AU COEUR DU ROLLER DERBY

Crédit photo : Steff Saint E pour Ocell Studio.
 
Cinq nanas par équipe. Des quads et une piste ovale. Le roller derby c’est ça. Mais pas que.
 
>Concrètement, c’est quoi être une derby girl ?
D’abord, ne pas avoir peur, jamais. Ensuite, être en forme, gainée, toujours bien échauffée. Le principe ? Deux équipes, composées d’une jammeuse, trois bloqueuses et un pivot, tournent sur une piste ovale. Aujourd’hui, la plupart des équipes tente d’obtenir le traçage permanent du rink, soit de la piste de Roller Derby.
Un match, c’est des temps de jeu de vingt ou trente minutes, décomposés en périodes de 2 minutes. La jammeuse de chaque équipe doit alors dépasser le peloton de l’équipe adverse autant de fois que possible pour marquer le plus de points…
 
Une pause de 30 secondes, et c’est reparti pour 2 minutes à fond. Coups de coudes proscrits, protège-dents conseillés.
 
>La petite histoire
Le sport est né aux USA dans les années 1930 de simples courses en roller qui se sont peu à peu transformées. Les participants tombaient, s’accrochaient, se castagnaient, et ça, ça plaisait au public !
 
Jusque dans les années 70, le roller derby s’est largement répandu, de New-York à Los Angeles. Il était considéré comme un "vrai" sport, avec des compétitions et un public fervent. Puis, crise du pétrole oblige, le déplacement des équipes a été difficile et le roller derby s’est peu à peu épuisé.

 
Mais il y a quelques années, la mode se relance. Drew Barrymore réalise Bliss, avec Ellen Page, la petite actrice qui monte, qui monte, qui monte. Une pointe de punk et de rock billy, beaucoup de féminisme (et de féminité), le roller derby ressort des cartons.
 
Et il dépasse ses frontières, avec notamment des équipes un peu partout en France : Paris, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Nantes, Narbonne…et Perpignan !
 
>Les Coccyx Lexis de Perpignan


Il y a six mois, je croise Dorothée : "Marie, ça ne te brancherait pas de faire du roller derby ?" Quelques jours plus tard, rendez-vous est pris pour s’entraîner entre nanas derrière le nouveau théâtre de l’Archipel de Perpignan. Dorothée me lance, "Le goudron est tout neuf, tout lisse, ça glisse ni-ckel !"

 
Ah ça pour glisser, ça glisse ! On me prête des quads, des protections (indispensables ) et roule ma fille ! Après de longues années sans avoir approché une paire de patins, la reprise fût épique : trente bonnes minutes sans lâcher la main de Dorothée. Mais on tient rapidement debout, on avance, on fléchit, et, parfois, on tombe. Mais c’est comme ça qu’on apprend…
 
Ça, c’était en octobre 2012 donc. Depuis, ce n’est plus quelques pionnières catalanes qui se réunissent discrétos, mais une vraie équipe de 25 membres qui s’entraine toutes les semaines !
 
On se retrouve le mercredi et le vendredi sur le parking de la dalle Arago à la tombée de la nuit. L’équipe de Perpignan, c’est les Coccys Lexis. Oui parce qu’autant, tomber en avant avec l’attirail de protection – poignets, coudes, genoux – ça va, mais quand tu tombes en arrière, ton coccyx s’en rappelle ! (pour info, il existe une protection appelée crash pad qui s’enfile comme un short et protège le popotin).

 
En roller derby, quand tu intègres une équipe, tu choisis ton pseudonyme (en vérifiant au préalable sur www.twoevils.org/rollergirls/ qu’il n’est pas déjà pris). Ainsi, dans l’équipe de Perpignan, on trouve Kiss Kiss Bam Bam, Glorious Bastard, Penelope di la Verga et Mimi M’ass’acre(les deux coachs), et bien d’autres encore… c’est exotique, ça fait rêver, on finirait même par se prendre pour des héroïnes de Tarantino.
 
Ce qui m’a donné envie d’aller patiner la première fois, c’est ce qui fait que j’y vais peut-être moins régulièrement aussi aujourd’hui : le goût du danger, l’idée de me cogner, tomber, d’être obligée de ne pas avoir peur.  Pour une froussarde comme moi, c’était déjà énorme de se lancer. Surtout que le sport d’équipe, je ne connaissais pas. Après dix années de danse classique, j’avais un esprit de groupe peu développé. Mais justement, le roller derby, ça te bouscule et ça fait du bien !
 
Alors les Paulette, si ça vous tente, foncez ! Les clubs recrutent des joueuses, mais aussi des arbitres et des coachs ; prenez Georges avec vous, le roller derby a besoin de supporters et pourquoi pas, de pom-pom boys ! Et mon petit doigt m’a dit qu’à Perpignan, une équipe de George ne va pas tarder à se lancer sur la piste…
 
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