Elise Goldfarb et Julia Layani sont deux entrepreneuses féministes qui n’ont certainement pas fini de faire parler d’elles. Après avoir co-fondé le média « Fraiches », elles ont ensuite notamment piloté la stratégie de « Melty ». Le 26 juin dernier, c’est un de leurs nouveaux projets qui a vu le jour, avec la mise en ligne du podcast « Coming Out », sur Spotify.

Crédit : Spotify

A l’occasion de la Pride Month, Elise et Julia ont voulu créer un projet qui fait sens. Comme elles le soulignent au début de chaque épisode du podcast « Coming Out », c’est après avoir participé à plusieurs gay prides à travers le monde que les deux amies ont malheureusement constaté que faire son coming out restait aujourd’hui une étape difficile pour beaucoup. Leur rêve, « ce serait de vivre dans un monde dans lequel on n’aurait plus besoin de faire de coming out », un monde dans lequel l’orientation sexuelle de chacun n’est ni taboue ni source de préjugés et de clichés.

« Coming Out », c’est un podcast original qui donne la parole à treize personnes issues de la communauté LGBTQI+. Les épisodes, qui durent chacun entre 20 et 50 minutes, sont des témoignages sincères, poignants, et porteurs d’espoir au cours desquels des personnalités – certaines connues, d’autres moins – racontent comment elles ont révélé leur homosexualité : d’abord à elles-mêmes, et puis aux autres. On retrouve notamment au micro d’Elise et Julia les témoignages du chanteur Bilal Hassani, du député Mounir Mahjoubi, du journaliste Christophe Beaugrand, mais également ceux de Clovis, trans noir et excommunié de la communauté de témoins de Jehovah à laquelle il appartenait, de Nathan, qui a grandi dans une communauté juive orthodoxe, et de Marie-Clémence Bordet-Nicaise, éduquée dans une famille catholique pratiquante. Chaque histoire est singulière, et témoigne du long parcours auquel certain.e.s doivent faire face avant de pouvoir assumer pleinement leur identité.

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Grâce à leur projet « Coming Out », Elise et Julia, avec l’aide de Spotify France, ont pu faire un don de 20 000€ à l’association Le Refuge, qui oeuvre à aider et à protéger les jeunes LGBTQI+ en situation précaire. Un podcast d’utilité publique, et qui ne cesse de faire le buzz, jusqu’à avoir réussi à se hisser en première place du classement des podcasts français sur Spotify.

À écouter, sans modération.

Article de Léah Boukobza

Ce qui est bien avec ce confinement, c’est qu’on a le temps. Le temps de lire, de cuisiner, de se chouchouter et – on ne va pas se mentir – d’éplucher les catalogues des plateformes de streaming auxquelles on est abonné.e.s. À court d’idées sur la prochaine série que tu devrais regarder ? Je te donne ici 5 bonnes raisons de commencer Mrs. America, la nouvelle série évènement diffusée sur Canal+ depuis le 16 avril ! Mrs. America raconte de façon originale un moment historique clé du combat féministe aux États-Unis.

Crédit : Allociné

1.Mrs. America raconte de façon originale un moment historique clé du combat féministe aux Etats-Unis
Mrs. America dépeint une Amérique des années 70 tiraillée entre deux camps de femmes politisées aux revendications contraires. L’intrigue se concentre sur le personnage historique de Phyllis Schlafly, une mère au foyer conservatrice à la formation de juriste. Alors qu’elle aurait voulu participer davantage aux débats sur la lutte contre la menace nucléaire, Phyllis se retrouve finalement à batailler contre le mouvement féministe en créant la campagne ‘Stop ERA’. L’ERA, ou l’Equal Right Amendment, est un amendant constitutionnel pour l’égalité des sexes. Après une première version proposée au Congrès en 1923, le texte est finalement réintroduit au coeur des débats politiques par des féministes issues de la seconde vague. Parmi elles, Gloria Steinem, Shirley Chisholm et Betty Friedan, trois figures de proue de la lutte féministe américaine que l’on retrouve à l’écran.

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2.On y découvre un casting cinq étoiles
Mrs. America est l’occasion pour Cate Blanchett de tenir pour la première fois un rôle central dans une série. Coiffée d’un chignon tiré à quatre épingles et présentant sans cesse un sourire figé, l’actrice australienne déjà couronnée de multiples prix incarne remarquablement le rôle de Phyllis Schlafly, une anti-héroïne dont la personnalité est complexe.
Se joignent à elle des acteurs et actrices de qualité dont Rose Byrne dans le rôle de Gloria Steinem, Uzo Abuda dans celui de Shirley Chisholm, Tracey Ullman interprétant Betty Friedan, ainsi que Sarah Paulson et Margo Martingale.

Crédit : Allociné
Crédit : Allociné

3.Dahvi Waller est la créatrice de la série
Si vous ne savez pas qui est Dahvi Waller, vous connaissez pourtant certainement quelques unes des séries qu’elle a créées (et on parie que vous les avez adorées !). En effet, Dahvi Waller n’est autre que celle qui est à l’origine de Desperate Housewives et de Mad Men !

4.On adore la BO de la série
Les années 70 sont aux États-Unis le temps de la guerre du Vietnam, des revendications féministes, et l’apogée du mouvement hippie. Mais les seventies, c’est aussi une époque où la musique tient une place mémorable. Mrs. America est donc l’occasion de découvrir – ou de re-découvrir – certains des titres et des artistes phares de la décennie: les Rolling Stones, Elton John, Eagles, The Kinks, … On vous voit déjà shazamer chacune des musiques devant votre télé !

