ADIEU ET A DEMAIN : L’AMOUR QUI FAIT MALE

Avec son stylet toujours bien acérée, il flirte avec les mots comme un funambule marcherait sur un fil : avec équilibre et poésie. Il s’invite sur les murs, les trottoirs, et s’improvise maître de la punchline french-isé sur des t-shirts et des bouteilles d’eau écolo. Rencontre avec Benjamin Isidore Juveneton, un Roméo 2.0 qui crie et écrit l’amour avec sincérité.

 
Plasticien, designer, difficile de lui coller une véritable étiquette. Alors Benjamin a trouvé la solution : “Aujourd’hui, je préfère dire que je fais des choses. Cela étend le champs des possibles”. On l’a découvert grâce à son tumblr Adieu et à demain dans lequel il balance en quelques mots toute l’ambiguïté des relations, en particulier amoureuses.
A l’origine ? Une succession de lettres de ruptures journalières, nées d’un amour longue distance. “C’était l’ambition de finir chaque soir notre relation pour nourrir l’envie de la reprendre différemment ou simplement plus forte le lendemain”.


 
Loin de ne voir que noirceur et pessimisme, il fait au contraire le pari d’exprimer le pire pour ressentir le meilleur. Nourri par les plumes de Beckett, Cioran ou Duras, il dépoussière l’amour parfois édulcoré pour le rendre vrai, dans le bon comme le mauvais.
 
Il a squatté les quatre coins de la Cité de la Mode pour son expo “Enchanté” l’été dernier, et est accueilli à l’année par l’atelier 154. Pour lui, le street art est “un médium plutôt qu’un courant artistique”. Une façon de rendre l’art accessible en le mettant là où il est le plus visible : dans la rue. “L’art sensibilise, mais on doit être sensibilisé à l’art. La rue sert de vase communiquant entre les deux.”


 
Il signe plusieurs collabs avec La pièce, Colette, et plus récemment, Nike. Et des projets, il en a encore beaucoup en tête. Roman, dictionnaire, affichage sauvage : que ce soit sur papier, sur nos fringues ou sur les murs, Ben Isidore n’a pas fini de nous frapper avec ses uppercuts à base de “Je t’aime moi non plus”.



 

Dernière opération en date, le lancement d’une bouteille d’eau recyclable. Mise en vente depuis le 11 mars, elle est disponible chez Colette our 3,50€. On la retrouve aussi au Café de la Poste (Rue de Turenne) et au Café Crème (Carreau du Temple), ainsi que sur
Parfaites.fr
 
On attend également avec (im)patience le 24 avril, où Ben Isidore promet une exposition “gigantesque” pour fêter l’anniversaire de l’atelier 154, l’occasion pour lui de montrer au grand public ses premiers essais de dessins. Un vrai couteau suisse, ce Benjamin.

 

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