ATHENA FILM FESTIVAL, BOURRASQUE DE FEMINISME


Passé le blizzard qui a soufflé sur les rues new-yorkaises, Paulette s’est invitée à l’Athena Film Festival au Barnard College (Columbia University), une manifestation portée par l’énergie de deux nanas qui en veulent. Trois jours (du 7 au 10 février) pour découvrir des films inédits et participer à des discussions sur l’avenir de la réalisation au féminin.

Rien de mieux pour se réchauffer les mirettes et réfléchir à la sous-représentation de la femme sur nos écrans…


 

Kathryn Kolbert et Melissa Silverstein du Barnard College, pôle dédié à l’étude de la femme, co-dirigent cet événement annuel, dont on fête cette année la troisième édition. "Nous projetons des histoires de filles et de femmes au destin susceptible d’inspirer les jeunes étudiantes de notre département mais aussi tous les spectateurs qui s’interrogent sur l’état des choses et les solutions à y apporter".


 

L’actrice Greta Gerwig, égérie Mumblecore, et la réalisatrice Céline Sciamma (Tomboy), notre frenchiede Cergy, y sont passées, avant de laisser la place à la scénariste star de la côte Ouest, Diablo Cody (Juno, Young Adult). Bonne marraine, elle s’enthousiasme pour la programmation inspirée de ce petit festival qui monte.

Au très beau Les Bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin s’ajoutent des inédits tels que Ginger et Rosa de Sally Potter où l’adorable Elle Fanning, pêchue et rouquine pour l’occasion, poursuit des idéaux très sixties. Quant au documentaire The Invisible War de Kirby Dick, nominé aux Oscars 2013, il dénonce les violences faites aux femmes militaires, très souvent confrontées au viol et à un silence sclérosant.

Pas tout à fait repue, Paulette a assisté au panel de discussion organisé autour de Keri Putnam, directrice du Sundance Institute et Stacy Smith, chercheuse éminente à l’University of Southern California. L’occasion de constater que sur 10 ans de festival, Sundance n’a pas connu d’évolution significative quant à la participation de réalisatrices.
Elles ne sont que 20,8\% à avoir présenté leur film (sur 820 productions de 2002 à 2012, on frôle le ridicule), et ce majoritairement dans la section documentaire. Il faut dire qu’on leur ouvre peu la porte de la fiction, encore jugée trop périlleuse…
 
La révolution s’esquisse sur la toile, où de multiples voix féminines se font entendre
en s’auto-distribuant sur Youtube (et ailleurs)
Et Diablo Cody de commenter dans le magazine BUST ce mois-ci : "De mauvais films sortent chaque semaine. Il faut qu’on permette aux femmes de faire de bons films mais aussi des films médiocres. Pourquoi devoir prouver qu’elles sont excellentes à tout prix ? Certaines ne le sont pas mais devraient avoir la possibilité d’être payées pour réaliser un film, quelque soit sa qualité. Au même titre que les hommes".


 

Un week-end de cinéma audacieux et de rencontres intelligentes malgré des constats parfois peu rassurants. Au-delà de micro-évènements, la révolution s’esquisse aussi sur la toile, où de multiples voix féminines se font entendre en s’auto-distribuant sur Youtube (et ailleurs), et dans ce réseau encore balbutiant de festivals où hommes et femmes portent haut leur désir de cinéma féminin, souvent féministe.
Ragaillardie, Paulette rentre potasser l’étude brillante de Stacy Smith et guette la programmation du très prochain Pow Fest à Portland, Oregon.
 
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