5 JEUNES CRÉATEUR-RICE-S DE MODE QUI SERONT LES GRAND-E-S DE DEMAIN

Malgré la situation sanitaire que l’on ne saurait nommer et les infos qu’on ne se résout même plus à écouter, la Fashion Week ou "vache à nouilles" de Paris (si ce bon mot ne vous parle pas, je vous conseille de fouiller sur Instagram) nous a offert une échappée belle des plus salvatrices vers des contrées où le total look en (faux) croco bleu électrique à 9 heures du mat’ dans le métro est tout à fait acceptable, s’il s’agit de filer au premier défilé Kenzo sous la direction artistique de Nigo.

Même Pharrell Williams, Pusha T, Gunna, Tyler the Creator, Kanye West… et une certaine Julia Fox (*regard circonspect*) ont bravé le chaos de la rue des Petits Champs pour assister à ce moment d’Histoire. En parlant de Tyler the Creator, l’artiste américain a aussi participé à l’une des pages les plus émouvantes de la semaine de la mode, à savoir le défilé posthume du directeur artistique Virgil Abloh pour Louis Vuitton. On avoue avoir versé une larmichette à la fin du show, pendant que les mannequins regardaient vers le ciel comme pour saluer le génie parti trop tôt ou mimer un message cher à feu le designer, à savoir toujours croire en ses rêves, mêmes les plus fous.

Des rêves et de l’ambition, les 5 jeunes créateur·rice·s qui ont attiré l’attention de la rédaction en ont à revendre. À travers leur vision singulière d’une mode contemporaine, inclusive, non genrée, éco-responsable, fluide, personnelle et authentique, iels tracent leur propre voie au diapason de leur propre voix.

Voici nos créateur·rice·s chouchous du moment, par ordre alphabétique ; car quand on aime, on ne hiérarchise pas !

 

BIANCA SAUNDERS

Une designer femme qui habille l’homme, c’est suffisamment rare pour être mentionné dans un milieu de la création mode assez masculin ; mais une jeune femme noire d’origine jamaïcaine, ayant grandi à Londres et fraîchement honorée du Grand Prix de l’ANDAM 2021 (destiné à récompenser les talents créatifs sur qui garder un œil, voire les deux), c’est encore moins anodin… À l’instar des silhouettes hybrides, à la fois structurées et fluides, qui ont défilé sous la griffe de son label éponyme Bianca Saunders pour la toute première fois au Palais de Tokyo, pendant la Fashion Week masculine de Paris.

Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders
Défilé de la collection AH22 "A Stretch" par Bianca Saunders © Bianca Saunders

Baptisée A Stretch (que l’on pourrait traduire en français par « étirer »), la collection automne-hiver 2022 Bianca Saunders explore tous les possibles d’un vestiaire masculin sensuel et minimaliste fait de tailoring casual, de matières fluides qui caressent le corps tout en le structurant, le tout teinté d’une élégance follement confortable, comme à la maison. Illusion d’optique (que l’on retrouve dans les imprimés à carreaux sinusoïdaux à effet 3D) et apparente simplicité imprègnent de nombreuses pièces de la collection qui sont coupées, drapées, cousues et boutonnées avec une précision quasi chirurgicale sans en avoir l’air, afin de n’intimider personne et de proposer des vêtements intemporels, indifférents aux tendances, pour tous les corps, tous les âges et toutes les occasions. « Je veux que les hommes montrent leur corps de la même manière que les femmes le font, et qu’ils y prennent goût », confie Bianca Saunders. Mission Accomplished, pour la Britannique !

 

BLUEMARBLE

Comment parler de créatif·ve·s de talent qui électrisent l’univers de la mode sans mentionner l’enfant du monde Anthony Alvarez, dont les collections pour son label Bluemarble nous font voyager saison après saison dans des contrées à la fois exotiques et familières ! À l’automne-hiver 2022, c’est à bord d’un « vinta », sorte de voilier traditionnel de l’île de Mindanao aux Philippines, que l’on embarque pour une odyssée entre Asie et Europe, en passant par l’Amérique, les 3 points d’ancrage familial qui nourrissent le travail du globe-trotter.
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble
Défilé de la collection AH22 Bluemarble par Anthony Alvarez © Bluemarble

Fidèle à sa passion pour le surf, le sportswear, les années 90, la culture hip-hop et l’artisanat local, le jeune designer de Bluemarble a fait défiler des looks hybrides dont des pantalons de skateur extra-larges à boutons pression, des chemises de marin revisitées, des parkas techniques dont les couleurs font écho aux voiles multicolores du vinta philippin, des jeans amples brodés de strass, des manteaux monochromes aux épaules tombantes et aux revers contrastés ornés de paillettes, des pantalons de marin XXL très casual, sans oublier les accessoires : chaussures hybrides quasi fantasmagoriques entourées de poils, des combis bonnet-écharpe extra longues et des sacs étanches de marin aux couleurs pétantes. De quoi nous donner envie de nous mettre au surf l’hiver prochain !