5.La série résonne avec l’actualité
Regarder Mrs. America, c’est faire un bond en arrière vers une époque où Shirley Chisholm devient la première femme noire élue au Congrès, dans une Amérique venant à peine d’abolir la ségrégation raciale. C’est également suivre de près certains des débats majeurs de la seconde vague féministe, comme l’égalité des salaires ou la légalisation de l’avortement. S’il s’agit d’une série historique, Mrs. America résonne cependant fortement avec l’actualité américaine qui connait depuis l’élection du Président Donald Trump de nombreux backlash contre le mouvement féministe. Aujourd’hui, les inégalités de salaire perdurent et le droit à l’avortement reste menacé aux États-Unis. Quand à l’ERA, il aura fallu attendre le début de l’année 2020 pour que la Virginie ne le ratifie, devenant alors le dernier État à approuver cet amendement : mieux vaut tard que jamais !

Article de Léah Boukobza

Confinée chez toi depuis maintenant plus de deux semaines, tu as eu le temps d’écumer le catalogue Netflix dans son intégralité. Tu as alors peut-être aperçu le titre de cette nouvelle série allemande – Unorthodox – se hisser parmi le top 10 des séries TV les plus regardées en France sur la plateforme. Composée de seulement quatre épisodes, la mini-série retrace la vie d’Esty, une jeune-fille juive ultra-orthodoxe New-Yorkaise qui décide de quitter la communauté dans laquelle elle a grandi pour rejoindre Berlin, où elle souhaite vivre une vie épanouie, libérée de ses obligations religieuses.

Crédit : Allociné

C’est à partir d’une histoire vraie, celle de Deborah Feldman racontée dans son livre autobiographique Unorthodox: The Scandalous Rejection of My Hasidic Roots (2012), qu’Anna Winger et Alexa Karolinski décident de raconter la vie d’Esty, un personnage fictif à travers une mini-série inspirante et émouvante.

Âgée de dix-neuf ans, Esty a grandi au sein de la communauté hassidique de Satmar dans le quartier de Williamsburg à Brooklyn. Elle n’a jamais quitté New York et voit sa vie dirigée par des préceptes religieux stricts qui semblent parfois l’étouffer. Éduquée par sa grand-mère et sa tante, elle contracte un mariage arrangé avec Yanki, un jeune-homme de sa communauté. Un an plus tard, elle décide finalement de tout quitter et part pour Berlin sans laisser aucune trace derrière elle. Une fois l’Atlantique traversé, le spectateur voit Esty se métamorphoser. D’une jeune-femme bridée dans sa condition féminine, elle se ré-approprie progressivement son corps et découvre le sentiment de liberté, notamment à travers la musique – une passion qui lui était jusqu’alors interdite.

Crédit : Allociné

Si certains passages semblent parfois trop rapides pour être vraisemblables – peut-être cela est-il dû au format du programme – Unorthodox offre tout de même un récit plein d’espoir sur une femme forte au courage remarquable. Incarné par l’actrice israélienne Shira Haas, la comédienne crève l’écran dans ce rôle qu’elle interprète à la fois en anglais et en yiddish. Elle avait par ailleurs déjà été remarquée pour son talent et sa sensibilité dans la série Les Shtisel: Une Famille à Jérusalem, qui malheureusement n’est pas encore disponible sur le catalogue Netflix français.

Crédit : Allociné

Alors ce soir, à la place de scroller ton fil d’actualité Instagram pour la dixième fois de la journée, laisse-toi embarquer par cette histoire poignante, et assiste à la renaissance d’Esty. Session de binge-watching assurée !

Article de Léah Boukobza

Alors qu’elles sont encore étudiantes à Sciences Po, Cécile et Julie décident de se lancer dans l’aventure de Feminists of Paris. Leur but ? Mêler art, histoire et féminisme à travers des visites guidées originales à Paris, Lyon et Bordeaux.

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C’est en mars 2018 que Feminists of Paris voit le jour. Après avoir chacune étudié dans des universités au Royaume-Uni, Julie et Cécile se rencontrent sur les bancs de Sciences Po où elles suivent un master. Partageant un intérêt commun pour les questions sur les inégalités de genre, elles décident d’associer leur engagement féministe à leur connaissance de la culture française et créent Feminists of Paris.

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Feminists of Paris propose des visites guidées engagées à Paris, Lyon et Bordeaux. S’il n’existe actuellement qu’un seul parcours à Lyon et à Bordeaux, un plus large choix de circuits est proposé dans la capitale. Grâce à Feminists of Paris, partez à la découverte de divers quartiers et voyagez à travers les époques tout en questionnant la place des femmes dans la culture française. Que vous optiez pour une découverte du Louvre, du Musée d’Orsay ou du Centre G. Pompidou à travers le prisme du féminisme, ou que vous préfériez plutôt une visite en extérieur, comme ‘Simone de Beauvoir et le féminisme’, ‘Les femmes au Père Lachaise’, ‘Street Art et Féminisme’ ou ‘La libération sexuelle contée par des hystériques’, chaque programme annonce un moment original, ludique, enrichissant, convivial et utile !

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Pour en savoir plus sur Feminists of Paris et s’inscrire à l’une des prochaines visites guidées (entre 13 et 29 euros), c’est par ici !

Article de Léah Boukobza

Connaissez-vous Tchika, le premier magazine féministe français pour les petites filles de 7 à 12 ans ? Né il y a un an, Tchika souhaite bousculer les codes patriarcaux selon lesquels le rose c’est pour les filles, et le bleu pour les garçons. Le but ? (Re)donner confiance aux petites filles et leur enseigner, de façon ludique et amusante, qu’elles ont le pouvoir de faire ce qui les botte. Qu’elles souhaitent devenir footballeuse, scientifique ou cuisinière, les jeunes lectrices de Tchika découvrent des thématiques inspirantes dans un magazine qui s’inscrit dans une logique de Girl Power ! 

