5 FAÇONS DE DÉCOMPRESSER QUAND ON EST SUR LE POINT DE CRAQUER

Un peu de mal à déconnecter en ce moment ? On vous donne quelques astuces bienvenues pour faire une pause dans une routine éreintante.

Les jours passent et notre fatigue s’accumule. Physique comme mentale, on frôle le bout du bout. On bosse trop, on pense trop, on a trop de choses à gérer. On a du mal à prendre du recul, à vraiment se reposer. On finit par s’endormir après le dîner sur un coin de canapé devant une mauvaise série policière, bave au coin des lèvres et plaid bouloché qui ne nous recouvre même pas les pieds. On se réveille à minuit, pleines lumières dans le visage, on se traîne jusqu’au lit avant de s’endormir lourdement jusqu’à la prochaine journée qui nous épuisera davantage. 

Le boulot, la pluie qui n’en finit pas et maintenant le couvre feu dès 21 heures : le cocktail est loin de nous remonter le moral. On craque. Ou en tout cas, on a l’impression que si ça continue, on va craquer. Pour de vrai. Tout envoyer valser afin de se forger un quotidien plus sain qui ne nous pomperait par notre énergie ni notre confiance en soi. Presque utopique. 

On a de la chance, rien n’est perdu. Il est encore temps d’intégrer des rituels quasi salutaires à cette routine qui nous bouffe. Des moments pour soi, des activités relaxantes qui ne prennent pas des plombes (c’est justement la raison pour laquelle on frôle le burn-out : on manque de temps pour déconnecter), et dont l’efficacité n’est plus à prouver. Surtout, des astuces qui ont été testées à maintes reprises par une femme au bord de la crise de nerfs à cause d’un déséquilibre critique entre les plages horaires accordées à son gosse, à son couple et à sa carrière de journaliste de terrain exemplaire : moi-même. 

« J’aime mon travail » – Crédit : 20th Century Studios

Oui car voilà, je n’en peux plus. Je suis dans mon 44m2 sans lumière toute la sainte journée (de télétravail), et je rêve de grandes étendues d’eau, de verdure et de calme. Il n’y a pas longtemps, j’ai visité le musée Magritte à Bruxelles. C’est beau. En lisant les lettres du maître à ses collègues européens, je me suis dit que ça devait être vraiment agréable d’avoir le temps de créer. Et je me suis mise à envier ce que Magritte avait. 

Alors soyons clair, je ne parle pas de son talent évident pour la peinture. Mon ambition artistique, si elle a un jour existé, s’est brisée en cours d’arts plastiques en 5eF, quand ma prof a comparé ma reproduction du Déjeuner sur l’herbe de Manet à, je cite, « trois cochons sur une toile cirée ». Pas tendre. Non, en fait, je parle du temps qu’on devine dans les comptes-rendus épistolaires qu’il adresse à ses potes surréalistes. Des longues semaines à plancher sur un tableau, sans délais impartis, juste l’envie de le perfectionner.

« Tout va bien, je vais bien » – Crédit : Universal Pictures

Retour à nos moutons parce que je sens que je vous perds – quoiqu’au moins, vous commencez à me croire quand je vous dis que je craque : que faire pour décompresser et se l’accorder, ce temps qui permettra de se ressourcer. Voici cinq pistes à explorer rapidement. Et je peux vous le garantir, aussi évidents sembleront sûrement les éléments de cette liste, ne soyez pas trop cynique : les essayer c’est les adopter. 

1. Couper les écrans

« L’usage des écrans affecte l’intelligence, la santé mentale et la santé corporelle », lançait dans les colonnes de Libération Michel Desmurget, docteur en neurosciences à l’Institut des sciences cognitives de Lyon, en novembre dernier. Il alertait notamment sur les effets néfastes d’une surexposition pour les ados et leur développement, dont un sondage révèle qu’ils·elles passeraient en moyenne 6 heures et demi de temps quotidien sur un écran. Quand je vois que mon bilan hebdomadaire m’indique une moyenne de 8 heures par jour qui ne cesse de grimper, je flippe. 

Ce qui m’inquiète le plus en ce moment, c’est le deuxième risque que l’expert mentionne : celui d’affecter ma santé mentale. Rien de nouveau sous le soleil, mais essentiel de le souligner, la consommation excessive de réseaux sociaux est à l’origine de l’anxiété accrue d’une partie de la population. Les millenials et les Gen Z, surtout. Ou celles et ceux né·e·s entre 1999 et 1985. Je suis née en 1990, jackpot. Comparaison nocive, ultra-connexion qui nuit à la concentration, qualité de sommeil en chute libre : avec trop d’écrans, tout fout le camp. 

Même s’il s’agit de son outil de travail, il est nécessaire de s’imposer des règles pour couper. Particulièrement quand, une fois l’ordi rangé, on passe en mode récréatif à scroller sans but sur Instagram. Ça peut passer par plusieurs moyens : s’interdire les écrans passée une certaine heure, dans une certaine pièce (la chambre, par exemple), ou se fixer un quota de minutes à ne pas dépasser. Il existe d’ailleurs des applis pour ça, qui seraient assez efficaces – bien qu’utiliser la technologie pour se désintoxiquer de la technologie semble plutôt ironique (je viens d’en télécharger une). 

