TALENT D’ACTRICE : JULIE DE BONA

 Photo par Unique Agency pour Paulette

Julie De Bona est une comédienne à part entière. Montée sur les planches aux côtés de Michel Bouquet dans Le Malade Imaginaire en 2008, elle a également été à l’affiche de Camping 2 et a décroché des rôles récurrents à la télévision, notamment dans Une Famille formidable. 
 
Paulette : Dans quel domaine te sens-tu le plus à l’aise ? 
Julie de Bona : Pour l’instant le théâtre, parce que c’est le domaine dans lequel j’ai eu le plus d’expériences. C’est assez confortable parce que tu as le temps de connaître ton texte, ton personnage… Sur les tournages, tu ne connais pas encore tes partenaires donc il y a une forme d’insécurité qui donne le trac. Lors des premières de théâtre devant 1000 personnes le trac est différent car c’est un trac "sous contrôle", puis tu as déjà répété la pièce !
 
Peux-tu  nous parler de ton travail avec Djamel Bensalah pour Beur sur la Ville ?
Avec Djamel, ça a été une vraie rencontre. C’était il y a 5 ans sur la pièce de Josiane Balasko (ndrl Dernier Rappel au Théâtre de la Renaissance). Il était venu me voir au théâtre, avait adoré mon travail et m’avait proposé une série qui s’appelait "Cap’taine Khaled" et qui parlait de la discrimination positive. Je devais jouer la petite amie du personnage principal mais finalement la série ne s’est jamais faite. Un jour, il m’appelle pour me dire que c’est devenu un film de cinéma, c’était encore plus classe ! Je n’avais jamais travaillé avec lui, sur le tournage j’ai découvert un vrai chef d’orchestre ! Il était comme un grand peintre, très précis, qui ajouterait telle et telle couleur à son tableau. Moi j’avais une petite couleur rouge et jaune à jouer pour le rôle d’Alice… Et il fallait lui donner, parce que si une couleur n’est pas là, le tableau ne marche pas ! Dans le film je me suis sentie utile, parce que même si c’est une comédie, que l’objectif premier est de divertir, il y a plein de messages subliminaux : sur les conditions de vie en banlieue, sur l’identité, sur ce que c’est que d’être français… Moi par exemple, j’ai des origines italiennes et vietnamiennes, et je suis française comme Djamel et ses personnages d’origine maghrébine, sauf que, comme j’ai une tête de française, évidemment, j’ai moins de problème ! 
 
Tu avais déjà donné la réplique au théâtre à Gérard Jugnot dans État Critique et à Josiane Balasko dans Dernier rappel, tu étais contente de les retrouver ? 
Oui, parce qu’en plus dans le film Jugnot c’est mon petit papounet, alors que dans la pièce qu’on a joué ensemble, on était… disons que j’avais un rôle de séductrice ! J’étais hyper contente de le retrouver pour ce tournage, il n’avait pas changé, et on s’est bien marré. Il ne se prend pas au sérieux, c’est un vrai rieur.
 
Avec de tels parrains, te sens-tu héritière d’une certaine forme de café théâtre ?
Héritière, je ne crois pas, ce serait présomptueux. Mais oui, c’est mon énergie. J’ai commencé le café théâtre à Montpellier et en montant à Paris, j’ai travaillé tout de suite avec Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Dominique Lavanant, Martin Lamotte, ça me correspondait bien. Et là je fais beaucoup de comédies…
 

Es-tu drôle dans la vie ?
Je ne sais pas, j’espère ! Je pense que j’arrive à servir la comédie. J’ai appris ça très jeune : on m’a utilisé au début comme faire-valoir d’acteur comique, j’arrivais bien à renvoyer la réplique pour que lui, fasse rire. Arriver à se mettre au service du comique, c’est quelque chose d’assez difficile. Et finalement, c’est ce que j’ai fait avec Franck Dubosc aussi (ndrl dans Camping 2). J’ai toujours été face à des clowns en fait ! 
 
On t’a effectivement surtout vu dans des comédies au cinéma (Cyprien, Je déteste les enfants des autres, Camping 2 et maintenant Beur sur la ville), est-ce que tu veux poursuivre cette voie ou, forte de ton CV bien rempli pour ton jeune âge, tu as envie de donner de nouvelles perspectives à ta carrière?
En ce moment, je fais un téléfilm avec Michèle Bernier, donc encore un clown ! Mais cette fois-ci, je suis davantage son binôme que son faire-valoir. J’ai aussi une partition comique, et j’en suis très contente ! Je me vois bien en clown aussi, je suis assez à l’aise là-dedans parce que j’ai aucun problème à être ridicule. Dans le film que je tourne en ce moment, je ne veux pas voir les prises parce que je me dirais "Mais qu’est-ce que j’ai fait ? ". De toute façon si je me regarde je me trouve horrible ! Je vois tous mes défauts, c’est terrible. 
 
Est-ce qu’il y a des choses que tu ne ferais pas parce que ça te dérange trop ?
Je ne pourrais pas faire les histoires de psychopathes qui violent des enfants, j’aurais peur de rentrer dans cet univers. Il faut avoir des sacrées couilles pour jouer un truc comme ça, parce que tu te confrontes au fait que ces choses là peuvent arriver, et tu dois les ressentir. Je ne suis pas prête.
 
Quelles sont les comédiennes qui t’inspirent ?
J’en choisi une pour chaque rôle ! Là, pour le téléfilm que je tourne, j’ai pris Julia Roberts dans Pretty Woman, ça colle pile poil ! Sinon, en général, il y en a plein : Kate Winslet ou Jodie Foster !
 
On est loin du clown…
Cameron Diaz pour les actrices clown, ou Drew Barrymore parce qu’elle est devenue productrice, c’est une tête. Et en France, j’aime beaucoup Julie Gayet. C’est une nana extraordinaire. Et bon, c’est mon côté midinette, mais Sophie Marceau, j’aimerais devenir comme elle plus tard, elle a tellement bien évolué et géré sa carrière.
 
Quels sont tes futurs projets ?
Je suis en train de tourner La Smala s’en mêle pour France 2. Le pitch : Michèle Bernier travaille dans une association pour réinsérer des prostitués. Mais son mari part avec tout son argent donc elle doit trouver un boulot dans un cimetière et à partir de ça, elle a l’idée de monter une aide à la personne endeuillée avec moi, prostituée en réinsertion ! La brigade des mœurs nous tombe dessus mais je ne vous raconte pas la suite… 
 
   BEUR SUR LA VILLE 
   Un film de Djamel Bensalah

   avec Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Booder
 
   Sortie le 12 octobre 2011
 

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