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Retour sur notre rencontre avec Elisabeth Roman, créatrice de Tchika

1. Comment le projet Tchika est-il né, et en quoi est-il innovant ? 

Le projet Tchika est né il y a un an, alors que je venais de quitter mon poste de rédac’ cheffe de Science et Vie Découvertes, un magazine papier mensuel dont le lectorat était composé à 60% de garçons âgés de 7 à 12 ans. J’avais alors envie de créer un magazine de science pour les filles. En effet, dans les magazines non genrés, les phrases sont rédigées au masculin… Pas facile pour les filles de se projeter quand il est écrit « Tu es prêt ? ». 

Et puis, je me suis dit, pourquoi m’arrêter à cela ? En effet, les magazines pour filles tournent souvent autour de la mode, de la beauté. J’ai donc voulu créer un magazine qui n’existait pas : un magazine d’empouvoirement pour les filles ! 

2. Quel genre de contenu pouvons-nous retrouver à l’intérieur de Tchika ?

Tchika est un magazine engagé qui informe les tchikas de 7 à 12 ans et qui les aide à développer leur estime de soi, le tout, de façon amusante ! Au programme : des portraits de modèles positifs de femmes d’hier et d’aujourd’hui ; des articles intelligents et pas barbants sur la science, l’écologie, l’art ; notre rubrique Infox dans laquelle on casse divers stéréotypes de genre, comme l’idée que les garçons ne portent pas de robe, ou que le rose, c’est la couleur des filles. 

3. Pouvez-vous nous présenter les quatre Tchikas ? Comment ont-elles été créées ?

J’ai demandé à mon illustratrice fétiche, Isabelle Mandrou, de créer quatre filles qui pourraient représenter toutes les filles d’aujourd’hui. Elles sont de couleurs différentes et ont des passions variées. On y retrouve Cassandre qui veut sauver le planète ; Maé, la geek ; Manon, la psychologue ; et Lola qui aime le sport. L’objectif ? Que chaque lectrice puisse se reconnaitre dans l’un des personnages, et qu’aucune ne se sente exclue.

4. Qu’est-ce que l’empowerment, et comment en parler à des petites filles ?

L’empowerment (empouvoirement en français), c’est donner du pouvoir aux filles, un pouvoir qu’on leur refuse pourtant depuis des siècles. Il est important que dès leur plus jeune âge, les petites filles sachent que ce pouvoir leur est accessible, tout en déconstruisant les injonctions qu’elles subissent depuis la naissance. Je crois que les petites filles en ont un peu assez des princesses, et qu’elles ont envie qu’on leur dise la vérité ! 

5. Les petits garçons sont-ils également la cible de Tchika ?

La cible première, c’est clairement les filles ! Je suis pour une non-mixité occasionnelle. Cependant, plein de garçons lisent Tchika, et j’en suis ravie ! Après tout, les filles lisent depuis des années des magazines au masculin, alors qu’ils lisent des phrases féminisées, c’est très bien. D’ailleurs, je viens de faire entrer dans le troisième numéro de Tchika le point médian pour certaines phrases. 

6. Pouvez-vous nous parler de votre campagne #UnPouponPourUnGarçon ?

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Les injonctions genrées ne sont pas uniquement destinées aux filles, mais également aux garçons : « Ne pleure pas ! », « Sois fort ! », « Ne montre pas tes émotions ! ». #UnPouponPourUnGarçon, c’est permettre aux garçons de pouponner, de s’occuper d’un plus petit que soi, de s’ouvrir à la gentillesse et de développer sa compassion. C’est aussi, un peu, l’entraîner à être un papa, un rôle qu’il aura, peut-être, à tenir plus tard. Depuis que j’ai créé ce hashtag, beaucoup de gens de ma communauté ont commencé à jouer le jeu, à savoir acheter un poupon pour Noël à leur fils, neveu, filleul, petit-fils, et à poster la photo sur les réseaux. Bien sûr, après avoir lancé ce challenge, j’ai été attaquée : « la féminazie qui veut rendre les garçons homos… » Enfin, ça ne m’arrêtera pas ! 

7. Pour vous, ça veut dire quoi être féministe ?

Je suis juste étonnée que ce mot existe encore… Comment ne pas être pour l’égalité entre les femmes et les hommes ? Etre féministe c’est donc un combat. Et en ce sens, je soutiens les Femen, dignes héritières des suffragettes.

8. Un mot pour la fin ? 

Je suis admirative de cette nouvelle génération de petites filles et de jeunes filles que je rencontre. Pour moi, c’est évident, elles sauront changer le monde !

Article de Léah Boukobza

C’est au coeur du célèbre quartier londonien de Camden Town que le musée du vagin a ouvert ses portes en novembre 2019. Son but ? Briser les tabous et déconstruire les mythes qui entourent le sexe féminin. 

Crédit : Léah Boukobza

Si le musée national des Phallus existe en Islande depuis 1997, il aura fallu attendre plus de vingt ans pour assister à la naissance de son homologue féminin : le musée du vagin. L’idée vient de Florence Schechter qui, après avoir organisé plusieurs pop-up à travers le Royaume-Uni, décide en mars 2019 de lancer une campagne de crowfunding dans le but de créer le premier musée du vagin au monde. C’est finalement au milieu des stands de nourriture et de souvenirs du Camden Market que s’établit le panneau « Vagina Museum », derrière lequel se trouve un musée gratuit, engagé et didactique.

Crédit : Léah Boukobza

À peine après avoir mis les pieds dans l’enceinte du musée, une affiche indique les valeurs de cet espace : respect, intégrité, émancipation, inclusion,  ainsi que les missions qu’il se donne. Parmi elles, sensibiliser le public à l’anatomie de l’appareil génital féminin, éradiquer les idées reçues qui l’entourent, et défier les concepts d’hétéronormativité et de  cisnormativité qui régissent notre société. 

