De gauche à droite : Juliana Bod, Khaoula Elagouni, Melinda Berquier, Inès Leonarduzzi et Elsa Cohen

Il y a quelques mois, notre saison 1 de podcasts s'achevait... Il est donc temps pour nous de vous parler de la deuxième, axée cette fois sur le numérique et la tech !

Tout d’abord : connaissez-vous POP School ? C’est un très chouette organisme qui propose des formations aux métiers du numérique accessibles à tous.tes et qui donne leur chance aux passionné.e.s, peu importe leur niveau d’études et/ou leurs diplômes. La seule qualité requise ? Être motivé.e.

Les formations courtes, sur deux-trois jours, permettent de développer des compétences numériques dans des domaines inhérents au monde hyperconnecté au sein duquel nous évoluons : bureautique, Community Manager, Photoshop, InDesign et Illustrator. Quant aux formations plus longues, sur 6-7 mois, elles concernent elles aussi des domaines variés, tels que la cybersécurité, le développement web, le développement d’applications, etc. À l’issue de ces formations, remboursées à 100 % : la possibilité de valider une certification ou un titre professionnel reconnu par le marché du travail !

C’est donc naturellement que, pour cette nouvelle saison de podcasts, Paulette a eu envie de s’associer à POP School pour inspirer les femmes et les personnes assimilées comme telles – leur montrer que, contrairement aux idées reçues, les métiers de la tech et du numérique sont à leur portée !

C’est alors main dans la main avec Orange, une entreprise engagée pour l’égalité numérique, que nous sommes particulièrement fier.e.s de vous présenter une deuxième saison de cinq épisodes. Les mercredis 5 et 19 mai, et les mercredis 2, 16 et 30 juin, venez découvrir, au micro de notre duo de choc Ilham et Merry, les parcours de femmes, aussi différentes les unes que les autres, qui nous ont touché.e.s :

Inès Leonarduzzi, 33 ans, fondatrice et présidente de Digital for the Planet, conférencière et autrice

Dans cet épisode, Inès nous parle de la manière dont Internet a changé sa vie et du jour où elle a littéralement démantelé un ordinateur pour en comprendre les mécanismes. De sa passion pour l’informatique et de ses réticences envers ce milieu assiégé par des hommes – réticences qui l’ont poussée à se diriger dans un premier temps vers l’Art et la Littérature.

Alors, comment en est-elle arrivée à créer Digital for the Planet, une ONG qui promeut l’écologie numérique ? Et d’ailleurs, qu’est-ce que la pollution numérique environnementale ? Qu’est-ce qui la produit ? Quel est son impact sur la planète ? Quel est le lien entre un like sur Instagram et les énergies fossiles ? Inès nous explique tout, sans prendre des gants, mais avec beaucoup de bienveillance.

 

Khaoula Elagouni, 36 ans, manageuse d'une équipe de recherche en Intelligence Artificielle dans le domaine du numérique chez Orange

C’est quoi, l’Intelligence Artificielle ? Peut-elle être éthique et responsable ? Tout en nous racontant son riche parcours – de sa passion, enfant, pour les maths à son job chez Orange en passant par l’obtention de son doctorat deux semaines avant l’accouchement de son premier enfant –, Khaoula met en lumière ce domaine trop peu connu, mais ô combien fascinant :  l’Intelligence Artificielle.

Frustrée par le système éducatif français, mais motivée par l’envie de le révolutionner, Elsa insiste pour passer son bac en candidate libre et ainsi prendre le temps de trouver sa voie. Comment a-t-elle réussi à obtenir (haut la main) son bac en autonomie, tout en effectuant des stages dans des start-up ? Est-ce que cette méthode est accessible à tous.tes ? Peut-on réussir sa vie professionnelle tout en sortant des sentiers tracés par le système éducatif traditionnel ? C’est un parcours tout à fait atypique qu’on vous livre ici, qui sent bon la transgression réfléchie et la création entrepreneuriale grâce à Internet – de très bon augure pour les générations à venir !

Melina Berquier, 26 ans, ancienne apprenante de POP School, aujourd'hui développeuse web-mobile chez Atos

Comment est-elle passée de l’usine Renault aux « bancs » de POP School ? Comment est-elle parvenue à associer passion et travail ? L’optimisme et la bonne humeur de Melinda nous accompagnent tout au long de cet épisode pour comprendre comment elle s’est frayée, seule mais armée de volonté, un chemin dans un monde dont les places sont encore principalement occupées par les hommes.

Juliana Bod, 29 ans, ancienne employée d'Orange Cyberdefense, actuellement freelance dans la cybersécurité et le développement JAVA

Il se trouve que Juliana est une touche-à-tout : en plus d’être passionnée par la cybersécurité, inspirée par le fameux personnage d’Abby dans NCIS, elle travaille également dans l’événementiel, la musique et le coaching vocal (si, si !). Et elle trouve même du temps pour dispenser des cours d’informatique, de technique et de gestion de projet. Clairement, elle a plusieurs cordes à son arc – parce qu’elle en a profondément besoin pour s’épanouir, s’amuser et surtout ne jamais s’ennuyer. En quoi consistent toutes ses casquettes, concrètement ? Quelles difficultés a-t-elle rencontrées ? Qu’est-ce qui l’a poussée à oser se mettre à son propre compte ? Le 30 juin, Juliana livrera tous les secrets de son parcours multidimensionnel, avec beaucoup d’engouement et de jovialité. Du bonheur à écouter !

Rendez-vous dans deux jours, sur votre plateforme d’écoute habituelle, pour la sortie du premier épisode !

Parce que les combats sont tous intimement liés pour espérer obtenir un monde plus juste, nous vous proposons trois lectures pour valoriser le sexpowerment et lutter contre le racisme, la transphobie, la domination masculine. Je lis… je lutte !

