ALINE POUR QU’ILS REVIENNENT

Découvert en 2010 sous le nom de Young Michelin, le groupe de pop française sous influence divine eighties (rebaptisé Aline depuis 2011) sort aujourd’hui son premier album, hommage à l’avant-garde romantique des années New-Wave.

Phénomène franco-français remis au gout du jour par des groupes comme la Femme ou Lescop, la “French Pop” confirme son grand retour.
 
Dans un autre temps, ils auraient pu figurer au casting du cult movie La Brune et Moi, sorti anonymement en France au début des années 80 et dans lequel Philippe Puicouyoul réunissait les meilleurs musiciens de Paris, autour d’une belle et jeune punkette en proie au succés…

Faisant figure de rivaux numéro 1, les 4 garçons d’Aline s’inscrivent dans ce renouveau effervescent et s’offrent avec leur premier album une belle place au soleil. Ces Marseillais aux allures de jeunes dandys, coupe Morrissey millesimée, se sont rapidement imposés dans le paysage underground musical français comme les portes parole d’une nouvelle nouvelle vague, au détour de concerts rameutant un public de connaisseurs.

 

 
Dans ce ventre mou de la décennie, leur premier EP (2011) a connu un bel accueil sur le Web avec des morceaux qui furent très vite collectivement assimilés par la jeune garde à la mode du moment.
 
Trésors d’ingéniosité et nouveaux héritiers de la pop acide française des années 80 (Les Dogs, Niagara, Taxi Girl, Les Désaxés) leurs compositions démontrent à merveille qu’il n’est guère besoin de trop de notes pour écrire de bonnes chansons. Réalisé sous la houlette de JL Pierrot (ex Valentins) l’album est enchanteur et exhale des vapeurs récréatives au nom de la sacro sainte Trinité moderne: "Au nom du Père, du Fils et du Synthétiseur". Dans un génial torrent d’énergie, les fantômes de The Wake et des Smiths réveillent sur cet album une subtile déglingue, avec des mélodies qu’on écoute mais surtout qu’on réecoute.
 
Taillés pour les oreilles attentives, les quelques 12 morceaux enregistrés à New-York auprès d’Andy Chase (producteur des Smashing Pupkins et Divine Comedy) évoquent avec mélancolie et dans un raz- de -marée pop, le sentiment amoureux dans une inspiration très marquée par les eighties déferlantes.

 
Un peu à la manière des “contes moraux”  d’Eric Rhomer, des chansons aux textes simplissimes comme  "Je suis fatiguée Maudits Garçons" ou encore "Elle m’oubliera" rappellent  “Ma nuit chez Maud”, “La Collectionneuse” ou “L’Amour l’après-midi” du cinéaste disparu.
 
Dans "Les copains", première ballade romantique qui ouvre l’album, l’obsession des années en noir et blanc est bien là. Très légitime en vérité car parfaitement contemporaine de l’époque. Chansons teintées de mélancolie, on navigue entre le retro (Il faut partir avec un son de guitare à la Twin Peaks), la new-wave (Hélas) et la derision (Obscène). Troisième morceau d’une cool britanique redoutable, Je bois et puis je danse s’impose comme un coup de maître grace à ses accroches electro-pop, funky et afro-cubaines façon Talking Heads.L’indispensable Teen Whistle offre elle aussi une belle émotion avec ses guitares carillonantes sur une section rythmique solide. Regarde le Ciel, d’inspiration (et nul n’en doute) de la cold-wave de Robert Smtih, referme le disque avec un joli mordant auquel s’ajoute un sentimentalisme tourmenté peut être un peu trop kitsh, mais parfaitement assumé.


Côté  réalisation, Jean-Louis Piérot, ancien co-fondateur du groupe les Valentins et esthète du son (Etienne Daho, Christophe Miossec, Alain Bashung) a apporté son talent d’arrangeur aux compositions du groupe qui souhaitait pouvoir partager des chansons en français, tout en ayant un traitement du son qui raconte et transcende la claque anglaise que les musiciens d’Aline avaient pu avoir adolescents.

"C’est toujours un exercice particulier de réaliser un album pour un groupe". explique JL Piérot. "L’immense majorité des albums que je produis sont des disques d’artistes solo, auteurs/composteurs (des garçons le plus souvent, hélas). Je commence donc toujours par tenter d’imaginer un son, une atmosphère, qui seront le vecteur pour les arrangements de l’album. Ensuite, et c’est là ce que je préfère, je m’attelle aux arrangements des chansons. Les arrangements que j’ai apportés pour Aline concernent surtout des parties de synthé. Pour le reste, mon travail était avant tout de cerner l’identité musicale du groupe et de la mettre en avant". Poursuit-il.


 

Jean-Louis Piérot confesse aussi s’être pris d’affection pour les quatre garçons, dont la musique fait directement écho à celle des Valentins, son groupe d’alors. "Il y avait quelque chose de très familier, une évidence dans le son et l’attitude, dans ce mélange guitares/synthés".
"Eviter que le studio aseptise leur musique. Ne pas faire un disque trop clean. Retrouver ce qu’ils ont de bon sur scène, faire le tri dans leurs idées, éviter des erreurs de structure, de jeu ou d’interprétation. Mettre de la cohérence dans les choix de chansons". Telle était l’ambition souhaitée par l’équipe de réalisation dont le contrat est parfaitement rempli aujourd’hui.
 
Tout en nuances, l’album ne cherche pas à impressionner alors que de prime abord les compositions apparaissent comme déjà entendues.  Mais Aline a osé du presque jamais vu dans la kyrielle de groupes français actuels, en mélangeant sonorités et influences très Shakespearienne à la langue de Molière. Emmené par Romain Guerre, Aline est de ceux qui par leur classe évidente viennent réapprendre l’enthousiasme à la pop d’aujourd’hui. " Regarde le Ciel " à la force de restituer avec brio l’énergie et la candeur du rock anglais. A faire rêver bien des innocents !
 
 
ALINE :: REGARDE LE CIEL
Idol / Pias
 
Concerts :
24/01/2013 – L’Antirouille – Montpellier
25/01/2013 – I-boat – Bordeaux
07/02/2013 – Le Bouillon – Orléans
19/02/2013 – Le Temps Machine – Tours
21/02/2013 – Café de la Danse – Paris
 

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