Avec sa première exposition, le musée du vagin souhaite déconstruire une quinzaine de mythes autour du sexe féminin. Constitutif de l’anatomie de la moitié de la population, le vagin reste cependant tabou et mal connu. Après avoir soumis les visiteurs du musée à un test de connaissances, l’exposition commence par reprendre les bases anatomiques de l’appareil génital féminin. C’est ensuite de façon pédagogique que l’exposition lutte contre plusieurs idées préconçues, dont celles voulant qu’il soit impossible de tomber enceinte lors de sa première relation sexuelle ou si le partenaire se retire avant d’éjaculer; qu’une personne possédant un vagin est nécessairement une femme; que les règles sont sales; ou encore qu’une femme n’est plus vierge après avoir utilisé un tampon. 

Crédit : Léah Boukobza

L’exposition rappelle qu’une mauvaise connaissance de sa propre anatomie peut impacter de façon négative le corps humain. Le musée s’inscrit donc dans une démarche de sensibilisation et de santé publique. Viva la Vulva ! 

Où ? Unit 17&18 Stables Market Chalk Farm Road London, NW1 8AH

Quand ? Lundi-Samedi : 10h – 18h / Dimanche : 11h – 18h

Article de Léah Boukobza

Aujourd’hui, mardi 5 novembre, dès 16h47, les femmes travailleront gratuitement en France jusqu’à la fin de l’année, à cause des inégalités salariales entre les hommes et les femmes (date symbolique définie par Les Glorieuses). Si la première loi sur l’égalité salariale de 1972 inscrit que « tout employeur est tenu d’assurer, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes », la réalité est toute autre, puisque les salaires des femmes restent inférieurs à ceux des hommes. Selon les calculs, cet écart de salaire varie entre 23,7 % (écart de la somme de tous les salaires nets perçus au cours de l’année entre les hommes et les femmes quelque soit le temps de travail) et 9% (écart des salaires à travail égal et à compétence égale). C’est face à ce constat accablant qu’Equally Work, la première plateforme digitale et participative d’évaluation des pratiques discriminantes au travail, décide de lancer PinkJobs.

PinkJobs

PinkJobs, qu’est-ce que c’est ? 

PinkJobs est une fausse start-up qui propose aux employeurs divers profils de femmes qu’ils pourront payer moins cher. À peine connecté.e. au site, la promesse de PinkJobs s’affiche sur votre écran : « Recrutez une femme et faites des économies ». En continuant à naviguer sur le site, il est possible de découvrir plusieurs candidates, comme Marjorie B., chargée de communication qui sourit poliment aux blagues sexistes et avec qui vous ferez une économie sur salaire de 14%, ou Sophie M., commerciale, que vous pourrez directement envoyer au placard si elle tombe enceinte ! PinkJobs l’assume : « Embaucher une femme, c’est comme un homme, mais moins cher ! »

PinkJobs

En découvrant les diverses rubriques du site – les profils des candidates, les avis des clients satisfaits et les commentaires positifs de la presse – le lecteur éprouve un sentiment partagé entre une envie de rire (gêné ?) et de se révolter. Cette réaction double et ambivalente est le fruit du raisonnement par l’absurde tenu par la start-up fictive. Son but est de nous faire réagir face au fait qu’aujourd’hui en France il existe une différence de salaire entre les femmes et les hommes de 23,7%. Et ça, c’est bien réel ! 

Rencontre avec Morgane Dion, CEO d’ Equally Work et fondatrice de PinkJobs

Morgane Dion
  • Comment t’est venue l’idée du projet PinkJobs ? Pourquoi avoir choisi de faire une campagne pour l’égalité salariale hommes/femmes sur un ton décalé et humoristique ?

Sur les questions d’inégalité salariale, comme sur les questions de discrimination au travail de manière générale d’ailleurs, beaucoup de règles existent et encadrent les dérives : que ce soient des règles morales (souvent  bafouées), des règles légales (la France en possède de très nombreuses, souvent ignorées, volontairement ou pas), voire des règles financières (souvent minimisées). 

Mais ces règles n’empêchent pas les inégalités, les discriminations : sur la question des inégalités de salaire Femmes/Hommes, la première loi remonte à 1972 avec la reconnaissance du principe « à travail égal, rémunération égale », loi qui a été complétée en 1983 par la loi Roudy. Et pourtant on voit bien où on en est aujourd’hui : les inégalités persistent, parce qu’il y a une différence entre la loi, et l’application de celle-ci. 

Alors, il faut chercher de nouvelles formes de ripostes, des nouveaux champs de bataille : avec Equally Work on a choisi de s’attaquer à l’image des employeurs. Avec la campagne Pinkjobs, on a voulu passer par l’absurde pour faire réagir. Grâce à l’humour et à l’absurde, il est possible de soulever des phénomènes et de les porter à l’attention de plus de monde. Mais ce qui est réellement absurde, comme on le dit sur le site de PinkJobs, c’est qu’on se soulève contre l’idée même de Pinkjobs alors que la réalité n’est pas mieux, voire, pire. L’humour est un moyen fort qui nous met face à nos propres contradictions.

  • Aurais-tu une anecdote à nous raconter pour illustrer la question des inégalités salariales entre les hommes et les femmes ?