ILLUSTRATION MÉLANIE BEGUIER

Pour le plaisir

La question était urgente, brûlante. L’orgasme féminin, éternel oublié de la médecine, semble ces dernières années retrouver peu à peu un chemin vers la lumière. On sonde les spécialistes, on interroge les praticien.ne.s. Ainsi, le clitoris, la masturbation et l’éjaculation féminines – autant de mots que personne n’osait prononcer il n’y a encore pas très longtemps – retrouvent aujourd’hui une place dans les foyers et les intimités.

Dans cette optique de réappropriation des corps et des sensations, l’autrice et journaliste canadienne Sarah Barmak a publié l’an passé chez Zones Jouir. En quête de l’orgasme féminin, un livre à la fois reportage et essai sur la jouissance féminine. Le sujet, vaste, passionnant, prend dans ce livre préfacé par l’autrice Maïa Mazaurette toutes ses aises. Sarah Barmak y questionne l’Histoire pour mieux analyser et comprendre le présent, faisant taire celles et ceux qui estimeraient qu’on parle suffisamment de sexe. Au sommaire, petit tour d’horizon de la situation, visite d’un sex-shop à Toronto où s’organisent des réunions dédiées aux femmes qui veulent apprendre à jouir et une démonstration de méditation orgasmique en plein cœur du festival Burning Man.

Jouir. En quête de l’orgasme féminin, Sarah Barmak, éd. Zones, 17 €

Terreur sur le divan

À l’occasion des journées internationales de l’École de la cause freudienne, organisées à Paris en 2019, le philosophe Paul B. Preciado s’est exprimé devant 3 500 psychanalystes. Il revenait, entre autres, sur la complicité de toute une profession à pratiquer la psychanalyse en utilisant la notion de différence sexuelle et le diagnostiquant, lui, homme trans, ouvertement « malade mental ».

Dans son discours, aujourd’hui publié chez Grasset par souci d’exactitude – le discours, filmé par des téléphones et retranscrit par petits bouts, méritait une publication dans son intégralité –, le philosophe expose sa propre réalité, faisant de son corps « monstrueux » un manifeste politique et un spectacle public au service d’une cause plus grande. Son but ? Dénoncer que les normes sexuelles d’aujourd’hui, défendues par la psychanalyse, sont le produit d’une idéologie patriarco-coloniale et productrices d’oppressions et de violences.

En se comparant au singe de Kafka, qui comprit rapidement que, pour s’en sortir dans le monde humain, il devait en apprendre les codes, Paul B. Preciado clame la liberté de son corps trans, la liberté, du moins, d’avoir pu choisir sa propre cage plutôt que celle imposée par son genre de naissance dans une société hétéro-patriarcale où les différences sont considérées comme pathologiques. Après Un appartement sur Uranus, Paul B. Preciado signe un nouvel ouvrage percutant et essentiel, à la force pédagogique importante dans une société qui peine à tendre l’oreille.

Je suis un monstre qui vous parle, Paul B. Preciado, éd. Grasset, 9 €

Carrefour d’histoires

En 2019, le prestigieux prix littéraire britannique Man Booker Prize récompensait simultanément l’autrice Margaret Atwood pour son roman Les Testaments et Bernardine Evaristo pour son roman Fille, femme, autre, faisant de cette autrice britannique et nigériane, populaire pour ses ouvrages qui explorent la diaspora africaine, la toute première lauréate noire de l’histoire du prix.

Son roman lauréat, huitième de l’autrice et désormais disponible en français, est un roman absolument admirable, autant dans la forme que dans le fond. Fille, femme, autre donne la parole à onze femmes et un homme trans, presque tou.s.tes noir.e.s, avec une liberté de ton fascinante. Et si elles.il sont certes issu.e.s de classes ou de milieux différents, ayant des vies sociales et sexuelles différentes, elles.il expérimentent à leur manière la violence du système patriarcal, le racisme, mais aussi les aléas de la vie.

C’est grâce à cette multiplicité des points de vue, les personnages, liés de manière plus ou moins subtile, offrent un portrait non pas exhaustif évidemment (comment pourrait-il l’être ?) des femmes racisées en Grande-Bretagne mais, tout de même, d’une diversité remarquable et importante dans cette manière d’exposer différentes trajectoires très loin des clichés et du misérabilisme. Tout ceci servi par une écriture de talent, qui fait fi, entre autres, de la ponctuation.

Fille, femme, autre, Bernardine Evaristo, éd. Globe, 22 €

Article du numéro 48 « Nouveaux.lle.s leaders » par Marine Stisi

Cette technique japonaise de bondage est de plus en plus adoptée par les femmes, aussi bien par celles qui décident d’apprendre elles-mêmes les rouages de la pratique traditionnellement dominée par les hommes que par celles qui choisissent de se faire attacher. Paradoxalement, prises entre plusieurs cordes nouées, elles se réapproprient leurs corps et en reprennent le contrôle.


Illustration Thomas Gravereau

Suspendus dans les airs, entravés par un entrelacs de cordes et de noeuds, les corps à la merci se relâchent et s’abandonnent. Communément désignée par le terme shibari (« attacher » en japonais), la pratique est plus traditionnellement appelée kinbaku, qui renvoie au fait de serrer quelqu’un avec une intention. Si aujourd’hui la technique est presque exclusivement liée au bondage (la lettre B de l’acronyme BDSM), elle tient ses origines d’un tout autre contexte.

