis son enfance. Ses trésors septuagénaires, elle ne se contente pas de leur trouver de nouveaux propriétaires. D’abord, ils passent entre ses mains expertes pour un relooking coloré et créatif. 

« Dès que je vois un meuble, je sais exactement ce que je vais en faire », raconte-t-elle au Parisien. « Je consacre beaucoup de temps à les retaper. J’achète des matériaux de qualité, je ne supporterais pas qu’une cliente me rappelle parce que la peinture a écaillé. Ces meubles, je les aime comme mes bébés : je fais tout pour eux, mais je sais qu’ils partiront ailleurs. » Aujourd’hui, plus de 34 000 personnes attendent avec impatience chacun de ses posts . Et on ne fait pas exception.

@lanabrocante

@lanabrocante

Le compte Lana Brocante tenu par l’ex-journaliste devenue antiquaire pop culture Anaïs Delcroix regorge de surprises kitsch en tout genre. Une myriade de pièces qui nous mettent du baume au cœur rien qu’à les voir défiler sur l’écran de notre téléphone. 

K-Way rose fluo, broche ancienne, jouets dénichés jadis dans des Happy Meal, livres Mickey qui datent des années 80, boîte à gâteaux Charles et Lady Di, ou encore puzzle Mon Petit Poney de 1989 ne sont qu’un aperçu de son catalogue riche en trouvailles précieuses et réconfortantes. On pourrait continuer pendant des lignes tant cette caverne d’Ali Baba digitale nous passionne, et nous ramène à un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : notre enfance loin des masques, du Covid et des tests PCR. 

@alicealabrocante

@alicealabrocante

Naturel et épuré sont deux termes qui définissent parfaitement l’esthétique d’@alicealabrocante, la page créée par Silvana Mastronicola, ancienne architecte reconvertie en brocanteuse à plein temps en octobre 2018. Depuis cette année-là, elle chine, restaure, vend et livre les commodes, tables, étagères, cadres, carafes d’eau transformées en vase pour le plus grand plaisir de ses abonné·e·s – et de nos yeux avides de belles choses qu’on calerait bien sous la cheminée. 

Comblée par ce changement de vie, l’Italienne confie d’ailleurs à Marie Claire être « heureuse d’avoir trouvé un métier en accord avec [ses] convictions et de pouvoir aussi lutter contre la surconsommation ». Elle précise ne jamais utiliser de plastique pour les emballages : « nous les transportons avec des couvertures et des vieux draps ». Une démarche volontairement écolo qui finit de nous convaincre, si ce n’était pas déjà le cas.

@thisisvintage

@mobilierthisisvintage

La spécialité de Natascha, l’âme lyonnaise derrière This is Vintage ? Les bibelots et tableaux des XIXe et XXe siècles qu’elle met en scène et sublime à coup de bouquets de fleurs fraîches, de corbeilles de fruits, ou de pain… sous une peinture de pain. Une sélection éclectique qui invite à en découvrir davantage sur l’histoire (et l’Histoire) de chaque œuvre et de son époque. Voire donne envie d’y plonger rien qu’un instant pour s’échapper un peu de notre quotidien pas franchement palpitant. 

Sur son site, elle propose aussi des jouets pour enfant à la pièce (en ce moment, il ne reste qu’un adorable salon pour poupées en rotin) et du mobilier ancien à prix très abordable. Notre coup de cœur ? Une couronne de vierge en laiton doré et pierres blanches tout droit venue d’un couvent de nonnes des Vosges, for obvious reasons (ou pas).

@orangevertevintage

@orangevertevintage

Le repaire des adeptes de vaisselle et de petite déco. Des lampes, des services à thé, des présentoirs à gâteaux en cristal, des miroirs à fleurs dorées incrustées… Le tout (souvent) accompagné d’une branche de mimosa tendance pour le style : Orange Verte Vintage nous prend clairement par les sentiments. Et ça marche, on vient de glisser, ravie, un saladier en grès dans notre panier. 

La preuve que la retail therapy a du bon, surtout quand elle soutient des boutiques qui préfèrent offrir de nouvelles vies aux objets plutôt que de nous encourager à les abandonner dans un coin de placard après deux sorties maxi. Alors, conquis·e ?

Une chronique de Pauline Machado

On vous liste quelques idées de lieux apaisants où partir se ressourcer sans trop s’éloigner de Paris - et ce, pour rentrer avant le couvre-feu.