C’est plus une actualité qu’une anecdote. Récemment, une salariée à la retraite qui avait porté plainte contre son employeur Generali Vie pour inégalité salariale a obtenu gain de cause. En 2010, après 31 ans de salariat dans l’entreprise elle s’était rendue compte qu’elle touchait chaque mois 416 euros brut de moins que son collègue embauché un an après elle pour le même travail. Elle avait alors demandé des augmentations pour rattraper cet écart, mais celles-ci lui avaient été refusées. Une fois à la retraite et après 41 ans d’ancienneté, la femme décide de faire appel aux prudhommes. Le calcul a été fait :  151 euros pour compenser l’inégalité salariale dont était victime l’ex-employée, plus 5 000 euros de préjudice moral et 5 000 euros pour violation des accords relatifs à l’égalité professionnelle = 161 000 euros d’indemnisation

Évidemment, la société Generali Vie a décidé de faire appel en contestant la discrimination salariale. L’indemnisation ne sera donc peut-être pas versée, mais je pense qu’on a ici une illustration concrète de ce que peuvent représenter les inégalités salariales à titre individuel.  

  • Selon toi, quelles mesures le gouvernement devrait-il mettre en place pour diminuer les inégalités salariales ? Quelles sont les obligations légales déjà en place à ce jour ?

La France dispose d’un véritable arsenal en ce qui concerne l’encadrement des inégalités salariales, dont la base est constituée des lois de 1972 et 1983 (appelée loi Roudy et qui crée l’obligation de produire un rapport annuel sur la situation comparée des hommes et des femmes dans les entreprises en matière d’emploi et de formation). Ces deux lois interdisent les différences de salaire entre les hommes et les femmes pour un travail égal. 

De plus, le code du travail impose à l’employeur d’établir chaque année les indicateurs relatifs aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes au sein-même de son entreprise. 

Enfin, depuis le 1er mars 2019, les entreprises de plus de 1000 salarié.e.s sont dans l’obligation de répondre à l’Index, instauré par le Ministère du Travail. Les employeurs avec un score inférieur à 75 points (sur 100) à cet Index doivent mettre en œuvre les mesures de correction qui leur permettront d’atteindre ce niveau dans un délai de 3 ans maximum. Peu importe notre avis sur la pertinence de la méthodologie de cet Index ou de sa mise en pratique, quoi qu’il en soit, au niveau légal, l’obligation existe bien. 

Et puis rappelons-le, l’article 3 du préambule de la constitution de 1946, qui a valeur constitutionnelle, précise bien que « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme ».

Cependant, au-delà du principe nécessaire de verser un salaire égal à poste égal, une dynamique complexe persiste : la question de la répartition du travail. En effet, les femmes sont encore trop souvent celles qui occupent les emplois précaires, à temps partiel, etc. À titre d’exemple, en 2016, les femmes étaient près de quatre fois plus souvent à temps partiel que les hommes : 30% d’entre elles contre 7% pour les hommes (source Insee). Or, ce sont évidement les postes les moins rémunérateurs. De même, on trouve toujours plus d’hommes aux échelons supérieurs (cadres, managers, direction) que de femmes.

De mon point de vue, et parce qu’il existe déjà un arsenal législatif, il faut passer à des mesures plus drastiques et notamment afficher publiquement les bons et les mauvais élèves. Le gouvernement en avait parlé l’année dernière, il ne s’est rien passé. Et on aurait pu espérer que l’Index irait dans ce sens, mais ce n’est pas le cas. Il faut une vraie transparence sur les pratiques des entreprises. C’est la raison principale de la création d’Equally Work : le gouvernement ne le fait pas, alors nous nous allons le faire.

En revanche, il reste des points spécifiques à mesurer et à changer. Par exemple, le congé parental. Une étude très récente de l’Insee a évalué qu’en moyenne, les femmes perdent 25 % de leur salaires cinq ans après la venue d’un bébé. Pourquoi ? Parce qu’on ne leur accorde pas l’augmentation légale qu’elles auraient du avoir à leur retour, parce qu’elles sont parfois rétrogradées, parce qu’on ne leur permet pas d’évoluer, et tout un tas d’autres raisons. Pourquoi les hommes ont-il un congé paternité plus court que le congé maternité ? Si chacun des parents avaient la même possibilité de congé parental, les femmes ne seraient plus discriminées à leur retours ! Et puis, il faut que les salarié.e.s soient formé.e.s à leurs droits et leurs recours, et que les managers et les directions soient formé.e.s à leurs obligations et aux bienfaits des politiques d’égalité. 

  • En quoi les biais cognitifs ont-ils une influence sur les différences de salaire femmes/hommes ?

Selon l’OCDE, alors même que les femmes sont en moyenne plus diplômées que les hommes, elles restent « moins susceptibles que ces derniers d’exercer une activité rémunérée ». 

Cela peut être expliqué, d’une part, par le fait qu’il existe un biais inconscient chez les femmes qui les amène à minimiser ce qu’elles se sentent capables de faire ou non. C’est pour cela que moins de femmes demandent des augmentations. Et puis, le système éducatif, entre autres, leur indique très clairement ce qu’elles peuvent faire ou non. En général, c’est pour leur dire inconsciemment que les métiers rémunérateurs ne sont pas faits pour elles !

Le biais affinitaire est également primoridial. Il s’agit de la tendance à favoriser ce qui nous ressemble. Et en toute logique, comme ce sont principalement des hommes qui sont en posture de pouvoir (et notamment des hommes cis-genre, blancs, etc.), ils vont avoir tendance à favoriser (recrutement, primes, promotion etc.) ceux qui leur ressemblent, au détriment des femmes et des minorités. 

  • Un dernier mot pour la fin ?

Deux mots pour la fin : s’informer et informer. 

S’informer sur ses droits, sur les pratiques des employeurs et sur les conditions de travail avant de postuler. 

Et informer sur ce que l’on a vécu. Prendre la parole sur ces sujets d’inégalité et partager. C’est toute l’idée d’Equally Work : toute seule notre voix a une portée limitée, mais tous et toutes ensemble, nos voix peuvent vraiment obliger les employeurs à prendre leurs responsabilités et à changer leurs pratiques ! 