Du supplice au plaisir

C’est vers le pays du Soleil-Levant qu’il faut se tourner pour en retracer l’histoire. Au XVe siècle, le bondage était un supplice infligé aux esclaves au moyen de cordes ficelées autour de leurs corps. C’est à l’époque Edo (qui s’étend du début du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle) que le shibari est apparu, utilisé par la répression policière. Progressivement, les mises en suspension publiques des prisonniers ont été abandonnées, mais la pratique n’a pas disparu pour autant. Impulsée par l’utilisation discrète du ligotage à des fins érotiques, elle s’est transformée, puis popularisée, notamment dans les maisons closes de l’Europe du XIXe siècle.

« D’un point de vue historique, le bondage est profondément lié la dynamique dominant.e/dominé.e », explique Magali Croset-Calisto, psychologue, sexologue, addictologue et autrice de l’ouvrage Bondage ; théorie érotique des cordes et de l’attachement. S’il existe autant de visions que de pratiquant.e.s, le shibari reste intimement lié à cette dimension d’échange de pouvoirs entre l’attacheur.se et l’attaché.e. « Il y a souvent quelque chose d’érotique, confie Steph Doe, alias Calamity, attacheuse et artiste de kinbaku. Ce n’est pas nécessairement sexuel, mais ça se ressent dans l’intention. On joue avec la gêne et l’exposition des corps. »

Une affaire d’hommes bien ficelée

Malgré l’essor du bondage, les recherches scientifiques, psychanalytiques ou sexologiques sont quasi inexistantes ; il existe donc très peu d’informations sur le nombre d’adeptes en France. L’enquête menée par Moser & Kleinplatz en 2006 nous apprend que 10 % de la population générale auraient pratiqué ou pratiqueraient une forme de BDSM. « Aujourd’hui, je pense que c’est bien davantage, assure Magali Croset-Calisto qui dresse un portrait des pratiquant.e.s loin des clichés. On retrouve une majorité d’hommes aux profils psychologiques stables. La vision d’êtres déviants venant assouvir des fantasmes pervers est un stéréotype. » Lorsqu’elle dispense ses cours ou qu’elle endosse son rôle de dominatrice, Steph Doe constate elle aussi une clientèle majoritairement masculine.

Traditionnellement, les attacheur.se.s sont des hommes, et la pratique du bondage japonais reste très hétéronormée. Avant de reprendre les rênes, Steph Doe s’est également prise à ce jeu genré : lorsqu’elle a découvert le shibari, elle se faisait attacher malgré son désamour pour le fait d’être contrainte. « Ça tombait sous le sens : si un couple hétérosexuel venait, c’était monsieur qui attachait madame. Aujourd’hui, je me bats contre ça », raconte l’enseignante, qui confie faire figure d’électron libre dans le milieu et avoir du mal à obtenir la reconnaissance de ses pairs.

Steph Doe en séance par @dirtyvonp

Pendant l’enquête qu’elle a menée durant trois ans, Magali Croset-Calisto a constaté que, finalement, « beaucoup d’hommes demandaient à être attachés », et que « de plus en plus de femmes, dominatrices ou non, décidaient de tenir les cordes ». L’arrivée d’un néo-shibari plus artistique a permis au milieu de s’ouvrir, notamment à la communauté queer, aux jeunes et aux switcheur.se.s (personnes passant du rôle de dominant.e à celui de dominé.e). « En revanche, on rencontre très peu d’hommes qui s’attachent entre eux », avertit Chloé, étudiante, modèle et adepte du shibari.

Steph Doe en séance, par @dirtyvonp

Les lignes bougent, mais le monde du shibari est gangrené par un double discours. Pour Steph Doe, tout le monde semble se battre pour que la pratique évolue, mais dans les faits, « les femmes préfèrent encore être ligotées par des hommes, et les hommes attachés remportent moins de succès ».

Corps sublimés et challengés

Les puristes ont vu la pratique leur échapper quelque peu avec la popularisation d’une mouvance utilisant le bondage à des fins plus esthétiques. « J’aime créer des tableaux forts, des mises en scène érotiques autour de la contrainte, poursuit la professeure et dominatrice. Mais je n’utiliserais jamais le shibari dans ma chambre à coucher, par exemple. » Au-delà de la dimension sexuelle qui lui colle à la peau, le shibari permet de jouer avec la performance du corps. Photographié, filmé ou encore peint lorsqu’il est pris entre les cordages, il fait figure d’œuvre d’art. Le choix du bondage et son adaptation à l’anatomie subliment les corps, à tel point que les cordes se font parfois oublier au profit des cambrures et des déhanchés suspendus.

Steph Doe en séance avec Messy Ropes, par @dirtyvonp

Pour les attaché.e.s, la quête est plurielle, mais relève toujours de l’expérience de soi – recherche de jeu érotique, rejet de la sexualité vanille et phallocentrée, etc. En tout cas, la plupart des personnes qui contactent Steph Doe ne sont pas à l’aise avec leur image. La séance de shibari leur permet alors de se découvrir autrement et de s’exposer différemment au regard des autres. Chloé, elle, n’avait aucun problème de confiance en elle avant de s’intéresser aux cordes, mais la pratique lui a tout de même permis de découvrir d’autres facettes d’elle-même : « Je me trouvais solide pour pouvoir encaisser tout ça, et j’ai pris conscience de mon érotisme. »

Si le bondage permet aux adeptes de mettre leur corps en perspective et d’en découvrir tout le potentiel, il peut également faire office de terrain d’exploration sécurisé pour leurs désirs. Steph Doe remarque que la pratique leur permet de dédramatiser leurs envies et de les replacer dans un contexte plus safe, tout en leur apprenant à oser dire non et à poser leurs propres limites. Car selon les souhaits de chacun.e, les sessions peuvent plus ou moins être intenses. D’ailleurs, lorsqu’elle attache, le but de Calamity n’est jamais de créer un hamac confortable dans lequel ses client.e.s peuvent se lover. Au contraire, elle souhaite les challenger physiquement.