On a des envies d’ailleurs mais pas forcément le temps (ni les moyens) d’aller plus loin que l’Île-de-France. Pourtant, on profiterait bien, là-tout-de-suite-maintenant, d’une escapade en terre moins urbaine que notre arrondissement qui grouille de monde et de pollution. Une petite ville, un grand parc, des forêts gigantesques avec des arbres à perte de vue… Le rêve. Ça tombe bien, justement, la région en regorge. Voici donc 5 endroits dépaysants où se diriger pour une journée.

1. Chantilly

Le château de Chantilly © Pixabay

Le château et ses différents musées ont beau être fermés, le déplacement vaut quand même clairement le coup, rien que pour les jardins (payants, en revanche). Chantilly est une ville de l’Oise à une heure de la capitale qui accueille les Parisien·ne·s en quête d’espace, de verdure et d’un charme qui ne s’accompagne pas de rues et magasins bondés. Nous, en gros, qui commençons sérieusement à tourner en rond dans un appart qu’on appelle “cocon” pour ne pas dire minuscule. 

A Chantilly, on flâne, on prend l’air, on s’arrête pour une boisson ou un plat du traiteur local, qu’on déguste sur un banc au soleil, en se disant qu’on reviendra soutenir le domaine une fois que la vie reprendra son cours.

2. Les étangs de Corot

Les étangs de Corot © Stefi123 - Creative Commons

Les étangs de Corot de Ville-D’Avray (Hauts-de-Seine) tiennent leur nom du peintre impressionniste Camille Corot, l’artiste ayant passé une bonne partie de sa vie à s’y asseoir pour représenter sur toile le paysage incomparable des lieux. Aujourd’hui, ils sont l’une des destinations de balade champêtre favorites des promeneurs franciliens et touristes hors-COVID. Un endroit bucolique qui fait office de havre de paix instantané, accessible en transports depuis Paris.

Pour la petite (ou la grande) histoire, on y trouve deux étangs nichés parmi des arbres centenaires, immortalisés dans les œuvres du maître – et exposés jusqu’au Met à New York. Le “vieil étang », créé à la fin du Moyen Âge par les seigneurs pour servir de réserve de pêche, et « l’Etang Neuf » créé par le duc d’Orléans, frère de Louis XIV, pour alimenter en eau le château de Saint-Cloud et son parc.

Après la promenade, en temps normal, on peut poursuivre l’échappée relaxante en passant par le spa Caudalie. Malheureusement fermé pour travaux, on se contentera de rentrer chez soi se faire un masque banane-yaourt maison devant Netflix.

3. La forêt de Fontainebleau

Forêt de Fontainebleau © Pixabay

Le train pour Fontainebleau part de la Gare de Lyon et fait un arrêt direct dans la forêt, parfait pour celles et ceux qui veulent s’échapper de la ville le plus vite possible, sans même remettre les pieds sur le bitume. Quand on s’enfonce entre les arbres depuis les rails, l’odeur agréable de sable humide, de feuilles et de mousse qui court aux pieds des troncs nous saisit pour mieux nous convaincre qu’on a fait le bon choix de décoller de notre canapé et de la saison 3 de Selling Sunset

C’est vaste, silencieux, et ça fait du bien. Les fans d’escalade pourront se laisser aller à leur passion, les novices se faire les mains, et les autres, slalomer entre les rochers pour mieux profiter de l’ambiance mystique sinon féerique de l’endroit. A la fin de l’après-midi, on peut même faire un tour dans le centre de la ville, vers le manège, en attrapant un café/une bière à emporter au troquet du coin.

4. Barbizon

La Grande Rue de Barbizon © Achime Ebenau - Creative Commons

Aussi en Seine-et-Marne, aussi en lisière de la forêt de Fontainebleau, Barbizon était jadis le repaire des Impressionnistes, c’est aujourd’hui le repaire des galeries. Galeries qui ne sont pas considérées comme lieux de culture aux yeux du ministère, mais comme commerces. Une nuance importante puisqu’elle implique, pour le plus grand plaisir de nos âmes en mal d’activités, de rester ouvertes quand les musées affichent portes closes. 

Ces petites boutiques à œuvres d’art sont quasi toutes situées dans la Grande Rue, dans des maisons en pierre, à colombages ou en toit de chaume typiques de la région. On a le choix entre La chaumière des arts, La galaxie des arts, La galerie de Barbizon ou encore La galerie de l’Angélus. Évasion garantie.