Article de Léah Boukobza

Le 28 septembre marque la journée mondiale du droit à l’avortement. L’occasion pour nous de revenir sur ce droit dont les femmes, malheureusement, ne jouissent pas de façon égale à travers le monde. 

Aujourd’hui, les femmes sont inégales et ne disposent pas unanimement du droit à disposer de leur propre corps suivant le pays dans lequel elles résident. Le droit à l’avortement n’est pas octroyé à toutes, et continue à présenter d’importantes disparités à travers le monde. Si le nombre d’Etats autorisant aux femmes d’avorter lorsque leur grossesse présente un risque vital a augmenté avec les années, certains pays comme Malte, le Salvador ou le Nicaragua appliquent encore des lois strictes qui considèrent l’avortement comme un crime. 

Comme le rappellent l’ONU et l’OMS, pénaliser l’avortement ne se traduit pas nécessairement par un nombre amoindri de femmes y ayant recours. En revanche, le pénaliser oblige celles qui avortent à se soumettre à une pratique qui souvent met leur vie en danger. Les avortements causeraient la mort d’environ 47 000 femmes chaque année. En effet, les avortements clandestins sont le plus souvent pratiqués dans des conditions sanitaires déplorables qui font courir de nombreux risques à celles qui y ont recours. En moyenne et selon des chiffres de 2011, les dangers sur la santé suite à un IVG seraient quatre fois plus importants dans les pays ayant des lois restrictives à son sujet. C’est notamment face à ces chiffres alarmants que différentes associations et ONG militent pour ce droit, le droit à la santé étant l’un des droits fondamentaux de tout être humain. 

Qu’en est-il du côté de la France ?

Aujourd’hui en France, et depuis 1975, les femmes disposent du droit à l’avortement. Revenons sur ce combat mené dans notre pays il y a plus de 40 ans. 

Au début des années 70, 300 000 femmes avortent clandestinement chaque année en France, où elles risquent six mois de prison. L’acte n’est pas sans conséquence puisqu’une femme meurt tous les jours dans le pays suite à cette opération. Face aux risques, certaines Françaises, les plus aisées, décident de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni, où l’avortement est légal depuis 1967. 

Devant ce qu’elles considèrent comme une injustice, 343 femmes décident de se faire entendre et publient « Le manifeste des 343 salopes » dans Le Nouvel Observateur, en avril 1971. Le texte, rédigé par Simone de Beauvoir, est notamment signé par Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Gisèle Halimi et Agnès Varda. Toutes déclarent avoir déjà eu recours à un avortement dans un texte fort qui débutent par ces mots « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. ». 

Alors que le débat autour de l’interruption volontaire de grossesse est de plus en plus vif, le procès de Bobigny en 1972 l’exalte davantage. Il s’agit d’une affaire dans laquelle cinq femmes sont jugées : Marie-Claire, 16 ans, qui a avorté après s’être faite violée par un garçon de son lycée, et quatre femmes, dont sa mère, qui l’ont aidée et accompagnée dans ce processus clandestin et tumultueux. Celles-ci seront défendues par la célèbre avocate Gisèle Halimi, faisant de ce procès une affaire publique extrêmement suivie par les Français. 

C’est dans ce contexte particulièrement houleux que Simone Veil est désignée ministre de la Santé sous le gouvernement Chirac, en 1974. Elle est alors chargée de préparer le projet de loi qui dépénalisera l’avortement en France. Celui-ci est présenté à l’Assemblée nationale en novembre 1974, et mène à 72 heures de débat entre les députés, qui à l’époque, sont à 98 % de sexe masculin. C’est donc face à 420 hommes et 9 femmes que Simone Veil délivre un discours poignant, accueilli par des applaudissements ainsi que des critiques. Un député n’hésitera d’ailleurs pas à comparer l’avortement à la Solution finale nazie, en disant que légaliser l’avortement reviendrait à jeter les embryons au four crématoire – une comparaison malvenue lorsque l’on connait le passé douloureux de la Ministre… 

La loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, communément appelée loi Veil, est finalement adoptée le 29 novembre 1974, et entre en vigueur l’année suivante. Le délai légal pour avorter est alors de 10 semaines en France, et sera rallongé à 12 semaines de grossesse en 2001. Dès mars 2013, l’IVG est remboursée à 100 % pour toutes les femmes. 

La journée mondiale du droit à l’avortement, si elle est en réalité nationale, reste l’occasion de rappeler que toutes ne sont pas libres de disposer de leur corps comme elles le souhaitent à travers le monde. La récente tribune rédigée par l’écrivaine Leila Slimani et la réalisatrice Sonia Terrab évoque la situation au Maroc, dont les deux femmes sont originaires. Réunissant 490 signataires, le texte s’adresse au gouvernement marocain qui persiste à imposer un contrôle des moeurs jugé obsolète et hypocrite puisqu’il interdit notamment l’avortement alors même que « chaque jour, [au Maroc], entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués ». Les signataires qui se désignent comme « hors-la-loi » souhaitent, grâce à cette tribune, ouvrir un débat national. 

https://twitter.com/AliBaddou/status/1176058174010527750

Article de Léah Boukobza

Crédit : Saint Hoax

À ce jour, lundi 26 août, 97 victimes de féminicide ont perdu leur vie en France depuis le début de l’année 2019. Un nombre qui croit de façon exponentielle, puisque l’on considère qu’aujourd’hui, en France, une femme est tuée tous les deux jours.

Le féminicide, c’est quoi ? 