Steph Doe en séance avec @initio, par @dirtyvonp

Qu’elles soient plus ou moins éprouvantes, la tension du corps par les cordes et sa suspension provoqueront toujours de nombreux chamboulements dans le corps et dans l’esprit. « Je suis toujours un peu nerveuse et impatiente avant de pratiquer », confie Chloé qui dit se sentir protégée, même ligotée. Pendant les sessions, les attaché.e.s, souvent venu.e.s pour lâcher prise, ressentent tout un tas d’émotions et de sensations physiques. Car au niveau neurobiologique, beaucoup de choses se passent. Immobilisé entre les cordes, le corps sécrète des endorphines qui provoquent un état d’ébriété soft, et parfois même une excitation proche de la douleur ou des états de transe similaires à l’orgasme, appelés subspace (ou « extase masochiste »).

Attention, une séance de bondage ne s’improvise pas et n’est pas sans danger, les risques se trouvant autant sur le plan physique que psychologique. Le consentement et les conditions de sécurité sont la base de la pratique qui implique une bonne connaissance de l’anatomie. La confiance est elle aussi un prérequis, car sans elle, une séance peut très mal tourner comme en témoignent les nombreux abus et cas de violences sexuelles dans le milieu. Lorsqu’il.elle pratiquent, Steph Doe et son compagnon Alex DirtyVonP balisent tout en amont. « Nous sommes pro-consentement. Même si cela donne l’impression de casser la spontanéité, on fait systématiquement passer un questionnaire et on met en place un safe word. »

Décider de ne pas décider

La personne dominée n’est pas celle que l’on croit. On retrouve d’ailleurs ce concept en philosophie chez Hegel, dans sa dialectique du maître et de l’esclave selon laquelle le premier n’est rien sans le second. « C’est paradoxal, mais le ou la maître.sse, le ou la dominant.e ou l’encordeur.se ne peut rien faire sans le ou la dominé.e », analyse Magali Croset-Calisto. Malgré ses entraves, c’est l’attaché.e qui oriente l’attacheur.euse dans sa pratique. Le ou la dominant.e est alors complètement à son service.

« J’entends beaucoup de croyances sur le BDSM, raconte Steph Doe. Avoir un tempérament soumis dans la vie n’a rien à voir avec le fait d’aimer les jeux de soumission. Les personnes qui viennent en séance de shibari décident de ne pas décider et de donner le contrôle à quelqu’un d’autre. Pour moi, c’est une prise de pouvoir qui révèle une force de caractère. Ce sont des personnes capables de faire suffisamment confiance à l’autre pour lâcher prise sur leur corps. »

Là où certaines mouvances féministes considèrent qu’il existe une forme de régression dans la perpétuation de ces clivages dominant.e/dominé.e, les adeptes du BDSM ont tendance à recentrer le débat sur le consentement mutuel et la liberté sexuelle. À leurs yeux, il serait plus intéressant de se pencher sur la qualité de ces relations plutôt que sur leur nature. « À partir du moment où le bondage est mutuellement bien vécu et que tout se passe dans le consentement, tout va bien », tranche Magali Croset-Calisto.

Malgré ces quelques réticences, le nombre de dominatrices est en hausse. Mais cet intérêt des femmes pour la pratique est-il vraiment politique et féministe ? Nous n’avons pas encore assez de recul pour l’affirmer. « Il est possible qu’il y ait une revendication des femmes qui y voient une forme de reprise de pouvoir, mais elles peuvent tout aussi bien simplement vouloir tester de nouvelles pratiques, complète la psychologue et sexologue. Je pense que le bondage est amené se libérer des codes. Plus il s’en libèrera, plus il sera paritaire et moins hétérocentré », conclut-elle.

Article du numéro 48 « Nouveaux.lle.s leaders » par Audré Couppé de Kermadec

En 2019, 84% des décès au sein du couple sont des femmes qui succombent sous les coups de leur partenaire. Lutter contre les violences faites aux femmes, ce n’est pas l’apanage des femmes : c’est l’affaire de toute une société, y compris les hommes – principaux acteurs de la violence. À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, ce mercredi 25 novembre, la maison des femmes lance #BeAMan, un spot de sensibilisation porté par la voix de Cédric Doumbé, multiple champion du monde de kickboxing, pour condamner toutes les formes de violences faites aux femmes.

Que ce sont les violences faites aux femmes ?

Pour commencer, rappelons concrètement ce que sont les violences faites aux femmes – et rappelons à quel point elles sont trop banales, à quel point les chiffres sont aberrants.

Redéfinir la masculinité

L’éducation toxique inculquée aux garçons est ce qui perpétue l’impunité masculine dans des cas d’agressions sexuelles et de viols commis par des hommes hauts placés. C’est ce qui incite les hommes à percevoir les femmes comme des objets disposables à merci, que ce soit dans les cas de viols conjugaux ou de harcèlements de rue. C’est ce qui entrave le bon fonctionnement des institutions juridiques, qui, pour 100 plaintes pour viol n’en condamnent que 10.

Participer activement à l’éradication des violences genrées revient à questionner la définition de la masculinité de nos jours, et à déconstruire l’éducation bagarreuse inculquée aux membres masculins de notre société. 

#BeAMan

Il est maintenant primordial d’inclure les hommes aux discussions sur les violences de genre. Cela, la Maison des femmes l’a bien compris. À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, l’association lance une campagne de sensibilisation destinée à interpeller les hommes sur la question des violences de genre, et à les inciter à s’engager plus activement pour cette cause.