5. La forêt de Rambouillet

La forêt de Rambouillet © Pixabay

La forêt de Rambouillet fait 1,5 fois la superficie de Paris, et invite à un dépaysement total. Exactement ce qu’il nous faut pour faire le plein d’oxygène le temps d’une journée off. Sur place, plusieurs options s’offrent à nous. On peut soit se lancer dans une balade tranquille qui ne paralysera pas nos cuisses un peu ramollies depuis notre abandon total du sport à Noël, soit décider de saisir l’occasion pour s’y remettre et opter pour un parcours plus intense, en empruntant l’un des chemins de rando du GR1. 

L’un comme l’autre, c’est certain, seront synonymes d’un bol d’air mérité, parenthèse enchantée dans un quotidien parfois légèrement étouffant (c’est peu de le dire). Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

Chronique de Pauline Machado

En plus de l'aspect séduction évident, le flirt aurait des vertus bien-être non négligeables - et particulièrement en ce moment.

Pour se faire du bien, on a déjà envisagé tout un tas de trucs. Le selfcare n’a pas de limite, et c’est tant mieux. Petits rituels, soins cosmétiques, conversations avec des proches, conversations avec soi-même, programmation d’un marathon de séries/films/dessins-animés qui réconfortent, plats et snacks en tout genre qui satisfont corps et âme… la liste est longue. 

Il y a cependant quelque chose qu’on a potentiellement minimisé, voire dont on a ignoré les bienfaits. Le flirt. Oui oui, le flirt, ce comportement qu’on ne maîtrise pas toujours à la perfection mais qui se traduit, en gros, par de plus ou moins subtiles interactions appartenant au registre de la séduction. Un clin d’œil appuyé, un sourire entendu, un ton qui laisse rêveuse. Et ce, qu’on soit en couple ou non, et avec notre partenaire ou non.

Flirter, un art qui n'a pas toujours de but amoureux. © HBO

Des "petits moments de bonheur"

D’après Le Robert, flirter revient à entretenir une « relation amoureuse plus ou moins chaste, généralement dénuée de sentiments profonds. » Pour le CNRTL, la bible des linguistes, « avoir un flirt ou être en flirt » signifie « faire la cour sans but précis ». Dans les deux cas, le terme « platonique » apparaît. Et pour cause, d’après un autre spécialiste, le professeur en communication David Henningsen de l’université de l’Illinois, « les interactions de flirt ont tendance à être ludiques, et les gens s’y engagent souvent juste pour s’amuser. » 

Le spectre de cette attitude pas forcément équivoque varie ainsi du simple échange avec un·e inconnu·e à la caisse du supermarché, à de la drague pure et dure au comptoir d’un bar (ah, les bars, douloureuse nostalgie). Ou en l’occurrence, en temps de pandémie, sur une appli par écrans interposés. Moins facile niveau analyse du langage corporel, mais les emojis font le taf.

Il suffit d'un regard. © Focus Features

Au-delà de définir un principe vieux comme le monde qu’on connaît bien, le chercheur qui a particulièrement étudié le sujet et ses conséquences sur le commun des mortel·le·s, insiste surtout sur l’importance de ces « petits moments de bonheur » – même anodins – et de leur influence sur notre humeur.

Quand on flirte et que l’objet de notre minauderie nous le rend bien, notre estime de soi est boostée et notre esprit pourtant embué par une actualité compliquée, tend à s’évader pour le meilleur. Un jeu inoffensif qui brille par sa légèreté, et réconcilie avec un lien social nécessaire. 

Exemples pratiques : un regard soutenu dans l’ascenseur – d’autant plus remarquable quand la moitié de notre visage est recouverte par un bout de tissu ; un « merci » enjôleur au rayon mozza – lorsqu’une âme charitable (et physiquement plaisante) nous laisse repartir avec la dernière burrata ; une répartie bien lancée entrecoupée de sourires ravageurs – avec un·e collègue qui nous fait un peu d’effet sans qu’on n’ait envie de concrétiser. Enfin du moins, pas dans un futur proche. 

Le but n’est pas vraiment de transformer l’essai, mais de profiter du sentiment ô combien agréable de saisir qu’on plaît. Même pendant 30 secondes devant du fromage. Rappelons-nous qu’avec une plage de 2 heures journalières pour parler à quelqu’un d’autre que la personne qui partage notre vie (là aussi, potentiellement platoniquement), chaque opportunité est bonne à prendre. Et ce réflexe, à parfaire et à multiplier, même (et surtout) au sein de notre foyer.

Réel vs virtuel

Alors évidemment, les bienfaits du flirt sur notre santé mentale ne sont pas une raison pour encourager qui que ce soit à aller aborder des gens qui n’en ont pas envie, ni à s’y contraindre soi-même – loin de là. Il s’agit plutôt de se laisser aller à quelques mécanismes de charme dans un quotidien morne lorsque la réciprocité se manifeste, et d’ignorer pour une fois notre timidité. Des interventions discrètes qui soigneront certainement un moral en berne. 