 

EGONLAB

Remarqué la saison dernière lors d’une présentation au showroom Sphère, en marge de la Fashion Week masculine, le label Egonlab ne laisse pas indifférent avec son vestiaire sportswear inclusif aux accents médiévalo-ésotérico-mystico-écolo punk. Tout un programme ! À la faveur de l’encens qui a embaumé le temple protestant de l’Oratoire du Louvre la semaine dernière lors de leur défilé inaugural au calendrier officiel de la semaine de la mode masculine automne-hiver 2022, Florentin Glémarec et Kévin Nompeix, fondateurs de la toute jeune marque auréolée du prix Pierre Bergé de l’ANDAM 2021, ont glané une foule de nouveaux·elle·s  adeptes fiévreusement admis·e·s à leur culte du bonheur universel, de la beauté dans l’étrangeté, de l’inclusivité intergénérationnelle et de l’acceptation de soi non genrée.

Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab
Défilé de la collection AH22 "Egonimati, The Great Initiation" par Egonlab © Egonlab

Un retour au défilé physique que le duo souhaitait de tous ses vœux. Cette collection intitulée Egonimati, The Great Initiation (ou « Egonimati, la grande initiation »), mélangeant vestiaire masculin et féminin, donne envie de s’emmitoufler dans l’épaisseur des doudounes matelassées et des manteaux en fausse fourrure, autant qu’elle pousse à repenser le monde tel qu’on le connait avec ses silhouettes sévères et sombres parsemées d’un esprit de rébellion coloré. Egonlab n’abandonne cependant pas le metavers qui l’a rendu célèbre auprès d’un public jeune. Elle y vend aux enchères 5 modèles de Crocs, dans un refuge numérique en guise de paradis pour geeks. Nouvelles technologies et solidarité n’étant pas contradictoires, une partie des bénéfices de la vente sera reversée à des associations facilitant l’accès au numérique aux plus démuni·e·s.

 

GREGORY ASSAD

Seul designer de notre sélection coups de cœur à n’avoir pas défilé pendant la Fashion Week masculine la semaine dernière, Grégory Assad a cependant déjà vécu le stress mêlé d’excitation d’une première collection, intitulée « New Wave » et dévoilée à une poignée de proches, de professionnel·le·s, de futur·e·s client·e·s et d’admirateur·rice·s de longue date. Ce fut en 2021, dans l’écrin haut sous plafond du centre d’arts vivants Wangari Muta Maathai dans le 20èmearrondissement de Paris.

Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph
Gregory Assad © Axle Jozeph

Le créateur d’origine martiniquaise y a présenté des robes incandescentes aux décolletés méga plongeants avec finition chaîne, des vestes en madras (tissus en coton emblématiques des Antilles françaises) noir et blanc agrémentées d’épaules droites très 80s, des vestes-chemises structurées, des robes en verre, inox et aluminium upcyclés, des pantalons en matières techniques métallisées et à effet serpent en cuir avec ceinture métallique, dont l’un fut récemment porté par le top modèle Alton Mason lors d’un shoot au beau milieu de l’expo Instagram IRL par Jean-Jacques Ndjoli au nouveau lieu culturel le 3537 (Dover Street Market Paris). Une collection aux silhouettes fluides, inclusives, chic et sacrément sensuelles inspirée de son enfance en Martinique et de ses albums photos de famille, de l’effervescence de la jeunesse malienne photographiée par Malick Sidibé dans les années 70, mêlées de références au glamour des divas des années 2000 dont l’indétrônable Beyoncé. Un vestiaire féminin-masculin qui fait mouche et dont il nous tarde de découvrir la prochaine saison. Un vrai talent à la personnalité attachante à suivre à la loupe !

 

LOUIS GABRIEL NOUCHI

Last but — certainly — not least, Louis Gabriel Nouchi a littéralement embrasé cette dernière semaine de la mode masculine avec sa bande de mecs de « tous les jours » transformés en véritables Apollon du catwalk. Effet Louis Gabriel Nouchi dont on avait bien besoin par 4°C en plein soleil de janvier. Reflétant son éternelle passion pour la littérature, cette collection automne-hiver 2022 réveille cette fois Les paradis artificiels de Charles Baudelaire à la recherche de l’atmosphère de chaleur, de sensualité et de danse débridée, parfois teintée de poésie mélancolique qui anime(ait) les boîtes de nuit. Vous vous souvenez ?

Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi
Défilé de la collection AH22 "Les paradis artificiels" par Louis Gabriel Nouchi © Louis Gabriel Nouchi

Un Temps Retrouvé à la faveur de silhouettes fluides et sensuelles composées de bodys échancrés qui révèlent le creux des hanches, de pantalons loungewear amples qui caressent doucement la peau, de chemises marbrées à la transparence suggestive, de vestes nervurées au tombé débonnaire et de débardeurs en maille savamment ajourés comme effilochés après un corps à corps précipité. Louis Gabriel Nouchi distille son vocabulaire vestimentaire piano piano avec efficacité. On ne manque pas de remarquer ici et là les sous-vêtements (slips, caleçons, débardeurs et pantalons) arborant une fine fente sous la couture côté gauche, devenue l’une des signatures de la maison ainsi que les quelques imprimés abstraits quasi psychédéliques qui accentuent une collection délicieusement monochrome. Le bibliophile espiègle n’en a pas fini de nous embarquer dans l’exploration fiévreuse des contours de la masculinité.

 

Pour encore plus de coups de coeur mode, rendez-vous sur le site Paulette !

 

Article de PK Douglas

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