Fondée en 2016 par Ghada Hatem, La Maison des femme, située à Saint-Denis, offre un soutien aux femmes en situation de précarité ou victimes de violences. En partenariat avec Cédric Doumbé, neuf fois champion du monde de kickboxing, l’association milite pour l’inclusion des hommes au sein du combat contre les violences conjugales dans son nouveau spot de sensibilisation #BeAMan (« Sois un homme »).

Le but : que les hommes réalisent qu’ils font partie de la solution.

Quelle place pour les hommes dans la lutte contre les violences faites aux femmes ?

Combattre l’indifférence et l’attentisme face à des situations de violences, voilà un objectif clé dans la réduction des violences de genre. Sans confisquer la parole aux femmes, les hommes doivent pouvoir écouter les expériences et ressentis de ces dernières, afin de comprendre leur privilège et ne pas reproduire de comportements sexistes. 

S’engager contre les violences faites aux femmes, c’est aussi participer à la remise en question des injonctions à la « virilité » qui pèse sur les hommes. C’est arrêter de faire un parallèle systématique entre « masculinité » et « violence ». C’est construire une vision inclusive de ce que c’est qu’« être un homme » en déconstruisant la perception toxique de la virilité.

Victimes et témoins de violences…

Article d’Inès Paiva

Hier, le projet de loi de « sécurité globale » a été examiné à l’Assemblée nationale. Il prévoit de conforter le rôle de la police municipale, ainsi que d’étendre la protection des fonctionnaires de police et militaires. L’article 24 de cette proposition suscite actuellement une importante controverse : si la proposition est adoptée, elle interdira la diffusion d’images ou vidéos (de la part des journalistes comme de la population) permettant l’identification de policier.e.s ou de gendarmes lorsqu’iels exercent leurs fonctions, avec des sanctions allant jusqu’à 45 000 € d’amende et un an de prison. 

Interdiction de filmer les violences policières

Jugé très préoccupant par la Défenseuse des droits Claire Hédon, ce projet de loi apparaît comme une réponse aux scandales causés ces derniers mois par la mise en avant de nombreux cas de violences policières, témoignant d’un usage démesuré de la violence de la part des forces de l’ordre. 

Hier, de violentes altercations ont eu lieu sur le boulevard Saint-Germain (Paris) entre manifestant.e.s et forces de l’ordre lors d’un rassemblement contre ce projet de loi. Le cortège de manifestant.e.s a fait face à des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Des rassemblements ont également eu lieu dans des grandes villes telles que Marseille, Lyon ou Toulouse. De nombreuses organisations humanitaires et syndicats de journalistes appelaient à se rassembler contre le projet de loi liberticide, entravant la documentation des violences policières. Mais sans la possibilité de filmer, qu’aurions-nous su des violences subies par George Floyd ? Par Aboubakar Fofana, Cédric Chouviat ? Par Samir, Sofiane et Ramatoulaye ? Filmer, c’est montrer aux yeux de tous.tes que oui, les violences policières existent.

Réduire nos droits et nos libertés

D’autres articles, 21 et 22 notamment, suscitent également la polémique : ils permettront la surveillance par drone des manifestations, et autoriseront l’usage de caméras portables individuelles dont seront équipées les patrouilles de police et de gendarmerie. Le flux vidéo sera alors transmis au centre de commandement en temps réel – permettant ainsi l’analyse automatisée des images, et la reconnaissance faciale des manifestant.e.s et des passant.e.s. Une manière d’accroître le sentiment d’impunité des policiers et gendarmes violents. L’occasion de démultiplier les violences commises illégalement à l’encontre des manifestant.e.s. 

Si le projet de loi est soutenu par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui estime que les forces de l’ordre ne sont pas assez protégées, il fait pour l’instant débat au sein de la majorité parlementaire. 

S’opposer à cette loi, c’est défendre les victimes de violences policières ainsi que le métier de journaliste, mais aussi notre droit de manifester. Comme le souligne La Ligue des droits de l’homme, il existe déjà de nombreuses dispositions dans le droit pénal pour protéger les policiers de celleux qui voudraient leur nuire.

N’ayons pas peur de montrer que nous avons bien saisi le caractère liberticide de cette loi. Pour ça, unissons-nous pour notre protection et nos libertés !

Vous pouvez signer cette pétition « Refus de la loi visant à empêcher la diffusion des images de violences policières », par Ilyana Amani ici.

Article d’Inès Paiva

Vendredi, Samuel Paty, un enseignant d’histoire-géographie, est mort sous la lame d’un jeune homme de 18 ans, dans les Yvelines. Un assassinat horrible qu’on a bien du mal à comprendre, à expliquer – à très juste titre. Pourtant, des éléments de réponses sont à notre portée…

Samuel Paty, était un professeur d’histoire-géographie dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines et il a été assassiné par un jeune homme de 18 ans, quelques jours après avoir montré, lors d’un cours sur la liberté d’expression (au programme scolaire), des caricatures du prophète Mahomet. 

Toutes nos pensées se tournent vers Samuel Paty, sa famille, ses ami.e.s, ses proches, ses élèves, ses collègues, le corps enseignant. 

De la complexité de l’Histoire occidentale

Seumboy, du compte @histoire_crepues, a publié une vidéo pour mieux comprendre pourquoi de jeunes gens en arrivent à de telles atrocités.

