MOONGAÏ, ENTRE MYSTERE ET POESIE

Photos de Nick & Chloé

Après s’être illustré en premières parties de C2C, le duo d’électro-pop sort aujourd’hui son premier album très réussi. Rencontre avec Eve et Greg de Moongaï. 
 
Paulette : Comment est né Moongaï ?
Eve : De notre rencontre, il y a douze ans. On a d’abord monté un projet de trip-hop, rock en anglais. Moongaï est né du désir de faire plus d’électro et de pop et surtout de passer au français, il y a maintenant 5 ans.
 
C’est notamment le titre Kings Season de C2C qui vous a fait connaître. Comment vous êtes vous rencontrés ?
Eve : C’est l’ancrage local qui a fait naître cette aventure. On se connaissait de longue date avec Hocus Pocus. Nantes, c’est un petit milieu pour la musique. On s’était souvent croisés à des festivals. 20 Syl m’a appelé en me disant qu’il cherchait une voix féminine sur un des titres de leur album. Ça s’est fait très naturellement et du coup j’ai rencontré l’autre moitié de C2C en studio. Ça a d’abord été une aventure discographique et puis ce qui n’était pas prévu, c’était l’aventure scénique. Nous avons fait avec eux la tournée des zéniths pendant 3 semaines aux de mois de février et de mars et des gros festivals l’été. C’était démentiel.
 
Justement vous vous êtes retrouvés un peu projetés. Comment vous avez géré la pression ?
Eve : Pour le premier zénith à Montpellier, il y avait 8 000 personnes. Avec Moongaï, on avait déjà fait quelques grosses dates comme aux Vielles Charrues. Mais c’est vrai que ce n’est pas pareil : ça m’a fait un drôle d’effet quand j’ai commencé Kings Seaso et que le public connaissait le morceau. Mais c’est assez jouissif, il faut le dire ! Donc un peu de stress pour la première. Mais ce qui est assez étonnant, c’est que ce n’est pas forcément plus angoissant quand il y a 10 000 ou 15 000 personnes que quand on joue devant 50 personnes dont on voit les visages. C’est peut-être même plus facile.

 
En 2012, vous avez fait une tournée en Inde… Qu’est-ce qui vous a amené là-bas ?
Greg : C’était dans le cadre d’un partenariat entre la région Loire-Atlantique et celle du Tamil Nadu en Inde du Sud.  On a été sélectionné pour partir là-bas comme groupe représentant de notre région.
Eve : On a fait plusieurs dates là-bas notamment dans des festivals. Et ça, c’était une expérience incroyable. C’était une expérience différente du voyage touristique, en 24h on se retrouve à monter sur scène à demander un câble, un micro… On se retrouve dans une routine dans un autre pays avec d’autres mœurs, on a vraiment la sensation de toucher du doigt une autre culture. J’ai trouvé ça beaucoup plus kiffant d’aller jouer à l’étranger que juste voyager. On se retrouve tout de suite confronté à un public, les gens viennent vous parler à la fin et ça entraîne des discussions. Ça reste une de nos meilleures expériences de scène.
 
 
Vous chantez en français alors que vous avez démarré en anglais…
Eve : Justement avec notre ancien projet, on avait fait une petite tournée européenne. J’ai découvert ce que ça faisait de pouvoir échanger à la fin des concerts avec le public sur les textes et d’avoir un public qui comprenait instantanément les paroles des chansons. Je me suis dit que je passais peut-être à côté de quelque chose. C’est une idée qui me taraudait depuis quelques temps déjà. C’est ma langue maternelle. Et je n’ai jamais pris autant mon pied que depuis que je suis passée au français.
 
Pourquoi ce nom Moongaï ?
Eve : Moongaï a une référence à la lune. La lune fait partie de mon histoire de mon rapport à l’imaginaire. Quand j’étais jeune, je montais sur le toit de la chambre de ma sœur pour contempler la lune. Gaï, c’est l’étranger en japonais. Et puis bien plus tard, on s’est rendus compte que la lune faisait aussi partie de nos références. Chez Paul Auster, c’est une constante dans ses livres, j’aime aussi beaucoup le morceau de Beethoven, La sonate au clair de lune.
 
"Ayez une vie dense et pleine !"
 
Votre univers est très travaillé, très mystérieux mais à la fois très poétique…
Eve : C’est notre duo qui fait ça. Greg a un parcours musical qui fait qu’il a une vision très orchestrée de la musique, très riche, très dense qui contribue à l’aspect poétique de notre musique. La poésie, c’est quelque chose que j’aime qui fait partie de mes influences personnelles. C’est aussi transmettre notre vision à nous de la vie avec cette part d’onirisme et de fantasme : il y a du rêve incrusté dans la réalité. Pour moi, l’art est un miroir déformant.
 
Que peut-on vous souhaiter avec cet album ?
Qu’il soit écouté le plus largement possible et une belle tournée ce serait génial. Que ce disque là rencontre un public et ait une vie dense et pleine.
 
Des projets ?
Des surprises à venir en vidéo très bientôt. Ce n’est pas un clip, mais en tout cas, c’est une étape qui va être importante pour nous.
 
Une dédicace aux Paulette ?
Eve : Restez libres !
 
MOONGAÏ : COSMOFAMILLE
Sortie le 20 octobre
Warner
 
Concerts :
26/10 : #RêvesParty au Point Ephémère
09/12 :  La Maroquinerie, Paris
 
 
Clémence Floc'h

Clémence, rédactrice musique, 29 ans
Une lubie ? Lire les faits divers
Un plat ? Les crêpes de ma mère
Une chanson ? Impossible, de Shout out louds
Un endroit ? Mon bar de quartier, Demain c'est loin, à Ménilmontant
Une fringue ? Mes chaussures léopard à paillettes
Une devise ? Il n'y a jamais de problème, mais toujours des solutions !

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