ALLÔ HYÈRES, QUE DIT LE FUTUR ?

Le travail de la gagnante Léa Peckre, photographié par Yann Gross.

La 26e édition du festival de mode d’Hyères a récompensé Léa Peckre, Céline Méteil et Emilie Meldem, trois créatrices à suivre de près.
C’était la première fois que j’allais à Hyères et je n’ai pas compris tout de suite ce qui s’y passait. Concrètement, tu arrives dans une ancienne villa moderniste qui sert aujourd’hui de lieu de résidence et d’exposition, il est dix heures du matin, la pelouse du jardin central est vide. Il te faut chercher ton chemin pour trouver une tente transparente où dix jeunes créateurs sélectionnés présentent leur collection à un jury présidé par Raf Simons. Ils viennent un peu partout en Europe, ils ont en majorité moins de trente ans. 

LEA PECKRE
 

Le soir on retrouvera leurs créations lors d’un défilé présenté dans un ancien entrepôt à sel. Etonnamment, ce qui nous a tapé dans l’œil a aussi tapé dans celui du jury. La Française Léa Peckre, gagnante du Prix du Jury L’Oréal Professionnel, a intitulé sa collection "Cemeteries are fields of flowers".

Elle s’inspire des cimetières, des tombes, de la végétation rampante et des mausolées, utilise des paillettes pour créer des matières organiques. Ses silhouettes voilées ont beaucoup fait parler, mais elles sont moins une référence à des looks de religieuses qu’une manière de concentrer la lumière sur le milieu des corps, en "balançant le volume sur le devant pour créer une attitude vraiment forte." Nous on aime, et on lui souhaite que ce prix à 15 000 euros lui permette de trouver un financier et d’ouvrir sa propre ligne. 

CELINE METEIL

 

La Française Céline Méteil qui a remporté le prix Première Vision et le prix de la Ville d’Hyères a travaillé chez Galliano et Balenciaga. C’est sûrement là qu’elle a dû tomber amoureuse du jaconas, cette toile raide et transparente qui sert à construire une première ébauche des modèles en trois dimensions. Sa collection s’appelle "Plié backstage" et se présente concrètement sous forme de grandes enveloppes blanches.

On aime ces silhouettes de femme-enfant en blanc, même si certains volumes semblent peu avantageux pour les femmes que nous sommes (des femmes avec des hanches). 

EMILIE MELDEM
 

Quant à la Suissesse Emilie Meldem, elle revisite l’héritage suisse d’une façon très pince-sans-rire. Pompons de fourrures, vestes en entrelacs de brindilles, grandes capes intégrant des minis sacs… Une collection très geek et très jeune dont on admire l’inventivité et dont on aimerait bien voir des applications plus portables.
On aimait bien aussi le Danois MadsDinesen, pour l’énergie qui se dégageait de son défilé, une réflexion sur la colonisation danoise, allant chercher des techniques traditionnelles propres aux anciennes possessions du royaume. Du cygne mort que Mads a trouvé sur la plage (l’emblème national) il fait un couvre chef qui fait presque disparaître le visage du mannequin. L’ensemble donne à voir une horde de personnages fantasques, une tribu à la fois danoise et africaine.
 

Et vous qu’est-ce que vous avez préféré ?  
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