WILLIAM WEGMAN : UN AMOUR DE CHIEN DERRIÈRE L’OBJECTIF

 


Le 11 octobre prochain sortira le livre Être humain signé William Wegman. Ce nouvel ouvrage met à l’honneur quelques 300 photos des Braques de Weimar du célèbre photographe américain. Faisant écho à cette proximité dans le regard d’un Braque, aussi poétique que drôle, leur maître a joué de l’objectif pour mettre en scène ses chiens adorés dans leur meilleur costume.
 
Drôles, profondes et parfois absurdes, les photographies qui composent ce livre n’incarnent pas seulement l’humour de Wegman. C’est un véritable témoignage d’amour d’une espèce à une autre à qui il ne manquerait que le langage. Et encore. S’il y a bien un sentiment qui transcende le regard bleuté de ces nombreux Braques, c’est la complicité presque cynique de ces chiens pour leur maître.
 
Pourtant, c’est bel et bien le destin qui a mis le premier Braque de Weimar sur la route de William. Loin de s’imaginer que cette race de chien deviendrait la muse de toute une carrière, cela s’est joué à pile ou face. C’est en 1969 que William a tendu la main à son destin. Après avoir promis à sa femme d’acheter un chien dès qu’ils poseraient bagages à Los Angeles, il ne pensait pas qu’au moment venu, elle se rappellerait de ses mots. C’est donc en 1970 que le futur photographe, trahi par sa propre parole, accepte à contre-cœur la venue d’un compagnon à quatre pattes, Man Ray, dans son foyer sans enfants. Craintif que cet animal le dérange dans son travail, William tente le coup de poker et lance à sa « Pile le chien reste, face on le rend ! », et la pièce est tombée sur pile. Cinq fois.
 
C’est ici que l’histoire d’amour commence.



Après des années de galère où le travail de William Wegman oscillait entre gros succès et période creuse de plusieurs années, son chien Man Ray passe devant l’objectif au mauvais moment. C’est ici que le jeune photographe a une idée. Ce sera le début d’une longue collaboration entre Man Ray et son maître qui lancera sa carrière timidement mais sûrement. Après Man Ray, viendra Fay Ray et ses nombreux successeurs : Batty, Chundo, Crooky, Chip, Candy ou encore Penny.
 
William connaît parfaitement ses modèles et n’hésite pas à décrire le caractère de chacun comme s’il était question d’être humain. Tout simplement parce que pour lui, ce sont des êtres humains, des membres à part entière d’un foyer, d’une famille. Pour un shooting mode, ce sera plutôt Penny, car elle aime poser et son charisme n’a de paire. En revanche, Chip, fils de Battina, est connu pour son regard teinté d’une profonde tristesse. Si l’on demande à William Wegman ce qu’il voit dans ses yeux, il répond que ce regard est dû à sa naissance compliquée pendant laquelle Chip s’est arrêté de respirer plusieurs secondes.

 
Nul ne peut contester le lien qui unit ces nombreux Braques de Weimar à leur compagnon à deux pattes. D’ailleurs, qui accompagne réellement l’autre ? À travers toutes ces années, William Wegman n’a cessé de s’entourer de ces animaux fidèles au regard transperçant. Aujourd’hui, il se rappelle de chaque moment, chaque nom et chacun de leur caractère. Être Humain est bien plus qu’un recueil de photos, c’est un véritable album de famille.

Le livre Etre Humain sera publié aux éditions Textuel, à partir du 11 octobre. 

> Article de Stacie ARENA





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