« Pour un flirt avec toi, je donnerais n’importe quoi », chantait Michel Delpech ; on n’en est pas là. Mais on concède toutefois que la manœuvre a du bon. Et si le face à face, même masqué, n’est pas de notre goût, on peut toujours se replier sur le digital. Pour Claire, qui se décrit comme introvertie, c’est d’ailleurs le Graal. « L’avantage sur les applis, c’est que je peux être plus entreprenante sans vraiment craindre de me prendre un vent : si ça ne marche pas, je n’aurais jamais à affronter mon interlocuteur », nous dit-elle lors d’un brunch à deux mètres de distance. 

Résultat : plus de fluidité de dialogue, de liberté dans ses mots et moins de prise de tête. Et une confiance en soi qui atteint des records. Magique et alléchant. Maintenant, reste à se demander : on s’y met quand ?

Une chronique de Pauline Machado

Les moyens de se fêter ne manquent pas, et encore moins quand on est célibataire. On vous en a listé six qui sortent (un peu) de l’ordinaire.

La Saint-Valentin a été étiquetée « fête des amoureux·ses » partout dans le monde, c’est en réalité la fête de l’amour tout court. Des autres… mais surtout de soi. Le self love, comme on l’appelle couramment, est un ingrédient essentiel à notre bien-être, qu’on soit en couple ou non, qu’on veuille être en couple ou non. Et quoi de mieux que le 14 février pour le célébrer ? Avec des rituels tout doux, des sorties (autorisées) qui nous font s’échapper quelques heures de notre quotidien, des projets pour plus tard.

C’est aussi le moment de se féliciter de tenir le coup dans une époque pas évidente, et de se cajoler encore plus pour se préparer au futur. Voici donc quelques façons de passer la journée de dimanche à se faire du bien.

Crédit : Pathé

1. Se renseigner sur une ville, une région à découvrir plus tard

Le temps n’est pas (encore) aux escapades européennes pour se ressourcer l’espace d’un week-end, mais il n’est jamais trop tôt pour se projeter, ni planifier des scénarios de vacances hypothétiques. Alors, aujourd’hui, on fait une liste bien fournie d’endroits qu’on voudrait parcourir en long, en large et en travers une fois que les restrictions de déplacement seront définitivement levées. 

Des capitales, des villages, des régions où l’on pourra de nouveau engloutir son poids en linguine al tartuffo, en pastéis de nata, en fish and chips arrosé d’une pinte d’IPA. De quoi se mettre de belles images dans la tête, se promettre un séjour mérité qu’on fera solo, ou accompagné·e – et s’évader quelques heures d’une réalité pour mieux y retourner.

2. Aller faire le tour d’un quartier qu’on adore

Le couvre-feu de 18 heures met certes un terme à nos désirs de dîners et d’apéros entre potes, mais ce n’est pas une excuse pour ne pas profiter de l’extérieur jusque-là. Pour une fois, on sort de chez soi et du périmètre restreint qu’on a été autorisé·e à écumer ces derniers mois. 

La ville dans laquelle on vit nous semble étrangère tant les lieux qu’on fréquentait dans le monde d’avant ont disparu de nos habitudes. C’est l’occasion de la redécouvrir. On cible un quartier qu’on affectionne particulièrement, et on s’y balade pendant des heures, en flânant d’une boutique à l’autre, d’un parc à l’autre, d’une galerie (elles restent ouvertes, idéal pour les assoiffé·e·s de culture) à l’autre. De quoi (re)tomber amoureux·se de ces rues, comme de moments en tête à tête avec soi.

3. Appeler quelqu’un·e qui nous aime

En Espagne, la Saint-Valentin n’est pas que la fête de l’amour, c’est aussi celle de l’amitié – un peu comme le concept de Galentine’s Day aux US. Ce jour-là, on prévoit une session Zoom, un appel, une dizaine de notes vocales si la flemme de parler en direct nous envahit, avec nos meilleur·e·s ami·e·s et fidèles soutiens. Celles et ceux qui nous comprennent, nous écoutent, nous aiment. Et à qui on le rend bien. 

On se dit des mots doux, des compliments, on passe du bon temps de l’autre côté de l’écran (voire en transformant la conversation en brunch improvisé) et on se rappelle que notre vie nous comble parfaitement telle qu’elle est. Et sinon, si on sent pointer un coup de blues pour une raison ou une autre, c’est l’occasion parfaite pour se confier.