Il revient sur l’importance des moyens qu’il est nécessaire de donner aux professeur.e.s pour enseigner la véritable histoire occidentale, bien plus complexe que celle qu’on apprend dans les livres – dont le rôle de l’Occident dans l’escalade de la menace terroriste. Une histoire qui mériterait d’être décortiquée et critiquée, décolonisée, détabouisée ; une histoire qu’il faut enfin oser « regarder en face pour apprendre de nos erreurs et imaginer des solutions à cette guerre infinie contre un Djihad indéfini. »

Les mots de Seumboy nous semblent très justes et nous aimerions les partager avec vous : 

« C’est un meurtre qui nous rappelle que l’enseignement de l’histoire est un sujet fondamentalement politique. Ça nous parle de radicalisation au sens large et nous pose aussi la question de l’accompagnement des jeunes en détresse. Aujourd’hui, on doit se demander quels sont les moyens qui sont donnés à nos enseignant.e.s pour former des futures générations de citoyen.ne.s capables de vivre ensemble avec leurs différences. Le peu de place qu’occupent l’histoire du monde islamique [et sa place dans l’histoire de l’humanité] et l’histoire coloniale dans les programmes scolaires a des conséquences directes. Ce silence, ce tabou, cette immémoire créent une incompréhension qui génère un sentiment fort de déracinement. Elle entraîne chacun.e à fantasmer un passé trop schématique et génère une méfiance qui aboutit à différentes formes de violences », comme celle, « spectaculaire », dont a été victime Samuel Paty. 

On ne peut que vous conseiller d’aller visionner la vidéo complète d’@histoires_crepues, elle permet de tenter de mettre des mots sur l’inexplicable qui vient une nouvelle fois de se produire :

https://www.instagram.com/p/CGf3OEkDvAJ/

Chronique de Juliette Minel

À l’occasion du festival Empow’Her, qui se tiendra du 18, 19 et 20 septembre à la Cité Fertile de Pantin, nous organisons un talk intitulé : « SHE IS THE BOSS – L’ENTREPRENEURIAT ENGAGÉ » ! Un échange avec Sophie Lawson, Shirley Billot et Hamida Moussaoui, trois entrepreneuses inspirantes, que nous avons hâte de partager avec vous.

On revient !

Bonne nouvelle : les Paulette Talks reviennent ! Pendant le confinement, on les avaient faits en Live sur Instagram ; pendant les vacances, on les avait mis en pause. Mais en cette rentrée, on est prêtes à les reprendre devant un public, à échanger avec vous en direct. Avec toutes les mesures de précaution que ça implique, bien évidemment. Autant vous dire que nous sommes RA-VIES !

Pour cette reprise, on a vu les choses en grand ! On sera à la Cité Fertile de Pantin, de 13h à 14h, pour l’ouverture du festival Empow’Her, dont l’édition est clairement impulsée par l’envie d’inspirer et de sensibiliser le public aux solutions plus durables, locales, sociétales et solidaires portées par des femmes.

Empow’Her, c’est quoi ?

Empow’Her, c’est cette association créée en 2013 pour soutenir l’autonomisation économique et sociale des femmes à travers l’entrepreneuriat… et le monde. Convaincue que l’entrepreneuriat est un levier d’émancipation pour les femmes, elle propose des programmes de formation et d’accompagnement qui visent à renforcer aussi bien les compétences entrepreneuriales des femmes que leur confiance en elles. On aime.

C’est pourquoi le festival sera rythmé par de nombreux rendez-vous, comme des prises de parole et des temps d’échange pour valoriser les entrepreneuses engagées. Également des ateliers participatifs qui permettront d’explorer, de découvrir et de se former, ainsi que des sessions de networking pour booster son réseau !

She is the boss

Ce sera l’occasion pour nous de parler d’entrepreneuriat (peu importe sa forme) social, humain, engagé, par des femmes ! 

Être ou ne pas être entrepreneuse ? Qu’est-ce que ça signifie ? Comment entreprendre ? Quelles sont les embûches rencontrées, surtout quand on est une femme et qu’on entreprend de manière consciente ? Comment nos speakeuses sont-elles arrivées à la tête de leur entreprise ? À quand remonte leur engagement ? Quels conseils peuvent-elles donner pour se lancer ? Comment écouter son instinct et croire en soi ? Beaucoup de questions qui nous trottent dans la tête et qui, parfois, nous empêchent d’aller au bout de nos projets. Alors ce talk, ce sera l’occasion de prendre une bonne bouffée d’inspiration et, pourquoi pas, d’oser se lancer !

Pour ce talk, notre rédac cheffe Juliette a le graaand plaisir de recevoir trois speakeuses. Shirley Billot, fondatrice de la marque éthique Kadalys et Sophie Lawson, qui a créé le restaurant solidaire Mam’Ayoka. D’ailleurs, vous pouvez retrouver son interview ici, parue dans notre numéro « Conscience ». Sera avec elle aussi Hamida Moussaoui, Impact Social Manager chez Facebook. Des femmes ultra inspirantes, qui entreprennent de la plus belle des manières : avec empathie, conscience et humanité.

Vous voulez venir écouter ? Poser des questions à nos invitées ? Découvrir leur parcours, leur métier, leur engagement ? N’hésitez pas à vous accréditer (c’est gratuit !) et à nous rejoindre sur le festival : c’est ici pour la billetterie !

Du 18 au 20 septembre, le festival Empow’Her se tient à la Cité Fertile de Pantin. Paulette y anime un talk, le vendredi 18 septembre de 13h à 14h, autour du sujet : « SHE IS THE BOSS, L’ENTREPRENEURIAT ENGAGÉ ».

Article de Juliette Minel

Matthieu Longatte imagine sa première série pour Canal +, Narvalo. Il y dépeint, en huit épisodes, des quotidiens de la banlieue française. Ce soir, après Engrenages, découvrez les trois premiers épisodes !

Matthieu Longatte 2
Crédit photo : Alessandro Clemenza /CANAL+

On avait découvert Matthieu Longatte en 2014, avec sa chaîne YouTube Bonjour Tristesse. Où il y relatait, sans concession, l’actualité et notre société. L’auteur-interprète, formé à l’improvisation théâtrale dès son adolescence, jouait aussi son spectacle nommé État des Gueux, depuis 2018. Une pépite si vous voulez notre avis.