L’important, quelle que soit la façon dont on y arrive, c’est qu’on réussisse à s’affranchir de ce réflexe l’espace de quelques heures (éveillées) par jour pour les récupérer pour soi, et récupérer tout court.

2. Faire du yoga

Il y a deux ans j’avais l’impression que le barreau de chaise que j’étais n’aurait pas une chance dans un cours de yoga. Et puis, j’y suis allée. J’ai réservé un créneau via une copine calée sur le sujet, et je suis tombée dans une classe de dix autres participantes, qui m’inspirait bienveillance et lâcher prise. Mes « chiens tête en bas » ressemblaient à des sauterelles estropiées, mes « ponts » filaient des sueurs froides à la prof qui a sûrement cru que mon corps ne s’en remettrait pas, et pourtant, j’en suis ressortie indemne et convaincue. 

Le truc du yoga quand on est débutant·e, c’est d’y aller mollo, de ne pas forcer et de simplement tenter de se détendre et de se vider la tête. Pendant 30-45 minutes, on se concentre uniquement sur des enchaînements de mouvements censés étirer nos muscles et nous faire travailler notre respiration. Respiration qu’on réussira à contrôler plus tard lorsqu’on sentira la boule d’angoisse se loger dans notre gorge pour telle ou telle raison. 

Plus de salles de sport ouvertes ? Les cours en ligne et en direct pullulent. Pas d’excuses.

3. S’accorder une pause solo

Dans un article pour Stylist, la médecin généraliste Dre Zoe Williams explique qu’être trop longtemps au même endroit et dans la même position peut avoir des conséquences sur notre corps et notre esprit. « Cela peut mettre notre corps dans un état d’inflammation qui a des effets importants sur le cerveau et peut affecter notre humeur », détaille la spécialiste. Parmi ces troubles, le stress, l’anxiété et la dépression. Elle conseille donc de faire des micro pauses actives, en se levant et en s’étirant pendant une ou deux minutes par exemple, toutes les vingt minutes. Un conseil d’autant plus précieux en période de télétravail, où personne n’est là pour nous embarquer faire un tour à la machine à café. 

Faire un break toute seule a aussi des vertus réparatrices. Cette fois, c’est le New York Times qui chante les louanges de ces phases de solitude désirée. « Le temps passé à réfléchir sans distractions sociales peut également être réparateur, renforcer votre confiance et vous permettre de maintenir plus facilement des limites », déclare Emily Roberts, psychothérapeute. « En outre, il peut stimuler la productivité, l’engagement avec les autres et la créativité ».

Pour y arriver, les options sont multiples. « Si vous avez beaucoup de mal à écouter les pensées qui vous passent par la tête, la tenue d’un journal peut être un excellent moyen de faire face à ces émotions et de les évaluer », poursuit l’experte. « Et même si c’est tentant, essayez de ne pas être sur votre téléphone, car c’est une trop grande distraction ». Le Dr Robert Coplan, psychologue du développement, suggère plutôt de lire, d’aller au cinéma, de déjeuner, de visiter un parc, d’essayer d’acquérir une nouvelle compétence. Tout ce qui n’implique pas d’agir en fonction des autres ni de consulter les réseaux sociaux de manière obsessionnelle.

En gros, le journal résume : faites de la place dans votre vie et prenez le temps nécessaire, même si ça revient à passer (seulement) 30 minutes par semaine à lire dans un café. Sans Instagram. 

4. S’accorder une pause accompagnée

Changer d’air et parler d’autre chose, aussi, est essentiel pour cesser de ruminer et sortir de ce qui nous oppresse. Par exemple, boire un verre – avant 21 heures – avec des potes qui auront sûrement leur dose de ras-le-bol, parce qu’ensemble on est plus fort·e·s. Surtout quand « ensemble » signifie « à six autour d’un apéro » (loin de moi l’idée de promouvoir l’alcool, je parle surtout de ma passion blinis-tzatziki).

Plus sérieusement, si se divertir en solo est indispensable, maintenir des interactions sociales procure également des bienfaits non négligeables. Dont la décompression nécessaire qui nous manque tant. Enfin, encore faut-il que l’organisation de ces rendez-vous ne nous stresse pas plus qu’autre chose. 

5. Miser sur le selfcare

Ce qu’on entend par « selfcare » c’est le fait de prendre soin de soi, mais aussi d’investir dans la magie des soins cosmétiques, justement. Se faire un masque hydratant et régénérant après le boulot, passer trente minutes dans la salle de bain à s’appliquer tous les gommages et exfoliants imaginables, se faire les ongles, réserver un massage thaï aux huiles chaudes dans un salon pour ensuite ne manger que des pâtes pendant un mois – et ne pas le regretter pas une seconde. Ça revient un peu à s’accorder du temps tout·e seul·e, sauf que là, on s’occupe de notre corps pour mieux atteindre l’esprit.

Et enfin, l’apaiser.

Chronique de Pauline Machado

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