ALELA DIANE, LA REINE DE LA MUSIQUE FOLK

Photo de Sébastien Vincent

Un nouvel album fait en toute intimité avec l’excellent guitariste Ryan Francesconi, “Cold Moon” traite avec mélancolie et délicatesse de cette période entre l’automne et l’hiver, de la féminité, de l’amitié et du temps qui passe. Sans être déprimant mais plutôt en étant entraînant, cet album est au cœur de l’esprit Alela Diane, une grande dame de la musique qui sait rester simple, naturelle, humaine et douce. Originaire de Portland, Alela -prononcez “Alila”- nous parle de sa ville, de sa vie de mère, de sa musique et de ses inspirations.

Paulette : Que peut-on dire de ce nouvel album avec le grand guitariste Ryan Francesconi ?

Alela Diane : C’est une collaboration entre une voix et une guitare, Ryan Francesconi a créé toute la composition guitare et me l’a partagée. J’ai ensuite écrit des mélodies et des mots sur ces compositions. J’ai l’impression que cet album est une collection de sentiments et d’humeurs, sur l’automne, l’hiver aussi. Les thèmes sont différents de mes précédents albums, moins autobiographiques, moins personnels. C’est un très bel album ! (rires). Je le pense, sincèrement.

Paulette : Pourquoi ce titre, Cold Moon, d’où est-ce venu ?
Alela Diane : C’est l’un des visages de la lune, peut-être plus dur qu’une lune rose ou blanche, c’est un peu la représentation du mois de décembre, je regardais cette lune et ses différentes apparences sur internet… Et je suis tombée sur cette lune froide. Ça m’a donné envie d’écrire, de m’exprimer.

Ryan Francesconi : C’est au mois de novembre, en pleine lune froide, que cet album a été créé. On a commencé à y penser en octobre de l’année dernière, en ce mois si froid, et jusqu’en mars, avril, date à laquelle on avait fini l’album. Je me souviens avoir composé la musique en une semaine ! Et ensuite, on a mis plusieurs mois à créer les chansons, accorder la guitare et les mots.

C’est une manière originale de travailler, chacun de votre côté. Comment ça s’est passé ? Comment écrit-on sur des mélodies déjà toutes composées ? C’est une manière originale de travailler, chacun de votre côté. Comment ça s’est passé ? Comment écrit-on sur des mélodies déjà toutes composées ? Alela Diane : Disons que l’on a réussi à travailler séparés puis ensemble. Ryan avait toute cette collection d’idées musicales, je les ai énormément écoutées. À cette période de ma vie, j’ai eu ma fille, ma toute petite fille, et je n’avais pas vraiment de temps pour ma musique, être une mère, c’est déjà tout un travail. Mais j’ai eu la chance de trouver une baby-sitter deux fois par semaine, 4 heures par jour, ça m’a permis d’aller au café et d’écouter ces belles chansons. Et en écoutant, je notais des mots. Puis avec Ryan, on a commencé à se rencontrer une ou deux fois par semaine, pour travailler, peu importe ce qu’il se passait dans nos vies. On a arrangé les chansons, on a collaboré de plus en plus intensément.

Ryan Francesconi : Ce qui est intéressant de noter, c’est que nous n’avions pas l’intention de faire un album. Au départ, on avait juste envie de faire de la musique, ensemble. Ne pas forcément l’enregistrer. C’était en quelque sort, un projet d’hiver, de plaisir.

Alela Diane : On avait envie tous les deux de faire quelque chose de créatif ensemble et on avait cette excitation de travailler main dans la main.

Alela, tu habites Portland. En quoi cette ville est-elle une source d’inspiration ? Quelle est son atmosphère, son univers ?
Alela Diane : C’est une ville très calme, bien plus que Paris par exemple. Vraiment plus calme. La plupart des habitants ont leur maison avec leur petit jardin à l’arrière, on ne vit pas les uns sur les autres, on a pas mal d’espace.

Ryan Francesconi : La meilleure manière de décrire Portland pour moi, c’est en parlant de quatre petites villes qui la composent avec une petite rivière au milieu qui la traverse. On a le sentiment malgré tout de vivre dans une petite ville où tout le monde se connaît.

Alela Diane : C’est important, tu ne te sens pas aussi anonyme que dans d’autres grandes villes. J’apprécie cela car j’ai grandi dans une toute petite ville, donc pour moi c’est le compromis idéal, une ville plus grande mais qui reste humaine.

“Être une mère, c’est déjà tout un travail”.

Nous avons une image de toi telle “la reine de la folk”, à la fois nature et forte, est-ce vrai au quotidien ? Qu’en penses-tu ?
Alela Diane : C’est vrai ? Je suis extrêmement touchée. Pour moi, la musique folk, c’est véritablement qui je suis, ce que j’incarne. Comme je le disais, je viens d’une toute petite ville, mes deux parents étaient musiciens, la quasi-totalité de mes souvenirs sont les images de mes parents chantant des musiques folk, dans la cuisine notamment. A chaque fois que j’allais me coucher petite, mon père venait me chanter des chansons avec sa guitare. L’acoustique, la musique telle qu’elle est, c’est un peu ce qui est venu directement à moi, c’est là où je me sens le plus à mon aise.

Qu’est-ce que tu ressens aujourd’hui face à un public, sur scène ?
Alela Diane : Nous n’avons pas encore beaucoup joué pour le moment avec Ryan Francesconi mais nous avons fait une scène devant un petit public à Portland. Ce matin, nous avons joué dans l’émission Le Grand 8 sur D8, c’était totalement différent. D’ailleurs, cette expérience m’a bousculé, je me demandais sur quelle planète j’étais !

Si je te dis The Pirate’s Gospel, qu’est-ce que tu me réponds ?

Alela Diane : Je me revois, très jeune, écrivant cette musique dans la plus grande tradition dans camps dans la forêt, on allait au camping de l’autre côté d’une rivière et il fallait traverser l’eau pour y accéder . Cette chanson parle de jeunesse et de tous ces excellents moments fous pendant l’été.

Quels groupes français connais-tu, apprécies-tu ?
Alela Diane : Je crois que le groupe avec qui je suis la plus proche c’est Moriarty. Je me souviens d’une émission de télévision où nous avons joué ensemble. Et je les croise encore quelques fois. Il y a un mois à peine, Charles était dans un café, je l’ai vu et il m’a reconnu. Et il a dit (ndlr : avec un accent français,

Quand tu ne travailles pas, qu’aimes-tu faire de ton temps libre ?
Alela Diane : J’aime tout simplement être une maman. J’apprécie vraiment me balader avec ma fille de deux ans, mon mari, j’ai une vie très simple et calme à Portland, on peut me voir souvent me balader dans les parcs, cuisiner des soupes, explorer la vie de manière générale, je teste aussi ma patience avec les enfants.

As-tu un dernier mot à dire aux Paulette, nos lectrices ?
Je crois que c’est essentiel pour toutes les Paulette et toutes les femmes en général de rester en contact avec leur part créative, même si un jour on devient mère, c’est important de continuer à exercer sa créativité. J’ai pu le tester moi-même et le travailler, cet oubli de la créativité… Il ne faut pas, garder ce conseil dans un coin de votre esprit !

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