Crédit photo : Alessandro Clemenza /CANAL+

Avec Narvalo, il signe aujourd’hui sa première série. Huit épisodes de 13 minutes comme autant de pastilles de vie, entre justice sociale et culture de la vanne, décrivant le quotidien de bandes de copain.ine.s banlieusard.e.s. Au programme, des anecdotes personnelles, mais ô combien universelles ! À chaque épisode, son histoire et ses protagonistes : une garde à vue insensée, des travaux qui prennent un tour inattendu, une soirée qui se finit mal et dont personne ne se souvient… « Tout l’esprit de Narvalo repose là-dessus : raconter un bout de banlieue et de jeunesse par le prisme des histoires qui s’y déroulent », explique Matthieu.

Une façon d’évoquer les cités françaises sans les clichés qui leur sont généralement accolés. C’est précisément cette dimension engagée qui a séduit Canal + ; un parti pris qui se retrouve jusque dans le casting de la série, réalisé en collaboration avec l’association 1000 visages. Fondée en 2006 par la réalisatrice Houda Benyamina (Divines), elle s’est donnée pour mission la démocratisation du milieu du cinéma.

Crédit photo : Alessandro Clemenza /CANAL+

Quant aux acteur.rice.s : la série affiche un casting cinq étoiles : Déborah Lukumuena, Slimane Dazi, Rabah Nait Oufella ou encore Matthieu Longatte lui-même. Autant de raisons de binger Narvalo – sans attendre !

Allez, on vous laisse avec la bande-annonce :

Article de Tanissia Issad

Suite au remaniement, nous avons appris la nouvelle composition du gouvernement français. Ça a piqué, et ça pique toujours autant aujourd’hui. Impossible de rester muette face à ce nouveau couperet qui vient de tomber sur la gorge des citoyen.ne.s . Pardonnez l’expression, mais est-ce qu’on ne se foutrait pas un peu de notre gueule ?

Le ministère de la culture du viol et de la LGBTphobie

Permettez-moi de vous dire quelques mots sur notre nouveau ministre de l’Intérieur, j’ai nommé Gérald Darmanin. Cet homme est actuellement visé par une enquête pour harcèlement sexuel et viol. (Visiblement, il cumule autant les infractions que les mandats – lui qui est également maire de Tourcoing). Ce qui signifie qu’aujourd’hui, en cas de harcèlement sexuel ou de viol, nous portons plainte auprès de policier.e.s eux.elles-mêmes dirigé.e.s par… un homme accusé de harcèlement sexuel et de viol. Oui. « On soutient les femmes victimes d’agressions », « On vous croit », « N’hésitez pas à parler », etc., c’est du pipeau, finalement. 

Il vous faut une preuve de plus ? Marlène Schiappa, anciennement Secrétaire d’État à l’égalité Femmes-Hommes, est nommée ministre déléguée à la citoyenneté, sous la direction de Gérald Darmanin. C’est le comble de l’ironie… et de la misogynie. 

Ajoutons également que notre nouveau ministre de l’Intérieur a tenu des propos racistes envers Christiane Taubira, la qualifiant de « tract ambulant pour le FN ». Sans parler de ses nombreuses positions LGBTphobes qui se promènent, entre autres, sur son compte Twitter.

Petit florilège :

Le ton est donné par celui qui se targuait, en juin 2013, de ne pas vouloir célébrer personnellement de mariage entre deux hommes ou deux femmes s’il était élu maire de Tourcoing. Et de se rendre à la Manif pour tous. 

Placer Gérald Darmanin à ce poste, c’est clamer haut et fort que la justice ne s’applique pas de la même manière en fonction de son genre et de son rang social. Ni de sa couleur de peau – à ce propos, le panel de nos gouvernant.e.s est d’une blancheur éclatante…

Une partie des membres du gouvernement de Jean Castex (AFP)

Placer Gérald Darmanin à ce poste, c’est aussi valoriser la culture du viol, c’est rire au nez des victimes, c’est se moquer de la Justice, c’est bafouer les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+. C’est honteux, tout simplement. 

Une Justice pour qui ?

Et comme ce n’était pas suffisant, Eric Dupond-Moretti a été nommé ministre de la Justice, lui qui a défendu des violeurs et des auteurs de féminicides, lui dont les plaidoiries se basent sur l’humiliation, lui qui s’est plus d’une fois illustré par ses propos sexistes, antiféministes. Il déclarait sur le plateau de LCI, en mars 2018 : « Que siffler une femme, ça devienne une infraction pénale, c’est ahurissant. La bienséance doit régler ça, pas la loi. Avant d’être vertueux, bien sûr (j’ai sifflé des femmes dans la rue). Et puis il y a d’ailleurs des femmes qui ont dit ‘Moi, ça me fait très plaisir d’être sifflée‘. J’ai entendu ce matin une dame que je ne nommerai pas mais que j’aime beaucoup qui dit : ‘Moi, je ne regrette de ne plus l’être‘. On ne peut pas monter les uns contre les autres en permanence. » Non. Mille fois non.

Peut-être aurait-il mieux fallu qu’on lui rafraîchisse la mémoire et qu’on lui rappelle ses paroles, fièrement lancées sur le plateau de LCI, face à Audrey Crespo-Mara ? Là même où il déclarait ne jamais vouloir accepter un poste au ministère de la Justice, car il n’en avait pas les compétences ?

