50 SHADES OF GREY, LE MOMMY PORN QUI CARTONNE

Illustration, Roland 

Maman l’a toujours dit : la curiosité est un vilain défaut. Une curiosité, parfois mal placée, qui pousse à faire des choses plus ou moins homologuées « juste pour voir » dit-on. À titre d’exemple, la curiosité vous a déjà très certainement, forcé à regarder une quotidienne de Secret Story, résultat des courses vous vous retrouvez le dimanche soir a regarder tous les épisodes de la semaine en REPLAY au fin fond de votre lit. Inutile de nier…

 
Cependant, si vous êtes complètement hermétiques a l’ignominie que représente ce genre d’émissions, votre curiosité vous a sûrement déjà incité à vous perdre dans les méandres d’obscures lectures un tantinet low level. Un Harlequin chipé dans la biblio-rose de votre maman, le dernier best-seller de Musso que vous avez attendu comme le messie…ça nous est, presque hélas, déjà arrivé à toutes. Les lectures grand public, ça a du bon. Ca se lit vite, c’est « détente »…
 
> 50 shades, le Harlequin de 2012
 
Le prix Nobel de Littérature, c’est très certainement la récompense que n’obtiendra JAMAIS Fifty Shades Of Grey. Ouvrez grands vos yeux et cessez de prétendre que vous ne savez pas de quoi il s’agit. Vous n’avez pu passer à côté du phénomène britannique qu’est Fifty Shades Of Grey, d’E L James (Erika Leonard, semble-t-il). 50 shades pour les initiées, est le niveau supérieur des antiques Harlequin.
 
Pas de chastes baisers pour ce Mommy Porn, mais plutôt des fessées à gogo. Les mecs ont le X pour s’émoustiller, les filles ont/auront Christian Grey. Oui, mais uniquement, si les combos de clichés ont raison de vous. Car, c’est bien de ca dont il s’agit dans 50 Shades, d’une vinaigrette de clichés tous plus gros les uns que les autres. Voyez plutôt.
 
> Quand le grand méchant loup rencontre la brebis…
 
Christian Grey a tout pour plaire à la ménagère un poil en manque de libido. Il est jeune, beau, sexy, très riche et, disons puissant. Un cocktail qui le classe directement dans la case amant parfait ou gendre idéal (selon maman). Contre- balancez ce tableau avec le frisson de l’interdit et vous obtenez l’homme gagnant. Car, beware, Christian Grey est SM. Son délire ? Sa Red Room Of Pain (ou Pleasure, tout dépend du point de vue). Son truc ? Les fessees, les fouets, les menottes, le bondage et tutti quanti. Le roman, dit érotique, dépeint une réalité plutôt surfaite de la culture sadomasochiste, bourrée d’idées reçues, ou la relation dominant/domine prend des proportions toujours plus clichées.
 
Car le grand et beau Christian Grey ne serait rien sans sa petite brebis effarouchée qu’est Ana Steele, 20 ans, just graduated et vierge de surcroit. Une relation tumultueuse et sulfureuse, pavée de tabous sociaux que brave dans un quasi secret l’héroïne…
 
> Mais alors, doit-on succomber aux affres sulfureuses de Christian Grey ?
 
Pour les plus curieuses, la réponse est oui. 50 Shades, nous permet d’assumer certains fantasmes encore inavoués par cette lecture un peu triviale. Au départ disponible en téléchargement et sur Kindle, le bouquin a fait fureur outre manche et outre atlantique. Comprenez, lire discrètement les ébats de Christian et d’Ana est un tres bon moyen de faire passer le temps dans les transports en communs. On raconte que la trilogie (Oui, vous avez bien lu) serait en passe de détrôner Harry Potter (Blasphème!). Autre légende urbaine, les stars se l’arrachent et Victoria Beckham aurait intime l’ordre a sa maman de le lire. Pis encore, Bret Easton Ellis en a twitté tout l’été. Et, cherry on top, une adaptation cinématographique est à prévoir…avec, en guest star, Ryan Gosling, très certainement. 
 
En revanche, si vous n’êtes pas adeptes des pseudos histoires d’amour aussi romantiques qu’érotiques, passez votre chemin. Autant vous préciser que cette folle trilogie n’a rien de sensationnel stylistiquement parlant. En revanche, mettre un nez dedans, c’est n’en sortir qu’une fois le livre terminé, c’est filer sur Amazon commander les deux autres tomes pour connaitre l’épilogue de notre gentil porno pour fillettes teinte d’histoire de love qui nous émeut. Maman avait raison, la curiosité est un vilain défaut, mais c’est aussi notre plus grande qualité.
 
50 SHADES OF GREY, d’E L James
Sortie prevue pour octobre 2012 en version française
 
Ed. Vintage book

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