4. Se faire l’amour (sans forcément parler cul)

« L’amour de soi est la condition préalable pour pouvoir aimer quelqu’un d’autre, donc se montrer de l’amour et de la compassion le jour de la Saint-Valentin est aussi important que de le montrer à quelqu’un d’autre », rappelle Sam Owen, psychologue et experte en relations. Une bonne raison s’il en fallait de miser au quotidien sur un self-love carabiné – et d’autant plus aujourd’hui. Qu’on ait envie de rencontrer quelqu’un·e ou non, d’ailleurs. 

Pour célébrer cette relation privilégiée qu’on entretient avec soi-même, on a le choix. Session selfcare à base de soins relaxants et apaisants dans sa salle de bain, cadeaux de soi à soi en pagaille (une étude prouve même que craquer de temps en temps pour un truc qui nous fait envie est la clé du bonheur), préparation ou livraison de mets spéciaux et succulents à déguster pimpé·e, et finir en beauté avec quelques caresses sous les draps. 

5. S’écrire une lettre

L’exercice peut sembler étrange, on ne vous cache pas que ça l’est. Au début, du moins. Ensuite, une fois qu’on a passé le cap de s’installer solo devant une feuille blanche et un stylo, on voit vite les bénéfices du concept. Surement parce qu’on réalise que personne ne la lira, déjà, et aussi car s’envoyer des fleurs a du bon. Surtout par temps de crise. 

« Les gens parlent tout le temps de rituels de selfcare, mais plus qu’un gommage du visage, un gommage mental vous aidera à vous sentir mieux dans votre peau », assure Damona Hoffman, coach en rencontres, qui souligne à Shondaland que la relation la plus importante est celle que vous avez avec vous-même. On commence à saisir. 

La prise en charge de soi, poursuit-elle, commence par la façon dont on se parle en interne. Grâce à cette lettre d’amour qui n’aura rien à envier aux échanges entre Sartre et Beauvoir, on met « en évidence toutes les choses extraordinaires nous concernant ». Rien que ça. Un papier à garder puisqu’il pourra plus tard « servir de point de repère si vous doutez de vous-même », précise la spécialiste. C’est bien nous connaître.

6. Faire le point 

Crédit : Warner Bros.

On ne parle pas d’un bilan critique qui viendrait épingler nos échecs et nous demander de faire plus – grand dieu non, mais plutôt d’une façon de s’assurer qu’on ne se plante pas de voie (voire de voix). Qu’on marche dans une direction qui nous convient, dans un univers qui nous correspond, entouré·e de personnes qui méritent notre affection. Et d’établir un moyen efficace pour corriger ce qui doit l’être (comprendre se débarrasser de la personne qui joue avec nos nerfs en nous ghostant allègrement un jour sur deux, ou ce boulot qui nous pèse). 

La pandémie est loin de faciliter les choses, mais elle force à la réflexion. Et ce mois du self love finit de nous convaincre, que solo ou pas, on doit passer au premier plan.

Article de Pauline Machado

La situation appelle à se choyer, on ne le répétera jamais assez. Et à en croire certain·e·s expert·e·s, ça passerait aussi par davantage d’autodérision. Explications.

Pas facile de se détendre quand on ne sait plus sur quel pied danser de l’angoisse ou de la déprime. Pas facile non plus de se rassurer en lisant qu’on a toutes les chances d’éviter un reconfinement, et que finalement plus du tout. Et puis que si, et puis que non. Les infos puent, les rues vident puent, le nombre de cas pue.

Le couvre-feu, lui, innove. Au lieu de puer, il nous rend claustro. Et pour cause : on n’est pas sorti·e·s depuis un bail. Vraiment sorti·e·s, je veux dire. Pas juste faire le tour de son quartier en se gelant le cul parce qu’impossible de le poser ailleurs que sur un coin de banc, dans un coin de parc qui pue, lui aussi, le désespoir et l’exode urbain, cette fois-ci. On en vient à rêver du jour où on entrera à nouveau dans un bar parfumé à la bière de la veille. Du soir où on attendra congelée, sapée comme jamais, que le videur de la boîte cool du IXe daigne enfin nous laisser passer. Où rester chez soi redeviendra un choix. 