À la question : « Si on vous proposait un poste au ministère de la justice, vous l’accepteriez ? », il répondait : « Non (Rires). Vous voulez que je vous le signe ? D’abord, personne ne me le proposera. Et ce serait un bordel, mais alors… Nan, mais personne n’aurait jamais l’idée ! Sotte, totalement saugrenue, incongrue, invraisemblable de me proposer cela. Et moi, franchement, je n’accepterai jamais un truc pareil, non. Non. » Et à la question : « Pourquoi ? » : « Parce que ce n’est pas mon métier. Faut en avaler des couleuvres pour faire de la politique. » Visiblement, il a fait bon festin ! Puis il ajoutait : « C’est une discipline, un exercice, et j’en ai pas les compétences. Et je n’aimerais pas faire ça. » Ah. Ça promet…

https://www.instagram.com/tv/CCXiC-6qpcW/?hl=fr

Rassemblons-nous !

Si la lecture de cette chronique vous a donné la nausée, vous a ouvert les yeux et/ou vous a révolté.e.s, nous vous invitons alors à signer la pétition de @jeneveuxpasdenfant, « Pour un gouvernement qui ne promeut ni misogynie, ni culture du viol, ni LGBTQIA+phobies » et à vous mobiliser en vous rendant devant les lieux symboliques de votre ville.

À Marseille : vendredi de 18h à 21h devant le Palais de Justice ; à Montpellier : vendredi à 18h, place de la Comédie ; à Nantes : vendredi à 18h, place Bouffay ; Annecy : vendredi à 18h devant le Tribunal ; à Tours : vendredi à 17h devant le Palais de Justice ; Paris : vendredi de 18h à 20h30 devant l’Hôtel de Ville.

Pour connaître les lieux et les horaires des rassemblements en fonction des villes, RDV dans la story d’@irenevrose, elle est épinglée à la Une !

Chronique de Juliette Minel

Chez Paulette, vous avez dû le remarquer, la santé mentale est un sujet qu’on chérit, qu’on traite à travers des articles, des posts Instagram, des talks et même une émission télé. C’est dire à quel point on pense que c’est un sujet NÉCESSAIRE, mais encore trop tabou. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de créer un petit livret sur ce sujet, main dans la main avec LMDE – qui renforce son offre pour une meilleure prise en charge de la santé mentale des étudiant.e.s. Il est disponible ici, à lire et à relire, pour enfin lever le tabou sur la question psy !

Illustration Courtney Ahn

Inutile de le nier, notre quotidien se révèle souvent stressant et notre santé mentale peut être altérée, passagèrement ou sur une plus longue période. L’origine de cette altération peut être variée : une source d’angoisse aiguë, un événement ponctuel perturbant, des syndromes prémenstruels, une perte de repères, une pression sociale ou des maladies mentales plus sévères. On a tendance à se dire qu’on gère, ou que ça peut attendre, par pudeur, par peur, ou par crainte de l’image que nous pourrions renvoyer. 

Illustration Courtney Ahn

Malheureusement, à cause de l’imaginaire construit par la culture populaire, la méconnaissance qui règne autour de ces pathologies est assourdissante. Les termes « malade mental.e », « fou/folle », « taré.e », « timbré.e », etc., sont, quant à eux, trop souvent utilisés à tort et à travers dans la vie de tous les jours. Ce qui favorise la stigmatisation des personnes concernées – pourtant déjà bien assez exclues du fait de la peur et de l’incompréhension face à ces dysfonctionnements. Les troubles psychiques paraissent alors comme honteux, ce qui ne devrait absolument pas être le cas.

Pour que le serpent arrête de mordre sa queue tachetée de préjugés, pour dédramatiser, pour comprendre ou mieux (s’)accepter, on ne peut que vous conseiller de télécharger ce manuel. Peut-être cela vous aidera-t-il : pour vous-même ? Pour soutenir un.e parent.e, un.e ami.e ?

Illustration Courtney Ahn

On vous y explique, concrètement, ce qu’est la santé mentale et ce qui l’altère (troubles psychiques et autres pressions sociales), et on vous donne des idées de spécialistes vers qui vous tourner. On y a aussi interviewé Leslye Granaud, du compte @spmtamere, pour parler de l’impact que peuvent avoir les syndromes prémenstruels sur le mental, et Debora Campailla, une coach en développement personnel, à même de nous conseiller en cas de coup de mou !

Bonne lecture et surtout, prenez soin de vous !

Article de Juliette Minel

Pour célébrer l’été qui est (enfin) presque là, la griffe de prêt-à-porter Atelier Bartavelle a imaginé un modèle de maillot de bain responsable aux jolis motifs conçus par Twice Studio.

Twice studio

Rencontre Paris-Marseille pour Twice Studio et Atelier Bartavelle. De ce classico mode naît un maillot de bain une pièce responsable décliné en deux coloris. Les imprimés, pensés par le studio parisien de direction artistique fondé par Fanny Le Bras et Clémentine Berry, mettent en couleurs la Grèce Antique.

La griffe phocéenne de Caroline Perdrix et Alexia Tronel a, quant à elle, mis à contribution sa maîtrise des coupes et de la filière de production durable du bassin méditerranéen. Après avoir récupéré des déchets en mer, une usine de Barcelone tisse une étoffe labellisée EcoWave, qui file ensuite dans un atelier marseillais où les maillots sont confectionnés. Soit un processus de fabrication concentré sur un rayon de 500 kilomètres, une gageure pour la mode où la chaîne de production s’étale généralement sur des distances dix fois supérieures.

Et pour ne rien gâcher, les ventes sont réalisées via un système de pré-commande où la production, raisonnée, suit la demande, limitant aussi bien les stocks que les invendus. Chic.

atelierbartavelle.com

Les maillots seront en ventes à la boutique de la Villa Noailles, à Hyères, cet été !

Article de Tanissia Issad