ADAM GREEN & BINKI SHAPIRO : LE DERNIER SLOW

Photos d’Elodie Daguin pour Paulette Magazine

À tous ceux qui ont le coeur brisé, l’album d’Adam Green & Binki Shapiro sorti en janvier dernier s’adresse à vous ! Il traite un sujet délicat : la rupture amoureuse. Suite à une étape difficile de leurs existences respectives, le
chanteur des Moldy Peaches  et l’interprète de Little Joy ont composé dix mélodieuses chansons pop ‘60s telles des ballades cathartiques. Rencontre avec le (faux) couple de l’anti-folk américain.
 

 
Paulette : Quelle est votre chanson d’amour préférée ?
 
Depuis quand jouez-vous de la musique ?
Binki : Quand j’étais enfant, je voulais absolument jouer de la guitare. J’en ai acheté une à mes voisins lors d’un vide-grenier, puis on m’en a offert une à Noël, quand j’avais 17 ans. C’est à ce moment-là que je m’y suis vraiment mise et que j’ai commencé à composer des chansons. Je n’ai jamais cherché à devenir une musicienne professionnelle; cela s’est simplement passé ainsi, heureusement.
Adam : J’ai rencontré Mariah Carey à un open mic et on a passé un accord pour que je sorte un disque produit par son mari. Pendant longtemps, j’ai pensé que je pouvais devenir danseur étoile. Mais la musique s’est avérée plus rentable. Néanmoins, j’ai à nouveau envie de retourner sur la piste de danse !
 
Avez-vous une anecdote à donner sur votre session d’enregistrement à Los Angeles?
Adam : Cela s’est fait rapidement, en 3 semaines. C’était à la House Of Blues à Encino, près de LA ; un complexe hautement sécurisé, même ma mère n’aurait pu y entrer ! Il y avait des statues de différents chanteurs de blues et il fallait chanter face à ces bustes quand on enregistrait les voix. C’était déroutant et appréciable à la fois. (rires)
 
Vous faites partie de la scène underground new yorkaise. Qu’est-ce qui a changé depuis les années 1990 ?
Adam : C’est une bonne question. Quand j’étais petit, je vivais dans le East Village, une sorte de quartier punk, et j’avais l’impression que vivre là-bas avait quelque chose à voir avec l’identité de chacun. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Car je crois que… le monde a changé ! Mais, il fut un temps où c’était vraiment différent. Il y a une bonne scène folk. Oh, la raison pour laquelle cela a changé depuis les années 90 et que ce n’est plus être un quartier punk, c’est parce qu’aujourd’hui tout le monde choisit de tout aimer. Ce qui rend la vision punk totalement impossible.

 

Adam, peux-tu raconter l’histoire de “Anyone Else But You”, la chanson des Moldy Peaches reprise dans la Bande Originale du film “Juno” ?
Adam : La chanson est sortie en 2001. En 2007, les producteurs de “Juno” nous ont contactés pour nous dire qu’ils voulaient mettre notre chanson dans le film. Car Ellen Page, l’actrice principale, leur avait dit qu’elle pensait que Juno pouvait l’écouter. On n’a pas été impliqués là-dedans, on a juste dit oui. Puis, ça a eu de grandes répercussions : par exemple, Whoopi Goldberg m’a fait un high five… Je veux dire, je n’avais pas signé pour ça ! (rires)
 
Binki, tu es aussi mannequin. Prêtes-tu attention à la mode ?
Binki : A vrai dire, je me fiche pas mal de la mode. On me pose beaucoup de questions là-dessus et je me rebelle un peu. Je m’habille comme un SDF pour éviter que les gens me posent ce genre de questions. C’est vraiment la partie la moins intéressante de mon existence…
Adam : En revanche moi j’ai différents costumes pour les tournées. Pendant celle de l’album “Sixes & Sevens”, je portais le costume de Ozzy Osbourne. Et quand j’ai fait “The Wrong Ferrari” (film NSFW, ndlr) je portais celui d’un pirate colonialiste. Là, je suis dans mon trip cuir et fourrure. Pour la prochaine tournée, je pense être déguisé en Aladin. J’essaye de faire réaliser mes vêtements sur-mesure et je dois dire que je réussis ça bien. Je n’aime pas du tout la tournure que prend la mode masculine, c’est trop… masculin, et les couleurs inspirées de la Marine sont moches. J’essaie de porter des trucs avec des jabots, des jeans ou pantalons taille haute, un peu couture.