Le féminicide, aussi appelé fémicide, est un concept inventé au début des années 1990 par Diana Russel, écrivaine et activiste féministe sud-africaine. Selon elle, un féminicide est « le meurtre de femmes par des hommes parce qu’elles sont des femmes »

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) souligne la différence entre un féminicide et un homicide perpétré sur un homme. En effet, dans la majorité des cas de féminicides, les femmes sont tuées par leur partenaire actuel ou ancien partenaire, et ont souvent précédemment été victimes de menace, violence ou intimidation régulière au sein même de leur foyer. Les victimes sont généralement dans une situation où elles ont moins de pouvoir et de ressource que leur conjoint.  

L’OMS distingue quatre types de féminicide : 

  • Le féminicide intime, qui est le plus courant, et représente 35% des meurtres de femmes à travers le monde. Il s’agit d’un meurtre commis par un conjoint, actuel ou ancien. À titre de comparaison, on estime que seulement 5% des meurtres sur les hommes ont été commis par leur partenaire, souvent d’ailleurs suite à de la légitime défense. 
  • L’homicide commis au nom de l’honneur, qui comptabilise environ 5000 meurtres par an. Il est généralement perpétré par le partenaire de la victime, ou un membre de sa famille, pour protéger une réputation au nom de valeurs morales.  
  • Le féminicide lié à la dot, un crime majoritairement présent en Inde où l’on estime que près de 25 000 femmes auraient été tuées entre 2012 et 2015 pour ce motif. 
  • Le féminicide non-intime, c’est-à-dire un crime prenant expressément pour cible une femme, et qui implique souvent une agression sexuelle. 

Quelques chiffres alarmants 

Collecter le nombre de féminicides dans le monde n’est pas une mince affaire. La définition de ce qu’est un féminicide n’est pas la même dans tous les pays, et certains crimes restent cachés et ne sont pas comptabilisés par les organismes officiels. Il est donc conseillé d’estimer les chiffres donnés comme une moyenne basse du nombre actuel de féminicides. 

En 2017, on comptabilise 87 000 féminicides sur la planète. 58% des femmes victimes de ce crime cette année-là ont été tuées par un conjoint ou membre de leur famille. On considère alors que toutes les heures, six femmes sont tuées par une personne qui leur est proche.   

Si l’on compare les homicide d’hommes aux féminicides, on constate que le nombre d’homicide volontaire d’un homme est bien supérieur à celui d’une femme. Pour 80 % d’hommes assassinés, « seulement » 20 % de femmes le sont. Cependant, la tendance s’inverse lorsque l’on se concentre uniquement sur les homicides commis par des partenaires dits intimes : 18 % des victimes sont des hommes, et 82 % des femmes. 

Zoom sur la France

Lundi 26 août tombait la 97ème victime de féminicide en France depuis le 1er janvier 2019. 

En 2018, selon l’Etude nationale relative aux morts violentes au sein du couple publiée par le Ministère de l’Intérieur, 149 homicides commis par un partenaire, actuel ou non, ont été tuées. Parmi eux, 28 hommes tués et 121 féminicides, soit 81,2 %. 

Une femme meurt tous les deux jours en France. Elle a souvent déjà été victime de violence conjugale précédemment, mais rares sont celles qui portent plainte contre leur agresseur. En effet, selon le rapport 2018 officiel « Où est l’argent contre les violences faites au femmes », 225 000 femmes sont victimes de violences conjugales (un nombre, une fois encore, à estimer comme en-dessous du nombre réel), mais seulement 14% portent plainte. Ce même rapport calcule qu’il faudrait environ 506 millions d’euros pour une prise en charge de qualité, une estimation bien au-delà du montant généralement accordé, d’environ 79 millions d’euros. 

Si les associations militent pour l’augmentation du budget accordé à la prise en charge des femmes battues, certaines se battent également pour la reconnaissance juridique du terme féminicide.

Apparu seulement en 2015 dans le dictionnaire Robert, le mot « féminicide » est absent du cadre légal français, au contraire des termes « infanticide » et « parricide ». Le féminicide est alors souvent apparenté à un crime passionnel, ce qui retire le caractère misogyne de l’acte. 

C’est notamment grâce aux militants contre le féminicide qu’Edouard Philippe a décidé d’introduire le Grenelle des violences conjugales à Matignon, où se réuniront ministres, associations, administrations, et familles des victimes pour réfléchir à une meilleure façon de lutter contre ce fléau. Le Grenelle se tiendra le 3/9/19, en écho au 3919, le numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences.  

« Les droits des femmes sont les droits humains et les attaques visant les femmes sont des attaques sur nous tous. Voilà pourquoi nous devons y répondre ensemble. » – Antonio Guterres – Secrétaire Général des Nations Unies (Mars 2017). 

Article de Léah Boukobza

Depuis quelques temps, vous avez probablement beaucoup entendu parler de la fast fashion. Mais savez-vous vraiment ce que ce terme anglo-saxon signifie ? Voulez-vous apprendre à changer votre façon de consommer et de porter vos vêtements et accessoires, tout en restant toujours aussi stylé(e) ? 

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La Fast Fashion, Kézako ? 

La fast fashion, c’est le terme en anglais qui désigne le fait que aujourd’hui, et depuis la fin des années 90, la plupart des vêtements que l’on trouve dans les grandes enseignes sont fabriqués très rapidement (d’où l’utilisation du mot fast) et sont vendus à faible coût à des consommateurs qui perçoivent alors davantage leur achat comme quelque chose d’éphémère. Il est loin le temps de nos grands-parents où l’on se refilait ses vêtements sur plusieurs générations jusqu’à ce qu’ils soient tellement usés qu’ils en devenaient importables ! Aujourd’hui, le laps de temps étant extrêmement faible entre la production et la distribution dudit vêtement, qui par ailleurs est à un prix souvent très abordable, le consommateur se retrouve alors avec l’envie d’acheter beaucoup plus de pièces qu’il n’en a besoin, et donc de se lasser et se débarrasser plus rapidement de ses « anciens » vêtements. 

