NÉVROSES CAPILLAIRES

 Je crois que tout a réellement commencé quand j’ai coupé mes cheveux, seule, avec mes ciseaux du CP. J’avais six ans et j’ai pleuré dans les bras de ma mère en gémissant "Je suis mooooche", entre deux sanglots.


Depuis, ma vie n’a été qu’une grosse farce capillaire. À chaque crise existentielle vécue, je me suis vengée sur mes cheveux.
 
Quand mon premier mec m’a larguée j’ai tout coupé, et seule, encore une fois. Un "léger rafraîchissement maison des pointes" m’a fait ressembler au sosie de Mireille Matthieu, la voix en moins.
 
Quand mon mec du lycée (qui était en fait également celui d’une pote) j’ai décidé que noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir n’allait pas être qu’une chanson mais la B.O de ma vie. J’ai mis trois ans avant de retrouver mon châtain flamboyant. Trois ans pendant lesquels j’ai ressemblé à Morticia Adams avec des Nike.
 
C’est comme ça, nous les femmes pensons que changer de tête aura l’effet optionnel de changer de vie. Il n’en est rien, on nous ment depuis des années.
 
Quand l’homme dont je voyais mes futurs enfants l’appeler papa m’a dit qu’il ne m’avait "jamais rien promis, Mona", une coupe au bol ou celle de Britney en 2007 n’aurait absolument rien changé à ma peine. Si ce n’est qu’en plus d’être une larguée triste, j’avais été une larguée moche. Et ça, il n’en était pas question.
 
Avoir une vie de merde, oui. Avoir une gueule de merde, no way ! J’ai donc décidé d’arrêter de couper mes cheveux dès qu’un problème me tombait dessus (or, je dois l’avouer, cela arrive assez régulièrement, j’ai d’ailleurs un abonnement  VDM = Vie de Mona) mais plutôt de les surmonter. Ma solution ? Acheter des cheveux additionnels.
 
Et oui, ma chevelure aussi fameuse et soyeuse soit-elle n’est comment dire… pas très franchement à moi. Ce sont des vrais cheveux, mais simplement, ils ne m’appartiennent pas. Nuance !
 
Donc voilà, depuis mon entrée dans l’âge adulte, les hommes à outrance, drug sex & Jay’Z, je ne noie plus mon chagrin dans des suicides capillaires mais je vide mon compte en banque et m’achète des cheveux. Brun, châtain, ondulés ou lisses et selon mes envies.
 
Alors oui, c’est peut-être, éventuellement, je l’admets, une autre forme de névrose mais… si elle m’aide à surmonter le fac-similé d’imposture qu’est ma vie WTF, alors aucun problème. Je gère tout grâce à l’embellissement de ma masse capillaire qui, soit dit en passant, est totalement dépourvue de beauté et de masse, au naturel.
 
Donc oui, j’avoue qu’avoir une chevelure de sirène ne m’aidera pas à faire comprendre à CET ENFOIRÉ DE MERDE que j’étais l’amour de sa vie, mais bon, si ça peut en attirer d’autres qui le penseront eux, après tout…
 
Le seul problème, c’est le soir, quand je dois les enlever pour dormir, sous les yeux hébétés des Georges, qui viennent méchamment de s’faire carna sur la marchandise… Dans ces cas là, je leur montre mes seins, ça dérive le sentiment de trahison.
Ah… Excusez-moi, on vient tout juste de m’apprendre que j’étais virée, je vais m’acheter une perruque blonde. Allez salut !
 
>Retrouvez Mona sur son blog monachampaign.blogspot.fr


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