Ça fait des mois qu’on essaie de se distraire comme on peut et de miser à fond sur une routine adaptée à la situation. Parfois ça marche à merveille, parfois bof, parfois non. Ce qu’on sait, c’est que là, on a l’impression de toucher le fond. On tient, hein, il le faut. Mais à en parler avec nos potes, nos proches, nos moins proches, nos collègues, Twitter, les vieux·vieilles qui engagent la conversation avec n’importe qui dans la queue de la boulangerie parce que rongé·e·s par la solitude : on n’en peut plus. On a besoin de se marrer autrement qu’en matant une tonne de vidéos sur les réseaux, et des mèmes viraux aussi parfaits soient-ils. On veut se débarrasser de l’inquiétude qui entoure l’avenir et puise sa force dans une incertitude compliquée à dédramatiser. On craque complet, on pleure, on rit, on dort trop ou pas assez. 

Et au milieu de tout ça, j’ai commis l’achat impulsif de chaussons fourrés. 

Crédit : Netflix

Là, vous vous dites certainement : « elle a complètement lâché la rampe ». Et je ne vais pas vous contredire, je suis bien en train de vriller. A cet instant même, d’ailleurs, je tape frénétiquement ces mots sur mon clavier en me disant qu’au moins, avec l’excuse de bosser, je peux trouver refuge solo l’espace de quelques heures. Un stratagème un peu honteux pour échapper à ma fille d’un an (en vrai quinze mois, mais je me fais shamer si je parle en mois) qui a une nouvelle lubie : me poursuivre avec son livre musical. Terrible, surtout que le pauvre bouquin a tellement été joué que la voix déraille façon Schwarzenegger dans Robocop. Et je défie quiconque de me dire que d’écouter dix Toc, toc, toc Monsieur Pouce, et trois Petit lapin plein de poils d’affilée ne donnent pas envie de tout plaquer pour traverser l’Atlantique en solitaire.

Bref. Les temps sont durs. Mais assez parlé de ma progéniture.

L’autre jour, en quête d’un truc à vous raconter, je suis tombée sur une interview de trois psys qui prônent l’autodérision comme remède drug-free à la morosité ambiante, et arme selfcare en puissance. Ça m’a parlé. Parce que j’estime qu’on en manque cruellement dans ce monde très sérieux (avec toutes les raisons de l’être, ne me méprenez-pas), et que rire de soi est une qualité à encenser, en plus d’un mécanisme libérateur. Si vous ne me croyez pas, regardez ces interviews d’Obama. Ou de Timothée Chalamet pour la Gen Z. Irrésistible ET salutaire. Puis écoutez les arguments des pros.

Autodérision bienveillante

Pour Adam Reynolds, thérapeute et prof en université, la raison pour laquelle on réussit moins à rigoler – et surtout pas de soi – en ce moment est clairement légitime et compréhensible. La faute à la façon dont la crise nous rend plus vulnérable, précise-t-il, et au fait qu’autodérision rime avec « baisser sa garde ». Pas évident ces derniers temps. Pourtant, appuie l’expert, il serait judicieux de s’y (re)mettre rapidement. « Lorsque nous pouvons – même l’espace d’une seconde – sortir de notre problématique et voir les choses différemment, nous arrivons à reprendre notre souffle, à reposer nos muscles mentaux », explique-t-il. « Et si nous pouvons rire à ce moment-là, voir le côté comique en nous, alors peut-être que nous serons à même de guérir un peu. » 

Autre spécialiste, autre point : Selon le Dr Willibald Ruch (expert suisse en humour de l’Université de Zurich, ce n’est pas rien), « une personne joviale semble plus résistante aux événements négatifs, et est plus à même de faire face aux adversités de la vie avec un sourire », assurait-il dans une interview pour NBC en 2017, soit trois ans avant que ses paroles prennent un tout nouveau sens. Traduction : se moquer (avec bienveillance) de ses propres travers, de ses maladresses, de ses habitudes foireuses, de son amour inconditionnel, non pas pour son enfant (j’rigole), mais pour Recherche appartement ou maison : que sont-ils devenus ?, aurait tendance à nous soulager de notre insatiable manie de ruminer. Et ce, pour mieux voir la vie – sinon en rose – un peu moins grise qu’elle ne l’est aujourd’hui. 

Si on réfléchit, c’est vrai qu’on se sent toujours mieux quand nos défauts déclenchent un rictus voire un gloussement personnel, plutôt qu’en broyant du noir et en s’auto-flagellant d’être comme on est, et de ressentir ce qu’on ressent. Seulement, plus facile à dire qu’à faire.

