AKUA NARU : L’OISEAU RARE

Akua Naru, de son vrai nom Latanya Hinton, est une artiste, auteur, productrice, activiste et maître de conférence sur la culture hip hop originaire de New Haven. Surtout influencé par le jazz, la néo soul, le blues et le R&B, son nouvel album The Miners Canary gagne des points avec une esthétique marqué par le hip hop beaucoup plus claire que le premier album de Akua Naru The Journey Aflame paru en 2011. Rencontre avec cette Queen du Hip Hop.

 
Paulette : Ce n’est pas ta première fois à Paris, que fais-tu quand tu viens ?
AKUA NARU : J’ai pas mal d’amis qui habitent ici, je les vois, on sort ensemble. Mais surtout, quand je viens, j’adore enregistrer des morceaux. Il y a d’excellent studios ici, et comme mes amis sont pour la plupart des musiciens, on se retrouve et on fait de la musique, ce sont toujours de très bons moment !
 
Pour cet album tu as collaboré avec Ben L’Oncle Soul, comment vous êtes vous rencontrés ?
Figure toi que je l’ai rencontré Ben sur Facebook ! On s’est parlés et quelques jours plus tard, de passage à Paris, je lui ai proposé que l’on se rencontre. Dès que je l’ai vu, je l’ai de suite considéré comme mon frère etdepuis, on est de très bons amis.
 
Tu pourrais me citer d’autres artistes français avec lesquels tu aimerais travailler ?
Il y a tellement de bons musiciens en France…c’est difficile. Mais j’adorerais travailler avec Oxmo Puccino !
 
Tu as décidé de quitter les USA pour t’installer à Cologne, tu penses y retourner un jour ? Est ce que les Etats-Unis te manquent ?
Alors en ce moment je vis un peu partout… Je n’ai pas vraiment de lieu de vie attitré (rires). Et cette idée de ne pas avoir de chez moi “fixe” me plaît bien ! Je suis souvent aux Etats-Unis, en voyage, donc le pays n’a pas le temps de me manquer. Je viens par exemple tout juste de revenir de New-York. Par contre, ce qui me manque, c’est de prendre le temps pour me reconnecter avec mes amis, étant donné que je suis tout le temps sur la route. Mais bon, comme j’ai de la famille et des amis partout dans le monde, dès que je me pose un peu, j’en profite pour les voir et on fait avec !
 
C’est quoi la prochaine étape ? Trouver un point fixe justement ?
Je suis effectivement en train de chercher un endroit… Je ne suis pas très certaine de mes envies pour le moment, je vais me fier au destin, c’est tout le temps le destin qui décide pour moi de toute façon. Dès que je sais où je me pose, je vous tiens au courant, promis !  
 
Tu voyages énormément. Peux tu nous dire quel pays ou ville t’as le plus impressionnée jusqu’à présent ?
J’ai récemment effectué une tournée au Brésil, je suis tombée éperdument amoureuse de ce pays. J’adore dans quel état d’esprit je me sens là bas. J’aime le temps qu’il fait, j’aime les gens… Là bas, je peux parler politique, culture, musique, avec des gens tellement incroyables, faisant des métiers tellement dingues ! J’ai eu la chance d’avoir quelques jours de repos pour découvrir le pays, j’en ai profité pour animer des ateliers, des conférences, et pour aller dans des universités et m’adresser à la nouvelle génération. Au total j’ai passé 6 semaines au Brésil, donc j’ai eu pas mal de temps pour m’imprégner de l’atmosphère qui s’en dégage et j’en suis ravie ! C’était une super expérience. Je suis tellement heureuse d’avoir vécu là bas, j’ai très hâte d’y retourner !
 
 
Tu te revendiques “activiste”, est-ce que tu peux nous expliquer exactement en quoi ?
Je suis une personne qui a conscience de la réalité du monde d’aujourd’hui, un monde où règnent les différences de richesse, de couleur de peau, de genre… Je suis consciente des inégalités, tout simplement, et je m’exprime sur ce sujet. Je lutte contre l’injustice, voilà tout.
 
Malheureusement, il y a moins de femmes que d’hommes dans le monde du Hip Hop, tu expliques ça comment ?
Le sexisme, simplement.
 
Quelles sont les femmes qui t’inspirent ?
Ma mère, ma grand mère, et mes tantes. Et mes amies aussi.
 
Avec tes chansons, ton discours, tu as conscience d’être un modèle pour de nombreuses femmes aujourd’hui ?
Ah mais moi je suis juste une femme qui essaie de faire de son mieux ! Si le mieux c’est d’être le modèle de quelqu’un alors je pense que c’est très chouette. Je suis honorée.

 
Tu es une activiste, une chanteuse, mais surtout, une poète… Selon toi, quels sont les 3 livres que nous devons absolument avoir lu avant de mourir ?
Facile !
« A life of reinvention » de Manning Marable
« Things fall apart » de Chinua Achebe
« Beloved » de Toni Morrison
 
Ton album s’apppelle “The Miner’s Canary”, peux-tu nous expliquer le sens de cette formule ?  
« The Miner’s Canary » est tiré d’une série de conversations que j’ai eu avec ma très bonne amie Dr. Tricia Rose. Le canari est le symbole de l’ambivalence fatale de tous les oiseaux qui à l’époque était placé comme un sorte de système d’alerte pour des événements imprévisibles dans des exploitations de mines. De la même façon, j’alerte des risques qui influencent notre monde actuel.
 
Une question piège pour la fin, si tu devais choisir une seule chanson dans ce dernier album, sur laquelle tu jetterais ton dévolu ?
Oh non, ça c’est très difficile ! Je n’en préfère aucune… Bon, quand même, en ce moment, je suis en train de tourner le clip de « Canary Dreams » à Marseille, en France. Cette chanson est un duo avec Cody ChesnuTT et traite du “pouvoir des rêves”. « Canary Dreams » explique en gros que, peu importe qui tu es, sache qu’il faut du courage pour rêve et que tout le monde peut accéder à ce courage. Nos rêves peuvent être des manifestes. De la même manière que ce clip sera mon rêve, mon manifeste. 

AKUA NARU :: THE MINER’S CANARY
The Urban Era
 
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