Adam, peux-tu me parler de Sky Ferreira, la jeune top qui monte, qui a figuré ton ton film “The Wrong Ferrari” ?

Adam : Elle jouait dans la séquence où nous nous transformions en animaux de compagnie. Nous avons un projet musical noise ensemble. Quand elle a participé à “The Wrong Ferrari”, elle était déjà chanteuse, pas seulement modèle. Elle est très introvertie, je ne l’ai jamais entendue chanter…
 
Sinon tu t’apprêtes à réaliser un film sur Aladin…
Adam : Oui, c’est pourquoi je vais m’habiller comme lui et changer de nom pour me faire appeler Aladin. Je compte le faire d’ici quelques mois et être Aladin à tout jamais ! J’essaye de contacter Benicio del Toro par téléphone pour qu’il joue le génie. Je dis bien que j’essaye. Parce qu’hier soir au restaurant, personne n’avait son numéro et à midi, pareil (rires). Je dois juste trouver quelqu’un qui le connaît. C’est le meilleur moyen d’y arriver.
Binki : Moi je connais quelqu’un qui le connaît…
Adam : Vraiment ? Tu pourras me filer son contact ?

 
Adam, peux-tu dire quelques mots sur ton collectif artistique 3MB ?
Adam : 3MB = 3 Men and a Baby. Je l’ai formé à New York avec Macaulay Culkin, l’acteur, et Toby Goodshank, qui a joué avec moi dans les Moldy Peaches. Mais vu qu’ils habitent en Europe, je pense faire un collectif artistique européen basé sur l’analyse de l’attitude européenne… Tu comprendras quand tu verras les prochaines expositions (rires). Nous faisons beaucoup de parodies des européens, souvent sous forme de films. Sinon, nous faisons des “jokes paintings”. Je ne sais pas encore où nous exposerons, peut-être chez Agnès b. l’an prochain. J’ai une expo en ce moment à la Loyal Gallery à Stockholm.
 
Préparez-vous vos prochains albums solos ?
Binki : On est tous les deux en train d’écrire nos albums respectifs. Nous prendrons plus de temps après cette tournée. J’espère m’y mettre rapidement, je n’aime pas m’ennuyer.
Adam : Je vais faire la bande originale de Aladin. Après, il reste toujours la possibilité de faire un nouvel album avec les Moldy Peaches mais ce n’est pas à l’ordre du jour.
 
Y-aura-t’il de nouvelles collaborations ?
Binki : Fabrizio (Moretti de The Strokes, ndlr) et moi discutons de nouvelles chansons pour Little Joy. Ce serait chouette. Mais je suis plutôt contente de me lancer toute seule pendant quelques temps.
 
Quel est votre endroit préféré à Paris ?
Binki : J’ai passé un mois à Montmartre l’an dernier et j’ai vraiment adoré cette ambiance de village qui y règne. Au début de mon séjour, j’avais acheté une plante pour me tenir compagnie. A la fin elle était morte…
A : Ça va ?
B : Oui, c’est juste que j’ai lu énormément, j’ai regardé beaucoup de films. J’ai essayé de décompresser. Mon but était d’écrire des chansons, mais j’étais trop excitée à l’idée d’être à Paris. Je venais d’atteindre la fin de la vingtaine, j’étais un peu triste…
 

BONUS

 
ADAM GREEN & BINKI SHAPIRO :: ADAM GREEN & BINKI SHAPIRO 
Sortie le 25 janvier 2013
Universal
 
 
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