Crédit : HBO

Consciente que ce qui incarne un automatisme pour certain·e·s s’apparente à un exercice fastidieux pour d’autres, une collègue de Ruch, la chercheuse Jennifer Hoffman, énumère quelques conseils au New York Times. De quoi réussir à – qu’on se le dise – se foutre de sa propre gueule en beauté. Notamment, elle invite à identifier ce que l’on n’aime pas chez soi, puis à trouver des blagues qui le mette en lumière (et nous, en valeur). Exemples : son (mon) incapacité à danser en rythme, à faire deux choses à la fois, à ne pas chialer devant n’importe quel téléfilm bidon. Se railler permet aussi de reprendre une forme de contrôle sur ces traits qui nous déplaisent. Et donc, de dédramatiser.

Alors bien sûr, loin de moi l’idée de vous enjoindre au bonheur. Je suis la première à me plaindre et je pense que ça fait un bien fou. Il ne s’agit surtout pas de dire : soyez heureux·se, riez, fanfaronnez, comme s’il suffisait de le formuler pour que tout aille mieux. Nos émotions négatives sont aussi valides que les autres, et il n’est pas question (jamais, d’ailleurs) de les réfréner, ni de presser notre guérison. Loin de moi également l’idée d’encourager à l’auto-dépréciation néfaste qui, sous couvert d’humour, dissimule une critique permanente de nos propres failles sans aucune forme d’indulgence, et accroît plus encore notre fragilité. Ici, c’est tout l’inverse : rire pour relativiser avec tendresse, et accepter entièrement qui l’on est. « Acquérir la capacité de vous regarder et de regarder vos mésaventures d’une manière bienveillante, et d’en être amusé·e », insiste en ce sens la chercheuse.

Il y a donc de bonnes chances pour que miser sur ce mécanisme positif nous aide à relâcher la pression bouillonnante qui ne sommeille plus en nous, puisqu’elle est à deux doigts d’exploser. Et nous donne des clés pour réagir face à un quotidien bouleversé.

En tout cas, en cette ère parasitée par nombreux événements extérieurs, ça ne coûte rien d’essayer. 

Chronique de Pauline Machado

Au-delà de leur fonction purement esthétique, nos tenues de détente ou plus élégantes incarnent de véritables remparts face à un quotidien pas toujours facile.

Ça fait quasi un an que nos vies normales ont pris la tangente. Un an qu’on use d’astuces et d’artifices multiples pour se distraire de nos angoisses, retrouver un peu de réconfort et combler le manque d’un quotidien à la liberté longtemps prise pour acquise. Sont nés de nouveaux rituels, plus ou moins inventifs, plus ou moins créatifs, qui ont permis de reformer tant bien que mal une routine mise à mal. 

On a sorti les DIY, organisé des apéros par écrans interposés, (r)ouvert les livres de cuisine, restreint nos rencontres à six. On s’est réfugié·e·s dans le self-care, saisissant chaque occasion pour se faire du bien. On a communiqué toujours plus, renouant parfois le contact avec des têtes un peu perdues de vue. On a testé des looks make up, redécoré nos intérieurs, participé à des ateliers en tout genre. On a innové, changé nos façons de se comporter. Et puis, on a aussi adapté la façon dont on s’habille. 

Crédit : Paramount Pictures

En enfilant des pulls doudous ou des ensembles chics pour se croire ailleurs, on a donné un sens inédit à nos tenues, jusque-là pas toujours pensées pour impacter – voire accompagner – nos émotions. Un détail dans un océan de changements majeurs, pourrait-on croire. Sauf que non. La mode en dit long, d’autant plus à l’heure d’une ère si particulière. Entre besoin physique de tendresse, d’échappatoire ou de coup de boost à un moral en berne, nos fringues ont pris une place de choix dans nos habitudes bouleversées. Décryptage.

Douceur sur la peau comme dans la tête

C’est un fait : en quelques mois, le loungewear a grimpé en flèche. Chez Asos, les survêt’ ont même enregistré 200 % de ventes en plus par rapport à 2019. Sur le site de luxe Net-a-Porter, la hausse du même produit est spectaculaire, avec 1 300 % de différence (positive) si on compare à l’année dernière. Une augmentation détaillée par Business Insider qui ne nous étonne pas vraiment, puisqu’on a nous-même investi dans un jogging en laine et crop-top assorti. « Quitte à rester chez soi toute la journée, autant allier l’utile à l’agréable », s’est-on dit, las de ne pouvoir alterner qu’entre un t-shirt trop grand et délavé et un pyjama Snoopy qui date de 2005 pour se prélasser. Pas dingue.

