TALENT D’ACTEUR : LANNICK GAUTRY


À l'affiche de Plan de Table, la comédie de Christelle Raynal depuis mi-avril, Lannick Gautry fait des ravages sur les filles - dans le film, et sur mes copines. Rencontre avec un acteur charmant, mais surtout ultra simple, drôle, qui adore aussi bien cuisiner que traverser l'Atlantique en voilier. En gros un mec trop cool, et qui porte les lunettes cœur comme personne...

 
Paulette : Lannick, on te connaît peu, tu es un acteur "discret", tu peux nous parler un peu de toi, ton parcours ?
Lannick Gautry : Je ne vis plus à Paris, je vis en Normandie, à la campagne, je suis un solitaire... Mais j'adore Paris, de plus en plus. Parce que je sais que je repars ! Et je suis photographe avant d'être comédien.
 
Ah bon ? Mais je ne savais pas ça...
Et oui ! On ne me pose pas la question, c'est pour ça ! J'ai un bac pro photo. Je te montre si tu veux (il sort un Ipad et nous montre de très belles photos, une série sur des enfants, réalisée lors d'un tournage, et une autre, plus travaillée, plus urbaine, réalisée avec son meilleur ami graphiste). Je ferai peut-être une exposition bientôt, mais rien de validé pour l'instant.

 "J’AI TRAVERSÉ L’ATLANTIQUE DEUX FOIS EN VOILIER, J’ADORE ÇA"

Comment es-tu devenu comédien alors ?
Acteur, c'est venu après. J'ai découvert le théâtre à l'école, j'étais très timide donc ça m'aidait, j'adorais ça. Mais en faire mon métier, c'est presque un accident. J'ai fait le tour de l'Australie à 23 ans. Je me suis demandé ce que j'allais faire de ma vie.
C'était compliqué d'être photographe, d'en vivre. J'avais le souvenir du théâtre. Et là-bas, j'ai vu une pub pour les cours Florent, je ne connaissais pas. J'ai suivi un stage d'été, et voilà: révélation.
J'ai rencontré Isabelle Nanty, qui m'a présenté James Huth, le réalisateur de Brice de Nice dans lequel j'ai joué. C'est comme ça que ça a commencé. Donc tu vois, rien n'était prémédité. Ce n'était pas viscéral; à cette époque, j'ai failli partir pour un truc de voilier... J'adore ça, j'ai traversé deux fois l'Atlantique et je viens d'acheter un voilier. J'aime naviguer, mais ce que j'aime surtout c'est arriver, me poser quelque part. En fait, je me suis toujours laissé porter par la vie. C'est bien de se fixer un but, mais il ne faut pas se mettre la rate au court-bouillon pour ça non plus !
 

 

Si tu n'avais pas été comédien, qu'aurais-tu fait ?
Cuisinier ! J'ai fait un apprentissage pendant un an et demi. Je peux passer trois quart d'heures à faire un petit plat, même pour moi tout seul. J'aime manger, je n'achète jamais de plats cuisinés. J'aime aller au marché. Je trouve que c'est un métier de création aussi, les codes sont explosés très rapidement en cuisine.
 
Ton "plan de table" pour un repas idéal alors, ce serait...?
(Il réfléchit.) Jean Paul II et Dali. J'aurais pu dire Freud et Dali, mais ça a déjà été fait, au théâtre, dans une mise en scène de John Malkovitch.
Jean-Paul II, c'est justement parce que je suis athée donc ça m'intéresse d'entendre ce qu'il dirait. Mais j'ai le sens du sacré, des religions. Ce que je n'aime pas, c'est une idée du Sacré, qui fait opposer le parfait et l'imparfait.
 
Dans le film, même si on se rend compte qu'on a toujours le choix, il y aussi une certaine idée de "destin". Tu y crois toi ?
Une sorte de destin "écrit" ? Non, je n'ai pas du tout cette philosophie. Je pense que la vie, c'est muable; on provoque les choses. On récupère ce qu'on envoie en quelque sorte. C'est un peu "on récolte ce que l'on sème". Il y a des énergies autour de soi, on dégage soi-aussi une énergie, et c'est tout ça qui joue.

J'ai une anecdote, sur le tournage de Plan de Table, avec les comédiens un soir, on part ensemble manger thaïlandais. On était cinq en voiture. On cherchait le resto, on n'était pas encore dans la bonne rue, et Shirley Bousquet se met à balancer une série de chiffres, en nous disant de noter. En arrivant sur place, on se rend compte, qu'à un chiffre près, elle a sorti le numéro de téléphone du restaurant. Sans le connaître, ni rien. C'était surprenant. Je ne l'aurais pas cru si je n'avais pas été là, mais c'était impressionnant, il y a des choses qui ne s'expliquent pas.

 
 
Qu'est ce qui te fait accepter un film : un scénario, un réalisateur, un personnage ?
C'est un tout, un projet dans son ensemble. Un même scénario vu par deux réalisateurs, ça peut être complètement différent. Mais pour moi, les propositions, c'est encore le début, c'est nouveau. J'apprends à lire autrement. Il y a peut-être des choses que j'accepte et que je regretterai plus tard.
 
"OMAR SY EST SANS DOUTE LA PLUS BELLE PERSONNE QUE J’AI RENCONTRÉE DANS CE MÉTIER"
 
Le tournage de Nos jours heureux, c'était comment ?
Ah, c'est loin... ça va faire 7 ans ! Mais je m'en rappelle comme si c'était hier. C'était vraiment super. Souvent dans les tournages de comédie, c'est là où on rigole le moins mais là, on s'est vraiment marré. Forcément, ça crée des liens.
On est restés potes, avec Eric Toledano et Olivier Nakache (les réalisateurs de Nos jours heureux et d'Intouchables, ndlr). Ce sont des gens pour qui le succès fait vraiment plaisir. Ils ne sont pas abîmés par le succès. Je suis ami avec Omar Sy aussi. C'est sans doute la plus belle personne que j'ai rencontrée dans ce métier. C'est quelqu'un de profondément bon, respectueux, à l'écoute. Le film va bientôt sortir en Blu-Ray et à cette occasion, on va tous se retrouver.  
 
La réalisation, ça t'intéresse?
Je travaille sur l'adaptation d'un roman de Carl Aderhold, Mort aux Cons, depuis deux ans déjà, mais ce n'est pas pour tout de suite !
 
Quelle est ton actu en ce moment?
Il y a le film Comme des Frères, de Hugo Gélin, qui sortira en septembre, avec François-Xavier Demaison, Nicolas Duvauchelle et Pierre Niney. Mais ce n'est qu'un tout petit rôle, un remplacement de dernière minute. On m'a fait venir, juste pour faire un bisou à Mélanie Thierry. Ça va, il y a pire ! (rires). Sinon je viens de tourner un téléfilm, un polar, et là, je vais tourner un long métrage La cage dorée, une comédie, un premier film de Ruben Alves.
 
Tu as un dernier mot, pour Paulette?
Paulette j'aime bien, ça sonne bien, c'est comme un petit nom affectueux, avec un petit côté sexy en, même temps...
 

VOUS AIMEREZ AUSSI

Utilisation des cookies

Découvrez comment fonctionnent les cookies et comment changer vos paramètres. Si vous continuez à utiliser notre site sans changer vos paramètres, vous consentez à l’utilisation de cookies sur notre site.