ANNIVERSAIRE : LES 1 AN DU DIXIÈME

"Julia portant un manteau Cacharel, face au soleil couchant"

Avis aux Lyonnaises, le concept-store le DIXIÈME fête ce soir son premier anniversaire. Situé rue des Augustins, il offre une sélection pointue de vêtements et d’accessoires mais pas que. Ses fondateurs, Vu Quan, Robin et Justin, sont aussi des agitateurs de la vie branchée de la ville aux mille lumières.

 
Paulette : Quel est le concept du 10?
VQ : L’idée à terme, c’est d’être une boutique bavarde. Puisqu’on vit dans l’ère du Social Network, du like à volonté, et du partage de mon dernier achat de lipstick sur youtube, notre délire c’est d’échanger et de raconter des histoires, autour de la mode. Donc autour d’une sélection sensible de vêtements issus des collections de designers que nous aimons, nous nous activons pour projeter un univers cohérent. Nous sommes des metteurs en scène, et abordons le métier avec une passion qui ne confine pas nécessairement à la geekitude, mais parfois presque. Nous aimons, nous recommandons, nous racontons, et nous partageons.
La boutique est aujourd’hui un point d’exposition et de vente d’une mode moderne (Acne, Bérangère Claire, Surface to Air, Commune de Paris 1871) mais aussi notre laboratoire de tendances et de mise en scène pour notre autre activité préférée : mettre en valeur des esthétiques, par le texte, l’image et le son.
 
Paulette : Quelle est votre clientèle type ?
VQ : Idéalement, nous envisagions une cliente toujours belle, riche et intelligente. L’expérience nous apprend que la cliente est en fait souvent un client… beau, riche et intelligent, cela va de soi. Ou pas. En fait, notre clientèle à Lyon est mixte. Des early adopters lecteurs de Vice, des local creatives, des trendy girls, des no-look (sic !), en fait toutes les tribus que l’on peut nommer avec un anglicisme, quoi. Et puis il y a aussi des papas-poules, des grand-mamans pointues, et même nos voisins restaurateurs, Magali et Martin.
En ligne, on aimerait rencontrer tous les gens qui lisent Paulette, Grazia, Amusement, So Foot, écoutent de la nu-disco, de la techno kraut ou de la folk de l’Idaho, regardent Tracks et retroussent leurs pantalons, mais qui ne sont pas (forcément) branchés. Mais aussi les über-sophistiqués amateurs de pièces de défilé. Disons qu’on a un peu fait les fous, et on a sélectionné des pièces complètement dingues, tout en préparant des tenues qui n’effrayeront pas votre boulangère.
 
Paulette : Quand et comment est né 10e ?
Robin : Le Dixième est un projet purement collaboratif centré autour d’un triumvirat fondateur. Jeune curieux voyageur, la mode indépendante est devenue ma nouvelle marotte à l’occasion d’un long séjour à Vancouver, et plus généralement en Amérique du Nord en 2007-2008. Les inspirations sont nombreuses : le culte Blackbird à Seattle, la référence Roden Gray à Vancouver, et cette petite cave new-yorkaise dans laquelle Nom de Guerre a choisi d’établir son flagship store; marquant à l’époque. En tête donc: une boutique exigeante, élégante, urbaine, mais un peu "raw" aussi. Le projet a pris de la consistance lorsque Vu Quan, amitié étudiante lyonnaise, s’en est emparé pour jouer le rôle précieux de project manager et donner une dimension culturelle à l’ensemble. Justin s’est ensuite greffé au duo pour nous apporter son goût sur, la maturité de son œil et sa connaissance culturelle de l’univers du vêtement. Les rôles n’ont jamais été clairement définis mais quand on ouvre en 2009 on comprend que le lieu exprime vraiment la complémentarité de nos trois profils.

Paulette : Quels sont les créateurs proposés ?
 
Robin : L’objectif a toujours été de proposer une sélection au spectre (nom initial du projet) assez large, avec un nécessaire soucis de cohérence. Le label suédois Acne fut l’une des premières évidences pour sa faculté à jongler entre pièces d’inspiration classique (telle cette quintessence de pull marin Alight et la jeanerie bien sur) et produits virtuoses à l’image de la veste Chary en patchwork de suede de cette saison. Côté femme Cacharel, sous l’égide du designer Cédric Charlier depuis 2009, nous a paru capable de jouer le même numéro d’équilibrisme preppy-frondeur. Surface to Air correspond à nos aspirations urbaines, avec ces silhouettes affutées mi-loubard (le classique blade bomber, ou la mad-maxienne HDress), mi-globetrotter (la inward jacket pour femme, les cardigans grosses mailles moelleux…). 
Nos potes de la Commune de Paris 1871 proposent non seulement une chemiserie variée, qui complète à merveille les matières, motifs et couleurs trouvés chez Bérangère Claire, mais aussi toute une série de pièces et accessoires variée dont on est parmi les premiers ambassadeurs. Je termine ce tour non exhaustif en mentionnant Sjaak Hullekes, adorable designer hollandais lauréat du très côté Mercedes-Benz Dutch Fashion Award en 2009 et qui a précédemment bossé pour Lanvin et Viktor and Rolf. On a été charmé par l’accueil dans son showroom parisien en janvier dernier, et surtout par son travail proche de l’artisanat de luxe, d’une finesse incroyable, jouant sur une masculinité sensible autant qu’un dandysme outrageusement élégant. La sélection capsule qu’on propose (quatre pièces) est une petit fierté de la maison et il faut toucher cette Safari jacket marine/pourpre en cachemire pour comprendre pourquoi c’est ma pièce préférée en boutique cette saison.
 
"Marion portant une chemise Bérangère Claire, face à l’espoir et au désespoir confondus" 
Justin : Pour nous il est évident que l’habit n’est pas une posture un paravent mais bien une démarche identitaire à travers laquelle nous souhaitons véhiculer une culture, des valeurs. 
À ce titre nous nous sentons assez éloigné du concept de mode. Si certaines tendances s’imposent à nous, si nous sommes sensibles à l’air du temps, nos choix s’orientent toujours vers des pièces dont nous n’aurons pas à rougir dans 3, 5 ou 20 ans. L’allure, le style, la dégaine, ce sont des choses bien trop sérieuses pour les confier aux modasses. 
 
Paulette : Pour conclure, un petit mot pour Paulette ?
VQ : On est super contents de venir vous faire la bise, depuis le temps qu’on regarde tourner l’Atelier ! Ce qui nous rapproche, c’est certainement une culture du respect de la création et des créatifs, que l’on sent beaucoup dans vos articles. Et puis évidemment, comme on est 3 Georges, on aime bien fricoter avec des Paulette dès que l’on peut. Parce que mine de rien, ouvrir une boutique de fringues parce qu’on aime les fringues, plus coquette, tu meurs. À bientôt pour de nouvelles aventures, mesdemoiselles. 

 


LE DIXIÈME
13 rue des Augustins – Lyon

L’ANNIVERSAIRE
samedi 20 novembre

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