Mais plus qu’une sensation de confort sur le corps, cette envie de se blottir dans des tissus qui ressemblent à une caresse vaut aussi pour notre esprit embué par trop de stress. On veut de la douceur sur la peau comme dans la tête. Et à en croire la psychiatre Dre Stephanie Hartselle, l’un provoque bien l’autre. 

« Les vêtements doux peuvent nous apporter le réconfort que nous recherchons sans que l’on n’embarque dans des vices malsains comme la consommation d’alcool ou de drogues, l’abus de temps passé devant l’écran ou la frénésie alimentaire », détaille-t-elle au magazine de Shondaland. Plutôt recommandé, donc. D’ailleurs, la spécialiste confie avoir elle-même adopté l’attirail pilou-pilou. « [J’en porte] plus que je ne l’ai fait, et je ne peux pas imaginer revenir en arrière. Même si je suis psychiatre, je ne suis pas à l’abri du stress de cette année et je dois, moi aussi, chercher le confort de toutes les manières saines possibles ». 

Ou comment se câliner en solo pour gratter un peu de délicatesse dans ce monde de brutes, et soigner une santé mentale qui a tendance à frôler le sol. Et puis, le truc avec le loungewear, c’est que choisir de beaux atours pour traîner permet de se sentir aussi bien dedans que dehors. Car se trouver belle met aussi du baume à notre petit cœur.

La mode, rempart et repère

Au-delà de l’effet du textile sur notre épiderme, il y a celui de notre reflet dans la glace sur notre humeur, et les sentiments multiples qu’une tenue peut nous procurer. Nostalgie agréable, optimisme, impression de reprendre un peu le contrôle d’une vie qui nous glisse lentement mais sûrement entre les doigts… Tout ça en optant pour un jean plutôt qu’un autre, en misant sur un haut qui nous rappelle le monde d’avant, sur des vêtements qui nous installent dans une routine dont on manque cruellement en ce moment. 

On ne va nulle part et pourtant, on a parfois besoin de s’apprêter, rien que pour soi. Pour donner un cadre à notre journée, s’attacher à des détails salutaires. Voire même, oser des associations à l’abri des regards, se façonner un style qui nous colle davantage à la peau, et n’en ressortir que plus épanoui·e. Au temps du Covid, les fringues n’ont plus rien de superficiel  – si telle était notre façon de penser pré-corona. La mode incarne un repère auquel on se raccroche quand on craque, une sorte de bouée qui nous rattache à un semblant de stabilité. Elle opère aussi comme un rempart face à nos déprimes, une façon d’exprimer son imagination, de s’évader par l’esthétisme, de devenir quelqu’un d’autre l’espace d’instant, ou au contraire, d’enfin affirmer qui on est vraiment. 

A ce titre, la journaliste britannique Susie Lau confie au Elle UK avoir organisé, pendant la quarantaine imposée, ses semaines autour d’événements fictifs pour lesquels elle devait se mettre sur son 31 : « Je n’allais peut-être nulle part, je ne voyais personne, mais le simple fait d’enfiler une robe extra m’a remonté le moral et apporté les émotions positives que je ressentais en fréquentant le monde extérieur plein de stimulation. Le rituel qui consistait à entrer dans mon petit dressing et à en retirer une robe oubliée depuis longtemps ou à composer une tenue avec des couches compliquées est devenu un événement à attendre avec impatience, et a mis fin au marasme de la journée. »

Une façon d’être « soi » par l’apparence qu’analyse Rose Turner, psychologue de la mode au London College of Fashion, lors d’une interview pour la BBC. « S’habiller peut aider les gens à renforcer leur sentiment d’identité », assure l’experte. « [Cela] a un impact sur la façon dont on pense et se comporte. S’habiller pour le travail peut aider à la motivation et à la concentration, et porter quelque chose de spécial peut aider à briser la monotonie de l’enfermement et à améliorer l’humeur ». A l’aube d’un potentiel reconfinement, on en prend bonne note.

Sans aller jusqu’à investir dans des pièces de créateurs qui coûtent un bras ni descendre les poubelles en total look sequin (quoique, pour l’avoir testée, l’expérience vaut le coup), force est de constater que se vêtir ravit l’oeil et l’âme. Et dépasse surtout la fonction purement stylistique. Alors, en 2021 comme en 2020, pour continuer de rêver, de se cajoler et d’espérer, on puise dans les merveilles qui s’entassent dans nos placards. On fouille, on réinvente, on défile. On s’amuse sans se prendre au sérieux, on se déguise, on chille. Et on tient le coup : l’après bien meilleur qu’on n’a de cesse de visualiser, finira forcément par arriver.

Chronique de Pauline Machado