Mais attention ! Fashion alert ! A cause de cette nouvelle façon de consommer la mode, l’industrie du textile est devenue aujourd’hui la deuxième industrie la plus polluante au monde, juste derrière celle du pétrole ! Et contrairement à certaines idées reçues, ce n’est pas uniquement la production des vêtements qui abîme notre planète, mais également notre façon à toutes et à tous de consommer la mode. 

En effet, la production textile est souvent extrêmement polluante, à cause d’un usage en grande quantité de pesticides, d’insecticides et d’eau. À titre d’exemple, la production du coton, qui ne représente seulement que 2,4% des terres cultivées, utilise à elle seule 24% d’insecticides, 11% de pesticides, et requiert 11000 L d’eau pour chaque kilo de coton cultivé, ce qui équivaut à plus de 65 bains pour un unique kilogramme de coton ! 

Si la production textile est bien souvent extrêmement polluante, l’utilisation que nous faisons de nos vêtements une fois achetés l’est aussi. En effet, 70 % des vêtements rangés dans notre garde-robe ne seraient pas utilisés. À cause de la fast fashion, nous avons tendance à nous lasser plus rapidement de nos vêtements, et à vouloir les remplacer pour de nouvelles trouvailles qui, de surcroit, sont souvent à un prix attractif. La fast fashion incite donc ses consommateurs à penser ses vêtements comme étant immettable, alors qu’ils n’ont en réalité été portés que très peu de fois et sont encore souvent utilisables, sans trou ni tâche à l’horizon !

En France, on considère qu’une femme achète en moyenne 30 kg de vêtements par an. Ceci est la conséquence de la fast fashion qui mène l’acheteur non plus à consommer, mais à surconsommer. Malheureusement, beaucoup de consommateurs de la fast fashion ne sont pas nécessairement au courant de leur impact personnel sur l’environnement. S’ils n’aiment plus une des pièces de leurs penderies, ils vont bien souvent la mettre à la poubelle. De l’autre côté de la Manche, au Royaume-Uni, 75% des vêtements finissent dans des décharges, ce qui correspond à près d’un millard de pounds dans les poubelles. Les vêtements et accessoires représentent alors 30% des ordures envoyées dans les décharges – un désastre pour l’écologie ! Jeter ses vêtements à la poubelle dégrade considérablement l’environnement, et il est donc important d’apprendre à les recycler !

Et alors, on fait comment ?

Amoureuse de la mode, votre coeur bat au rythme des collections des marques que vous chérissez. Celui-ci balance entre votre envie de vous procurez le dernier petit top tendance que vous avez vu sur toutes les photos insta des comptes que vous suivez, et votre désir de ne pas faire davantage de mal à votre planète. On vous donne trois conseils pour tenter d’y arriver : 

1.Pensez à recycler les vêtements dont vous ne voulez plus

Lorsqu’un vêtement ne vous plait plus, et reste en boule au fond de votre armoire, réagissez ! Il pourrait faire des heureux. 

En effet, si votre vêtement est toujours en bon état, pourquoi pas le donner à des oeuvres de charité qui l’offriront à des personnes dans le besoin ? Vous pouvez notamment contacter Emmaüs, La Croix Rouge, Le Secours Populaire, ou n’importe quelle autre association qui vous tient à coeur. 

Si votre vêtement est usagé, il est alors possible de le recycler. Pour cela rien de plus simple, direction le conteneur le plus près de chez vous ! Déposez vos vêtements, chaussures ou sacs abimés, et ils seront récupérés puis recyclés ! 

Certaines marques, comme H&M ou & Other Stories, propose même à leurs clients de ramener des sacs de vêtements dont ils ne veulent plus pour les recycler. Le bonus, un bon d’achat ou de réduction offert pour chaque sac déposé ! 

2. Essayer d’acheter des vêtements produits par des marques eco-friendly

De plus en plus d’enseignes se sentent concernées par l’impact de l’industrie textile sur l’environnement. Certaines décident alors d’agir, et ça, on applaudit ! 

Parmi elles, on retrouve le géant Adidas qui s’est engagé à réduire de 30% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et se donne pour objectif de n’utiliser uniquement que du plastique recyclé dans ses produits d’ici 2024. 

D’autres marques, comme Sézane ou Maisons Standards choisissent également avec soin les matières premières qu’elles utilisent pour produire leurs vêtements, et promettent des étiquettes claires et transparentes pour le consommateur. La preuve qu’il est possible d’être engagé tout en gardant du style ! 

3. Pensez à la seconde-main et à l’upcycling 

Pour être bien habillé(e), original(e) et ne pas faire de mal à l’environnement, rien de mieux que la seconde-main et/ou l’upcycling. L’upcycling consiste à redonner vie à des matériaux et/ou produits dont on n’a plus l’utilité, car comme disait le célèbre Lavoisier « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Pensez-donc à récupérer la jolie dentelle d’une jupe que vous ne mettriez plus, ou les boutons d’un pull qui bouloche, et à les coudre pour customiser des pièces plus simples de votre garde-robe. 

Malheureusement, ce n’est pas toujours si simple de savoir comment customiser un vêtement ou de voir le potentiel d’une pièce trouvée en friperie. On vous conseille alors vivement de regarder les vidéos de la jeune youtubeuse Clara Victorya, qui propose du contenu de qualité pour aider celles et ceux qui la suivent à choisir avec soin des pièces de seconde-main et/ou à les upcyler pour leur donner une nouvelle vie ! 

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Article de Léah Boukobza