POUR POUVOIR ALLER À L'ÉCOLE, UNE PETITE FILLE SE TRAVESTIT EN GARÇON

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Zahra Joya, jeune Afghane de 23 ans, a récemment reçu le prix de la “International Journalism Course” de Sahar Speaks, un programme qui encourage les journalistes Afghanes à exercer leur métier. Si sa carrière est aujourd’hui auréolée de succès, son chemin vers l’émancipation a été long et a débuté dès son plus jeune âge, lorsqu’à 5 ans elle décide de se déguiser en garçon pour pouvoir aller à l’école. Au Huffington Post, elle a raconté son histoire.

Dès sa naissance en 1993, dans le district de Waras, Zahra Joya est blâmée d’être née fille. Ses parents sont déçus, et sa mère maudite d’avoir mis au monde une fille de plus. Très tôt, Zahra comprend qu’elle aura du mal à échapper au destin commun à toutes les femmes du village : se marier, sans aperçu de réel futur.

Les Talibans, même s’ils ne sont pas directement présents dans le Waras, règnent et imposent leurs règles dans le district. Avec eux, les filles ne vont pas à l’école. Dans le village, un imam est engagé dans la mosquée pour éduquer les garçons. Les oncles de la jeune fille font partie des élèves et Zahra les envie. Désireuse d’accéder elle aussi à une éducation, elle met en place un stratagème avec l’aide de l’un de ses oncles : à l’âge de 5 ans, Zahra troque ses vêtements pour ceux d’un garçon, tout comme son attitude, sa façon de parler et de marcher. Et elle devient Mohammed.

“J’ai décidé de ré-écrire ma destinée et de devenir un garçon”


Si la nouvelle a au départ été mal accueillie dans ses parents et le voisinage, son accoutrement lui permet d’aller à l’école et de bénéficier d’une éducation, contrairement aux autres filles du village. En dehors de l’école, Zahra refuse de porter des vêtements féminins malgré les pressions de sa famille. Si on découvre son secret, un scandale éclaterait.

Lorsqu’elle est en classe de 6ème au collège, la situation change. Les Talibans sont renversés, et le gouvernement du Président Hamid Karzai prend place. Les écoles sont ré-ouvertes aux filles, mais les parents ont peur d’y envoyer leurs filles. Des organisations lancent des campagnes pour inciter les familles à laisser leurs filles aller à l’école. Au bout de six ans, Zahra délaisse son déguisement et reprend sa véritable identité. Son premier jour d’école en tant que fille est compliqué, les autres filles ne l’acceptent pas et les garçons se moquent de ce changement abrupt de genre. La jeune fille devient rapidement première de son village grâce à l’éducation dont elle a bénéficié auparavant. Alors que tout le monde est analphabète, Zahra peut exprimer son opinion, lire et écrire.



“Dans mon cœur, je vis avec l’espoir de pouvoir un jour mener une vie façonnée par mes propres choix”

A l’été 2011, elle déménage à la capitale dans une petite chambre et intègre la Gawardash Institute of Higher Education. Pour elle, issue de la campagne, la vie se complique, seule et sans argent dans une si grande ville. Elle fait rapidement la rencontre d’une fille également originaire de Waras, Zahra Yusufi, elle aussi seule, qui travaille à temps partiel dans un bureau. Les deux filles deviennent vite amies, et lorsque Zahra tombe malade, atteinte d’une typhoïde, son amie lui paie son traitement et lui trouve un job.

La jeune femme reprend ses études de façon normale, et échappe à la peur de retourner dans son village pour y mener la même vie que sa mère et sa grand-mère. Zahra, en parallèle de ses études, entame une carrière de journaliste avec son amie pour mentor.

Quatre ans plus tard, elle ramène sa famille à la capitale pour offrir à ses trois sœurs les mêmes opportunités de carrière dont elle a bénéficié.

> Sahar Speaks est un programme fondé en novembre 2015 qui encourage les femmes journalistes à produire un travail de qualité dans un pays où la voix des femmes est quasiment inexistante dans les médias, en leur offrant une formation et des opportunités de publication. En partenariat avec le Huffington Post, le site d’information diffuse les histoires de ces femmes au parcours laborieux, guidées par un désir de liberté et d’émancipation féminine et professionnelle.
PAULINE ALLIONE

Pauline, Assistante de rédaction web, 20 ans, Lyon
Une lubie ? Faire des plans sur la comète
Un plat ? Les pâtes au pesto, carbo , bolo...
Une chanson ? Oops!... I did it again de Britney Spears
Un endroit ? La rivière, en Ardèche
Une fringue ? Un jean taille haute
Une devise ? Fries before guys
> https://twitter.com/paulinaspp

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