THÉÂTRE : J’AI COURU COMME DANS UN RÊVE

Photos © Ghislain-Dorglandes

Bizarre sensation que celle de courir comme dans un rêve, comme une impression de ne pas arriver à avancer alors que l’on est poursuivit par un danger, ici, le temps qui passe.

Une danseuse, une boite de nuit, une prod’ hyper hype, un voisin solitaire et écrivain, l’oncle Ben’s, et ses neveux et nièce… Nous sommes tous et partout rongés par les mêmes questions : qu’est-ce que je fais là ? Qui tire les ficelles ? Quel est le sens de la vie ? Et personne ne peut y répondre, pas même Dieu.


Quand le temps presse, comme pour Martin, infesté par une tumeur foudroyante, ces questions deviennent omniprésentes pour lui et sa famille. L’impression pour ce jeune homme de 30 ans de n’avoir rien fait, de partir trop tôt. Il ne veut pas mourir, mais de toute façon on y est obligé, tout le monde y passe, alors tant qu’on est là, autant le vivre bien et en profiter. Pas de suspens, on a tous la même issue ! À chacun de prendre cette triste banalité à sa façon.

C’est dans des situations absurdes et de plus en plus oniriques qu’ils essayeront de comprendre nos raisons d’être. Martin vivra ses dernières heures, entouré de sa famille, attendant son amie, retenue dans un aéroport et tout juste enceinte en vivant dans des "SI", et en immortalisant ses proches dans des situations cocasses et fantasques.


Les acteurs passent d’une émotion à l’autre avec générosité et finesse en jouant sur les ruptures, le décalage des genres, et des respirations chorégraphiques où la parole n’a pas lieu d’être.

Nous assistons à une représentation unique puisque ce collectif, Les Sans Cou, mis en scène par Igor Mendjisky, travaille en improvisation. L’histoire est la même tous les soirs, mais les mots diffèrent. Ils ont des "points de rendez-vous" pour donner structure à cette multitude de scènes, de petits mondes. Ils chantent, dansent, utilisent différents codes de jeu plaçant cette histoire de famille dans un espace poétique. On n’a pas le temps de s’installer, de respirer, pourtant la pièce dure presque trois heures, on passe du rire aux larmes avec surprise.

Bravo aux comédiens qui nous transmettent avec talent et sans mièvrerie ce beau message épicurien, ce carpe diem de l’amour.
 
  J’AI COURU COMME DANS UN RÊVE
Mise en scène d’Igor Mendjisky

Avec Clément Aubert, Romain Cottard, Pau Jeanson,
Arnaud Pfeiffer, Éléonore Joncquez, Esther Van Den
Driessche et Frédéric Van Den Driessche

Jusqu’au 25 avril 2011
Théâtre l’Atalante – Paris 18e

Du 24 au 29 mai 2011
Studio Théâtre d’Asnières

 

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